La deuxième génération du Kuga marque un changement d’échelle pour le SUV compact de Ford. Présenté en 2012 puis largement commercialisé en Europe à partir de la fin de cette année et en 2013, le Ford Kuga 2 abandonne le caractère relativement compact de son prédécesseur au profit d’une carrosserie plus longue, d’un habitacle plus spacieux et d’une conception pensée pour plusieurs continents. Il conserve néanmoins les ingrédients essentiels du Ford Kuga d’origine : cinq portes, cinq places, moteurs transversaux et possibilité d’une transmission intégrale.
Produit pour l’Europe à Almussafes, près de Valence en Espagne, le Kuga 2 reste au catalogue jusqu’en 2019. Sa carrière est suffisamment longue pour connaître plusieurs renouvellements mécaniques et un important restylage en 2016. Il faut donc distinguer les premiers modèles à moteurs 1.6 EcoBoost et 2.0 TDCi des versions plus tardives dotées notamment des 1.5 EcoBoost et 1.5 TDCi.
Un SUV européen issu d’un programme mondial
Le développement du Kuga 2 intervient au moment où Ford cherche à réduire le nombre de plates-formes spécifiques à chaque région. Le constructeur applique alors sa stratégie de modèles mondiaux et utilise son architecture du segment C pour plusieurs familles de véhicules. Le Kuga partage ainsi des éléments de conception avec la Ford Focus 3 contemporaine, tout en adoptant une carrosserie et des réglages adaptés à son statut de SUV.
Le programme est annoncé par le concept Ford Vertrek, dévoilé au Salon de Detroit en janvier 2011. Celui-ci préfigure les proportions générales et plusieurs thèmes stylistiques du futur modèle de série. Le véhicule définitif doit répondre à deux besoins : renouveler le Kuga européen et fournir à Ford un SUV compact mondial. Cette stratégie explique sa proximité technique avec le Ford Escape de troisième génération commercialisé notamment en Amérique du Nord, sans que les deux appellations soient utilisées de la même manière selon les marchés.
Le dessin est réalisé par les équipes Ford durant la période où Martin Smith dirige le design européen de la marque. Le nouveau Kuga s’allonge sensiblement et adopte une silhouette plus effilée que celle de son prédécesseur. Avec environ 4,52 m de longueur et 2,69 m d’empattement, il recherche davantage d’espace intérieur tout en conservant des dimensions compatibles avec le marché européen.
Une identité différente du premier Kuga
La première phase du Kuga 2 se reconnaît à ses projecteurs étirés vers les ailes, à sa petite calandre supérieure et surtout à la grande ouverture trapézoïdale installée dans la partie basse du bouclier. Les passages de roues restent fortement marqués, tandis que la ligne de caisse ascendante et les feux arrière débordant sur les flancs donnent à la voiture une apparence moins verticale que celle de la première génération.
L’habitacle suit la présentation des Ford européennes du début des années 2010. La planche de bord privilégie initialement de nombreux boutons physiques autour du système multimédia, avec une instrumentation conventionnelle. L’un des équipements emblématiques du modèle est le hayon mains libres disponible sur certaines versions : un mouvement du pied sous le pare-chocs permet son ouverture lorsque la clé est détectée.
Le positionnement évolue également avec l’expansion de l’offre SUV de Ford. Le Kuga devient progressivement le modèle intermédiaire d’une gamme dans laquelle le Ford Ecosport occupe le niveau inférieur. Plus tard, l’arrivée européenne du Ford Edge permet à Ford de proposer un SUV sensiblement plus grand au-dessus du Kuga.
