La Daihatsu Applause est une berline compacte japonaise produite de 1989 à 2000. Présentée au Salon de Genève en mars 1989, elle se distingue par une particularité inhabituelle : sous son apparence de berline tricorps traditionnelle se cache un véritable hayon intégrant la lunette arrière. Cette solution, baptisée Super Lid, permet de conserver une silhouette classique tout en offrant la praticité d’une voiture à cinq portes.
Conçue pour occuper le haut de la gamme des voitures particulières Daihatsu, l’Applause reçoit un moteur essence de 1,6 litre à 16 soupapes, associé à une transmission aux roues avant ou, sur certaines versions, à quatre roues motrices. Commercialisée notamment au Japon et en Europe, elle connaît plusieurs évolutions esthétiques et techniques avant de disparaître en 2000, sans véritable remplaçante directe sur le marché européen.
Origines et développement de la Daihatsu Applause
À la fin des années 1980, Daihatsu cherche à renouveler son offre de voitures familiales. Le constructeur japonais est alors principalement connu pour ses petites automobiles économiques et ses véhicules compacts, mais souhaite également conserver une présence dans la catégorie des berlines de dimensions supérieures. L’Applause répond à cette ambition en succédant à la Daihatsu Charmant, dont la conception reposait sur une architecture plus traditionnelle.
Dans la gamme de l’époque, la Daihatsu Charade occupe le segment des petites voitures polyvalentes. L’Applause se positionne au-dessus, avec un habitacle plus spacieux, une carrosserie plus longue et une motorisation adaptée aux trajets familiaux. Elle s’adresse ainsi aux automobilistes recherchant une voiture compacte mais suffisamment confortable pour un usage routier régulier.
La Daihatsu Cuore représente quant à elle l’offre urbaine économique du constructeur. Cette diversité illustre la stratégie de Daihatsu à la fin des années 1980 : proposer plusieurs catégories de véhicules tout en conservant des dimensions contenues et des solutions mécaniques relativement simples.
L’Applause est dévoilée au Salon de Genève en mars 1989, avant son lancement commercial japonais en juillet de la même année. Sa conception repose sur une structure monocoque à moteur transversal avant, une architecture plus moderne que celle de la Charmant. Elle bénéficie également de suspensions indépendantes aux quatre roues, destinées à concilier confort, stabilité et encombrement réduit.
Le choix d’une carrosserie évoquant une berline classique constitue l’une des décisions les plus originales du projet. Alors que les voitures à hayon gagnent du terrain en Europe, Daihatsu préfère préserver les proportions d’une berline à coffre, appréciées sur plusieurs marchés internationaux. Le système Super Lid permet de réunir ces deux approches sans modifier radicalement l’apparence du véhicule.
Cette combinaison donne naissance à une automobile atypique dans la production japonaise de l’époque. L’Applause ne cherche pas à se distinguer par une puissance élevée ou une présentation sportive, mais par une conception pratique et une polyvalence supérieure à ce que laisse supposer sa silhouette.
Un design de berline classique avec un hayon Super Lid
La Daihatsu Applause adopte une carrosserie aux lignes arrondies, caractéristiques de la transition stylistique entre les années 1980 et 1990. Son capot relativement bas, ses projecteurs rectangulaires et ses surfaces vitrées généreuses lui donnent une présentation sobre. Le coffre arrière forme un volume distinct, ce qui rapproche visuellement la voiture d’une berline traditionnelle à quatre portes.
Pourtant, l’ensemble de la partie arrière s’ouvre comme un hayon. La lunette se soulève avec le panneau de coffre, créant une ouverture plus importante que celle d’une malle classique. Ce dispositif facilite le chargement d’objets volumineux et rend l’espace à bagages plus accessible. Il constitue la principale signature technique et stylistique du modèle.
Cette architecture ne fait pas de l’Applause une berline conventionnelle à quatre portes, mais une véritable cinq portes à silhouette tricorps. Le principe existait déjà sur certaines automobiles européennes, mais son intégration dans une carrosserie aussi discrète demeure l’une des caractéristiques les plus intéressantes de la Daihatsu.
