Le Renault Alaskan est le premier pick-up Renault à vocation mondiale dans la catégorie dite d’une tonne. Présenté dans sa version de série en juin 2016 en Colombie, il arrive en Europe en 2017. Sa conception s’inscrit dans l’Alliance Renault-Nissan : sous une carrosserie adaptée à l’identité Renault, l’Alaskan reprend la base technique du Nissan NP300 Navara D23, avec châssis séparé, transmission intégrale enclenchable et moteurs Diesel à quatre cylindres.
Renault ne part alors pas totalement de zéro dans l’univers du pick-up. Le constructeur commercialise déjà le Renault Oroch, plus compact et principalement destiné à certains marchés internationaux. L’Alaskan vise toutefois une catégorie supérieure, celle des pick-up capables de combiner usage professionnel, remorquage, conduite tout-terrain et prestations routières proches d’un véhicule particulier.
Du concept de 2015 au modèle de série
L’histoire de l’Alaskan commence publiquement en septembre 2015 avec l’Alaskan Concept. Ce prototype annonce très directement le véhicule définitif et expose la volonté de Renault de s’implanter sur un marché mondial du pick-up alors particulièrement important. Le dessin est développé sous la direction du design Renault, avec Laurens van den Acker à la tête du design du groupe et Louis Morasse pour les véhicules utilitaires.
La version de série est révélée le 30 juin 2016 en Colombie. Renault choisit logiquement l’Amérique latine pour cette première mondiale, le pick-up y occupant une place bien plus importante qu’en Europe. La production débute au Mexique, dans l’usine Nissan de Cuernavaca, puis s’étend à Barcelone en Espagne pour alimenter notamment le marché européen. L’Alaskan est commercialisé en France à partir de septembre 2017.
Une troisième implantation industrielle apparaît en 2020 avec le lancement de la production à Santa Isabel, près de Córdoba, en Argentine. Cette diversification illustre le caractère véritablement mondial du projet. La fabrication argentine se poursuit jusqu’en octobre 2025, dernière phase industrielle connue du modèle.
Un pick-up Renault sur une base Nissan
L’Alaskan appartient à une famille technique commune avec le Nissan Navara D23. Il en reprend notamment l’empattement de 3,15 m, le châssis échelle et, sur le double cabine européen, une suspension arrière à essieu rigide guidé par cinq bras avec ressorts hélicoïdaux. Cette solution tranche avec les ressorts à lames longtemps dominants dans le segment et vise à améliorer le confort routier sans abandonner les capacités de charge.
La transmission 4×4 repose sur une architecture classique de pick-up : propulsion sur route en mode 2H, quatre roues motrices en 4H et rapports courts en 4LO pour les situations difficiles. Selon les versions, l’équipement comprend également un différentiel à glissement limité électronique et un blocage du différentiel arrière.
En Europe, l’Alaskan se retrouve face à des références établies comme le Toyota Hilux et à d’autres modèles développés à partir de partenariats industriels, tel le Fiat Fullback. Renault cherche moins à révolutionner la formule qu’à proposer sa propre interprétation d’un pick-up robuste, avec un niveau de confort et d’équipement compatible avec un usage quotidien.
Motorisations, conduite et capacités utilitaires
La gamme française lancée en 2017 repose sur le quatre cylindres Diesel 2,3 litres M9T. Il est proposé en 160 ch avec simple turbocompresseur et en 190 ch avec double suralimentation. Le moteur de 160 ch développe 403 Nm, tandis que le 190 ch atteint 450 Nm. La boîte manuelle à six rapports est proposée sur les deux niveaux de puissance, alors que la boîte automatique à sept rapports est réservée au moteur de 190 ch.
Le positionnement de l’Alaskan repose aussi sur ses capacités de travail. Les versions françaises peuvent remorquer jusqu’à 3 500 kg avec une remorque freinée et emporter environ une tonne de charge utile selon la finition. La benne du double cabine mesure environ 1,58 m de long pour 1,56 m de large. Avec une garde au sol d’environ 223 mm et des angles adaptés au franchissement, le véhicule conserve les aptitudes attendues d’un pick-up à châssis séparé.
En 2019, Renault fait évoluer le modèle européen. Les moteurs deviennent des 2.3 Blue dCi, le freinage est renforcé et la suspension arrière reçoit des modifications destinées notamment à accroître la charge utile, qui peut approcher 1,1 tonne suivant la configuration. Cette mise à jour accompagne également l’arrivée d’équipements supplémentaires d’aide à la conduite.
