La Suzuki Cappuccino est un petit roadster sportif japonais lancé en 1991. Conçue pour respecter les contraintes de la catégorie des kei cars, elle associe un moteur turbo de moins de 660 cm³, une propulsion arrière, un poids réduit et une carrosserie découvrable originale. Produite jusqu’à la fin des années 1990, elle est devenue l’une des représentantes les plus recherchées de l’âge d’or des petites sportives japonaises.
Contrairement à de nombreuses kei cars pensées avant tout pour la mobilité urbaine, la Cappuccino reprend une architecture typiquement sportive avec un moteur avant longitudinal, une transmission aux roues arrière et un châssis privilégiant l’agilité. Elle partage cette philosophie avec d’autres petites Suzuki performantes de son époque, comme la Suzuki Alto Works, mais adopte une approche différente en se concentrant sur le plaisir d’un roadster léger.
L’histoire et le développement de la Suzuki Cappuccino
À la fin des années 1980, Suzuki cherche à renforcer son image sportive au Japon avec une automobile compacte capable de tirer parti des avantages fiscaux des kei cars tout en proposant une expérience de conduite plus passionnelle. Le constructeur développe alors un petit roadster répondant aux normes japonaises en vigueur, tout en conservant des caractéristiques inhabituelles dans cette catégorie.
Un premier prototype est présenté au Tokyo Motor Show de 1989. Le modèle définitif apparaît ensuite au Tokyo Motor Show de 1991 avant d’être commercialisé au Japon en novembre de la même année sous le code châssis EA11R. La Cappuccino rejoint alors une famille de petites sportives japonaises qui comprend notamment la Honda Beat et l’Autozam AZ-1, chacune adoptant une architecture différente.
La production est assurée au Japon dans l’usine Suzuki de Kosai, dans la préfecture de Shizuoka. Le modèle reste principalement destiné au marché japonais, même si une petite quantité est exportée vers le Royaume-Uni au début des années 1990, où elle bénéficie d’une réception favorable grâce à son caractère de mini-roadster à l’ancienne.
En 1995, Suzuki fait évoluer la Cappuccino avec la version EA21R. Cette évolution reçoit un nouveau moteur K6A en remplacement du F6A initial. Plus moderne, ce trois cylindres conserve la cylindrée réglementaire des kei cars mais adopte notamment une distribution par chaîne. La production se poursuit jusqu’à la fin des années 1990 sans véritable remplaçante directe.
La Cappuccino s’inscrit dans la tradition des petites Suzuki originales qui ont marqué l’histoire du constructeur, aux côtés de modèles comme le Suzuki LJ80 ou plus tard la gamme sportive associée à la Suzuki Swift Sport.
Un roadster kei unique par sa conception
La Suzuki Cappuccino se distingue par une architecture rarement proposée dans le monde des kei cars. Son moteur est installé longitudinalement à l’avant et entraîne les roues arrière, une configuration proche de celle de certains roadsters sportifs traditionnels. Cette implantation permet une répartition équilibrée des masses et contribue à son comportement dynamique.
Sa carrosserie biplace mesure moins de 3,30 mètres de long et adopte un toit rigide démontable en trois parties. Ce système permet plusieurs configurations : coupé fermé, toit type targa avec partie centrale retirée ou véritable cabriolet. Cette modularité constitue l’un des éléments les plus caractéristiques du modèle.
Le poids contenu autour de 700 kg permet à la Cappuccino d’exploiter pleinement les performances limitées par les règles des kei cars japonaises. Plutôt que de rechercher une puissance élevée, Suzuki privilégie les sensations de conduite, la maniabilité et la légèreté.
Fiche technique de la Suzuki Cappuccino
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Production | 1991 à 1998 selon les sources et marchés |
| Version principale | EA11R puis EA21R |
| Type de carrosserie | Roadster 2 places avec toit démontable |
| Moteur | 3 cylindres en ligne essence turbo |
| Cylindrée | 657 cm³ (F6A) puis environ 658 cm³ (K6A) |
| Alimentation | Injection avec turbocompresseur et intercooler |
| Puissance | 64 ch environ |
| Couple | Environ 85 Nm pour le F6A, environ 105 Nm pour le K6A |
| Implantation | Moteur avant longitudinal, propulsion arrière |
| Boîte de vitesses | Manuelle 5 rapports, automatique 3 rapports disponible selon versions |
| Châssis | Structure légère avec éléments en aluminium |
| Suspensions | Quatre roues indépendantes à double triangulation |
| Freins | Quatre freins à disque |
| Longueur | 3 295 mm |
| Largeur | 1 395 mm |
| Hauteur | 1 185 mm |
| Empattement | 2 060 mm |
| Poids | Environ 700 kg selon version |
| Vitesse maximale | Environ 140 à 150 km/h selon les données disponibles |
| 0 à 100 km/h | Environ 8 secondes selon les mesures publiées |
Les versions EA11R et EA21R
La première Cappuccino, connue sous le code EA11R, utilise le moteur F6A de 657 cm³. Ce trois cylindres turbocompressé à double arbre à cames développe la puissance maximale autorisée par la réglementation japonaise des kei cars, soit environ 64 chevaux.
L’évolution EA21R apparaît en 1995 avec le moteur K6A. Cette mécanique conserve le même principe général mais bénéficie d’une conception plus récente avec une distribution par chaîne et un couple supérieur. Les performances restent proches car la puissance demeure limitée par la réglementation japonaise, mais l’agrément évolue grâce à une mécanique plus moderne.
Les deux générations restent très proches visuellement. Les principales différences concernent la mécanique, certains équipements et des évolutions techniques destinées à améliorer la fiabilité et l’utilisation quotidienne.
Production, rareté et place dans la collection automobile
La production totale de la Suzuki Cappuccino est généralement estimée entre 26 000 et 28 000 exemplaires. Le chiffre exact varie selon les sources disponibles, notamment en raison des différences entre véhicules produits, commercialisés et exportés.
Sa diffusion limitée hors du Japon explique aujourd’hui sa rareté sur les marchés européens. Contrairement à certaines sportives japonaises plus puissantes de la même période, la Cappuccino reste une automobile de niche recherchée avant tout pour son concept unique : un petit roadster propulsion, léger et turbo.
Avec le temps, elle a rejoint le cercle des kei cars sportives japonaises emblématiques des années 1990. Son intérêt auprès des collectionneurs repose moins sur ses performances brutes que sur son architecture originale, son faible poids et son expérience de conduite différente des roadsters conventionnels.
Les particularités qui distinguent la Cappuccino
La silhouette de la Suzuki Cappuccino rappelle certains petits roadsters britanniques avec son capot allongé, ses proportions compactes et sa position de conduite basse. Pourtant, sa conception reste profondément japonaise avec une optimisation poussée de l’espace et du poids imposée par la catégorie kei.
Son toit en trois parties, sa propulsion arrière et son moteur turbo sont les éléments qui permettent de l’identifier immédiatement. Peu de véhicules de son époque combinent ces caractéristiques dans un format aussi réduit.
Elle ne doit pas être confondue avec l’Autozam AZ-1 ou la Suzuki Cara, qui utilisent un moteur central arrière et des portes papillon, ni avec la Honda Beat, équipée d’un moteur atmosphérique central arrière. La Cappuccino adopte une philosophie différente : celle d’un petit roadster classique réduit aux dimensions d’une kei car.




