Le Daihatsu Hijet est un utilitaire léger japonais lancé en novembre 1960. Conçu pour les artisans, les commerçants et les petites entreprises, il constitue l’une des plus anciennes lignées de véhicules utilitaires de la marque Daihatsu. D’abord proposé sous la forme d’un petit camion à capot, il évolue rapidement vers une architecture à cabine avancée, mieux adaptée au transport de marchandises dans un encombrement réduit. Sa carrière s’étend sur plus de six décennies, avec de nombreuses générations, motorisations et carrosseries.
Au Japon, le Hijet appartient principalement à la catégorie des kei vehicles, soumise à des limites réglementaires de dimensions et de cylindrée. Il se décline notamment en Hijet Truck à plateau ouvert et en Hijet Cargo à carrosserie fermée. Certaines versions destinées à l’exportation adoptent toutefois des dimensions et des moteurs différents. Cette diversité explique pourquoi le nom Hijet désigne une véritable famille d’utilitaires plutôt qu’un modèle techniquement inchangé depuis 1960.
Origines du Daihatsu Hijet et lancement en 1960
À la fin des années 1950, le Japon connaît une forte croissance économique accompagnée d’un développement rapide des petites entreprises. Les besoins en véhicules de livraison économiques augmentent, particulièrement dans les villes où les rues étroites rendent les camions traditionnels peu pratiques. Daihatsu possède déjà une expérience dans ce domaine grâce au Midget, un petit utilitaire à trois roues lancé en 1957.
Présenté en novembre 1960, le premier Hijet marque le passage de Daihatsu vers les utilitaires kei à quatre roues. Contrairement aux générations ultérieures, il possède un capot avant distinct, derrière lequel se trouve son moteur. Cette configuration lui donne une silhouette de camion miniature, avec une cabine relativement reculée et un plateau de chargement installé à l’arrière.
Le premier modèle reçoit un moteur essence bicylindre deux temps de 356 cm³ développant 17 ch. Ses dimensions particulièrement réduites correspondent aux contraintes de la catégorie kei de l’époque. Avec moins de trois mètres de longueur, il peut circuler dans les quartiers commerçants, accéder aux exploitations agricoles et transporter de petites marchandises sans nécessiter un véhicule plus imposant.
En mai 1961, Daihatsu complète la gamme avec une version fourgonnette, appelée Light Van. Sa carrosserie fermée protège les marchandises des intempéries et élargit les possibilités d’utilisation aux services de livraison, aux commerces alimentaires et aux activités artisanales. En 1962, le constructeur introduit le système Oilmatic, destiné à améliorer la lubrification de son moteur deux temps.
Le changement majeur intervient en 1964 avec la deuxième génération du Hijet Truck. Daihatsu abandonne le capot traditionnel au profit d’une architecture à cabine avancée, dans laquelle le moteur est placé sous les sièges. Cette disposition permet d’utiliser davantage de longueur pour le chargement sans augmenter sensiblement l’encombrement extérieur. Une version fourgon adoptant cette architecture apparaît en 1965.
Évolution des générations et des motorisations
La troisième génération, introduite en 1968, poursuit l’amélioration de la formule à cabine avancée. Le Hijet bénéficie d’évolutions mécaniques, notamment avec un moteur deux temps refroidi par eau sur certaines versions. Daihatsu travaille également sur le confort et la suspension de ses fourgonnettes afin de rendre les déplacements professionnels plus agréables.
En 1971, une quatrième génération apparaît avec une carrosserie modernisée et une meilleure exploitation du volume disponible. L’année suivante, Daihatsu présente le Hijet Slide Van, équipé d’une porte latérale coulissante. Cette solution facilite les opérations de chargement et de déchargement dans les espaces étroits, particulièrement lorsque le véhicule stationne le long d’une rue.
Le Hijet connaît une nouvelle étape en 1977 avec la cinquième génération et le Hijet 55 Wide. Cette évolution accompagne la modification des règles japonaises applicables aux kei cars, autorisant désormais une cylindrée supérieure à celle des premiers modèles. Le Hijet adopte ainsi des motorisations d’environ 550 cm³ et une carrosserie adaptée aux nouvelles limites réglementaires.
