Le Jeep Cherokee KK est un SUV tout-terrain produit de 2007 à 2012 et commercialisé en Europe à partir de 2008. Cette génération du Jeep Cherokee se distingue par son style anguleux, sa structure monocoque renforcée et ses transmissions intégrales dotées d’une gamme courte. En France, sa carrière repose principalement sur le moteur diesel 2.8 CRD, proposé avec 177 puis 200 ch.
Commercialisé sous le nom de Jeep Liberty KK en Amérique du Nord, il conserve une architecture adaptée au franchissement tout en améliorant son habitabilité et sa présentation. Sa fabrication est assurée à Toledo, dans l’Ohio, aux États-Unis.
Histoire du Jeep Cherokee KK
Le Cherokee KK succède au Jeep Cherokee KJ, commercialisé depuis 2001. Chrysler souhaite moderniser son SUV compact sans abandonner les capacités tout-terrain associées à Jeep. Le nouveau modèle reçoit une carrosserie plus anguleuse, un empattement accru et des suspensions retravaillées.
Il est présenté le 4 avril 2007 au Salon de New York sous l’appellation Liberty, pour le millésime américain 2008. Sa commercialisation française débute en février 2008 sous le nom Cherokee. Le code KK désigne cette génération et non une finition particulière.
Son développement s’inscrit dans une stratégie de partage de composants avec le Dodge Nitro. Les deux véhicules possèdent une architecture apparentée, mais conservent des carrosseries, des dimensions et des identités commerciales distinctes.
La gamme européenne débute avec le diesel 2.8 CRD de 177 ch et, sur certains marchés, le V6 essence 3.7 de 205 ch. En 2010, Jeep présente une évolution du diesel pour le millésime 2011. Sa puissance atteint 200 ch, tandis que les consommations et émissions homologuées diminuent.
La commercialisation française est répertoriée jusqu’en juin 2011, mais la production internationale se poursuit jusqu’en 2012. Le Jeep Cherokee KL lui succède ensuite avec une architecture et un design profondément renouvelés.
Design et caractéristiques distinctives
Le Cherokee KK marque un retour à une silhouette géométrique rappelant certains traits du Jeep Cherokee XJ. Son capot horizontal, ses phares rectangulaires, sa calandre à sept fentes verticales et ses passages de roues anguleux renforcent son identité Jeep.
Il se distingue immédiatement du KJ, reconnaissable à ses phares circulaires, sa carrosserie plus arrondie et sa roue de secours extérieure. Sur le KK, celle-ci est placée sous le véhicule, tandis que l’arrière adopte un hayon vertical.
L’habitacle reçoit une planche de bord redessinée, une banquette arrière rabattable selon une répartition 60/40 et, suivant la finition, un siège passager avant rabattable. Le coffre offre 419 litres dans la documentation européenne, avec un volume pouvant atteindre 1 404 litres lorsque les sièges arrière sont rabattus.
L’une des particularités de cette génération est le toit ouvrant Sky Slider, proposé selon les versions. Ce grand panneau textile à commande électrique peut s’ouvrir vers l’avant ou vers l’arrière, offrant une surface d’ouverture supérieure à celle d’un toit vitré conventionnel.
Le Cherokee KK reste distinct du Jeep Grand Cherokee, plus grand et appartenant à une lignée différente. Leurs générations et leurs codes internes ne doivent pas être confondus.
