Mosler MT900S

Mosler MT900S

La Mosler MT900S est une supercar américaine à moteur V8 central arrière, développée par Mosler Automotive et commercialisée à partir de 2005 dans une configuration homologuée pour la route aux États-Unis. Avec sa structure en fibre de carbone, sa carrosserie particulièrement basse et son poids contenu, elle incarne une approche radicale de la voiture de sport : privilégier la légèreté et l’efficacité mécanique plutôt que multiplier les équipements ou rechercher une puissance spectaculaire à tout prix.

Produite artisanalement en très petite série, la MT900S se distingue également par ses performances. Certaines configurations suralimentées dépassent 550 chevaux, tandis que les versions atmosphériques exploitent des moteurs V8 issus de la Chevrolet Corvette. Son développement étroitement lié à la compétition, son homologation complexe et ses nombreuses évolutions techniques en font l’une des sportives américaines les plus singulières des années 2000.

Origines et développement de la Mosler MT900S

L’histoire de la MT900S commence avec Warren Mosler, entrepreneur américain passionné d’ingénierie automobile. Dès les années 1980, il défend une conception de la performance fondée sur le rapport poids-puissance, la rigidité du châssis et la simplicité mécanique. Cette philosophie s’exprime notamment avec la Mosler Consulier GTP, une sportive à moteur central dont la structure composite et la faible masse annoncent les principes appliqués aux modèles suivants.

À la fin des années 1990, Mosler engage le développement d’une nouvelle supercar avec le designer Rod Trenne. Leur collaboration donne naissance à la Mosler MT900, présentée au début des années 2000. Cette première version utilise un V8 General Motors LS1 de 5,7 litres développant environ 350 chevaux. Son architecture à moteur central arrière, sa cellule composite et son aérodynamique très basse constituent les fondations de la future MT900S.

La MT900S représente une évolution destinée à rendre cette architecture exploitable sur route tout en améliorant ses performances. Le projet bénéficie des enseignements du programme MT900R, engagé dans les compétitions GT internationales. Les contraintes d’homologation imposent cependant des modifications importantes par rapport aux premières voitures et aux modèles de course.

La certification américaine nécessite notamment des essais de collision, la mise au point des airbags et la conformité aux réglementations concernant les émissions polluantes. Deux véhicules sont utilisés pour les essais destructifs. Ces démarches mobilisent plusieurs années et retardent la commercialisation, même si des configurations MT900S circulent déjà avant 2005.

Les premières livraisons de la version routière homologuée interviennent autour de la fin de l’année 2005 et du début de 2006. La production reste artisanale, avec des activités de développement aux États-Unis et l’intervention de partenaires britanniques, notamment Breckland Technology, pour l’assemblage de certains exemplaires.

Un V8 de Corvette dans une supercar ultralégère

La Mosler MT900S repose sur une architecture mécanique relativement conventionnelle pour une supercar américaine, mais son implantation et son environnement technique lui donnent un caractère particulier. Le moteur est installé longitudinalement derrière les sièges, devant l’essieu arrière. Il entraîne uniquement les roues postérieures par l’intermédiaire d’une boîte manuelle à six rapports.

Les premières configurations routières utilisent le V8 LS6 de 5,7 litres, connu pour équiper la Chevrolet Corvette Z06. Ce moteur atmosphérique à injection électronique et arbre à cames central développe 405 chevaux dans la spécification américaine documentée lors des essais de 2006. D’autres fiches techniques mentionnent des puissances proches de 435 à 441 chevaux, correspondant à des configurations ou à des références différentes.

La simplicité de ce V8 constitue un avantage important. Sa distribution à arbre à cames central permet de conserver un ensemble compact, tandis que sa cylindrée généreuse offre un couple élevé sans nécessiter des régimes extrêmes. Cette motorisation s’intègre dans une voiture dont la masse est nettement inférieure à celle de nombreuses GT contemporaines.

Mosler développe également des versions équipées d’un compresseur mécanique. Un exemplaire de 600 chevaux est notamment essayé par le magazine américain Car and Driver en 2006. Cette préparation modifie sensiblement le comportement de la voiture, particulièrement lors des accélérations à haute vitesse.

Des configurations ultérieures adoptent le V8 LS7 de 7,0 litres, également d’origine Corvette. Avec une puissance annoncée d’environ 550 chevaux dans certaines versions, ce moteur atmosphérique permet de conserver une réponse directe à l’accélérateur tout en augmentant les performances. Les MT900S ne possèdent donc pas toutes la même cylindrée ni la même puissance, une distinction essentielle pour comprendre les chiffres publiés sur ce modèle.

La transmission reprend une architecture de boîte-pont dérivée de composants Porsche, adaptée à l’implantation centrale du groupe motopropulseur. Les versions routières classiques privilégient une commande manuelle, tandis que certaines évolutions spécialisées recevront des transmissions séquentielles.

