L’Infiniti Q50 Red Sport 400, lancée en 2016, représente la déclinaison la plus sportive de la berline premium japonaise Q50. Animée par un V6 biturbo de 3,0 litres développant 400 chevaux américains, soit environ 405 ch DIN, elle associe une architecture à moteur longitudinal, une transmission automatique à sept rapports et des équipements spécifiques destinés à améliorer son comportement dynamique. Proposée en propulsion ou avec une transmission intégrale selon les marchés, elle se positionne face aux berlines sportives européennes tout en conservant le confort et la présentation raffinée caractéristiques d’Infiniti.
Origines et développement de l’Infiniti Q50 Red Sport
L’histoire de la Red Sport commence avec l’Infiniti Q50, présentée au Salon de Detroit en janvier 2013. Cette berline inaugure une nouvelle nomenclature chez Infiniti et succède progressivement à la génération précédente de berlines sportives de la marque. Construite sur une architecture à propulsion, elle se distingue dès son lancement par son style expressif, ses équipements électroniques et l’introduction du système de direction Direct Adaptive Steering.
La Q50 prend notamment la relève de l’Infiniti G37, dont elle conserve initialement le V6 atmosphérique VQ37VHR de 3,7 litres sur certains marchés. Ce moteur développe environ 328 à 330 ch selon les normes de mesure. En 2016, Infiniti franchit une nouvelle étape en introduisant le V6 biturbo VR30DDTT de 3,0 litres, proposé en deux niveaux de puissance : 300 et 400 hp. La version la plus puissante reçoit l’appellation Red Sport 400.
Cette évolution répond à une transformation du marché des berlines sportives premium. Les constructeurs privilégient progressivement des moteurs suralimentés capables de délivrer un couple important à bas régime, tout en améliorant le rendement mécanique. Infiniti adopte cette orientation sans abandonner le six cylindres, une architecture étroitement associée à ses modèles les plus performants.
La Red Sport ne constitue pas une génération indépendante. Elle conserve la plateforme V37, les proportions et la structure générale de la Q50, mais reçoit une motorisation plus puissante, un freinage renforcé, des réglages de suspension adaptés et plusieurs éléments de présentation spécifiques. Sa fabrication est assurée au Japon, dans l’usine Nissan de Tochigi.
Il convient également de la distinguer du concept Infiniti Q50 Eau Rouge présenté en 2014. Ce prototype explorait une interprétation beaucoup plus radicale de la berline, avec une mécanique dérivée de celle de la Nissan GT-R. La Red Sport 400 commercialisée en 2016 repose sur une conception différente et utilise le V6 VR30DDTT développé pour les modèles de série Infiniti.
Un V6 biturbo de 400 chevaux au cœur de la Red Sport
La principale particularité technique de l’Infiniti Q50 Red Sport réside dans son moteur VR30DDTT. Ce V6 de 2 997 cm³ possède deux rangées de cylindres disposées à 60 degrés, une distribution à quatre soupapes par cylindre et une injection directe d’essence. Il est équipé de deux turbocompresseurs, chacun alimentant une rangée de cylindres, et d’un système de refroidissement liquide de l’air de suralimentation.
La version Red Sport se différencie du moteur de 300 hp par une gestion de suralimentation plus poussée. Elle bénéficie notamment d’une surveillance de la vitesse de rotation des turbocompresseurs et d’un dispositif de refroidissement de l’air comprimé adapté à ses performances. Ces solutions permettent de maintenir une pression de suralimentation élevée tout en contrôlant les températures de fonctionnement.
La puissance maximale atteint 400 hp SAE à 6 400 tr/min, une valeur correspondant approximativement aux 405 ch DIN annoncés dans les fiches européennes. Le couple maximal de 475 Nm est disponible sur une large plage de régime, favorisant les reprises et les accélérations sans nécessiter de maintenir constamment le moteur à haut régime.
Le VR30DDTT se distingue ainsi de l’ancien V6 atmosphérique par sa disponibilité à bas et moyen régime. Sa cylindrée inférieure ne l’empêche pas de développer davantage de puissance et de couple. Cette évolution modifie le caractère de la Q50, qui privilégie désormais une accélération soutenue et une réponse énergique dès les régimes intermédiaires.