Avec une longueur initiale de 4,26 mètres et un empattement de 2,47 mètres, l’Applause offre des proportions adaptées à une utilisation familiale. L’habitacle accueille cinq occupants et privilégie une présentation fonctionnelle. Les commandes sont disposées de manière classique, tandis que les équipements varient sensiblement selon les marchés et les niveaux de finition.
Les versions les mieux équipées peuvent recevoir une direction assistée, des vitres électriques, une fermeture centralisée ou une transmission automatique. La présentation intérieure évolue progressivement au cours de la carrière du modèle, avec des modifications de garnitures, de commandes et de planche de bord.
Les versions à transmission intégrale conservent une carrosserie très proche de celle des modèles à traction. Les différences extérieures concernent principalement certains équipements, les dimensions des pneumatiques et les éléments de finition. Cette discrétion visuelle correspond au positionnement général de l’Applause, davantage orientée vers la polyvalence que vers l’affirmation d’un caractère sportif.
Motorisations, transmission et comportement routier
La Daihatsu Applause utilise un moteur essence atmosphérique de 1 589 cm³ appartenant à la famille HD. Ce quatre cylindres en ligne dispose d’une distribution à simple arbre à cames en tête et de quatre soupapes par cylindre. Installé transversalement à l’avant, il équipe l’ensemble des principales versions de série connues.
Au lancement japonais, deux configurations sont proposées. Le moteur HD-F, alimenté par carburateur à commande électronique, développe 97 ch. Le HD-E, équipé d’une injection électronique, atteint 120 ch dans sa configuration japonaise. Ces puissances ne correspondent cependant pas nécessairement aux versions européennes, dont les réglages et les systèmes d’alimentation diffèrent.
Sur plusieurs marchés d’exportation, les versions 1.6 affichent des puissances comprises entre environ 90 et 105 ch. Les catalogues techniques européens mentionnent notamment une déclinaison à injection de 105 ch. Ces différences résultent des configurations de moteur, des réglementations et des évolutions intervenues au fil des années.
La transmission aux roues avant constitue la configuration principale. Elle est associée à une boîte manuelle à cinq rapports ou à une transmission automatique selon les finitions. Une version à quatre roues motrices permanentes est également proposée, notamment sous le code A111S. Elle permet à Daihatsu d’offrir une solution adaptée aux régions où les conditions d’adhérence sont plus difficiles.
Le châssis repose sur une structure autoporteuse et des suspensions indépendantes. À l’avant, les jambes MacPherson sont associées à des ressorts hélicoïdaux. À l’arrière, un dispositif indépendant utilise des jambes de force et plusieurs bras de guidage. Cette architecture distingue l’Applause de nombreuses berlines compactes contemporaines équipées d’un essieu arrière moins élaboré.
La direction à crémaillère et le freinage à disques ventilés à l’avant complètent une conception destinée à un usage quotidien. Certaines versions reçoivent également l’ABS. Le comportement recherché privilégie la stabilité et le confort plutôt qu’une orientation sportive affirmée.
Les performances varient selon la motorisation et la transmission. Les fiches techniques européennes attribuent à certaines Applause 1.6 à injection de 105 ch une vitesse maximale voisine de 180 km/h. Le poids relativement contenu des premières versions contribue à préserver des performances adaptées aux déplacements routiers.