La sixième génération arrive en 1981. La gamme se diversifie avec des versions destinées aux travaux agricoles, aux livraisons et aux terrains difficiles. Les déclinaisons à quatre roues motrices renforcent son intérêt dans les régions montagneuses ou rurales. Certaines variantes Climber reçoivent des équipements adaptés aux surfaces meubles et aux chemins non goudronnés.
Durant cette période, Daihatsu développe également sa présence internationale. La Daihatsu Charade, voiture particulière lancée en 1977, contribue à faire connaître la marque en dehors du Japon, tandis que le Hijet poursuit sa carrière comme utilitaire compact. Les deux modèles répondent à des besoins différents et ne partagent pas une filiation directe.
La septième génération apparaît en 1986. En 1990, l’évolution de la réglementation kei permet aux constructeurs japonais d’utiliser des moteurs atteignant 660 cm³. Daihatsu adapte progressivement ses utilitaires à cette nouvelle limite, qui devient une caractéristique durable des Hijet japonais modernes.
La huitième génération de 1994 introduit notamment des motorisations de la famille EF. En 1999, la neuvième génération accompagne le renforcement des exigences de sécurité japonaises. Le Hijet Cargo adopte alors une silhouette semi-cab-over, avec une partie avant plus développée. Son dessin est attribué au designer italien Giorgetto Giugiaro, tandis que le Hijet Truck conserve une architecture privilégiant la longueur de son plateau.
À partir des années 2000, les évolutions des branches Truck et Cargo ne suivent plus nécessairement le même calendrier. Un nouveau Hijet Cargo apparaît en 2004, alors que le Hijet Truck connaît un renouvellement majeur en 2014. Le fourgon reçoit ensuite une nouvelle génération en décembre 2021, accompagnée d’importantes modifications mécaniques et électroniques.
Fiche technique du Daihatsu Hijet
| Caractéristique | Daihatsu Hijet première génération (1960) |
|---|---|
| Constructeur | Daihatsu Motor Co., Ltd. |
| Origine | Japon |
| Année de lancement | 1960 |
| Catégorie | Utilitaire léger kei |
| Carrosseries | Camion à plateau, puis fourgonnette Light Van à partir de 1961 |
| Architecture | Moteur avant sous capot, roues arrière motrices |
| Moteur | Bicylindre en ligne, essence, deux temps |
| Cylindrée | 356 cm³ |
| Refroidissement | Air forcé |
| Alimentation | Carburateur |
| Puissance maximale | 17 ch (PS) à 5 000 tr/min |
| Couple maximal | 2,8 kgf·m, environ 27,5 Nm, à 3 000 tr/min |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle |
| Longueur | 2 990 mm |
| Largeur | 1 290 mm |
| Hauteur | 1 465 mm |
| Empattement | 1 940 mm |
| Voie avant | 1 120 mm |
| Voie arrière | 1 100 mm |
| Évolution mécanique notable | Introduction du système de lubrification Oilmatic en 1962 |
Hijet Truck, Hijet Cargo et principales variantes
Le Daihatsu Hijet se distingue par la diversité de ses carrosseries. Le Hijet Truck représente la version utilitaire traditionnelle, avec une cabine généralement prévue pour deux occupants et un plateau arrière ouvert. Ses ridelles facilitent le chargement de matériaux, de caisses ou de matériel agricole. Cette configuration explique sa popularité auprès des exploitants agricoles, des artisans et des entreprises de proximité japonaises.
Le Hijet Cargo répond à des besoins différents. Sa carrosserie fermée protège les marchandises et permet d’utiliser un volume intérieur important malgré des dimensions extérieures très compactes. Les portes latérales coulissantes facilitent l’accès aux colis, tandis que le hayon arrière permet de charger des objets plus volumineux. Les configurations intérieures varient selon les générations, avec des sièges arrière rabattables ou des aménagements privilégiant exclusivement le transport professionnel.
Parmi les déclinaisons particulières, le Hijet Jumbo se caractérise par une cabine agrandie offrant davantage d’espace derrière les sièges. Cette solution améliore le confort et permet de ranger certains objets à l’abri, au prix d’une modification des proportions entre cabine et plateau. Les versions Dump disposent d’une benne basculante, tandis que les variantes Deck Van combinent un habitacle fermé avec un petit espace de chargement ouvert.