La puissance est transmise par une boîte automatique à convertisseur de couple comportant sept rapports. Elle propose une gestion adaptative des changements de vitesse, un mode manuel et, suivant les configurations, des palettes derrière le volant. Infiniti n’a pas commercialisé de Q50 Red Sport 400 de série avec une boîte manuelle.
La Red Sport existe en propulsion sur certains marchés, notamment aux États-Unis, et en transmission intégrale AWD. Cette dernière répartit automatiquement le couple entre les essieux lorsque les conditions d’adhérence le nécessitent. Elle constitue une configuration particulièrement importante sur le marché canadien, où les conditions hivernales favorisent la demande de berlines à quatre roues motrices.
Le moteur VR30DDTT de 400 hp équipe également la deuxième génération de l’Infiniti Q60 dans sa déclinaison Red Sport 400. Les deux modèles partagent une philosophie mécanique proche, mais le Q60 adopte une carrosserie de coupé deux portes, tandis que la Q50 conserve la polyvalence d’une berline familiale.
Fiche technique de l’Infiniti Q50 Red Sport
| Caractéristique | Infiniti Q50 Red Sport 400 |
|---|---|
| Année de lancement | 2016 |
| Génération | Q50 V37 |
| Constructeur | Infiniti, groupe Nissan |
| Production | Japon, usine de Tochigi |
| Carrosserie | Berline tricorps, 4 portes |
| Nombre de places | 5 |
| Architecture moteur | V6 à 60 degrés, longitudinal avant |
| Code moteur | VR30DDTT |
| Cylindrée | 2 997 cm³ |
| Alésage x course | 86 x 86 mm |
| Distribution | Double arbre à cames en tête par rangée, 24 soupapes |
| Alimentation | Injection directe d’essence |
| Suralimentation | Deux turbocompresseurs, refroidissement air/eau |
| Puissance maximale | 400 hp SAE, environ 405 ch DIN (298 kW) |
| Régime de puissance maximale | 6 400 tr/min |
| Couple maximal | 475 Nm |
| Plage de couple maximal | 1 600 à 5 200 tr/min |
| Boîte de vitesses | Automatique à 7 rapports |
| Transmission | Propulsion ou intégrale AWD selon marché |
| Structure | Monocoque en acier |
| Suspension avant | Indépendante à double triangulation |
| Suspension arrière | Indépendante multibras |
| Amortissement | Dynamic Digital Suspension pilotée selon configuration |
| Direction | Assistée électrique ou Direct Adaptive Steering selon équipement |
| Freins avant | Disques ventilés de 355,6 mm, étriers à 4 pistons |
| Freins arrière | Disques ventilés de 350,5 mm, étriers à 2 pistons |
| Jantes | Alliage de 19 pouces |
| Pneumatiques | 245/40 R19 sur les configurations documentées |
| Longueur | Environ 4 800 à 4 810 mm selon version |
| Largeur | 1 820 mm hors rétroviseurs |
| Hauteur | Environ 1 430 mm |
| Empattement | 2 850 mm |
| Voie avant | 1 535 mm |
| Voie arrière | 1 560 mm |
| Masse à vide | 1 790 à 1 819 kg pour les versions françaises documentées |
| 0 à 100 km/h | Environ 4,8 s pour une AWD 2016 essayée |
| Vitesse maximale | Environ 250 km/h sur certaines versions européennes |
| Consommation mixte homologuée | 9,1 L/100 km, ancienne norme européenne |
| Émissions de CO2 | 206 g/km, ancienne homologation européenne |
| Réservoir | 80 litres, spécification française |
| Volume de coffre | 500 litres, mesure annoncée en France |
Comportement routier, direction et performances
La Q50 Red Sport repose sur une architecture traditionnellement favorable aux berlines sportives : moteur longitudinal à l’avant, roues arrière motrices dans sa configuration de base et suspensions indépendantes sur les deux essieux. Cette disposition permet de séparer les fonctions de direction et de motricité sur les versions propulsion, tout en conservant un comportement équilibré.