Fiche technique de la Mosler MT900S

CaractéristiqueMosler MT900S
ConstructeurMosler Automotive
OrigineÉtats-Unis
Lancement commercial homologué2005
CatégorieSupercar, coupé sportif deux places
CarrosserieCoupé deux portes en matériaux composites
ArchitectureMoteur central arrière longitudinal
TransmissionPropulsion
MoteursV8 General Motors LS6 ou LS7 selon version
Cylindrée5 665 cm³ environ (LS6) ou 7 011 cm³ (LS7)
DistributionArbre à cames central, 2 soupapes par cylindre
AlimentationInjection électronique
SuralimentationAtmosphérique ou compresseur mécanique selon configuration
Puissance405 hp pour la LS6 américaine documentée ; environ 550 hp pour certaines LS7 ; jusqu’à 600 hp sur une version à compresseur essayée en 2006
CoupleEnviron 542 Nm sur certaines LS6 atmosphériques ; jusqu’à environ 698 Nm sur certaines configurations LS7
Boîte de vitessesManuelle à 6 rapports, architecture de boîte-pont dérivée de Porsche
ChâssisMonocoque composite carbone et aluminium en nid d’abeilles
Sous-châssisStructures tubulaires en acier chrome-molybdène
Suspension avantDoubles triangles superposés
Suspension arrièreDoubles triangles superposés
AmortisseursCombinés réglables, notamment Penske selon version
DirectionÀ crémaillère, sans assistance sur les versions documentées
FreinsDisques ventilés aux quatre roues
Freinage renforcéDisques de 355 mm et étriers Wilwood à six pistons sur certaines configurations européennes
Jantes19 pouces à l’avant et 20 pouces à l’arrière sur certaines versions
Pneumatiques255/35 ZR19 avant et 335/30 ZR20 arrière sur une configuration documentée
Longueur4 801 mm
Largeur2 006 mm
HauteurEnviron 1 105 à 1 130 mm selon configuration
Empattement2 768 à 2 769 mm
Voie avant1 676 mm
Voie arrièreEnviron 1 645 mm selon fiche technique
PoidsEnviron 1 000 à 1 150 kg suivant version et méthode de mesure ; certaines voitures équipées dépassent cette plage
0 à 60 mph3,1 secondes mesurées sur la version à compresseur de 600 hp
Quart de mile départ arrêté11,0 secondes sur la version à compresseur de 600 hp
Vitesse maximaleEnviron 306 km/h dans certaines fiches ; dépend de la configuration
Capacité du réservoirEnviron 69 litres selon fiche technique
Prix neuf américain en 2005À partir de 189 000 dollars annoncés

Châssis en carbone, design et comportement routier

La structure de la MT900S représente l’un de ses principaux atouts techniques. Sa cellule centrale utilise une construction composite associant fibre de carbone et aluminium en nid d’abeilles. Cette architecture offre une rigidité élevée pour une masse réduite. Des sous-châssis tubulaires supportent les organes mécaniques et les trains roulants, permettant de séparer les éléments structurels centraux des composants susceptibles d’être démontés ou remplacés.

La carrosserie, dessinée autour des contraintes aérodynamiques et mécaniques, adopte une silhouette particulièrement basse. Le capot avant plongeant, les ailes fortement galbées, les projecteurs intégrés et les importantes prises d’air latérales constituent les signes distinctifs du modèle. Les portes s’ouvrent vers le haut, tandis que la partie arrière accueille le moteur sous un capot ventilé.

La largeur proche de deux mètres contraste avec une hauteur à peine supérieure à 1,10 mètre. Ces proportions favorisent une assise visuelle très sportive et permettent de loger des pneumatiques arrière particulièrement larges. Les roues de diamètres différents, généralement 19 pouces devant et 20 pouces derrière sur les configurations documentées, accentuent cette architecture orientée vers la motricité.

Les suspensions indépendantes à doubles triangles superposés privilégient la précision du guidage des roues. Certains exemplaires reçoivent des amortisseurs Penske réglables et des barres antiroulis ajustables. Ces équipements permettent d’adapter le comportement de la voiture à différentes conditions d’utilisation, notamment sur circuit.

La direction sans assistance contribue à la réduction de masse et au ressenti mécanique. Elle impose néanmoins davantage d’efforts lors des manœuvres à basse vitesse. Les essais contemporains décrivent une voiture exigeante, dont les commandes privilégient l’efficacité et les sensations plutôt que la facilité de conduite.

L’habitacle prolonge cette philosophie. La fibre de carbone reste largement visible, les sièges sont installés très bas et les équipements de confort sont limités. La MT900S n’est cependant pas dépourvue de toute fonctionnalité routière : certains exemplaires disposent notamment de la climatisation. Des commandes et composants issus de véhicules de série permettent également de limiter les coûts de développement.

