Suzuki Kizashi

Suzuki Kizashi

La Suzuki Kizashi est une berline familiale lancée en 2009 avec laquelle Suzuki a tenté de monter en gamme. Présentée comme le nouveau modèle porte-drapeau de la marque japonaise, elle devait permettre au constructeur de sortir de son image centrée sur les petites voitures et les véhicules tout terrain pour concurrencer les berlines familiales internationales.

Son nom signifie « prélude » ou « signe avant-coureur » en japonais, une appellation choisie pour symboliser une nouvelle étape dans l’histoire de Suzuki. Produite jusqu’en 2016 selon les marchés, la Kizashi est restée un modèle relativement rare, notamment en Europe, en raison d’une diffusion limitée et d’une carrière commerciale plus courte que prévu.

Histoire et développement de la Suzuki Kizashi

Le projet Kizashi naît au milieu des années 2000 avec l’objectif de créer une berline capable de rivaliser avec les références japonaises et européennes du segment D. Suzuki cherche alors à renforcer son image internationale et à proposer un modèle plus ambitieux que ses compactes traditionnelles.

Avant la berline de série, Suzuki présente trois concepts successifs portant le nom Kizashi. Le Kizashi 1 apparaît au salon de Francfort 2007 sous la forme d’un véhicule sportif aux influences premium. Le Kizashi 2, présenté la même année à Tokyo, adopte une approche plus proche d’un crossover familial, tandis que le Kizashi 3 dévoilé au salon de New York 2008 annonce davantage la future berline de production.

La version définitive est dévoilée en 2009 au Japon. Elle devient alors le modèle le plus haut placé dans la gamme Suzuki. Son développement comprend une mise au point sur plusieurs marchés, notamment en Amérique du Nord et en Europe, afin d’adapter son comportement routier aux attentes internationales.

Dans la gamme Suzuki du début des années 2010, la Kizashi occupait une position particulière. Elle complétait des modèles plus généralistes comme la Suzuki SX4, développée elle aussi dans une logique internationale, mais avec un positionnement nettement plus familial et polyvalent. La marque conservait parallèlement des modèles plus accessibles comme la Suzuki Swift, tandis que la Kizashi représentait son ambition de conquérir un segment supérieur.

La commercialisation s’arrête progressivement selon les régions au cours de la seconde moitié des années 2010. Suzuki abandonne ensuite le marché des grandes berlines pour se concentrer davantage sur les citadines, les compactes et les SUV.

Une berline japonaise ambitieuse mais peu diffusée

La Kizashi adopte une carrosserie quatre portes au format berline familiale. Avec ses dimensions proches des références du segment D, elle vise des modèles comme la Toyota Avensis, la Mazda6 ou certaines berlines européennes généralistes. Elle se distingue par un style plus dynamique que les productions Suzuki habituelles, avec une silhouette basse, des ailes arrière marquées et une présentation intérieure plus soignée.

Suzuki mise également sur un niveau d’équipement élevé pour renforcer son positionnement. Selon les marchés, la Kizashi pouvait recevoir une sellerie cuir, des équipements multimédias, une transmission intégrale ou encore des éléments habituellement associés aux catégories supérieures.

La Kizashi n’a toutefois jamais rencontré le succès commercial espéré. Son positionnement entre une marque généraliste japonaise et des constructeurs mieux implantés dans les berlines familiales a limité sa diffusion. Son absence de motorisations diesel en Europe a également réduit son attractivité sur un marché où ces mécaniques dominaient encore le segment au début des années 2010.

Fiche technique de la Suzuki Kizashi

CaractéristiqueDonnée
Années de production2009 à 2016 selon les marchés
CarrosserieBerline quatre portes
SegmentFamiliale supérieure compacte (segment D)
Moteur4 cylindres essence J24B, 2 393 cm³, DOHC, 16 soupapes, injection multipoint, VVT
Puissance178 ch en Europe, jusqu’à 188 PS selon certains marchés
Couple230 Nm à environ 4 000 tr/min
ImplantationMoteur transversal avant
TransmissionTraction avant ou transmission intégrale i-AWD selon versions
Boîte de vitessesManuelle 6 rapports ou transmission CVT selon marchés
StructureCarrosserie monocoque en acier
Suspension avantJambes McPherson
Suspension arrièreMultibras indépendante
DirectionCrémaillère avec assistance électrique
FreinsDisques ventilés avant et disques arrière avec ABS
Longueur4 650 mm
Largeur1 820 mm
HauteurEnviron 1 470 à 1 480 mm selon version
Empattement2 700 mm
PoidsEnviron 1 494 kg selon configuration
Vitesse maximaleEnviron 215 km/h
0 à 100 km/hEnviron 7,8 secondes
Consommation mixte annoncéeEnviron 7,9 l/100 km selon version européenne
Émissions de CO₂Environ 183 g/km selon version européenne
Volume de coffreEnviron 461 litres

Moteur, comportement et transmission intégrale

La Suzuki Kizashi repose sur un unique moteur essence atmosphérique quatre cylindres de 2,4 litres. Le bloc J24B développe une puissance suffisante pour offrir des performances solides, tout en conservant une architecture simple sans suralimentation. Cette mécanique privilégie la souplesse et la fiabilité plutôt qu’une recherche de performances sportives.

Selon les marchés, la berline est disponible avec une boîte manuelle à six rapports ou une transmission automatique à variation continue CVT. La transmission intégrale i-AWD constitue l’une des particularités de la Kizashi. Ce système, proposé sur certaines versions, améliore la motricité dans des conditions difficiles sans transformer la voiture en véritable véhicule tout terrain.

Le châssis adopte une suspension arrière multibras indépendante, une solution plus sophistiquée que celle utilisée sur de nombreux modèles généralistes de l’époque. Cette architecture permet à la Kizashi d’offrir un comportement routier plus équilibré, avec un compromis recherché entre confort et précision de conduite.

Production, prix et rareté de la Suzuki Kizashi

La Kizashi est principalement produite au Japon dans l’usine Suzuki de Sagara, dans la préfecture de Shizuoka. Suzuki n’a pas publié de volume mondial consolidé facilement accessible, mais la diffusion du modèle reste limitée par rapport aux objectifs initiaux de la marque.

Au Japon, le tarif de lancement se situait autour de 2,8 millions de yens pour les versions à deux roues motrices et pouvait dépasser 3 millions de yens avec la transmission intégrale. Les tarifs exacts de lancement en France ne sont pas documentés avec certitude.

Aujourd’hui, la Kizashi reste une automobile rare sur le marché de l’occasion. Son statut de modèle atypique et sa faible diffusion peuvent attirer les amateurs de berlines japonaises originales, mais elle ne bénéficie pas encore d’une reconnaissance comparable à celle de modèles historiques de collection.

La place de la Kizashi dans l’évolution de Suzuki

La Kizashi représente l’une des dernières tentatives de Suzuki pour s’imposer durablement dans le segment des berlines familiales mondiales. Avant elle, la marque avait déjà exploré des formats plus polyvalents avec la Suzuki Liana, mais la Kizashi affichait une ambition supérieure avec un positionnement plus proche des berlines internationales.

Après son abandon, Suzuki privilégie davantage les SUV et les véhicules compacts. Des modèles comme le Suzuki Grand Vitara, puis le Suzuki Vitara, correspondent davantage à l’évolution de la demande mondiale. Sur certains marchés, la Suzuki Ciaz reprend ensuite le rôle d’une berline familiale accessible, sans toutefois reprendre le positionnement haut de gamme voulu pour la Kizashi.