Le châssis bénéficie d’un amortissement plus élaboré que celui des versions d’entrée de gamme. Le système Dynamic Digital Suspension, disponible sur les configurations concernées, commande électroniquement les amortisseurs afin d’adapter leur fonctionnement aux mouvements de caisse et au mode de conduite sélectionné. L’objectif est de limiter les mouvements excessifs sans imposer une suspension constamment ferme.
Le sélecteur de modes de conduite intervient également sur la réponse de l’accélérateur, la gestion de la boîte automatique et certains paramètres de direction. Cette personnalisation permet de privilégier une conduite souple au quotidien ou une réponse plus directe lorsque le conducteur souhaite exploiter les performances du moteur.
La direction constitue l’une des particularités technologiques de la Q50. Le système Direct Adaptive Steering utilise une commande électronique pour transmettre les intentions du conducteur aux roues directrices, avec une liaison mécanique de secours. Il permet de faire varier la réponse de direction et de limiter certaines perturbations provenant de la chaussée. Toutes les Red Sport ne disposent cependant pas de cet équipement, certaines conservant une direction assistée électrique conventionnelle.
Le freinage sportif comprend des disques ventilés de grand diamètre et des étriers multipistons. Cet équipement répond à la masse relativement élevée de la berline et à sa capacité d’accélération. Les jantes de 19 pouces et les pneumatiques larges participent également à la tenue de route, même si les caractéristiques exactes des pneus varient suivant le marché et le millésime.
Les performances placent la Red Sport parmi les berlines rapides de son époque. Un essai canadien de la version AWD 2016 rapporte un 0 à 100 km/h d’environ 4,8 secondes. Cette valeur illustre l’efficacité de l’association entre le V6 biturbo, la transmission automatique et les quatre roues motrices. Elle ne représente toutefois pas une mesure universelle applicable à toutes les configurations.
Malgré son orientation sportive, la Q50 Red Sport n’est pas conçue comme une voiture de circuit dépouillée. Son insonorisation, ses équipements de confort et son habitabilité restent ceux d’une berline premium. Elle privilégie les accélérations puissantes, les reprises rapides et la stabilité sur route plutôt qu’une recherche exclusive de légèreté.
Design extérieur et habitacle sportif
L’Infiniti Q50 Red Sport conserve la silhouette caractéristique de la génération V37, avec un long capot, une ligne de toit légèrement plongeante et un coffre bien distinct. Ses proportions traduisent son architecture à moteur avant longitudinal, tandis que les surfaces sculptées et les lignes tendues lui donnent une identité plus expressive que celle d’une berline traditionnelle.
La face avant se reconnaît à la calandre Infiniti à double arche, aux projecteurs effilés et au bouclier sportif. Les prises d’air et les éléments décoratifs participent à la différenciation de la Red Sport, sans transformer radicalement la carrosserie. De profil, les jantes de 19 pouces, souvent proposées avec une finition foncée, renforcent sa présentation dynamique.
À l’arrière, la berline conserve des feux horizontaux et deux sorties d’échappement. Un petit becquet de coffre et des détails de bouclier spécifiques peuvent compléter la présentation suivant les versions. Contrairement au concept Q50 Eau Rouge, la Red Sport de série ne reçoit ni ailes considérablement élargies ni carrosserie de compétition.
L’habitacle reprend l’architecture intérieure de la Q50, organisée autour d’une console centrale accueillant deux écrans superposés. Le système Infiniti InTouch commande différentes fonctions multimédias et certains réglages du véhicule. Les premières versions disposent généralement d’un écran supérieur de 8 pouces et d’un écran inférieur de 7 pouces.
Les sièges avant offrent un maintien latéral renforcé, tandis que le volant multifonction, les garnitures spécifiques et les inserts décoratifs soulignent le positionnement sportif. Les équipements peuvent comprendre une sellerie en cuir, des réglages électriques, des palettes au volant et différents systèmes d’assistance à la conduite. Leur présence dépend de la finition et du marché de commercialisation.
Avec ses quatre portes, ses cinq places et son coffre séparé, la Red Sport conserve les qualités pratiques d’une berline familiale. Cette polyvalence constitue une différence importante avec les coupés sportifs de puissance comparable.
