Ford Fiesta 6

Ford Fiesta 6

Lancée en Europe en 2008, la Ford Fiesta 6 marque une rupture nette dans l’histoire de la citadine. Elle succède à la Ford Fiesta 5 avec une nouvelle architecture de segment B, une carrosserie plus expressive et une conception pensée dès l’origine pour une diffusion internationale. Développée sous le code B299 pour la berline à hayon, elle devient l’un des premiers produits emblématiques de la stratégie mondiale One Ford.

La dénomination des générations de Fiesta varie toutefois entre les marchés et les bases automobiles. La Fiesta 6 traitée ici correspond à la génération européenne apparue en 2008 et produite jusqu’en 2017, et non au restylage de 2012 considéré parfois, à tort dans cette nomenclature, comme une génération indépendante.

Du concept Verve à une Fiesta mondiale

Le projet prend forme dans un contexte où Ford cherche à rationaliser le développement de ses modèles à l’échelle mondiale. Le constructeur veut conserver les qualités d’une citadine européenne tout en créant une base susceptible d’être adaptée à de nombreux marchés. Le concept Ford Verve, présenté au Salon de Francfort en septembre 2007, donne un premier aperçu très fidèle de cette orientation.

La Fiesta de série est dévoilée au Salon de Genève en 2008. Sa production débute à Cologne en août de la même année et sa commercialisation européenne intervient à l’automne. L’usine espagnole d’Almussafes, près de Valence, rejoint ensuite le dispositif industriel. Le modèle est progressivement fabriqué dans plusieurs autres pays pour répondre à son déploiement international.

Le programme est développé par Ford Europe. Martin Smith dirige alors le design européen de la marque, avec Stefan Lamm pour le style extérieur et Niko Vidakovic pour l’habitacle. Leur travail transpose en grande partie sur une voiture de grande série le langage Kinetic Design déjà annoncé par le Verve.

Cette stratégie produit une Fiesta sensiblement différente de sa devancière. Malgré un équipement plus riche, Ford travaille sur l’allègement de la structure et utilise largement les aciers à haute résistance. Le constructeur annonçait environ 40 kg de moins que sur le modèle précédent à configuration comparable, ainsi qu’une rigidité torsionnelle accrue.

Un Kinetic Design immédiatement reconnaissable

La première phase se distingue par ses projecteurs très étirés remontant sur les ailes, sa petite calandre supérieure et sa grande prise d’air trapézoïdale située dans le bouclier. La ligne de caisse ascendante, le pare-brise fortement incliné et les passages de roues marqués donnent à la citadine une silhouette plus dynamique que celle de la génération précédente. À l’arrière, les feux implantés haut encadrent une lunette surmontée d’un petit becquet.

L’habitacle participe également au changement d’époque. La console centrale adopte une organisation inspirée des téléphones portables contemporains, avec un écran placé en hauteur et des commandes regroupées au centre. La position de conduite est abaissée tandis que le levier de vitesses est installé plus haut, afin de favoriser une commande plus directe.

Le restylage dévoilé en 2012 transforme surtout la face avant. La petite calandre des premières Fiesta cède la place à une large ouverture trapézoïdale positionnée beaucoup plus haut, accompagnée de projecteurs redessinés et d’un capot davantage sculpté. Cette évolution est facile à identifier visuellement, mais elle ne constitue pas une nouvelle génération dans la chronologie retenue ici.

Moteurs essence, TDCi et arrivée de l’EcoBoost

Au lancement européen, l’offre couvre un spectre particulièrement large. Les moteurs essence comprennent notamment les quatre cylindres 1.25 de 60 ou 82 ch, le 1.4 de 96 ch et le 1.6 Ti-VCT de 120 ch. Les conducteurs privilégiant le diesel disposent notamment des 1.4 TDCi et 1.6 TDCi. La majorité des versions utilise une boîte manuelle à cinq rapports et toutes les Fiesta européennes courantes restent des tractions avant.

Ford propose également une version ECOnetic développée pour réduire consommation et émissions. Associée au 1.6 TDCi de 90 ch, elle reçoit notamment des pneus à faible résistance au roulement et des optimisations aérodynamiques. Son homologation annonçait alors 3,7 l/100 km et 98 g/km de CO2, chiffres correspondant au cycle officiel de l’époque.

Le restylage accompagne une évolution mécanique plus importante avec l’arrivée du trois cylindres 1.0 EcoBoost. Ce petit moteur essence turbocompressé est proposé à différents niveaux de puissance, notamment 100 et 125 ch, puis jusqu’à 140 ch sur certaines versions et certains marchés. En diesel, la gamme évolue également au fil des millésimes avec notamment les 1.5 TDCi.

La déclinaison sportive la plus marquante apparaît avec la Ford Fiesta ST. Son 1.6 EcoBoost développe 182 ch et 240 Nm, associés à une boîte manuelle à six rapports et à un châssis spécifiquement réglé. La ST200 pousse ensuite la formule à 200 ch et 290 Nm, avec une fonction d’overboost temporaire augmentant encore brièvement ces valeurs.

