Chevrolet Camaro Z28

Chevrolet Camaro Z28

La Chevrolet Camaro Z28 est l’une des versions sportives les plus emblématiques de la Chevrolet Camaro. Apparue pour le millésime 1967, elle naît d’un objectif précis : permettre à Chevrolet de rivaliser avec Ford sur les circuits américains, notamment dans le championnat Trans-Am. Son moteur V8 spécialement développé, ses suspensions adaptées et son caractère sportif en font rapidement une référence parmi les pony cars américaines.

Contrairement à une version classique de la Camaro, la Z28 ne se définit pas uniquement par sa puissance. Son identité repose historiquement sur un équilibre entre performances mécaniques, comportement routier et efficacité en compétition. Cette philosophie évolue au fil des générations, depuis le V8 302 de 1967 jusqu’à la spectaculaire Z/28 de 2014, équipée d’un moteur atmosphérique de 7,0 litres.

Origines de la Chevrolet Camaro Z28 en 1967

Lorsque Chevrolet présente la Camaro en septembre 1966, le constructeur américain cherche à concurrencer directement la Ford Mustang. La nouvelle voiture partage certains éléments techniques avec la Chevrolet Nova, mais bénéficie d’une carrosserie spécifique et d’une gamme de motorisations particulièrement étendue. Pour renforcer son image sportive, Chevrolet décide de développer une configuration adaptée aux compétitions de voitures de tourisme.

Le projet prend forme sous l’impulsion de Vince Piggins, responsable du développement des performances chez Chevrolet. Le championnat Trans-American Sedan Championship, organisé par le Sports Car Club of America (SCCA), impose une cylindrée maximale de cinq litres dans la catégorie concernée. Les V8 Chevrolet de 327 et 350 cubic inches dépassent cette limite, ce qui conduit les ingénieurs à concevoir une mécanique particulière.

Le résultat est un V8 de 302 cubic inches, soit 4 942 cm³, obtenu en associant un alésage de 101,6 mm à une course de 76,2 mm. Cette architecture à course courte favorise les montées en régime et permet de répondre aux exigences de la compétition. Le moteur reçoit notamment un carburateur quadruple corps Holley, une distribution adaptée aux hauts régimes et un rapport volumétrique de 11:1.

L’option Z28, introduite en décembre 1966 pour le millésime 1967, transforme la Camaro en une sportive particulièrement affûtée. Elle comprend le moteur 302, une boîte manuelle à quatre rapports, des équipements de suspension spécifiques et des freins avant à disque avec assistance. Le système d’échappement et les roues sont également adaptés aux performances recherchées.

À l’origine, Z28 est simplement un code d’option Chevrolet, désigné RPO Z28 dans les documents de commande. Cette appellation technique devient progressivement un nom commercial à part entière. La première année, seulement 602 exemplaires sont produits, ce qui explique aujourd’hui la rareté des Camaro Z/28 de 1967 authentiques.

Une sportive développée pour la compétition Trans-Am

La première Camaro Z/28 doit une grande partie de sa réputation à son engagement en compétition. Chevrolet souhaite affronter les Ford Mustang, Mercury Cougar et autres voitures américaines dans les épreuves Trans-Am. Le moteur 302 constitue un élément central de cette stratégie, puisqu’il permet de respecter la réglementation tout en offrant un potentiel important de préparation.

Les voitures engagées en course reçoivent des modifications substantielles par rapport aux modèles de série. Les moteurs, les suspensions, les freins et les transmissions sont préparés pour supporter les contraintes des circuits. Il faut donc distinguer les performances des Camaro Z/28 commercialisées de celles des voitures de compétition, dont les caractéristiques évoluent selon les équipes et les saisons.

L’association entre Chevrolet et l’équipe Penske Racing devient déterminante. Sous la direction de Roger Penske, le pilote Mark Donohue participe au développement et à la mise au point de la Camaro de compétition. Son approche méthodique contribue à améliorer la tenue de route, la fiabilité et l’efficacité de la voiture.

En 1968, Chevrolet remporte le championnat des constructeurs Trans-Am dans la catégorie des voitures de plus de deux litres. Le constructeur renouvelle ce succès en 1969. Ces deux titres établissent durablement la réputation sportive de la Camaro Z/28 et renforcent son image auprès des passionnés américains.

La popularité du modèle progresse rapidement. Après les 602 exemplaires de 1967, la production atteint 7 199 unités en 1968, puis 20 302 en 1969. Cette croissance traduit l’intérêt des acheteurs pour une Camaro dont les qualités dépassent la simple accélération en ligne droite.

La Z/28 de première génération se distingue aussi par son comportement. Ses roues de 15 pouces, ses suspensions spécifiques et son V8 capable de fonctionner à des régimes élevés lui donnent un caractère différent de celui des Camaro SS équipées de moteurs de plus forte cylindrée. Sur les routes sinueuses comme sur circuit, elle privilégie une conduite plus précise et engagée.