Évolutions, commercialisation et positionnement dans la gamme Infiniti
Commercialisée à partir de 2016, la Q50 Red Sport évolue principalement à travers les modifications apportées à l’ensemble de la gamme Q50. Le restylage introduit pour le millésime 2018 apporte notamment des boucliers redessinés, des retouches aux signatures lumineuses et plusieurs changements de présentation intérieure. La motorisation V6 biturbo de 400 hp demeure au catalogue.
Les appellations commerciales varient selon les marchés. En Amérique du Nord, le nom Red Sport 400 identifie clairement la version haute performance. En France, certaines fiches de 2016 présentent la motorisation équivalente sous les dénominations Q50 3.0t 405 ch Sport et Sport Tech. Les tarifs français du 1er juillet 2016 indiquent respectivement 58 750 et 63 950 euros TTC pour ces deux configurations.
La Q50 Red Sport occupe une place particulière dans la hiérarchie Infiniti. Elle privilégie la puissance et la dynamique de conduite, tandis que l’Infiniti Q70, berline de catégorie supérieure, met davantage l’accent sur l’espace intérieur, le confort et une présentation statutaire. Les deux modèles répondent ainsi à des attentes différentes malgré leur appartenance commune au segment premium.
La carrière européenne de la Q50 est affectée par la décision d’Infiniti, annoncée en 2019, de se retirer d’Europe occidentale. Les activités commerciales de la marque y prennent fin en 2020, réduisant fortement la présence de la Red Sport sur le marché français. En Amérique du Nord, la Q50 poursuit sa carrière plus longtemps, avec une Red Sport 400 encore proposée au millésime 2024, dernier millésime américain de la berline.
La Q50 Red Sport 400 n’est pas une série limitée numérotée. Ses volumes de fabrication propres n’ont pas été publiés de manière suffisamment détaillée pour établir une production mondiale précise. Sa diffusion relativement restreinte en France tient notamment à la présence commerciale limitée d’Infiniti et à l’interruption de ses ventes européennes.
Fiabilité, entretien et marché de l’occasion
Sur le marché de l’occasion, l’Infiniti Q50 Red Sport se distingue par une mécanique performante et une diffusion moins importante que celle de ses concurrentes allemandes. Son intérêt repose notamment sur le V6 biturbo, sa transmission automatique et son équipement généralement généreux. L’état mécanique et la qualité du suivi d’entretien restent toutefois déterminants pour évaluer un exemplaire.
Le moteur VR30DDTT possède deux turbocompresseurs et plusieurs circuits de refroidissement dont le bon fonctionnement est essentiel. Avant un achat, il est pertinent de vérifier l’historique des vidanges, l’absence de consommation anormale de liquide de refroidissement ou d’huile, les éventuelles interventions sur les turbocompresseurs et le comportement du moteur en charge. Ces contrôles ne signifient pas que chaque véhicule présente les mêmes défauts.
La boîte automatique doit fonctionner sans à-coups excessifs ni hésitations anormales. Sur les versions AWD, l’état des pneumatiques et le respect des préconisations d’entretien de la transmission intégrale méritent également une attention particulière. Les freins sportifs et les pneus de 19 pouces représentent des postes d’entretien à intégrer au budget d’utilisation.
Les équipements électroniques doivent être contrôlés individuellement, notamment les deux écrans du système multimédia, les caméras, les aides à la conduite et les éventuels amortisseurs pilotés. Sur les exemplaires équipés du Direct Adaptive Steering, le fonctionnement de la direction et l’absence de messages d’anomalie doivent être vérifiés.
Enfin, la disparition du réseau commercial Infiniti en Europe occidentale impose de préparer l’entretien avec davantage d’attention. Avant l’acquisition d’une Q50 Red Sport importée ou vendue en France, il est utile de confirmer la disponibilité des pièces spécifiques, l’accès aux procédures de diagnostic et l’existence d’un atelier compétent pour cette motorisation. Le numéro VIN permet également de vérifier les campagnes de rappel applicables à l’exemplaire concerné.