Le Hijet a également servi de base à des véhicules spécialisés : utilitaires frigorifiques, petites caisses fermées, véhicules de service ou transformations adaptées aux métiers locaux. Ces configurations expliquent la longévité commerciale du modèle, capable de répondre à des activités très différentes sans quitter le segment des petits utilitaires.
La gamme possède aussi des liens étroits avec le Daihatsu Atrai, dérivé de la branche fourgon et davantage orienté vers le transport de passagers ou les usages personnels selon les générations. Les deux appellations peuvent partager des éléments mécaniques et structurels, mais elles ne désignent pas systématiquement des véhicules identiques.
Cette recherche d’habitabilité dans un encombrement limité caractérise plus largement les kei cars japonaises. La Daihatsu Mira illustre la même volonté de proposer un véhicule économique et compact, mais sous la forme d’une petite voiture particulière. La Daihatsu Move privilégie pour sa part une carrosserie haute destinée à améliorer l’espace disponible pour les occupants. Le Hijet applique ces contraintes de dimensions au transport professionnel.
Le Daihatsu Hijet en Europe et sur les marchés d’exportation
Bien que conçu autour de la réglementation japonaise, le Hijet a également été diffusé sur différents marchés étrangers. Les versions d’exportation ne reprennent pas toujours les caractéristiques des modèles japonais. Certaines adoptent des carrosseries plus larges, des motorisations de cylindrée supérieure ou des équipements adaptés aux réglementations locales.
En Europe, le Daihatsu Hijet est notamment connu comme un petit fourgon ou un pick-up à cabine avancée. Sa maniabilité et ses dimensions réduites le rendent intéressant pour les livraisons urbaines, les collectivités, les entreprises d’entretien et les activités nécessitant un véhicule facile à stationner. Certaines versions européennes reçoivent des moteurs essence de 1,0 ou 1,3 litre, selon leur génération et leur marché de commercialisation.
Le nom Hijet peut donc recouvrir des véhicules assez différents. Un utilitaire européen équipé d’un moteur de 1,3 litre ne possède pas nécessairement la même plateforme, les mêmes dimensions ou les mêmes caractéristiques qu’un Hijet japonais de 660 cm³. Pour identifier précisément un exemplaire, le code de type, la cylindrée, la carrosserie et l’année de fabrication sont plus utiles que la seule appellation commerciale.
Le Hijet entretient également une relation historique avec le Piaggio Porter, utilitaire commercialisé en Europe et développé à partir de bases techniques Daihatsu. Cette parenté ne signifie cependant pas que toutes les versions des deux véhicules sont interchangeables. Les motorisations, les pièces mécaniques et les homologations ont évolué différemment selon les périodes.
La présence du Hijet sur le marché européen s’inscrit dans une offre Daihatsu qui comprenait aussi des voitures particulières comme la Daihatsu Cuore et, plus tard, la Daihatsu Sirion. Ces citadines visaient principalement les automobilistes recherchant un véhicule économique, alors que le Hijet répondait aux besoins des professionnels.
Sur les marchés asiatiques, d’autres utilitaires apparentés ont été produits ou adaptés localement. Il convient notamment de distinguer le Hijet japonais de modèles plus grands comme le Daihatsu Gran Max, dont l’architecture et les caractéristiques correspondent à des besoins de transport différents.
Modernisation du Hijet et évolution vers l’électrique
Les générations récentes du Hijet conservent les principes qui ont fait le succès de la gamme, mais leur conception intègre des exigences de sécurité, de consommation et de confort beaucoup plus élevées. Le Hijet Truck renouvelé en 2014 bénéficie notamment d’une cabine modernisée, d’améliorations ergonomiques et d’une conception adaptée aux usages intensifs.
La modernisation du Hijet Cargo en décembre 2021 constitue une évolution importante. Daihatsu introduit une nouvelle plateforme et une transmission à variation continue, ou CVT, spécifiquement adaptée à une architecture utilitaire à propulsion. Cette boîte vise à améliorer l’agrément de conduite et l’efficacité énergétique, notamment dans les déplacements urbains caractérisés par des arrêts fréquents.