Fiche technique de la Daihatsu Applause
| Caractéristique | Données techniques |
|---|---|
| Constructeur | Daihatsu |
| Modèle | Applause |
| Présentation | Salon de Genève, mars 1989 |
| Commercialisation initiale | Juillet 1989 au Japon |
| Période de production | 1989 à 2000 |
| Pays de fabrication | Japon |
| Catégorie | Berline compacte familiale, segment C |
| Carrosserie | 5 portes, silhouette tricorps, hayon Super Lid |
| Nombre de places | 5 |
| Codes de modèle | A101S (traction), A111S (4WD) |
| Structure | Carrosserie monocoque autoporteuse |
| Implantation moteur | Avant transversale |
| Carburant | Essence |
| Architecture moteur | 4 cylindres en ligne atmosphérique |
| Famille moteur | Daihatsu HD-F et HD-E |
| Cylindrée | 1 589 cm³ |
| Alésage x course | 76 x 87,6 mm |
| Distribution | SOHC, 16 soupapes |
| Alimentation | Carburateur à commande électronique ou injection électronique EFI |
| Puissance au Japon | 97 ch (HD-F) ou 120 ch (HD-E) à 6 300 tr/min, versions de lancement |
| Puissance en Europe | Environ 90 à 105 ch selon version et millésime |
| Couple HD-F japonais | 130,4 Nm à 3 600 tr/min |
| Couple HD-E japonais | 140,2 Nm à 4 800 tr/min sur la version initiale |
| Refroidissement | Liquide |
| Transmission | Traction avant ou transmission intégrale permanente |
| Boîte de vitesses | Manuelle 5 rapports, automatique selon version |
| Suspension avant | Indépendante, jambes MacPherson, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Indépendante, jambes de force et bras de guidage |
| Direction | À crémaillère, assistance selon finition |
| Freins avant | Disques ventilés |
| Freins arrière | Tambours sur les versions japonaises de référence |
| ABS | Disponible sur certaines versions |
| Pneumatiques | 165/70 R13, 175/70 R13 ou 185/60 R14 selon version |
| Longueur | 4 260 mm initialement, jusqu’à 4 340 mm sur les versions tardives |
| Largeur | 1 660 mm |
| Hauteur | 1 375 à 1 390 mm selon version |
| Empattement | 2 470 mm |
| Voie avant | 1 425 à 1 430 mm selon version |
| Voie arrière | 1 415 mm sur les versions documentées |
| Poids à vide | Environ 940 à 1 050 kg selon version et année |
| Vitesse maximale | Environ 180 km/h pour certaines versions européennes de 105 ch |
| Consommation normalisée | Environ 6,8 à 8,5 l/100 km selon les versions japonaises documentées et leur cycle d’essai |
| Réservoir | 48 à 50 litres selon version |
| Prédécesseur | Daihatsu Charmant |
Évolutions et restylages de 1989 à 2000
La carrière de la Daihatsu Applause s’étend sur plus d’une décennie, mais le modèle conserve une seule génération technique fondamentale. Les modifications successives portent principalement sur les équipements, la présentation extérieure, l’aménagement intérieur et l’organisation des finitions.
La première série, lancée en 1989, comprend au Japon plusieurs déclinaisons identifiées notamment par les appellations 16L, 16X, 16Ri et 16Zi. Les versions se différencient par leur motorisation, leur transmission et leur niveau d’équipement. La 16Zi se distingue notamment par l’association du moteur à injection et des quatre roues motrices.
En 1990, Daihatsu propose une série spéciale QR-90. Celle-ci reçoit notamment des amortisseurs conçus pour adapter leur réponse à la fréquence des sollicitations. Cette solution témoigne de la volonté du constructeur d’améliorer le confort et le comportement de sa berline sans transformer profondément son architecture.
La même année apparaît sur le marché japonais l’Applause θ, dont le symbole grec se lit Theta. Cette appellation accompagne une évolution de la présentation commerciale du modèle. Elle ne désigne ni une génération indépendante ni une automobile entièrement différente. Son utilisation prend fin en juillet 1992.
L’année 1992 marque une première révision notable de la gamme. Les finitions sont réorganisées et plusieurs éléments de présentation évoluent. La longueur de certaines versions passe alors de 4,26 à 4,31 mètres, principalement en raison des modifications apportées aux éléments extérieurs. La structure générale, l’empattement et la disposition mécanique restent inchangés.
De nouvelles évolutions interviennent en 1994, avec des ajustements de finitions et d’équipements. Daihatsu poursuit ainsi l’actualisation de l’Applause pour maintenir son attractivité face à des concurrentes plus récentes. Les changements demeurent toutefois relativement mesurés jusqu’au restylage majeur de 1997.