Fiche technique de la Chevrolet Camaro Z28

CaractéristiqueChevrolet Camaro Z/28 de 1967
ConstructeurChevrolet, General Motors
Année de lancement1967, option introduite en décembre 1966
CatégoriePony car sportive
CarrosserieCoupé 2 portes
Architecture moteurV8 atmosphérique à 90°
ImplantationAvant longitudinal
Cylindrée4 942 cm³, 302 ci
Alésage x course101,6 x 76,2 mm
DistributionArbre à cames central, soupapes en tête, 2 soupapes par cylindre
AlimentationCarburateur quadruple corps Holley
Rapport volumétrique11:1
Puissance officielle290 hp SAE gross à 5 800 tr/min, environ 294 ch
Couple maximal290 lb-ft, environ 393 Nm à 4 200 tr/min
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports
StructureCaisse semi-monocoque avec berceau avant
Suspension avantRoues indépendantes, doubles triangles et ressorts hélicoïdaux
Suspension arrièreEssieu rigide et ressorts à lames
DirectionÀ recirculation de billes, assistance selon équipement
Freins avantDisques assistés
Freins arrièreTambours
Jantes15 pouces
Empattement2 743 mm
LongueurEnviron 4 691 mm
LargeurEnviron 1 842 mm
HauteurEnviron 1 300 mm
PoidsEnviron 1 430 kg selon configuration et méthode de mesure
Vitesse maximaleEnviron 210 km/h, estimation publiée
0 à 100 km/hEnviron 7,1 secondes, estimation publiée
Capacité du réservoirEnviron 68 litres
Production 1967602 exemplaires

Évolution de la Z28 entre 1970 et 2002

La deuxième génération marque un changement majeur dans l’histoire de la Z28. Lancée en 1970, la Chevrolet Camaro 2 adopte une carrosserie plus basse, plus longue et plus aérodynamique. La version Z28 abandonne le V8 302 au profit du V8 LT-1 de 350 cubic inches, soit 5,7 litres. Ce moteur développe officiellement 360 hp SAE gross pour le millésime 1970.

Cette évolution répond à une nouvelle orientation. La Z28 n’est plus contrainte par la cylindrée maximale de la catégorie Trans-Am et peut exploiter un moteur plus gros, offrant davantage de couple. Elle conserve néanmoins des suspensions sportives, des équipements spécifiques et une présentation reconnaissable.

Les années suivantes sont marquées par les nouvelles normes antipollution américaines, la réduction des rapports volumétriques et le changement de méthode de mesure des puissances. Le passage de la norme SAE gross à la norme SAE net contribue notamment à expliquer la diminution apparente des chiffres annoncés. La Z28 disparaît du catalogue après 1974 avant de revenir en 1977 avec un V8 350 développant environ 185 hp SAE net.

En 1982, la Chevrolet Camaro 3 inaugure une nouvelle architecture stylistique et technique. Sa carrosserie anguleuse, son grand hayon vitré et son profil aérodynamique rompent avec les lignes des générations précédentes. La Z28 reçoit principalement des V8 de 5,0 litres, associés à différentes solutions d’alimentation selon les millésimes.

Cette génération bénéficie d’un châssis renouvelé, avec une suspension arrière utilisant un essieu rigide guidé par des bras et une barre de réaction, en remplacement des ressorts à lames traditionnels. La réduction de masse et l’amélioration du comportement deviennent des priorités, tandis que les motorisations évoluent progressivement vers l’injection électronique.

En 1985 apparaît la Chevrolet Camaro IROC-Z, une déclinaison sportive liée à l’International Race of Champions. Elle bénéficie notamment de suspensions adaptées, d’équipements aérodynamiques et de jantes spécifiques. L’IROC-Z complète la gamme sportive avant de devenir, selon les millésimes, l’une de ses principales références.

La quatrième génération arrive en 1993. La Chevrolet Camaro 4 reçoit une carrosserie profondément redessinée et une nouvelle génération de moteurs V8. La Z28 utilise d’abord le LT1 de 5,7 litres, annoncé à 275 hp SAE net lors de son lancement. Elle profite également d’une boîte manuelle à six rapports sur certaines configurations.

Le restylage de 1998 s’accompagne de l’adoption du V8 LS1, également de 5,7 litres, mais reposant sur une architecture mécanique renouvelée. Avec 305 hp SAE net sur la Z28 américaine de 1998, cette motorisation apporte des performances nettement supérieures à celles des premières Camaro de quatrième génération. La Z28 existe alors en coupé et en cabriolet, avec boîte manuelle ou automatique.

La production de la quatrième génération s’achève en 2002. La Camaro disparaît temporairement du catalogue Chevrolet, entraînant également l’interruption de la Z28. Il faudra attendre plus d’une décennie pour revoir cette appellation sur une voiture de série.