Fiche technique de la Ford Kuga 2
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Période | 2012 à 2019 |
| Carrosserie | SUV compact, 5 portes, 5 places |
| Structure | Monocoque en acier, architecture Ford globale du segment C |
| Implantation moteur | Avant transversal |
| Moteurs essence de lancement | 1.6 EcoBoost turbo à injection directe, 1 596 cm3 |
| Puissances 1.6 EcoBoost | 150 ou 182 ch selon version et marché |
| Couple 1.6 EcoBoost | 240 Nm |
| Moteurs diesel de lancement | 2.0 TDCi quatre cylindres turbo, 1 997 cm3 |
| Puissances 2.0 TDCi initiales | 140 ou 163 ch selon version |
| Couple 2.0 TDCi initial | 320 à 340 Nm selon version |
| Motorisations ultérieures | 1.5 EcoBoost, 1.5 TDCi et 2.0 TDCi proposés dans différentes puissances selon millésime |
| Transmission | Traction avant ou transmission intégrale intelligente AWD selon version |
| Boîtes | Manuelle 6 rapports, automatique 6 rapports ou PowerShift 6 rapports selon moteur |
| Suspension avant | Type MacPherson |
| Suspension arrière | Indépendante multibras |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freinage | Disques aux quatre roues, ventilés à l’avant sur les versions documentées |
| Pneumatiques | Notamment 235/55 R17 et 235/50 R18 selon finition |
| Longueur | 4 524 mm |
| Largeur | Environ 1 838 à 1 842 mm hors rétroviseurs, 2 086 mm avec rétroviseurs |
| Hauteur | Environ 1 680 à 1 702 mm selon configuration |
| Empattement | 2 690 mm |
| Voies | Environ 1 554 à 1 574 mm à l’avant et à l’arrière selon version |
| Masse à vide | Environ 1 580 à 1 780 kg selon moteur, transmission et méthode de mesure |
| Réservoir | Environ 60 litres |
| Garde au sol | Environ 197 à 200 mm selon version |
| Vitesse maximale | Environ 190 à 200 km/h pour plusieurs versions de lancement |
| 0 à 100 km/h | Environ 9,7 à 10,6 s pour plusieurs versions 140 à 182 ch documentées |
| Consommation homologuée | Environ 5,3 à 7,7 l/100 km pour plusieurs versions de lancement, cycle NEDC |
| Production européenne | Almussafes, Valence, Espagne |
EcoBoost, TDCi et transmission intégrale
Au début de sa carrière, la gamme européenne repose principalement sur le 1.6 EcoBoost essence et le 2.0 TDCi diesel. Le premier est proposé notamment avec 150 ch en traction et 182 ch dans certaines configurations à transmission intégrale et boîte automatique. Le diesel, particulièrement important sur le marché européen de l’époque, existe notamment en 140 et 163 ch, avec différentes combinaisons de traction, transmission intégrale, boîte manuelle et PowerShift.
Le système AWD n’est pas une transmission intégrale permanente avec une répartition mécanique fixe. Son électronique adapte la distribution du couple entre les essieux en fonction des conditions d’adhérence et de conduite. Ford associe ce dispositif à différentes aides électroniques, dont le contrôle vectoriel de couple, destiné à améliorer le comportement du véhicule en virage. Le Kuga reste ainsi conçu avant tout comme un SUV routier polyvalent plutôt que comme un tout-terrain traditionnel.
La gamme mécanique change au fil des normes et des millésimes. À partir du milieu de la carrière apparaissent notamment le 1.5 EcoBoost ainsi que des 2.0 TDCi développant jusqu’à 180 ch. Le 1.5 TDCi 120 ch rejoint ensuite l’offre. Ces évolutions expliquent pourquoi deux Kuga 2 extérieurement proches peuvent avoir des groupes motopropulseurs, des transmissions et des valeurs de consommation sensiblement différents.
Le restylage de 2016 transforme sa face avant
Ford présente en 2016 une évolution profonde du Kuga. Il s’agit toujours de la deuxième génération et non du Kuga 3, mais son apparence change nettement. La petite calandre du modèle initial disparaît au profit d’une grande calandre supérieure trapézoïdale à barrettes horizontales. Les projecteurs, le bouclier, les antibrouillards et les feux arrière sont également redessinés, donnant au SUV une parenté visuelle plus forte avec les autres utilitaires sportifs contemporains de Ford.
Les modifications ne se limitent pas à la carrosserie. La console centrale est simplifiée, certaines commandes sont revues et le système multimédia SYNC 3 remplace progressivement la génération précédente. L’offre d’aides à la conduite est également enrichie. Le 1.5 TDCi de 120 ch complète la gamme diesel avec une configuration orientée vers une consommation homologuée réduite, tandis que les versions 2.0 TDCi restent disponibles pour les conducteurs recherchant davantage de puissance ou la transmission intégrale.
Cette phase restylée constitue une part importante de la carrière du modèle et peut facilement être confondue avec une nouvelle génération en raison de sa face avant très différente. L’empattement et les principes fondamentaux de la plate-forme restent toutefois ceux du Kuga 2 lancé en 2012.
Une carrière européenne jusqu’en 2019
Le Kuga 2 accompagne une période de forte croissance du marché européen des SUV. Ford annonçait déjà plus de 200 000 exemplaires de cette génération produits à Valence et à Elabuga en novembre 2014, puis environ 102 000 Kuga vendus en Europe sur la seule année 2015. Ces chiffres montrent le changement de dimension commerciale du modèle par rapport à un Kuga de première génération davantage positionné comme une extension de gamme.
En France, les tarifs varient fortement avec les années, les moteurs et les équipements. Sur les premiers millésimes, un 1.6 EcoBoost 150 ch Trend se situait autour de 25 000 euros, tandis que les diesels puissants à transmission intégrale et boîte PowerShift pouvaient dépasser 35 000 euros. L’écart illustre l’étendue d’une gamme allant du SUV familial à traction aux configurations AWD richement équipées.
La production européenne du Kuga 2 s’achève en 2019 avec l’arrivée de son remplaçant. Le Ford Kuga 3 change de génération technique et accompagne surtout la montée de l’électrification, avec des motorisations hybrides qui prennent progressivement une place centrale dans la gamme. Le Kuga 2 reste ainsi le dernier Kuga européen dont la carrière repose essentiellement sur des motorisations essence et diesel conventionnelles.