Fiche technique de la Jeep Cherokee KK
| Caractéristique | Données techniques |
|---|---|
| Constructeur | Jeep, Chrysler Group au lancement |
| Génération | KK |
| Autre appellation | Jeep Liberty KK en Amérique du Nord |
| Présentation | 4 avril 2007, Salon de New York |
| Production | 2007 à 2012 |
| Commercialisation européenne | À partir de 2008 |
| Usine | Toledo North Assembly Plant, Ohio, États-Unis |
| Catégorie | SUV compact à vocation tout-terrain |
| Carrosserie | 5 portes, 5 places |
| Structure | Caisse autoporteuse en acier renforcée, architecture Uniframe |
| Implantation | Moteur avant longitudinal |
| 2.8 CRD première phase | 4 cylindres en ligne, turbodiesel common rail, 2,8 litres, 177 ch à 3 800 tr/min |
| 2.8 CRD millésime 2011 | 4 cylindres en ligne, turbodiesel common rail, 2,8 litres, 200 ch à 3 600 tr/min |
| 3.7 V6 essence européen | V6 atmosphérique, injection multipoint, 205 ch à 5 200 tr/min |
| 3.7 V6 américain | 210 hp SAE à 5 200 tr/min |
| Couple diesel 177 manuel | 410 Nm de 2 000 à 2 800 tr/min |
| Couple diesel 177 automatique | 460 Nm à 2 000 tr/min |
| Couple diesel 200 manuel | 410 Nm de 2 000 à 3 200 tr/min |
| Couple diesel 200 automatique | 460 Nm de 1 600 à 2 600 tr/min |
| Couple V6 européen | 314 Nm à 4 000 tr/min |
| Boîtes diesel européennes | Manuelle 6 rapports ou automatique 5 rapports |
| Boîte V6 européen | Automatique 4 rapports |
| Transmission | Propulsion ou quatre roues motrices selon marché et version |
| Systèmes 4×4 | Command-Trac II ou Selec-Trac II selon configuration |
| Rapport de réduction | 2,72:1 |
| Suspension avant | Roues indépendantes, doubles triangles et ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide, cinq bras, barre Panhard et ressorts hélicoïdaux |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freinage | Quatre disques, ventilés à l’avant, ABS et répartition électronique |
| Pneumatiques européens | Notamment 235/65 R17 et 235/60 R18 selon finition |
| Longueur | 4 493 mm |
| Largeur hors rétroviseurs | 1 839 mm |
| Hauteur | 1 736 à 1 797 mm selon configuration |
| Empattement | 2 694 mm |
| Voies avant et arrière | 1 549 mm |
| Garde au sol | 189 mm |
| Diamètre de braquage | 10,8 m |
| Masse diesel 177 manuel | 2 055 à 2 150 kg en ordre de marche |
| Masse diesel 177 automatique | 2 060 à 2 165 kg en ordre de marche |
| Masse V6 européen | 2 010 à 2 115 kg en ordre de marche |
| 0 à 100 km/h, diesel 177 manuel | 11,5 s |
| 0 à 100 km/h, diesel 177 automatique | 10,5 s |
| 0 à 100 km/h, V6 européen | 10,7 s |
| Vitesse maximale diesel 177 | 180 km/h en manuel, 179 km/h en automatique |
| Vitesse maximale V6 européen | 193 km/h |
| Consommation mixte diesel 177 | 8,4 l/100 km en manuel, 9,0 l/100 km en automatique |
| Consommation mixte V6 européen | 12,4 l/100 km dans la brochure constructeur consultée |
| Consommation mixte diesel 200 | 7,9 l/100 km pour les versions françaises documentées |
| Émissions CO₂ diesel 177 | 222 g/km en manuel, 242 g/km en automatique |
| Émissions CO₂ diesel 200 | 206 à 208 g/km pour les versions françaises documentées |
| Réservoir | 70 litres en diesel européen, 73,8 litres en V6 européen |
| Volume de coffre | 419 à 1 404 litres |
| Remorquage freiné européen | Jusqu’à 2 800 kg pour les configurations documentées |
| Angles tout-terrain | Attaque : 28,2° ; fuite : 30° ; ventral : 21,7° |
Motorisations, transmissions et capacités tout-terrain
En France, le 2.8 CRD constitue la motorisation centrale du Cherokee KK. Ce quatre cylindres turbodiesel utilise une injection directe common rail, un turbocompresseur à géométrie variable et un échangeur de température d’air d’admission. Sa conception privilégie la disponibilité du couple à bas régime, particulièrement utile pour déplacer un SUV de plus de deux tonnes.