Le retour de la Chevrolet Camaro Z/28 en 2014

Présentée au Salon de New York en 2013, la nouvelle Z/28 marque le retour d’une philosophie directement inspirée de la compétition. Développée à partir de la Chevrolet Camaro 5 restylée, elle est commercialisée pour les millésimes 2014 et 2015. Chevrolet choisit de privilégier les performances sur circuit plutôt que la recherche de la puissance maximale.

La principale évolution concerne le moteur. La Z/28 reçoit le V8 atmosphérique LS7 de 7 011 cm³, dérivé de celui utilisé sur la Corvette Z06 C6. Il développe 505 hp SAE net, soit environ 512 ch métriques, et 652 Nm de couple. Sa lubrification à carter sec, ses bielles en titane et ses culasses spécifiques lui permettent de supporter une utilisation sportive intensive.

Le moteur est associé exclusivement à une boîte manuelle Tremec à six rapports et à un différentiel autobloquant. Chevrolet ne propose pas de transmission automatique, afin de conserver une configuration cohérente avec la vocation de la voiture.

Le travail sur le châssis est particulièrement approfondi. La Z/28 reçoit des amortisseurs Multimatic DSSV, utilisant une technologie de contrôle hydraulique précise, ainsi que des freins carbone-céramique Brembo. Ses pneus Pirelli P Zero Trofeo R de dimension 305/30 ZR19 sont montés aux quatre roues, une configuration inhabituelle pour une sportive américaine de cette catégorie.

Les ingénieurs cherchent également à réduire la masse. L’insonorisation est allégée, certains équipements de confort sont supprimés et la climatisation devient optionnelle sur le marché américain. La carrosserie reçoit un splitter avant, des extensions de bas de caisse, un diffuseur et un aileron arrière destinés à améliorer l’appui aérodynamique.

Cette préparation distingue clairement la Z/28 de la Chevrolet Camaro ZL1. Cette dernière utilise un V8 suralimenté et privilégie une combinaison de puissance, de performances routières et de polyvalence. La Z/28, malgré une puissance inférieure, mise davantage sur l’adhérence, le freinage et la régularité des performances sur circuit.

Lors de ses essais de développement, Chevrolet annonce un temps de 7 minutes 37,47 secondes sur la Nordschleife du Nürburgring. Ce résultat illustre l’orientation de la voiture et l’importance accordée à son comportement dynamique. Avec un prix de lancement américain d’environ 75 000 dollars, la Z/28 devient alors l’une des Camaro les plus spécialisées jamais proposées directement par Chevrolet.

Design, identification et authenticité des différentes Z28

L’apparence de la Chevrolet Camaro Z28 évolue considérablement entre 1967 et 2015. La première génération conserve les proportions caractéristiques des pony cars américaines : long capot, habitacle reculé et arrière court. Ses bandes sport longitudinales, ses roues de 15 pouces et ses éléments mécaniques spécifiques participent à son identité.

Les Camaro Z/28 de 1967 se distinguent notamment par leurs emblèmes 302 sur les ailes avant. Les millésimes suivants adoptent des marquages Z/28 plus visibles. Certaines voitures reçoivent également l’ensemble Rally Sport, reconnaissable notamment à ses phares dissimulés. Une Camaro RS/Z28 reste toutefois une Z/28 dotée d’équipements supplémentaires, et non un modèle mécanique entièrement différent.

Sur les voitures de deuxième génération, les bandes décoratives, les prises d’air et les spoilers évoluent régulièrement. Les modèles du début des années 1970 sont particulièrement reconnaissables à leur silhouette basse et à leur longue partie avant. Les versions produites après 1974 adoptent des pare-chocs modifiés pour satisfaire les réglementations américaines.

La troisième génération introduit une présentation nettement plus moderne pour son époque. Les phares rectangulaires, les boucliers intégrés, les jupes latérales et les ailerons caractérisent les Z28 des années 1980. Sur la quatrième génération, le dessin devient plus arrondi, avec une face avant profondément modifiée en 1998 pour accompagner l’arrivée du moteur LS1.

La Z/28 de 2014 se reconnaît immédiatement à ses extensions aérodynamiques, ses ailes élargies, ses roues de 19 pouces et son imposant aileron arrière. Contrairement aux modèles historiques, ses éléments extérieurs remplissent une fonction directement liée à la recherche d’appui et d’efficacité sur circuit.

L’authenticité constitue un point essentiel pour les premières Camaro Z/28, particulièrement recherchées en collection. Le numéro de série d’une Camaro 1967 ne permet généralement pas, à lui seul, de confirmer la présence de l’option Z28 à la sortie d’usine. Les documents de commande, les archives disponibles, les plaques d’identification et les caractéristiques mécaniques doivent être examinés ensemble.

Les exemplaires conservant leur moteur d’origine, leur configuration documentée et leurs éléments de carrosserie conformes présentent un intérêt particulier. Les restaurations doivent également tenir compte des différences entre millésimes : un capot, un emblème ou un ensemble de bandes décoratives peut correspondre à une année précise sans être conforme à une autre. Cette vérification permet de distinguer une véritable Z/28 d’une Camaro standard transformée ultérieurement.