Mazda Rx-7 Fd

Mazda Rx-7 Fd

Apparue au Japon à la fin de 1991, la Mazda Rx-7 Fd représente la troisième et dernière génération de la Mazda RX-7. Connue sous le code FD, ou FD3S dans sa désignation japonaise, elle pousse beaucoup plus loin la recette historique du modèle : moteur rotatif, propulsion, masse contenue et comportement de véritable voiture de sport. Avec son 13B-REW à double turbocompression séquentielle, elle devient aussi l’une des expressions les plus ambitieuses du moteur Wankel produit en série par Mazda.

La FD se distingue immédiatement de la génération précédente par sa silhouette très basse, ses formes organiques et son architecture recentrée autour du conducteur. Sa carrière internationale commence en 1992, mais le modèle est lancé au Japon dès 1991. Il y poursuit son évolution jusqu’en 2002, alors que sa commercialisation s’arrête beaucoup plus tôt sur certains marchés européens.

Une troisième génération développée comme une vraie sportive

La FD succède à la Mazda RX-7 FC, dont elle conserve les principes fondamentaux tout en adoptant une approche sensiblement plus radicale. Mazda exploite la compacité du moteur rotatif pour le placer très en arrière du train avant. Cette implantation avant-centrale contribue à la répartition des masses annoncée à 50:50 et permet de maintenir le centre de gravité particulièrement bas.

L’allègement occupe également une place centrale dans le développement. Dans le cadre du programme surnommé Mission Zero, les ingénieurs examinent les prototypes à plusieurs reprises pour supprimer les masses jugées superflues. Aluminium dans certains éléments de châssis et de carrosserie, composants optimisés et attention portée jusqu’aux pédales participent à cette démarche. Selon les versions, la masse se situe approximativement entre 1 240 et 1 310 kg.

Le programme est dirigé par Takaharu Kobayakawa, tandis que Mazda associe notamment Yoichi Sato à la direction du design extérieur et Yasuhisa Kochi à l’habitacle. Le résultat rompt nettement avec les lignes plus géométriques de la FC. La FD mesure moins de 4,30 m de long mais environ 1,75 m de large pour seulement 1,23 m de haut, des proportions qui renforcent son caractère de sportive spécialisée.

Le moteur rotatif 13B-REW et ses deux turbocompresseurs

Le coeur de la Rx-7 Fd est le 13B-REW, un moteur Wankel composé de deux rotors de 654 cm3 chacun. Sa cylindrée conventionnelle est donc indiquée à 1 308 cm3. La particularité essentielle du REW réside dans sa double suralimentation séquentielle : les deux turbocompresseurs ne travaillent pas simplement ensemble sur toute la plage de régime. Leur intervention progressive vise à fournir une réponse plus disponible à bas et moyen régime avant d’assurer le débit nécessaire lorsque le régime augmente.

Cette technologie n’est pas isolée dans l’histoire de Mazda. Au début des années 1990, la Mazda Eunos Cosmo exploite elle aussi la suralimentation séquentielle avec ses moteurs rotatifs. Sur la FD, toutefois, cette solution est associée à une voiture nettement plus légère, à une boîte manuelle à cinq rapports et à une architecture entièrement orientée vers l’agilité.

Les chiffres de puissance varient suivant le marché et l’évolution considérée. La version européenne est annoncée autour de 240 PS, tandis que les premières FD japonaises développent jusqu’à 255 PS selon leur configuration. Mazda fait ensuite progresser les variantes japonaises les plus performantes jusqu’à 280 PS. Il serait donc incorrect de présenter une seule puissance comme valable pour les onze années de production.

La transmission reste fidèle à la propulsion. Des versions à boîte automatique à quatre rapports ont également existé, principalement sur certaines configurations japonaises. Le châssis repose sur quatre roues indépendantes avec doubles triangles et ressorts hélicoïdaux, tandis que les spécifications européennes documentées disposent de quatre disques ventilés, de l’ABS et d’étriers avant à quatre pistons.

Fiche technique de la Mazda Rx-7 Fd

CaractéristiqueDonnée
GénérationTroisième génération RX-7, FD / FD3S
Production1991 à août 2002
CarrosserieCoupé sportif à hayon
ArchitectureMoteur avant-central, propulsion
MoteurMazda 13B-REW, Wankel à 2 rotors
Cylindrée2 x 654 cm3, soit 1 308 cm3
AlimentationInjection électronique, double turbocompression séquentielle
PuissanceEnviron 240 PS en Europe, jusqu’à 280 PS sur les dernières versions japonaises
CoupleEnviron 294 Nm à 5 000 tr/min sur la spécification européenne
Boîte de vitessesManuelle 5 rapports, automatique 4 rapports selon versions
Répartition des masses50:50 annoncée par Mazda
Suspension avantRoues indépendantes, doubles triangles, ressorts hélicoïdaux
Suspension arrièreRoues indépendantes, doubles triangles, ressorts hélicoïdaux
DirectionCrémaillère assistée
FreinageDisques ventilés aux quatre roues sur la version européenne, ABS
Pneumatiques225/50 ZR16 sur la spécification européenne documentée
LongueurEnviron 4 295 mm
LargeurEnviron 1 750 mm
HauteurEnviron 1 230 mm
Empattement2 425 mm
VoiesEnviron 1 460 mm à l’avant et à l’arrière selon spécification européenne
PoidsEnviron 1 240 à 1 310 kg selon version
0 à 100 km/h5,3 s annoncé pour la version européenne de référence
Vitesse maximale250 km/h, limitée, sur la version européenne
Consommation normaliséeEnviron 11,1 l/100 km selon ancien cycle européen documenté
Réservoir76 litres

Un design immédiatement identifiable

La carrosserie de la FD participe autant à son identité que son moteur. Le long capot plongeant, les phares escamotables, les ailes galbées et le pavillon très bas forment une silhouette fluide, sans les angles marqués caractéristiques de nombreuses sportives des années 1980. Les porte-à-faux courts et l’habitacle rejeté visuellement vers l’arrière renforcent l’impression d’un coupé construit autour de sa mécanique.