Fiche technique de l’Alaskan
| Caractéristique | Renault Alaskan européen |
|---|---|
| Type | Pick-up double cabine, 4 portes, 5 places |
| Architecture | Moteur longitudinal avant, châssis séparé |
| Moteur | 4 cylindres en ligne Diesel M9T, 2 298 cm³, injection Common Rail |
| Puissance | 160 ch ou 190 ch |
| Régime de puissance | 3 750 tr/min |
| Couple | 403 Nm sur 160 ch, 450 Nm sur 190 ch |
| Plage de couple maximal | 1 500 à 2 500 tr/min |
| Suralimentation | Simple turbo sur 160 ch, Twin-Turbo sur 190 ch |
| Boîte de vitesses | Manuelle 6 rapports ou automatique 7 rapports selon version |
| Transmission | 4×4 enclenchable, modes 2H, 4H et 4LO |
| Suspension avant | Roues indépendantes, double triangulation, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide, cinq bras et ressorts hélicoïdaux sur double cabine européen |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freins | Disques ventilés à l’avant, tambours à l’arrière sur les premières versions européennes |
| Pneumatiques | 255/70 R16 ou 255/60 R18 selon finition |
| Longueur | 5 399 mm |
| Largeur | 1 850 mm hors rétroviseurs |
| Hauteur | Environ 1 805 à 1 840 mm selon équipement |
| Empattement | 3 150 mm |
| Voies avant et arrière | 1 570 mm |
| Poids à vide | Environ 2 000 à 2 030 kg selon finition et convention de mesure |
| PTAC | 3 035 kg sur les versions françaises initiales |
| Charge utile | Environ 1 000 kg, jusqu’à environ 1 100 kg après évolution |
| Remorquage freiné | Jusqu’à 3 500 kg |
| Remorquage non freiné | 750 kg |
| Garde au sol | Environ 223 mm |
| Longueur de benne | Environ 1 578 mm |
| Largeur de benne | Environ 1 560 mm |
| Vitesse maximale | 172 km/h en 160 ch, jusqu’à 184 km/h en 190 ch BVM |
| 0 à 100 km/h | Environ 12,0 s en 160 ch, 10,8 s en 190 ch BVM |
| Consommation mixte NEDC | 6,3 l/100 km en BVM, 6,9 l/100 km en 190 ch BVA |
| Émissions de CO2 NEDC | 167 g/km en BVM, 183 g/km en 190 ch BVA |
| Réservoir | 73 litres |
Design et versions européennes
Le travail de différenciation porte principalement sur la partie avant. L’Alaskan reçoit une large calandre chromée dominée par le losange Renault, un capot fortement nervuré et une signature lumineuse en forme de C. Les versions supérieures peuvent recevoir des projecteurs Full LED, des jantes de 18 pouces, des marchepieds et des barres de toit. Malgré la parenté technique avec le Navara, la face avant suffit à donner au véhicule une identité immédiatement reconnaissable.
En France, la gamme de lancement s’organise autour des finitions Life, Zen et Intens. Le 2.3 dCi 160 est associé à la boîte manuelle, tandis que le 190 ch peut recevoir la boîte manuelle ou l’automatique à sept rapports. Le prix de départ est fixé à 36 860 euros TTC lors de l’ouverture des commandes françaises en septembre 2017, et la version Intens 190 ch avec boîte automatique atteint alors 45 960 euros.
Il faut distinguer cette gamme européenne des Alaskan vendus sur d’autres continents. Certaines versions latino-américaines utilisent notamment un Diesel 2,5 litres et peuvent adopter des carrosseries ou configurations de benne différentes. Les dimensions et caractéristiques du double cabine français ne décrivent donc pas automatiquement tous les Alaskan produits dans le monde.
Une carrière européenne courte, une vie mondiale plus longue
L’Alaskan ne s’impose jamais en Europe au niveau des principales références du segment. Son arrivée tardive sur un marché déjà très structuré, la proximité technique avec le Navara et la contraction progressive de l’offre de pick-up en Europe limitent son développement commercial. Renault cesse ainsi assez rapidement de le mettre en avant sur plusieurs marchés européens, alors que sa carrière se poursuit en Amérique latine.
Les volumes mondiaux cumulés ne sont pas publiés de façon suffisamment homogène pour établir une production totale incontestable. Quelques chiffres ponctuels sont toutefois connus : Renault a notamment produit 1 226 Alaskan à Cuernavaca en 2017 et l’usine argentine avait dépassé les 5 000 exemplaires dès 2022. Ces données illustrent une diffusion nettement plus confidentielle que celle des leaders historiques de la catégorie.
Sa place dans l’histoire de Renault reste particulière : l’Alaskan constitue une tentative ponctuelle d’installer le losange dans le segment mondial des pick-up d’une tonne, sans descendance directe portant le même nom. Après son retrait européen, d’autres constructeurs généralistes ont continué à renouveler ce type d’offre avec des modèles comme le Fiat Titano, tandis que Renault a recentré sa stratégie utilitaire et internationale sur d’autres formats.





