Apparu en 2007, le Nissan X-trail 2 correspond à la deuxième génération du SUV japonais, connue sous le code T31. Nissan choisit alors de préserver la silhouette carrée et la vocation polyvalente qui avaient fait le succès du premier modèle plutôt que de transformer radicalement la formule. Derrière cette continuité visuelle se cache pourtant une évolution profonde avec une nouvelle plateforme, davantage d’espace, une transmission intégrale perfectionnée et une gamme de moteurs renouvelée.
Cette orientation distingue le T31 des crossovers qui se multiplient à la même période. Nissan conserve un véhicule capable de répondre aux besoins familiaux tout en proposant une véritable transmission 4×4 sur une grande partie de la gamme. En Europe, les moteurs 2.0 dCi de 150 et 173 ch occupent une place particulièrement importante et contribuent largement à l’identité du modèle.
Un deuxième X-Trail fidèle à la formule originale
Présenté au Salon de Genève en mars 2007, le T31 succède au Nissan X-trail de première génération. La filiation est volontairement évidente. Nissan avait identifié le style, l’aspect pratique et la facilité d’utilisation parmi les qualités particulièrement appréciées des propriétaires du modèle précédent. Il n’était donc pas question de bouleverser une recette qui fonctionnait.
Le X-Trail 2 conserve ainsi un profil haut et rectiligne, un capot bien visible depuis le poste de conduite et des surfaces vitrées généreuses. Mais ses dimensions progressent. Avec environ 4,63 m de longueur au lancement, il gagne près de 18 cm par rapport à son prédécesseur, tandis que son empattement évolue beaucoup plus modestement pour atteindre 2,63 m. L’objectif est notamment d’améliorer l’habitabilité et la capacité de chargement sans abandonner des proportions adaptées aux chemins.
Le contexte commercial est particulier puisque Nissan lance presque simultanément le Nissan Qashqai. Plus compact et davantage tourné vers un usage routier, celui-ci permet au X-Trail de conserver une personnalité de SUV plus traditionnelle. Dans la gamme de la fin des années 2000, le T31 reste cependant moins imposant que le Nissan Pathfinder, dont l’architecture et les ambitions tout-terrain sont différentes.
Une nouvelle plateforme et un 4×4 plus évolué
Le changement de génération apporte la plateforme C de l’Alliance Renault-Nissan et une structure monocoque dont la rigidité est renforcée. Le train avant utilise des jambes de force de type McPherson, tandis que l’arrière reçoit une architecture multibras. Nissan travaille également l’insonorisation et le comportement routier afin de rendre le T31 plus confortable sur les longs parcours sans supprimer ses aptitudes hors bitume.
L’un de ses éléments techniques les plus caractéristiques est la transmission ALL MODE 4×4-i. Le conducteur peut sélectionner différents modes selon les conditions. En fonctionnement automatique, l’électronique adapte la distribution du couple entre les essieux, depuis une transmission essentiellement dirigée vers l’avant jusqu’à une répartition pouvant approcher 50:50 lorsque l’adhérence l’exige. Le mode Lock privilégie une répartition plus adaptée aux passages difficiles à faible vitesse.
Le dispositif travaille avec le contrôle électronique de stabilité et s’accompagne, selon les versions, d’une aide au démarrage en côte et d’un contrôle de vitesse en descente. Ces équipements illustrent bien la position particulière du X-Trail 2 : sa construction monocoque et son comportement sont ceux d’un SUV moderne, mais Nissan ne renonce pas pour autant aux équipements destinés aux pistes, aux routes enneigées ou aux accès difficiles.
Des moteurs essence et surtout des 2.0 dCi
La gamme européenne comprend deux moteurs essence atmosphériques. Le quatre cylindres 2.0 MR20DE développe 141 ch et constitue l’offre essence la plus accessible. Le 2.5 QR25DE de 2 488 cm3 atteint 169 ch dans les spécifications françaises. Selon le moteur et le marché, Nissan propose une boîte manuelle à six rapports ou une transmission à variation continue CVT.
En France et plus largement en Europe, ce sont surtout les versions diesel qui marquent la carrière du T31. Leur quatre cylindres 2.0 dCi M9R de 1 995 cm3, développé dans le cadre de l’Alliance Renault-Nissan, existe principalement avec 150 ou 173 ch. Le 150 ch peut notamment être associé à une boîte automatique à six rapports, alors que le 173 ch privilégie la boîte manuelle.
Les caractéristiques varient sensiblement entre moteurs, transmissions, niveaux d’équipement et millésimes. Le 2.0 essence de 141 ch atteint environ 184 km/h dans une configuration manuelle 4×4, tandis que le 2.0 dCi de 173 ch peut atteindre environ 200 km/h. Le X-Trail n’a toutefois pas été conçu autour de la performance pure : couple disponible, motricité et polyvalence sont plus déterminants dans sa conception.
