Lancée au Japon en 1977, la Daihatsu Charade est une petite voiture polyvalente conçue pour offrir un habitacle spacieux dans un format extérieur compact. Son originalité repose notamment sur son moteur trois cylindres d’un litre, une architecture qui permet de limiter l’encombrement mécanique et la consommation. Au fil de quatre générations historiques, elle évolue d’une citadine économique vers des versions plus puissantes, dont la sportive Charade GTti, avant de quitter progressivement les marchés à la fin des années 1990.
Les origines de la Daihatsu Charade
Avec la Charade, Daihatsu cherche à proposer une voiture plus polyvalente que ses petites kei cars, sans adopter les dimensions d’une berline compacte traditionnelle. La marque privilégie une carrosserie à hayon, un moteur transversal et une traction avant afin de dégager un maximum d’espace pour les passagers. Présentée en novembre 1977 au Japon, la première génération reçoit un moteur essence trois cylindres de 993 cm³. Elle remporte la distinction japonaise de voiture de l’année 1977, un résultat important pour le constructeur.
La Charade s’inscrit dans une gamme où chaque modèle répond à des besoins différents. La Daihatsu Cuore se concentre davantage sur le format des kei cars japonaises, avec des dimensions et des contraintes réglementaires plus strictes. La Charade vise une utilisation plus polyvalente, notamment grâce à son habitacle et à sa motorisation d’environ un litre.
La première génération, identifiée par le code G10, adopte une silhouette à deux volumes et un hayon arrière. Les carrosseries trois et cinq portes permettent de répondre à des usages variés. Les premières versions se reconnaissent notamment à leurs phares ronds, tandis que certaines évolutions reçoivent des projecteurs rectangulaires. Ces modifications visuelles permettent de distinguer les phases de la G10, dont les caractéristiques peuvent varier selon les marchés.
Quatre générations et des motorisations en évolution
La deuxième génération G11 apparaît en 1983. Daihatsu conserve le principe du moteur compact, mais élargit considérablement l’offre mécanique. Aux moteurs essence s’ajoute un diesel d’un litre, une proposition encore peu courante dans cette catégorie. Le constructeur met en avant la fiabilité de cette motorisation en organisant un parcours de démonstration autour de l’archipel japonais : une Charade diesel effectue dix tours sans arrêt en 117 jours. Des versions turbo viennent également enrichir la gamme, avec des différences de puissance et d’équipement suivant les pays.
La troisième génération G100 arrive en 1987. Sa carrosserie plus moderne et ses lignes anguleuses témoignent de l’évolution du design des citadines à la fin des années 1980. La Charade conserve sa vocation économique, mais gagne une déclinaison particulièrement intéressante pour les amateurs de petites sportives : la GTti. Celle-ci utilise un trois cylindres essence de 993 cm³ doté d’un double arbre à cames en tête, de douze soupapes et d’un turbocompresseur. Daihatsu annonce une puissance de 105 ch, remarquable pour une voiture de ce gabarit et de cette cylindrée.
La GTti ne constitue pas une génération indépendante, mais une version sportive de la G100. Elle se distingue par sa mécanique suralimentée et sa présentation spécifique. Les chiffres de puissance publiés doivent toutefois être associés au marché et à la norme de mesure correspondants, car les catalogues ne présentent pas toujours les mêmes valeurs.
En 1993, la quatrième génération G200 renouvelle la Charade avec une carrosserie plus arrondie et des dimensions accrues. L’offre s’élargit à des moteurs essence plus gros, notamment des quatre cylindres de 1,3 litre et, sur certains marchés, de 1,5 litre. La gamme comprend également des carrosseries à hayon et des berlines à coffre, parfois commercialisées sous le nom Charade Social. Les équipements et les motorisations diffèrent selon les pays, de sorte que toutes les versions ne sont pas disponibles sur chaque marché européen.
Une citadine économique, également présente en compétition
La recherche d’une consommation réduite fait partie de l’identité de la Charade depuis son lancement. Son moteur trois cylindres compact contribue à limiter les besoins en carburant, tandis que sa carrosserie relativement légère favorise l’efficacité. En octobre 1978, une Charade participe au Mobil Economy Run organisé dans la région parisienne et remporte l’épreuve selon l’historique du constructeur. Cette victoire met en avant les qualités recherchées par Daihatsu : économie d’utilisation, simplicité et endurance.
