Ariel Ace

Ariel Ace

Présentée en juin 2014, l’Ariel Ace marque le retour du constructeur britannique Ariel Motor Company à la fabrication de motos, plus de cinquante ans après la disparition de ses dernières productions motocyclistes historiques. Connue pour sa spectaculaire Ariel Atom, la marque transpose ici sa philosophie de construction légère, de mécanique apparente et de personnalisation à un deux-roues haut de gamme. L’Ace associe un moteur V4 Honda de 1 237 cm³ à un cadre en aluminium usiné, avec une architecture particulièrement originale et des performances dignes d’une sportive.

Contrairement aux voitures qui ont établi la réputation de l’entreprise moderne, l’Ariel Ace est donc une moto. Elle se distingue des roadsters traditionnels par sa structure massive en aluminium, ses nombreuses possibilités de configuration et sa fabrication artisanale britannique. Les premières livraisons interviennent en 2015, après une présentation qui attire l’attention sur le retour d’un nom historique de la moto anglaise.

Histoire de l’Ariel Ace : le retour d’une marque britannique à la moto

L’histoire motocycliste d’Ariel remonte à la fin du XIXe siècle. Au cours du XXe siècle, la marque britannique s’illustre notamment avec les Red Hunter et les originales Square Four à quatre cylindres. La production de motos Ariel historiques prend fin dans les années 1960, bien avant la renaissance du nom sous la direction de Simon Saunders. La société moderne, installée dans le Somerset, développe une approche radicalement différente de celle des grands constructeurs généralistes.

Avec l’Atom, Ariel démontre qu’une machine dépouillée, construite autour d’une structure visible et d’un moteur performant, peut offrir des sensations exceptionnelles sans recourir à une carrosserie conventionnelle. Cette démarche atteint une expression particulièrement spectaculaire avec l’Ariel Atom V8, présentée en 2010 et produite en série très limitée.

Le projet Ace naît de la volonté d’appliquer cette philosophie à une moto routière. Ariel ne cherche pas à produire une sportive conventionnelle en grande série. Le constructeur privilégie une machine exclusive, assemblée individuellement et adaptée aux préférences de son propriétaire. L’utilisation d’un moteur Honda éprouvé permet de concentrer les efforts de développement sur le châssis, les suspensions, l’ergonomie et la qualité de fabrication.

L’Ace est dévoilée au Festival of Speed de Goodwood en juin 2014. Plusieurs configurations sont présentées pour démontrer la polyvalence du concept, depuis une interprétation sportive jusqu’à une version plus proche du cruiser. La fabrication destinée aux clients commence en 2015 dans les installations britanniques d’Ariel, près de Crewkerne.

Cette diversification se poursuit avec l’Ariel Nomad, lancé en 2015. Bien qu’il s’agisse d’un buggy tout-terrain et non d’une moto, le Nomad partage avec l’Ace le principe d’une mécanique accessible, d’une structure visible et d’une production spécialisée en petites quantités.

Un design original construit autour d’un cadre en aluminium usiné

La caractéristique la plus remarquable de l’Ariel Ace est son cadre périmétrique en aluminium. Contrairement aux structures tubulaires classiques, Ariel utilise de massives pièces usinées dans des blocs d’aluminium, ensuite assemblées par soudage. Le constructeur indique que la fabrication du cadre nécessite six blocs et plus de 70 heures d’usinage. Les éléments sont ensuite soudés manuellement et reçoivent une finition anodisée.

Cette architecture donne à la moto une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Les deux grandes sections latérales encadrent le moteur et constituent l’élément dominant de la silhouette. Les surfaces usinées, les fixations visibles et l’absence de carénage intégral soulignent le caractère mécanique de l’ensemble. Le cadre n’est pas dissimulé : il devient une composante essentielle du design.

