MG T-type

MG T-type

Une famille de voitures de sport née en 1936

La MG T-type, également appelée T-Series, désigne une famille de petites voitures de sport britanniques produites par MG de 1936 à 1955. Elle comprend successivement les TA, TB, TC, TD et TF. Le terme ne correspond donc pas à une génération unique, mais à une lignée dont la philosophie reste constante pendant près de vingt ans : deux places, moteur quatre cylindres à l’avant, propulsion, châssis séparé et carrosserie ouverte de type roadster.

La T-Series apparaît en 1936 avec la TA, qui prend la succession de la MG PA. Cette évolution conserve le caractère sportif des précédentes Midget de la marque tout en adoptant une conception plus moderne et plus facile à utiliser. Le moteur à soupapes en tête, les freins hydrauliques et les évolutions du châssis permettent notamment à MG de proposer une voiture sportive adaptée à une clientèle plus large.

La production est assurée à Abingdon-on-Thames, dans l’Oxfordshire, où MG fabrique les différentes T-Series. La carrière de la famille est toutefois interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Après la TB de 1939, la production automobile cesse pendant plusieurs années avant de reprendre avec la TC en 1945. La lignée évolue ensuite avec la TD en 1950 puis la TF en 1953, avant de disparaître au profit de la MGA en 1955.

De la TA à la TC : les premières évolutions

La TA constitue le point de départ de la T-Series. Présentée en 1936, elle reçoit un quatre cylindres en ligne MPJG de 1 292 cm³ alimenté par deux carburateurs SU. Elle conserve une construction traditionnelle avec châssis séparé, essieux rigides et ressorts à lames semi-elliptiques. Les freins hydrauliques constituent toutefois une évolution importante pour MG. La carrosserie reste étroite, avec ailes séparées, marchepieds, pare-brise rabattable et roue de secours extérieure.

La MG TB apparaît en 1939. Son principal changement concerne le moteur : le quatre cylindres XPAG de 1 250 cm³ remplace le groupe de la TA. Cette mécanique devient la base de plusieurs générations de T-Series. La carrière de la TB est très courte puisque seulement 379 exemplaires sont produits avant l’interruption liée au conflit mondial.

Lorsque MG reprend sa production automobile après la guerre, c’est la MG TC qui relance la famille en 1945. Elle reprend l’architecture mécanique de la TB et conserve le moteur XPAG de 1 250 cm³, mais sa carrosserie est légèrement élargie. La TC devient particulièrement importante sur le marché américain, où elle participe à la diffusion de la voiture de sport britannique légère et relativement accessible.

La TC reste pourtant une voiture techniquement traditionnelle. Ses roues à rayons de 19 pouces, son essieu avant rigide, sa direction à boîtier et sa carrosserie sur ossature bois perpétuent une conception issue de l’avant-guerre. C’est avec la génération suivante que MG modifie réellement la base technique de la T-Series.

La révolution technique de la MG TD

Introduite en 1950, la MG TD marque la transformation la plus importante de la famille. Son châssis s’inspire notamment de celui de la berline MG Y-Type et reçoit une suspension avant indépendante à ressorts hélicoïdaux. La direction à crémaillère remplace également le système à boîtier des TA, TB et TC. Ces changements améliorent le comportement routier et la précision de conduite.

La TD abandonne aussi les traditionnelles roues à rayons de 19 pouces au profit de roues en acier embouti de 15 pouces. La carrosserie est plus large et l’ensemble gagne en confort et en stabilité. Malgré ces évolutions, MG conserve le moteur XPAG de 1 250 cm³ et l’essieu arrière rigide suspendu par ressorts à lames semi-elliptiques. La TD reste donc immédiatement reconnaissable comme une T-Series.

Une version TD Mark II, également connue comme Competition Model, reçoit une préparation moteur plus poussée et une puissance supérieure, avec environ 57 ch. Elle bénéficie également de modifications destinées à améliorer ses aptitudes sportives. La TD connaît un important succès à l’exportation, notamment aux États-Unis, et devient la version la plus produite de toute la famille.

La MG TF, dernière évolution avant la MGA

La MG TF est présentée en 1953 comme l’ultime évolution de la T-Series. Elle conserve l’essentiel de la base mécanique de la TD mais reçoit une carrosserie profondément restylée. La calandre est inclinée et intégrée à une face avant plus basse, tandis que les phares sont positionnés dans les ailes. Le capot abaissé modifie sensiblement la silhouette sans remettre en cause l’architecture générale.

La TF 1250 utilise une évolution du quatre cylindres XPAG de 1 250 cm³, avec un taux de compression porté à 8,0:1 et une puissance d’environ 57,5 ch. En 1954, MG introduit la TF 1500, équipée du moteur XPEG de 1 466 cm³. Sa puissance atteint environ 63 ch à 5 000 tr/min. Cette dernière évolution améliore les performances sans transformer fondamentalement le caractère de la voiture.

