Ford Focus 3

Ford Focus 3

Commercialisée en Europe à partir de 2011, la Ford Focus 3 constitue la troisième génération de la compacte de Ford. Présentée dès janvier 2010 au Salon de Detroit, elle marque une rupture industrielle importante : au lieu de développer des Focus sensiblement différentes selon les régions, Ford conçoit cette génération comme un modèle mondial. Cette stratégie dite « One Ford » doit permettre de partager l’architecture et une grande partie des composants entre les voitures vendues en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.

En Europe, elle succède à la Ford Focus 2 et conserve une formule devenue caractéristique du modèle : moteur transversal, traction avant sur les versions courantes et train arrière indépendant multibras. La gamme européenne comprend principalement une berline cinq portes et un break, auxquels s’ajoute selon les marchés une carrosserie quatre portes. Sa carrière s’étend jusqu’en 2018, avec un important restylage lancé en 2014.

Une Focus conçue comme une voiture mondiale

La Focus 3 s’inscrit dans une réorganisation profonde de Ford. Le constructeur cherche alors à réduire les différences entre ses gammes régionales en développant des automobiles capables d’être commercialisées sur plusieurs continents avec un maximum de composants communs. La Focus devient l’un des projets emblématiques de cette politique. Elle repose sur la nouvelle architecture mondiale de segment C de Ford, destinée à servir de base à plusieurs modèles.

La conception conserve néanmoins une forte empreinte européenne. Le développement des petites et moyennes Ford est largement concentré en Allemagne, tandis que l’usine de Saarlouis devient le principal site européen de production de la nouvelle Focus. La fabrication en série y commence à la fin de 2010 avant l’arrivée de la voiture chez les concessionnaires européens en 2011. Ford déploie parallèlement sa production aux États-Unis, en Chine puis dans plusieurs autres pays.

Cette mondialisation n’empêche pas la Focus 3 de rester étroitement liée aux attentes du marché européen. Son comportement routier repose notamment sur une suspension avant de type McPherson et un essieu arrière indépendant multibras. Elle se positionne au coeur de la gamme entre les petites Fiesta et les modèles familiaux plus imposants. À la même époque, Ford développe aussi le Ford Kuga 2 pour répondre à la progression rapide des SUV compacts.

Design et carrosseries de la Ford Focus 3

La première phase adopte le langage stylistique « kinetic design » alors utilisé par Ford. La face avant est particulièrement reconnaissable à ses ouvertures très découpées dans le bouclier, tandis que les projecteurs s’étirent vers les ailes. Le pare-brise incliné, la ceinture de caisse ascendante et les surfaces sculptées donnent à cette génération une apparence plus dynamique que celle de sa devancière.

La cinq portes mesure environ 4,36 m de long au lancement, pour un empattement proche de 2,65 m. La berline quatre portes atteint approximativement 4,53 m, tandis que le break approche 4,56 m. Les dimensions varient légèrement avec le restylage et les spécifications retenues. Cette diversité de carrosseries explique pourquoi longueur, masse ou volume utile ne peuvent pas être résumés par une valeur unique pour toute la génération.

L’habitacle de la première phase se distingue par une planche de bord enveloppante et une console centrale riche en commandes. Cette présentation technologique correspond au début des années 2010, mais l’accumulation de boutons devient rapidement l’un des aspects que Ford choisit de corriger lors de la mise à jour de mi-carrière.

Moteurs EcoBoost, TDCi et diversité mécanique

La gamme mécanique évolue fortement entre 2011 et 2018. Au lancement européen, l’offre essence comprend notamment le quatre cylindres 1.6 Ti-VCT atmosphérique et le 1.6 EcoBoost turbocompressé à injection directe. Ce dernier est proposé avec plusieurs niveaux de puissance, dont 150 et 182 ch. Côté diesel, les 1.6 TDCi occupent une place centrale, complétés par le 2.0 TDCi sur les versions plus puissantes.

L’arrivée du trois cylindres 1.0 EcoBoost constitue l’une des évolutions les plus marquantes de la génération. Malgré sa cylindrée réduite, ce moteur turbocompressé est proposé notamment en 100 et 125 ch. Il illustre la stratégie de downsizing de Ford, qui cherche à réduire cylindrée, consommation normalisée et émissions sans renoncer aux performances attendues d’une compacte. Une déclinaison 100 ch particulièrement optimisée est annoncée en 2014 à 99 g/km de CO2 selon les normes d’homologation de l’époque.

Après le restylage, l’offre évolue avec l’arrivée de moteurs 1.5 EcoBoost et 1.5 TDCi. Selon la mécanique choisie, la Focus reçoit une boîte manuelle à cinq ou six rapports ou une transmission PowerShift sur certaines versions. Les caractéristiques varient considérablement d’une configuration à l’autre : une Focus diesel destinée à l’économie de carburant ne partage évidemment ni les performances ni la masse d’une version essence puissante.

La gamme accueille également des dérivés nettement plus sportifs. La Ford Focus ST porte la puissance à 250 ch dans sa déclinaison essence de cette génération et reçoit ensuite une alternative diesel. Plus radicale encore, la Ford Focus RS de troisième génération développe 350 ch et adopte une transmission intégrale. Ces modèles appartiennent à la famille Focus 3 mais leurs caractéristiques ne doivent pas être confondues avec celles des versions courantes à traction avant.