Performances, essais et liens avec la compétition

La réputation de la Mosler MT900S repose en grande partie sur ses performances mesurées par la presse automobile américaine. En avril 2006, Car and Driver essaie une version suralimentée développant 600 chevaux. Le magazine relève un 0 à 60 mph, soit environ 96,6 km/h, en 3,1 secondes et un quart de mile départ arrêté en 11,0 secondes, avec une vitesse de passage de 135 mph, soit environ 217 km/h.

Ces résultats placent alors la Mosler parmi les supercars les plus rapides de sa génération en accélération. Ils concernent toutefois une voiture équipée d’un compresseur, et non la MT900S atmosphérique de 405 chevaux. La différence est importante, car les nombreuses configurations proposées ou développées individuellement rendent les comparaisons directes parfois trompeuses.

Sur circuit, la MT900S démontre également son potentiel. Lors du Lightning Lap organisé en 2008 sur le Virginia International Raceway, Car and Driver enregistre un tour en 2 minutes 45,9 secondes avec une voiture annoncée à 550 chevaux. L’exemplaire affiche alors un poids publié de 2 584 livres, soit environ 1 172 kg, et un prix d’essai de 342 500 dollars.

Le programme de compétition de Mosler contribue directement à cette mise au point. La MT900R, version développée spécifiquement pour les championnats GT, participe à plusieurs séries internationales. Elle remporte notamment sa catégorie GTS aux 24 Heures de Daytona 2003 et obtient des résultats dans les championnats britannique et espagnol GT.

Il convient néanmoins de distinguer les deux voitures. La MT900R possède une préparation et des équipements adaptés à la compétition, alors que la MT900S doit répondre aux contraintes d’une homologation routière. Leur architecture commune explique les liens techniques entre les programmes, mais le palmarès de la MT900R ne constitue pas celui de la MT900S de série.

La recherche de performances conduit également Mosler à développer la MT900S Photon, une évolution plus radicale privilégiant une réduction supplémentaire de la masse. Certaines configurations adoptent une transmission séquentielle Hewland et des équipements spécifiques. Une Photon participe notamment au Lightning Lap 2011, où elle réalise un temps de 2 minutes 49,8 secondes. Les conditions d’essai et les caractéristiques de cette version ne permettent pas de comparer directement ce résultat à celui de la MT900S de 2008.

Production limitée, prix et rareté de la Mosler MT900S

La Mosler MT900S n’a jamais été destinée à une production industrielle importante. Chaque exemplaire est assemblé dans un contexte artisanal, avec des configurations mécaniques et des équipements susceptibles de varier. Cette fabrication en petite série explique la diversité des caractéristiques rencontrées dans les essais et les fiches techniques.

Le nombre exact de MT900S routières construites reste difficile à établir. Certaines bases de données avancent environ vingt exemplaires, mais aucun registre public exhaustif des châssis ne permet de confirmer définitivement ce total. Les différences de comptabilisation entre les premières voitures, les versions homologuées, les exemplaires suralimentés et les évolutions Photon compliquent également l’estimation.

Lors de son lancement commercial américain en 2005, la MT900S est annoncée à partir de 189 000 dollars. Au début de 2006, Car and Driver mentionne un tarif de base de 190 500 dollars. La Photon est alors proposée à un prix annoncé de 219 000 dollars, tandis que les configurations plus puissantes et les voitures préparées peuvent atteindre des montants sensiblement supérieurs.

Le positionnement commercial de Mosler est particulier. Face à des constructeurs européens établis, la marque ne mise ni sur une présentation luxueuse ni sur un réseau de distribution étendu. Elle propose plutôt une automobile très spécialisée, destinée à des passionnés recherchant des performances élevées et une expérience de conduite proche de celle d’une voiture de compétition.

Sur le marché de la collection, la rareté ne suffit pas à établir une cote uniforme. L’authenticité de la motorisation, la conformité de l’homologation, la provenance et l’historique d’entretien sont particulièrement importants. Une MT900S atmosphérique d’origine, une voiture ultérieurement équipée d’un compresseur et une Photon ne représentent pas nécessairement les mêmes objets de collection.

Les interventions mécaniques doivent également être examinées avec attention. Si les moteurs General Motors bénéficient d’une diffusion relativement importante, les éléments de carrosserie en composites, certaines pièces de châssis et les composants spécifiques à Mosler sont beaucoup plus rares. La disponibilité de ces éléments, tout comme la documentation accompagnant chaque exemplaire, joue un rôle déterminant dans la conservation et la restauration de ces supercars.

Marque Mosler

Année de sortie 2005

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