Commercialisée en Europe à partir de 2007, la Ford Mondeo 3 marque une nette montée en gamme pour la grande familiale de Ford. Plus longue, plus large et plus expressive que la génération précédente, elle adopte le langage stylistique « kinetic design » et une nouvelle architecture technique. Elle se décline en berline cinq portes, en berline quatre portes sur certains marchés et en break, avec une gamme particulièrement étendue de moteurs essence et diesel.
La dénomination demande toutefois une précision. En France, cette génération 2007-2014 est couramment appelée Mondeo III ou Mondeo 3. Dans la nomenclature britannique, elle est souvent désignée Mondeo Mk IV, le profond remaniement de la première Mondeo étant comptabilisé séparément. Il ne faut donc pas la confondre avec la Mondeo 2000-2007, parfois appelée Mk3 dans les sources anglophones.
Une Mondeo entièrement renouvelée en 2007
La Mondeo 3 succède à la Ford Mondeo 2 dans un contexte où les berlines familiales traditionnelles restent importantes pour les constructeurs généralistes européens. Ford choisit de faire évoluer sensiblement son modèle plutôt que de procéder à une simple modernisation. L’empattement atteint 2,85 m et la largeur de carrosserie 1,886 m, donnant à la voiture une présence et un espace intérieur supérieurs à ceux de sa devancière.
Le développement repose sur l’architecture EUCD du groupe Ford. Cette base est également employée par le Ford S-Max et d’autres véhicules du groupe. La Mondeo conserve une implantation mécanique classique pour une grande Ford européenne de cette période, avec moteur transversal à l’avant et transmission aux roues avant. Son train avant de type McPherson est associé à un essieu arrière multibras, une solution destinée à concilier stabilité, confort et comportement routier.
La voiture s’insère au sommet de la gamme familiale Ford européenne, au-dessus de la Ford Focus 2. Sa production européenne est principalement assurée à Genk, en Belgique, usine qui fabrique également les grands monospaces de la marque. En octobre 2007, un break Mondeo devient d’ailleurs le treize millionième véhicule assemblé sur ce site.
Du concept iosis à la voiture de Casino Royale
Le style de la Mondeo 3 s’inscrit directement dans le « kinetic design » développé par Ford Europe au milieu des années 2000. Le concept iosis présenté en 2005 en avait annoncé plusieurs principes : surfaces tendues, lignes dynamiques, épaules prononcées et prises d’air trapézoïdales. La Mondeo de série transpose ce vocabulaire sur une grande familiale sans reprendre les proportions beaucoup plus spectaculaires du concept.
Une version presque définitive en carrosserie break est dévoilée au Mondial de l’Automobile de Paris en septembre 2006, avant le lancement commercial du printemps 2007. La Mondeo bénéficie cependant d’une apparition publique particulièrement précoce : un exemplaire de préproduction est fabriqué à la main par Ford à Cologne pour le tournage de Casino Royale. Conduite à l’écran par James Bond, incarné par Daniel Craig, la voiture apparaît ainsi dans le film de 2006 avant son arrivée dans les concessions.
La face avant de la première phase se distingue par ses grandes optiques étirées, sa calandre supérieure étroite et son importante ouverture inférieure trapézoïdale. Les passages de roues marqués et la ligne de ceinture ascendante donnent davantage de mouvement à la silhouette que sur la génération précédente. Malgré ses dimensions généreuses, le dessin cherche ainsi à éloigner la Mondeo de l’image très conventionnelle associée aux grandes berlines généralistes.
Berline, cinq portes et break
Ford adapte la Mondeo aux habitudes de plusieurs marchés européens en proposant trois silhouettes. La cinq portes combine une ligne de berline avec un grand hayon, tandis qu’une tricorps quatre portes est proposée dans certains pays. Le Ford Mondeo SW privilégie la capacité de chargement et prolonge le toit jusqu’à un hayon plus vertical. Cette diversité de carrosseries permet au modèle de couvrir aussi bien les usages familiaux que les flottes d’entreprise.
Les dimensions varient légèrement suivant la carrosserie et la phase. La cinq portes du lancement mesure environ 4,78 m de long pour 1,886 m de large hors rétroviseurs et environ 1,50 m de haut. Certaines fiches indiquent une largeur supérieure à deux mètres parce qu’elles comptabilisent les rétroviseurs déployés. L’empattement de 2,85 m reste l’une des dimensions structurantes de cette génération.
L’habitacle accompagne la montée en gamme avec une planche de bord plus enveloppante et, selon les versions, un combiné d’instrumentation intégrant un écran central, des systèmes multimédias et une dotation de confort étoffée. L’espace disponible profite directement de l’augmentation des dimensions extérieures et de l’empattement.
Une gamme de moteurs particulièrement étendue
Au lancement, Ford propose plusieurs moteurs essence et diesel. La gamme essence comprend notamment les 1.6 Duratec de 110 ou 125 ch, le 2.0 de 145 ch, un 2.3 d’environ 160 ch et surtout le cinq cylindres 2.5 turbo de 220 ch. Ce dernier constitue alors la proposition la plus performante de la gamme courante. Côté diesel, les 1.8 TDCi et 2.0 TDCi occupent une place centrale sur le marché européen, avec plusieurs niveaux de puissance.