En septembre 1997, l’Applause reçoit une transformation esthétique importante. La face avant adopte une calandre chromée beaucoup plus visible, de nouveaux projecteurs et des boucliers redessinés. L’arrière évolue également, avec des feux et un hayon modifiés. L’objectif est de donner à la voiture une apparence plus statutaire et plus contemporaine.
À l’intérieur, la planche de bord et les garnitures sont modernisées. Les équipements de confort et de sécurité évoluent également selon les marchés. Malgré ces transformations, le modèle conserve son moteur 1,6 litre et les principes techniques de sa conception initiale. La longueur atteint environ 4,34 mètres sur certaines versions tardives.
En 1998, la gamme japonaise est simplifiée autour de finitions telles que SL et SX, proposées avec une transmission automatique. Cette rationalisation accompagne les dernières années de commercialisation d’un modèle dont les fondements remontent désormais à près de dix ans.
Commercialisation, fin de carrière et place dans la gamme Daihatsu
La Daihatsu Applause a été commercialisée sur plusieurs marchés internationaux, dont le Japon, le Royaume-Uni, la France et l’Australie. Sa diffusion européenne demeure relativement discrète face aux berlines compactes des grands constructeurs généralistes. Elle se distingue néanmoins par un équipement souvent intéressant et une conception technique originale.
Au Japon, les archives commerciales permettent de retrouver les prix de plusieurs finitions. En juillet 1989, une Applause 16L à boîte manuelle est affichée à 1 080 000 yens, tandis que la 16X coûte 1 175 000 yens. La 16Zi à transmission intégrale atteint 1 375 000 yens. Ces écarts traduisent la diversité de la gamme et la volonté de proposer plusieurs niveaux de prix.
Les versions ultérieures deviennent plus coûteuses avec l’évolution des équipements. À la fin des années 1990, les tarifs japonais dépassent 1,5 million de yens pour certaines finitions automatiques. Le modèle reste cependant positionné comme une voiture familiale compacte plutôt que comme une berline de prestige.
La diffusion de l’Applause est freinée par la concurrence particulièrement intense du segment. En Europe, les acheteurs disposent alors d’un choix important de berlines compactes, proposées par des marques bénéficiant de réseaux commerciaux plus étendus. La notoriété limitée de Daihatsu dans cette catégorie ne facilite pas l’installation durable du modèle.
Au cours de la seconde moitié des années 1990, la stratégie du constructeur évolue progressivement. La Daihatsu Sirion, apparue en 1998, illustre son intérêt renouvelé pour les petites voitures polyvalentes. Plus courte et conçue pour un autre segment, elle ne constitue toutefois pas une remplaçante directe de l’Applause.
Le développement de véhicules de loisirs compacts participe également à cette transformation. Lancé en 1997, le Daihatsu Terios représente une orientation différente, avec une carrosserie de petit SUV et une vocation plus polyvalente sur les routes difficiles. Cette diversification accompagne le recul de Daihatsu dans le domaine des berlines familiales traditionnelles.
La commercialisation japonaise de l’Applause s’achève en 2000, après une carrière commencée onze ans plus tôt. Daihatsu ne développe pas de seconde génération directement issue de cette plateforme. La Daihatsu Altis, apparue la même année et dérivée de la Toyota Camry, occupe ensuite une position supérieure dans la gamme japonaise, sans reprendre la conception particulière de l’Applause.
Aujourd’hui, l’Applause reste peu présente sur le marché français de l’occasion. Son intérêt auprès des amateurs d’automobiles japonaises anciennes repose notamment sur sa diffusion limitée, ses versions à transmission intégrale et son système Super Lid. Pour identifier correctement un exemplaire, il convient de vérifier son année, son code de modèle A101S ou A111S et sa motorisation, les caractéristiques pouvant varier sensiblement entre les voitures destinées au Japon et celles commercialisées en Europe.