Fiche technique de la Ford Focus 3

CaractéristiqueDonnées
TypeCompacte du segment C
Commercialisation européenne2011 à 2018
Carrosseries5 portes, break 5 portes, berline 4 portes selon marché
ArchitectureMoteur avant transversal, traction avant sur versions courantes
Moteurs essence principaux1.6 Ti-VCT, 1.0 EcoBoost, 1.6 EcoBoost puis 1.5 EcoBoost
Moteurs diesel principaux1.6 TDCi, 2.0 TDCi puis 1.5 TDCi
Puissance des versions courantesEnviron 85 à 182 ch selon moteur et millésime
1.6 Ti-VCT 1251 596 cm3, 125 ch à 6 000 tr/min, 159 Nm
1.6 EcoBoost 1821 596 cm3, turbo, injection directe, 182 ch, 240 Nm
1.6 TDCiDiesel turbo, notamment 95, 105 et 115 ch selon version
2.0 TDCi 1631 997 cm3, 163 ch à 3 750 tr/min, 340 Nm
BoîtesManuelles 5 ou 6 rapports, PowerShift 6 rapports selon version
Suspension avantIndépendante de type McPherson
Suspension arrièreIndépendante multibras
DirectionCrémaillère à assistance électrique
Longueur 5 portes phase 1Environ 4 358 mm
Longueur berline 4 portesEnviron 4 534 mm
Longueur breakEnviron 4 556 mm
Largeur 5 portes phase 1Environ 1 823 mm hors rétroviseurs
Hauteur 5 portes phase 1Environ 1 484 mm
EmpattementEnviron 2 648 mm
PneumatiquesDimensions variables, notamment 205/55 R16 ou 215/55 R16 sur certaines versions
Performances 1.6 EcoBoost 182Environ 222 km/h, 0 à 100 km/h autour de 7,9 s
Performances 2.0 TDCi 163Jusqu’à environ 218 km/h, 0 à 100 km/h autour de 8,6 s selon carrosserie
Production européenne principaleSaarlouis, Allemagne

Technologies et sécurité

La Focus 3 se distingue moins par une innovation mécanique unique que par la démocratisation d’équipements électroniques encore inhabituels sur une compacte généraliste au début des années 2010. Elle peut recevoir des systèmes d’aide au maintien dans la voie, de reconnaissance de la signalisation, de surveillance de l’attention du conducteur ou encore de stationnement automatisé, selon finition et période.

Active City Stop fait partie des dispositifs les plus représentatifs. Le système surveille la circulation située devant la voiture et peut intervenir sur les freins lorsqu’un risque de collision est détecté à faible vitesse. La première version fonctionne jusqu’à environ 30 km/h, tandis que l’évolution introduite avec la Focus restylée étend son domaine d’intervention jusqu’à environ 50 km/h. Euro NCAP récompense cette technologie ainsi que le Lane Keeping Aid dans le cadre de son programme Advanced.

La Focus obtient cinq étoiles aux essais Euro NCAP de 2011 et figure cette année-là parmi les voitures les mieux évaluées de sa catégorie. Cette attention portée aux aides électroniques participe directement au positionnement de la troisième génération : Ford cherche à proposer sur une compacte de grande diffusion des équipements auparavant associés à des catégories supérieures.

Le restylage de 2014

Présentée en 2014, la Focus remaniée se reconnaît immédiatement à sa nouvelle face avant. La grande calandre trapézoïdale remonte entre des projecteurs beaucoup plus fins, tandis que le capot, les boucliers et les feux arrière sont redessinés. Le résultat rapproche visuellement la compacte des autres Ford européennes contemporaines et rend la phase 2 facile à distinguer du modèle lancé en 2011.

Les changements sont également importants à bord. Ford simplifie la console centrale et réduit le nombre de commandes physiques. Selon la finition, le système multimédia SYNC 2 s’appuie sur un écran tactile de 8 pouces. La direction et le châssis bénéficient aussi de réglages revus, tandis que de nouvelles évolutions des aides à la conduite accompagnent la modernisation.

Cette seconde phase accueille les nouveaux 1.5 EcoBoost et 1.5 TDCi, sans modifier l’architecture fondamentale de la voiture. Elle reste donc pleinement une Focus de troisième génération malgré une transformation esthétique substantielle. Cette distinction est importante, car la véritable rupture intervient seulement en 2018 avec la Ford Focus 4, développée comme une nouvelle génération.

Une génération aux multiples déclinaisons

La Focus 3 ne se limite pas à ses versions essence et diesel conventionnelles. Ford industrialise également en Europe la Focus Electric à partir de 2013. Assemblée à Saarlouis sur la même ligne que les autres Focus, cette variante électrique reçoit une chaîne de traction spécifique et représente l’une des premières tentatives de Ford pour intégrer un véhicule électrique de série à sa gamme européenne sans lui donner une carrosserie entièrement distincte.

Cette diversité résume la place particulière de la troisième génération dans l’histoire de la Ford Focus. Sur une même base apparaissent des versions économiques à trois cylindres EcoBoost, plusieurs diesels destinés aux gros rouleurs, une déclinaison électrique et des sportives allant jusqu’à la RS à transmission intégrale. Le modèle reste parallèlement disponible en plusieurs carrosseries, ce qui permet à Ford de couvrir une large partie du marché des compactes européennes jusqu’à son remplacement en 2018.

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