Sur certaines versions à quatre roues motrices équipées de la CVT, le conducteur peut sélectionner différents modes de transmission, dont 2WD, 4WD Auto et 4WD Lock. Cette polyvalence permet d’adapter le véhicule aux conditions d’adhérence rencontrées sur les routes enneigées, les chemins agricoles ou les surfaces glissantes.
Le fourgon moderne conserve une attention particulière au volume de chargement. Sur certaines configurations de la génération 2021, Daihatsu annonce une longueur utile pouvant atteindre 1 915 mm, une largeur de 1 410 mm et une hauteur de 1 250 mm. Ces valeurs montrent l’importance accordée à l’exploitation de l’espace intérieur dans une carrosserie soumise aux dimensions réglementaires des kei vehicles.
Les aides à la conduite prennent également une place croissante. Le système Smart Assist, introduit progressivement sur la gamme utilitaire, comprend selon les versions des fonctions de détection d’obstacles, d’alerte et de freinage automatique d’urgence. Les évolutions ultérieures améliorent notamment la reconnaissance de certains usagers vulnérables et les interventions aux intersections.
L’électrification représente une autre dimension de l’histoire du Hijet. Dès 1970, Daihatsu utilise une base Hijet pour développer des véhicules électriques touristiques destinés à l’Exposition universelle d’Osaka. En 1976, le constructeur présente également un Hijet Truck électrique à recharge rapide. Ces réalisations expérimentales témoignent d’un intérêt ancien pour la propulsion électrique dans les petits utilitaires.
Cette orientation aboutit à une nouvelle étape le 2 février 2026 avec le lancement japonais du e-Hijet Cargo, un fourgon entièrement électrique développé pour les activités professionnelles. Il conserve la vocation pratique de la gamme tout en remplaçant le moteur thermique par une chaîne de traction électrique. Cette déclinaison vise particulièrement les trajets de livraison et les déplacements professionnels réguliers, pour lesquels les dimensions compactes du Hijet restent un avantage.
Production, diffusion et place dans l’histoire des utilitaires japonais
La longévité du Daihatsu Hijet se traduit par des volumes de production considérables. Selon les chiffres publiés par le constructeur à l’occasion du soixantième anniversaire du modèle, la série avait dépassé 7,4 millions d’unités produites au 30 septembre 2020, hors véhicules fournis à d’autres marques dans le cadre d’accords industriels. Daihatsu estimait également qu’environ 2,2 millions de Hijet étaient encore en circulation à cette date.
Cette diffusion s’explique par la continuité du nom commercial et par la capacité du constructeur à adapter régulièrement le véhicule. Les générations successives ont accompagné l’évolution des normes japonaises, depuis les premiers moteurs de 356 cm³ jusqu’aux motorisations de 660 cm³, tout en développant des solutions de chargement et des équipements destinés aux professionnels.
Le Hijet occupe une place importante dans l’histoire des kei trucks, aux côtés de modèles comme le Suzuki Carry, le Honda Acty ou le Subaru Sambar. Ces utilitaires compacts ont participé au fonctionnement quotidien des petites exploitations agricoles, des commerces de quartier et des entreprises locales japonaises. Leur format réduit répond à des contraintes pratiques que des véhicules utilitaires plus volumineux ne peuvent pas toujours satisfaire.
En 2021, la longévité du Hijet est reconnue au Japon par l’attribution du Good Design Long Life Design Award. Cette distinction récompense la continuité d’une conception qui a évolué avec les besoins de ses utilisateurs sans abandonner sa fonction première.
Les premiers Hijet à capot présentent aujourd’hui un intérêt historique particulier, car ils illustrent les débuts de l’utilitaire kei à quatre roues chez Daihatsu. Leur identification repose notamment sur la présence d’un capot avant distinct, de phares ronds et d’une carrosserie étroite, très différente de celle des versions modernes. Pour les exemplaires anciens, la conformité du moteur, des éléments de carrosserie et des équipements d’origine constitue un critère essentiel dans une démarche de conservation ou de restauration.