À l’intérieur, la même logique fonctionnelle domine. Le poste de conduite enveloppe le conducteur et place le compte-tours au centre de l’instrumentation. Selon le marché et la version, la FD existe en configuration strictement biplace ou 2+2. Ces variations expliquent pourquoi les descriptions d’époque ne sont pas toujours identiques entre une voiture européenne et une FD destinée au marché japonais.

La finesse de la carrosserie ne doit pas masquer la sophistication du châssis. Les composants légers des trains roulants et la position du moteur participent directement à l’équilibre recherché. La FD ne se contente donc pas d’être une FC redessinée : elle traduit une volonté de rapprocher la RX-7 d’une sportive légère spécialisée, plutôt que d’un coupé de grand tourisme.

Des évolutions japonaises jusqu’à 280 PS

La longue carrière japonaise explique la diversité des RX-7 FD aujourd’hui rencontrées. La voiture connaît plusieurs évolutions à partir de décembre 1991, avec des révisions importantes en 1993, 1995, 1996, 1998 et 2000. Les appellations Type R, Type RS, Type RZ, RB, Touring X ou Bathurst correspondent à des positionnements et équipements différents. Les termes Series 6, Series 7 et Series 8 sont également couramment employés pour regrouper certaines phases de production, mais ils ne résument pas toute la complexité des spécifications japonaises.

Les changements concernent notamment la gestion moteur, la puissance, les trains roulants, l’aérodynamique et les équipements. Les dernières versions manuelles japonaises les plus performantes atteignent la limite réglementaire alors annoncée de 280 PS. Certaines variantes privilégient l’allègement et la conduite sportive, tandis que d’autres reçoivent davantage d’équipements de confort.

Cette diversité impose de distinguer une FD européenne de 1992 d’une Type RS ou RZ japonaise tardive. Les roues, la puissance, la masse, les réglages de suspension et même la configuration de l’habitacle peuvent différer. Une fiche technique unique ne peut donc décrire précisément toutes les FD sans préciser le marché et la période.

Spirit R, la série finale de 2002

En mars 2002, Mazda annonce la Spirit R pour accompagner la fin de production de la RX-7. La série est officiellement limitée à 1 500 exemplaires pour le marché japonais. Trois configurations sont proposées : Type A avec deux places et boîte manuelle à cinq rapports, Type B avec quatre places et boîte manuelle, et Type C avec quatre places et boîte automatique à quatre rapports.

Les Spirit R se distinguent notamment par leurs jantes BBS de 17 pouces. Les Type A et B bénéficient de grands freins ventilés et perforés, de flexibles renforcés et d’amortisseurs Bilstein. La Type A ajoute des sièges Recaro légers et constitue la déclinaison la plus radicale de cette série finale. La production de la FD s’achève en août 2002, après un total annoncé par Mazda de 68 589 exemplaires pour cette troisième génération.

La disparition de la FD met fin à la lignée RX-7 après trois générations. Mazda poursuit néanmoins le développement du moteur rotatif avec la Mazda RX-8, dont l’architecture, le moteur Renesis atmosphérique et les quatre portes en font un projet différent plutôt qu’une RX-7 de quatrième génération.

De la compétition à la culture des sportives japonaises

La FD arrive peu après la victoire de Mazda aux 24 Heures du Mans 1991 avec la 787B, dans une période où le constructeur bénéficie d’une forte légitimité autour de la technologie rotative. La RX-7 de troisième génération est rapidement engagée en compétition, notamment aux États-Unis et en Australie. À Bathurst, la RX-7 remporte les éditions 1992, 1993 et 1994 de la course de 12 heures, une série de succès qui donnera une signification particulière à l’appellation Bathurst utilisée ensuite sur des versions japonaises.

Sa carrière routière et sportive prolonge une tradition Mazda commencée bien avant elle avec des modèles tels que la Mazda RX-3. Mais la FD occupe une position particulière : elle combine un moteur rotatif biturbo sophistiqué, une recherche systématique de légèreté et une architecture de coupé sportif sans équivalent direct dans la gamme Mazda qui lui succède.

Après 2002, Mazda revient régulièrement à l’idée d’une sportive rotative sans relancer le nom RX-7. Le concept Mazda RX-Vision présenté en 2015 réinterprète cette tradition sous la forme d’un coupé à moteur rotatif, tandis que l’Iconic SP dévoilé en 2023 explore une autre approche associant moteurs rotatifs et électrification. Ces projets n’appartiennent pas à la lignée FD, mais montrent la persistance de la formule technique qui a donné à la RX-7 sa place singulière dans l’histoire de Mazda.