La TF ne constitue donc pas une nouvelle architecture indépendante, mais l’aboutissement de la conception inaugurée par la TA. En 1955, MG abandonne finalement cette formule au profit de la MG MGA, dont la carrosserie ponton et la conception plus moderne rompent nettement avec l’esthétique traditionnelle des T-Types.

Fiche technique de la MG T-type

CaractéristiqueMG T-type
Période de production1936 à 1955, avec interruption de 1940 à 1944
Versions principalesTA, TB, TC, TD, TF et TF 1500
CarrosserieRoadster biplace à deux portes
ArchitectureMoteur longitudinal avant et propulsion arrière
StructureChâssis séparé en acier et carrosserie à ossature de bois avec panneaux d’acier
Moteur TA4 cylindres en ligne OHV, 1 292 cm³, double carburateur SU, environ 50 ch
Moteur TB, TC et TD4 cylindres en ligne OHV XPAG, 1 250 cm³, double carburateur SU
Puissance TBEnviron 54 ch selon les données techniques retenues
Puissance TCEnviron 54,5 ch à 5 200 tr/min
Puissance TDEnviron 54,4 ch à 5 200 tr/min
TD Mark IIEnviron 57 ch
Moteur TF 12504 cylindres en ligne, 1 250 cm³, environ 57,5 ch
Moteur TF 15004 cylindres en ligne XPEG, 1 466 cm³, environ 63 ch à 5 000 tr/min
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports
EmbrayageÀ bain d’huile sur TA, puis monodisque sec à partir de la TB
Suspension TA, TB et TCEssieux rigides avant et arrière, ressorts semi-elliptiques
Suspension TD et TFAvant indépendante à ressorts hélicoïdaux, arrière à essieu rigide et ressorts semi-elliptiques
DirectionBoîtier sur TA, TB et TC ; crémaillère sur TD et TF
FreinsTambours à commande hydraulique
Roues TA, TB et TCRoues à rayons, généralement 19 pouces
Roues TD et TFRoues en acier de 15 pouces
EmpattementEnviron 2 388 mm
LongueurEnviron 3,67 à 3,73 m selon la génération
LargeurEnviron 1,42 à 1,52 m selon la génération
PoidsEnviron 790 à 940 kg selon génération et méthode de mesure
Production totaleEnviron 52 600 exemplaires pour l’ensemble de la T-Series

Production, diffusion et compétition

La production totale de la T-Series atteint environ 52 600 exemplaires. La répartition est très inégale entre les générations : environ 3 000 TA, 379 TB, 10 001 TC, 29 664 TD et un peu plus de 9 600 TF. La TD représente ainsi à elle seule plus de la moitié de la production de la famille. Les chiffres peuvent légèrement varier selon que certaines séries ou numérotations particulières sont comptabilisées différemment, mais l’ordre de grandeur est établi.

La T-Series connaît une carrière sportive parallèle à sa diffusion commerciale. Avant la guerre, les TA sont notamment engagées dans les trials britanniques, avec les voitures de l’équipe Cream Crackers. Après 1945, la TC devient particulièrement présente dans les courses de voitures de sport américaines. Lors du premier Grand Prix de Watkins Glen en 1948, huit MG TC figurent parmi les quinze concurrents au départ, illustrant la place prise par la petite MG dans la nouvelle culture des courses de sport automobiles aux États-Unis.

Cette utilisation en compétition contribue à renforcer l’image sportive de la T-Series. La voiture n’est toutefois pas conçue comme une machine de compétition spécialisée. Son intérêt réside dans son faible gabarit, sa mécanique relativement simple, sa propulsion et la possibilité de la faire évoluer ou préparer pour différentes disciplines.

Comment reconnaître les différentes T-Types

Les TA et TB présentent une silhouette étroite typique des roadsters britanniques d’avant-guerre, avec ailes séparées, marchepieds, roues à rayons et roue de secours extérieure. La TB se distingue principalement par son moteur XPAG de 1 250 cm³. La TC conserve cette présentation générale mais adopte une carrosserie plus large, tout en restant très proche techniquement de la TB.

La TD se reconnaît immédiatement à ses roues acier de 15 pouces et à sa carrosserie plus large. Sa suspension avant indépendante et sa direction à crémaillère constituent également des indices techniques essentiels. Elle conserve néanmoins les ailes séparées et l’esthétique traditionnelle qui caractérisent la famille.

La TF possède une apparence plus basse et plus intégrée. Ses phares placés dans les ailes, sa calandre inclinée et son capot abaissé permettent de la différencier d’une TD. La TF 1500 ajoute la mécanique XPEG de 1 466 cm³ et des éléments d’identification spécifiques.

Il faut enfin distinguer cette TF classique de la MG TF moderne commercialisée à partir de 2002. Malgré une appellation identique, cette dernière dérive de la MG F, utilise une architecture à moteur central et n’a aucun lien technique direct avec la TF de 1953. Pour une recherche historique sur la T-Series, seule la TF de la période 1953-1955 appartient donc à cette famille.

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