La première version développe 177 ch. Le choix de la boîte ne modifie pas sa puissance maximale, mais influence le couple disponible. La version automatique bénéficie ainsi d’une valeur supérieure à celle de la manuelle.
Le diesel de 200 ch introduit pour le millésime 2011 améliore la puissance sans augmenter systématiquement le couple maximal. Jeep annonce une réduction pouvant atteindre 13 % de la consommation et 15 % des émissions de CO₂ par rapport au précédent moteur, selon les configurations comparées.
Les consommations de la fiche technique correspondent aux cycles d’homologation de l’époque, et non à des mesures de consommation réelle. Le V6 essence présente également des puissances homologuées différentes selon le marché : 210 hp SAE aux États-Unis contre 205 ch dans la documentation européenne.
La transmission intégrale constitue un élément déterminant du Cherokee KK. Le Command-Trac II est un système enclenchable disposant d’un mode deux roues motrices, d’un mode quatre roues motrices verrouillé et d’une gamme courte. En l’absence de différentiel central, son mode 4WD Lock n’est pas destiné à une utilisation prolongée sur chaussée sèche fortement adhérente.
Le Selec-Trac II ajoute un mode 4WD Auto avec gestion électronique de la répartition du couple, utilisable sur route. Il conserve une gamme courte pour le franchissement. Les Cherokee européens documentés dans la brochure constructeur disposent notamment de ce système, mais l’équipement exact dépend du marché, de l’année et de la finition.
Le Cherokee KK associe une suspension avant indépendante à un essieu arrière rigide. Cette architecture permet de concilier le guidage des roues sur route avec une conception robuste adaptée aux terrains difficiles. La gamme courte facilite la progression lente, tandis que les angles de carrosserie et la garde au sol déterminent les obstacles franchissables sans contact avec le soubassement.
Selon la configuration, les aides électroniques comprennent le contrôle de stabilité, l’antipatinage, l’assistance au démarrage en côte et l’aide à la descente. Les capacités de remorquage varient suivant les homologations : pour un exemplaire français, les masses inscrites sur la carte grise déterminent les limites réglementaires applicables.
Prix, finitions et identification d’un Cherokee KK d’occasion
La gamme française comprend notamment les finitions Sport et Limited. La première privilégie les équipements essentiels, tandis que la seconde propose une présentation plus valorisante et davantage d’équipements de confort. Les jantes, la sellerie, le système multimédia et les possibilités de toit ouvrant varient suivant les années et les marchés.
La version 70ème Anniversaire apparaît dans les fiches françaises de 2011 avec le diesel de 200 ch. Une déclinaison Overland est également documentée en Italie en 2012, notamment avec des jantes de 20 pouces et des éléments intérieurs de phares noirs.
Les prix neufs français répertoriés pour la carrière du modèle s’étendent de 29 900 à 40 160 €. Cette fourchette englobe plusieurs motorisations, finitions et millésimes : elle ne correspond pas au tarif unique d’un Cherokee KK lors de son lancement.
Sur le marché de l’occasion, une annonce indiquant simplement « Cherokee 2.8 CRD » ne permet pas de déterminer si le véhicule possède le moteur de 177 ou de 200 ch, ni quelle transmission intégrale est installée. La date de première immatriculation ne suffit pas non plus à établir son millésime technique.
Le Jeep Liberty constitue un autre point d’attention pour les véhicules importés. Le Liberty KK américain appartient à la même génération, mais ses motorisations, équipements et homologations ne correspondent pas nécessairement à ceux d’un Cherokee vendu neuf en Europe.
Le numéro VIN, les documents d’homologation et les références constructeur permettent de confirmer la configuration d’origine, notamment pour choisir des pièces de freinage, de transmission ou de suspension. Lors de l’examen d’un exemplaire d’occasion, l’historique d’entretien, le fonctionnement de la boîte automatique, l’engagement des modes de transmission, l’état des trains roulants et celui du toit Sky Slider, lorsqu’il est présent, méritent une attention particulière.