Fiche technique du Nissan X-trail 2
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Génération | T31 |
| Lancement | 2007 |
| Carrosserie | SUV 5 portes à structure monocoque |
| Architecture moteur | 4 cylindres en ligne, moteur avant transversal |
| Essence 2.0 | MR20DE, environ 1 997 cm3, atmosphérique, 141 ch à 6 000 tr/min, 196 Nm à 4 800 tr/min |
| Essence 2.5 | QR25DE, 2 488 cm3, atmosphérique, 169 ch à 6 000 tr/min, 233 Nm à 4 400 tr/min |
| Diesel 2.0 dCi 150 | M9R, 1 995 cm3, turbodiesel common rail, 150 ch à 4 000 tr/min, 320 Nm à 2 000 tr/min |
| Diesel 2.0 dCi 173 | M9R, 1 995 cm3, turbodiesel common rail, 173 ch à 3 750 tr/min, 320 Nm à 2 000 tr/min |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 6 rapports, automatique 6 rapports ou CVT selon moteur et marché |
| Transmission | 2 roues motrices selon marché ou ALL MODE 4×4-i |
| Suspension avant | Indépendante, type McPherson |
| Suspension arrière | Indépendante multibras |
| Direction | À crémaillère avec assistance électrique |
| Freinage | Disques avant ventilés, disques arrière selon version, ABS, EBD et assistance au freinage |
| Longueur | Environ 4 630 mm au lancement, environ 4 635 mm après restylage selon version |
| Largeur | Environ 1 785 mm au lancement, environ 1 790 mm après restylage |
| Hauteur | Environ 1 685 à 1 700 mm hors variations liées notamment aux équipements |
| Empattement | 2 630 mm |
| Voies | Environ 1 530 mm avant et 1 535 mm arrière au lancement |
| Garde au sol | Environ 200 mm au lancement, jusqu’à environ 210 mm selon évolution |
| Poids à vide | Environ 1 480 à plus de 1 600 kg selon moteur, boîte et équipement |
| Pneumatiques | Notamment 215/65 R16 et 215/60 R17 avant restylage, autres montes selon finition et millésime |
| Vitesse maximale | Environ 184 à 200 km/h pour les principales versions européennes documentées |
| 0 à 100 km/h | Environ 9,8 à 11,2 s selon les principales motorisations et transmissions documentées |
| Réservoir | 65 litres |
| Consommation mixte homologuée | Environ 6,4 à 9,6 l/100 km selon moteur et millésime |
| CO2 homologué | Environ 168 à 230 g/km selon moteur et millésime |
| Angle d’attaque | Environ 29 degrés sur la configuration documentée au lancement |
| Angle ventral | Environ 20 degrés |
| Angle de fuite | Environ 23 degrés |
Un habitacle pensé pour les usages familiaux
À bord, le changement le plus visible concerne l’instrumentation. Les compteurs centraux caractéristiques du premier X-Trail disparaissent au profit d’instruments placés devant le conducteur. La présentation reste fonctionnelle, avec une planche de bord massive et une conception privilégiant la facilité d’utilisation plutôt qu’une ambiance particulièrement sophistiquée.
L’allongement de la carrosserie profite surtout aux aspects pratiques. La banquette arrière fractionnable 40/20/40 facilite le transport d’objets longs et Nissan développe un coffre doté d’un plancher à double niveau et d’un tiroir amovible. Certaines surfaces sont conçues pour être facilement nettoyées, dans la continuité de la philosophie utilitaire du premier X-Trail.
Les chiffres de volume de coffre ne sont pas directement comparables entre toutes les documentations. Nissan annonçait notamment 555 litres dans sa communication européenne de lancement, tandis que des données établies suivant d’autres méthodes atteignent 603 litres. Ces écarts tiennent aux normes de mesure, aux marchés et aux configurations retenues plutôt qu’à une modification systématique du véhicule.
Le restylage de 2010
Trois ans après son lancement, le X-Trail T31 reçoit une évolution importante. La face avant est remaniée avec une nouvelle calandre, un bouclier redessiné et de nouveaux projecteurs. À l’arrière, les blocs optiques adoptent la technologie LED, tandis que de nouvelles jantes et plusieurs modifications de finition permettent de distinguer cette deuxième phase. Le modèle restylé arrive dans les concessions françaises à l’automne 2010.
Les évolutions ne sont pas uniquement esthétiques. L’instrumentation est revue et les motorisations diesel évoluent pour répondre aux nouvelles exigences réglementaires. Sur certaines versions 2.0 dCi 150, les valeurs homologuées descendent ainsi autour de 6,4 l/100 km et 168 g/km de CO2, sensiblement sous celles des premières configurations Euro 4.
La carrière du T31 se poursuit jusqu’au début des années 2010 avec des calendriers différents suivant les pays. Nissan situe la période de cette deuxième génération entre 2007 et 2013 dans sa rétrospective mondiale, tandis que certaines variantes restent commercialisées plus longtemps sur des marchés européens. Le Nissan X-trail 3 prend ensuite le relais avec une silhouette nettement plus fluide et une orientation crossover plus affirmée.
Comment reconnaître un Nissan X-trail 2
Malgré sa proximité esthétique avec son prédécesseur, le T31 se reconnaît à ses proportions plus généreuses et à une carrosserie entièrement renouvelée. Sa silhouette demeure très verticale, avec un pavillon presque horizontal, de grandes surfaces vitrées, des passages de roues marqués et une poupe abrupte. Les projecteurs avant plus travaillés et les grands feux arrière verticaux participent également à son identité.
Certains exemplaires disposent des imposantes barres de toit avec projecteurs intégrés qui renforcent encore son allure de véhicule de loisirs. La phase restylée se repère principalement à son traitement avant modernisé et à ses feux arrière à LED. Ces différences sont plus fiables pour identifier rapidement un T31 que la seule année d’immatriculation, les périodes de commercialisation pouvant se chevaucher suivant les marchés.
Le T31 se distingue surtout par le choix de Nissan de faire évoluer le concept sans en effacer les caractéristiques. À une époque où les SUV deviennent progressivement plus routiers, il conserve une garde au sol importante, une transmission intégrale pilotée et une carrosserie très fonctionnelle, tout en adoptant une plateforme et des trains roulants correspondant à une nouvelle génération de véhicules.