La Charade démontre également ses capacités en rallye. En 1982, elle obtient une victoire de catégorie au Safari Rally, épreuve réputée pour ses pistes difficiles et ses conditions éprouvantes. Ce résultat montre qu’une petite voiture à moteur d’un litre peut se distinguer dans une compétition exigeante, même si les versions engagées ne doivent pas être assimilées sans précaution aux voitures de série.
La GTti représente une autre facette de cette polyvalence. Son moteur turbo à douze soupapes privilégie les performances, tout en conservant une cylindrée inférieure à un litre. Elle illustre une période où plusieurs constructeurs japonais développent des petites voitures performantes grâce à la suralimentation et à des architectures mécaniques compactes. Les versions sportives restent toutefois minoritaires face aux déclinaisons destinées à un usage quotidien.
Place dans la gamme Daihatsu et fin de carrière
Au cours des années 1980 et 1990, Daihatsu développe une gamme plus diversifiée. La Charade conserve sa place de petite voiture polyvalente, tandis que l’Daihatsu Applause propose une carrosserie de berline compacte et une orientation plus familiale. Cette différenciation permet à la marque de couvrir plusieurs besoins sans faire de la Charade une voiture unique pour tous les usages.
La production de la lignée historique se poursuit jusqu’à la fin des années 1990, avec des dates de fin de commercialisation variables selon les marchés. La Daihatsu Sirion, appelée Storia au Japon, prend ensuite le relais dans la gamme sur plusieurs marchés. Elle adopte une conception plus récente et ne constitue pas une simple évolution de la Charade, même si elle reprend une partie de son rôle commercial de petite voiture polyvalente.
Daihatsu poursuit par ailleurs le développement de modèles urbains et polyvalents, dont le Daihatsu YRV, commercialisé au début des années 2000. Ce petit monospace témoigne de la diversification de la marque, mais il ne doit pas être considéré comme le successeur direct de la Charade.
Le nom Charade réapparaît en 2011 sur certains marchés, notamment en Europe. Cette nouvelle voiture est dérivée de la Toyota Yaris de deuxième génération et se distingue donc nettement des Charade conçues par Daihatsu depuis 1977. Il convient de séparer cette réutilisation commerciale de la lignée historique, dont l’identité repose sur quatre générations développées autour d’une citadine compacte et de motorisations adaptées à son époque.
Fiche technique de la Daihatsu Charade
| Caractéristique | Données principales |
|---|---|
| Période historique | 1977 à la fin des années 1990, selon les marchés |
| Générations | G10, G11, G100 et G200 |
| Type de carrosserie | Citadine à hayon trois ou cinq portes ; berline à coffre sur certaines versions |
| Architecture | Carrosserie autoporteuse, moteur avant transversal et traction avant |
| Moteurs essence historiques | Trois cylindres de 993 cm³ ; moteurs plus gros, notamment quatre cylindres de 1,3 et 1,5 litre sur la G200 selon les marchés |
| Moteurs diesel | Diesel d’environ 1,0 litre disponible sur la deuxième génération, avec variantes selon les marchés |
| Version sportive emblématique | Charade GTti, génération G100 |
| Moteur de la GTti | Trois cylindres en ligne, 993 cm³, essence turbo, double arbre à cames en tête, 12 soupapes |
| Puissance de la GTti | 105 ch annoncés par Daihatsu |
| Puissance de la première G10 | Environ 50 à 55 ch selon la version et la norme retenue |
| Boîte de vitesses | Manuelle ; boîte automatique proposée sur certaines versions et certains marchés |
| Suspensions | Architecture évoluant selon la génération ; suspensions indépendantes à jambes de force sur les quatre roues pour les générations récentes de la lignée historique |
| Freinage | Disques avant et tambours arrière sur de nombreuses versions ; équipement variable selon les finitions |
| Longueur de la G10 | Environ 3 485 mm |
| Largeur de la G10 | Environ 1 510 mm |
| Hauteur de la G10 | Environ 1 345 mm |
| Empattement de la G10 | Environ 2 300 mm |
| Longueur de la G200 à hayon | Environ 3 780 mm |
| Longueur de la G200 berline | Environ 4 085 mm |
| Consommation | Variable selon le moteur, la transmission, le marché et le cycle de mesure |
| Performances | Variables selon la génération et la motorisation ; les données de vitesse maximale et d’accélération doivent être rattachées à une version précise |