La carrière de la Mondeo accompagne ensuite la transition technologique de Ford. Les moteurs EcoBoost à injection directe et turbocompresseur prennent progressivement le relais de certaines mécaniques essence atmosphériques. Le 1.6 EcoBoost atteint 160 ch, tandis que le 2.0 EcoBoost est proposé notamment en 203 puis 240 ch. Les diesels évoluent également, avec le 1.6 TDCi de 115 ch, différentes déclinaisons du 2.0 TDCi et le 2.2 TDCi culminant à 200 ch en fin de carrière.
Selon la motorisation et le millésime, la transmission fait appel à des boîtes manuelles à cinq ou six rapports, à une boîte automatique conventionnelle ou à la PowerShift à six rapports et double embrayage. Cette diversité explique les écarts importants de masse, de consommation et de performances entre deux Mondeo 3 extérieurement très proches.
Fiche technique de la Ford Mondeo 3
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Période de production européenne | 2007-2014 |
| Segment | Familiale, segment D |
| Carrosseries | Berline 5 portes, berline 4 portes selon marché, break 5 portes |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant |
| Plateforme | Ford EUCD |
| Moteurs essence | 4 cylindres et 5 cylindres, atmosphériques ou turbocompressés selon version |
| Puissance essence | Environ 110 à 240 ch selon version et millésime |
| Moteurs diesel | 1.6 TDCi, 1.8 TDCi, 2.0 TDCi et 2.2 TDCi selon année |
| Puissance diesel | Environ 100 à 200 ch selon version et millésime |
| Boîtes de vitesses | Manuelles 5 ou 6 rapports, automatique 6 rapports, PowerShift 6 rapports selon version |
| Suspension avant | Type McPherson avec barre antiroulis |
| Suspension arrière | Multibras avec barre antiroulis |
| Freins | Disques aux quatre roues sur les versions documentées, ventilés à l’avant |
| Longueur | Environ 4 778 mm pour la cinq portes de première phase, variable selon carrosserie et phase |
| Largeur | 1 886 mm hors rétroviseurs |
| Largeur avec rétroviseurs | Environ 2 078 mm |
| Hauteur | Environ 1 500 mm pour la cinq portes, selon version |
| Empattement | 2 850 mm |
| Voie avant | Environ 1 579 à 1 589 mm selon configuration |
| Voie arrière | Environ 1 595 à 1 605 mm selon configuration |
| Poids | Environ 1 477 à plus de 1 600 kg selon moteur, boîte et carrosserie |
| Pneumatiques | Notamment 205/55 R16, 215/55 R16, 235/45 R17 et 235/40 R18 selon version |
| Réservoir | Généralement 70 litres sur les versions européennes documentées |
| Vitesse maximale | Jusqu’à environ 246 km/h pour la 2.0 EcoBoost 240 ch |
| 0 à 100 km/h | Environ 7,3 s pour la 2.5 turbo 220 ch de lancement ; valeurs variables selon version |
| Consommation mixte homologuée | Environ 4,2 à 9,3 l/100 km suivant moteur, transmission et millésime |
| Site européen principal | Genk, Belgique |
Le restylage de 2010
Ford fait évoluer la Mondeo en profondeur en 2010. La face avant reçoit une calandre supérieure affinée et une ouverture inférieure trapézoïdale encore plus présente. Les boucliers et les feux arrière sont retravaillés, tandis que certaines finitions adoptent des feux de jour à LED. Ces modifications permettent de distinguer assez facilement une phase 2 d’un exemplaire produit entre 2007 et 2010.
L’évolution ne se limite pas à l’apparence. La gamme accueille les nouveaux moteurs EcoBoost, dont le 2.0 de 203 puis 240 ch, ainsi que la transmission PowerShift sur certaines versions. Le 2.2 TDCi atteint pour sa part 200 ch. Ford enrichit parallèlement l’offre d’équipements et d’aides à la conduite, prolongeant ainsi la carrière d’un modèle lancé trois ans auparavant.
Cette phase accompagne la Mondeo jusqu’à la fin de sa production européenne en 2014. Elle laisse alors sa place à la Ford Mondeo 4, issue d’un programme davantage mondialisé et étroitement apparentée à la Ford Fusion nord-américaine.
Une grande familiale au coeur de la stratégie européenne de Ford
La Mondeo 3 appartient à une période où Ford Europe mutualise davantage ses architectures sans uniformiser complètement ses modèles. La plateforme EUCD sert ainsi à plusieurs grandes voitures du groupe, tandis que Genk dispose d’une chaîne suffisamment flexible pour assembler la Mondeo aux côtés des monospaces Ford. La Ford Galaxy 2 illustre cette stratégie industrielle commune.
La Mondeo conserve néanmoins une identité propre grâce à ses trois carrosseries, à sa large palette mécanique et à son positionnement de grande routière généraliste. Les différences entre une 1.6 essence d’entrée de gamme, une TDCi destinée aux grands kilométrages et une 2.5 turbo ou 2.0 EcoBoost dépassent largement la seule puissance moteur : transmissions, roues, équipements, masse et performances évoluent fortement d’une version à l’autre.
La production européenne s’achève à Genk en 2014, peu avant la fermeture du site. Cette fin de carrière clôt une génération qui aura accompagné pendant sept ans la transformation de Ford Europe, depuis les premiers modèles « kinetic design » jusqu’à l’arrivée des moteurs EcoBoost et des programmes automobiles mondialisés.