Fiche technique de la Ford Fiesta 6

CaractéristiqueDonnées
Période européenne2008 à 2017
Code de développementB299, berline à hayon
SegmentCitadine polyvalente, segment B
Carrosseries européennes3 portes, 5 portes, utilitaire Fiesta Van
ArchitectureMoteur transversal avant, traction avant
Essence au lancement1.25 60 ch, 1.25 82 ch, 1.4 96 ch, 1.6 Ti-VCT 120 ch
Diesel au lancement1.4 TDCi 68 ch, 1.6 TDCi 90 ch
Motorisations ultérieures principales1.0 EcoBoost jusqu’à 140 ch selon version, 1.5 TDCi, 1.6 EcoBoost sur ST et ST200
Couple 1.25 60 ch109 Nm à 3 600 tr/min
Couple 1.25 82 ch114 Nm à 4 200 tr/min
Couple 1.6 Ti-VCT 120 ch152 Nm à 4 050 tr/min
BoîtesManuelle 5 rapports sur la majorité de la gamme, automatique selon version, manuelle 6 rapports sur ST, PowerShift sur certaines versions
Suspension avantJambes de force MacPherson
Suspension arrièreEssieu semi-indépendant à traverse de torsion
DirectionCrémaillère à assistance électrique EPAS
FreinageABS avec répartition électronique, configuration variable selon version
LongueurEnviron 3 950 mm
LargeurEnviron 1 722 mm
HauteurEnviron 1 481 mm
Empattement2 489 mm
Diamètre de braquage10,2 m
Volume de coffre295 litres, jusqu’à 979 litres banquette rabattue
Cx au lancement0,33
0 à 100 km/h, 1.25 60 ch16,9 s
Vitesse maximale, 1.25 60 ch152 km/h
0 à 100 km/h, 1.6 Ti-VCT 120 ch9,9 s
Vitesse maximale, 1.6 Ti-VCT 120 ch193 km/h
Fiesta ST182 ch, 240 Nm, 0 à 100 km/h en 6,9 s, 220 km/h
Fiesta ST200200 ch, 290 Nm, 0 à 100 km/h en 6,7 s, 230 km/h

Châssis et comportement, au coeur du développement

La Fiesta 6 conserve une architecture relativement classique pour une citadine, avec des jambes de force MacPherson à l’avant et un essieu arrière à traverse de torsion. Ford accorde toutefois une attention particulière aux réglages. Le corps de l’essieu arrière est renforcé par rapport à celui de la génération précédente et la barre antiroulis avant est également dimensionnée à la hausse.

La direction constitue une évolution importante. La Fiesta adopte une assistance électrique EPAS, qui permet notamment de réduire la consommation énergétique par rapport à une assistance hydraulique fonctionnant continuellement. Ford retient un rapport de direction de 14,25:1, plus direct que celui de la précédente Fiesta.

Cette architecture de segment B sert également de base à d’autres développements du constructeur. Le Ford B-max, lancé quelques années plus tard, appartient à cette même famille technique tout en adoptant une carrosserie de petit monospace et un concept d’accès très différent.

Une carrière mondiale et plusieurs visages

La Fiesta 6 est conçue pour dépasser largement son marché européen traditionnel. Aux berlines 3 et 5 portes vendues en Europe s’ajoute notamment une berline tricorps destinée à plusieurs marchés internationaux. La production s’étend au-delà des usines de Cologne et Valence, avec des implantations adaptées aux différents grands marchés automobiles.

Cette diffusion explique pourquoi les dates de fabrication ne sont pas strictement identiques partout. En Europe, la génération couvre la période 2008-2017. Certains dérivés internationaux poursuivent néanmoins leur carrière après son remplacement européen. Les équipements, moteurs, carrosseries et appellations de finition diffèrent eux aussi selon les pays, ce qui interdit de réduire l’ensemble de la production mondiale à une seule configuration.

La carrière commerciale est rapidement significative. Ford annonce le cap du million de Fiesta de cette génération vendues en Europe après seulement 28 mois. Le modèle devient ainsi une pièce centrale de la gamme européenne tout en démontrant la possibilité de décliner une même petite voiture sur plusieurs continents.

En Europe, son remplacement intervient en 2017 avec la Ford Fiesta 7. Cette nouvelle génération conserve le principe d’une citadine polyvalente à traction avant mais renouvelle profondément la carrosserie, l’habitacle, les équipements et la gamme, mettant fin à près de neuf années de carrière européenne pour la Fiesta apparue en 2008.

De la route au championnat du monde des rallyes

La silhouette de cette génération devient également familière en compétition. M-Sport développe plusieurs voitures de rallye portant les lignes de la Fiesta, dont la R2, la S2000 et la RS WRC. Ces machines sont techniquement très éloignées des Fiesta de série, mais elles installent durablement le modèle dans l’image sportive de Ford au début des années 2010.

La Fiesta S2000 obtient un résultat marquant dès janvier 2010 en remportant le Rallye Monte-Carlo avec Mikko Hirvonen et Jarmo Lehtinen. Lorsque la réglementation du championnat du monde évolue, la Fiesta RS WRC prend la relève de la Focus RS WRC comme représentante de Ford au plus haut niveau international.

Ses débuts en championnat du monde ont lieu au Rallye de Suède 2011. Mikko Hirvonen s’impose devant Mads Ostberg et Jari-Matti Latvala, offrant à la nouvelle Fiesta RS WRC un triplé dès sa première manche mondiale. Cette activité sportive accompagne alors la période où la Fiesta routière est devenue l’un des modèles mondiaux les plus importants de Ford.

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