L’autre particularité concerne la suspension avant. Ariel propose notamment une fourche à parallélogramme, dont la géométrie diffère de celle d’une fourche télescopique traditionnelle. Cette solution évoque certaines constructions motocyclistes historiques tout en adoptant des composants modernes. Elle permet de dissocier une partie des fonctions de guidage et d’amortissement et participe fortement à l’apparence singulière de l’Ace.

La fourche à parallélogramme n’est cependant pas obligatoire. Une fourche télescopique Öhlins figure également parmi les configurations proposées. L’acheteur peut ainsi privilégier une présentation technique originale ou une architecture plus conventionnelle.

À l’arrière, le monobras oscillant met en valeur la roue et accompagne une transmission finale par cardan. Le moteur V4 reste largement apparent, tandis que le réservoir compact et les éléments de carrosserie réduits renforcent l’impression d’une machine construite autour de ses composants essentiels.

Les possibilités de personnalisation concernent également la position de conduite, les guidons, les selles, les commandes, les roues et les finitions. Certaines Ace adoptent une silhouette basse et allongée de cruiser, alors que d’autres présentent une ergonomie plus sportive. Cette diversité explique pourquoi deux exemplaires peuvent avoir des apparences sensiblement différentes tout en appartenant au même modèle.

Le moteur Honda V4 et le comportement de l’Ariel Ace

Pour motoriser l’Ace, Ariel choisit le quatre cylindres en V de la Honda VFR1200. Ce moteur de 1 237 cm³, refroidi par liquide et doté d’une distribution Unicam, offre une base mécanique adaptée à une moto de route puissante. Son architecture V4 à 76 degrés se distingue des bicylindres souvent employés sur les roadsters de caractère et des quatre cylindres en ligne habituels des sportives japonaises.

Dans sa configuration standard, l’Ace développe environ 173 bhp, soit près de 175 chevaux métriques. Le couple annoncé atteint approximativement 129 Nm. Ces valeurs placent la moto parmi les machines routières très performantes de son époque, avec une puissance importante disponible sur une large plage d’utilisation.

La transmission constitue un autre aspect de sa polyvalence. Ariel propose une boîte manuelle à six rapports ainsi que la transmission Honda à double embrayage DCT, suivant la configuration retenue. Cette dernière permet des changements de rapport automatisés, une caractéristique inhabituelle pour une moto artisanale aussi exclusive.

Le constructeur annonce une vitesse maximale supérieure à 165 mph, soit environ 266 km/h, et une accélération de 0 à 60 mph proche de trois secondes. Ces performances sont des indications constructeur et non des mesures indépendantes applicables à chaque exemplaire. Le poids, la position de conduite, les équipements et les réglages peuvent modifier les résultats.

La conception du châssis privilégie la rigidité et la précision géométrique. Les suspensions réglables permettent d’adapter la machine à son utilisation, tandis que le freinage fait appel à des composants Nissin. Les deux disques avant de grand diamètre et les étriers à six pistons répondent aux performances élevées du V4.

L’Ace ne se résume toutefois pas à une recherche de vitesse maximale. Sa particularité réside dans l’association d’un moteur relativement éprouvé, d’une architecture artisanale et d’une ergonomie configurable. Elle peut ainsi prendre la forme d’une sportive dépouillée ou d’une moto routière plus détendue, sans changement fondamental de sa base mécanique.

Fiche technique de l’Ariel Ace

CaractéristiqueAriel Ace standard (2014)
ConstructeurAriel Motor Company
Pays de fabricationRoyaume-Uni
PrésentationJuin 2014
Début de production2015
CatégorieRoadster sportif / cruiser personnalisable
MoteurHonda V4 à 76°, quatre temps
Cylindrée1 237 cm³
RefroidissementLiquide
DistributionUnicam, quatre soupapes par cylindre
AlimentationInjection électronique
Puissance maximaleEnviron 173 bhp (175 ch)
Couple maximalEnviron 129 Nm
ImplantationMoteur transversal dans le cadre
Boîte de vitessesSix rapports manuels ou DCT selon configuration
Transmission finaleArbre et cardan
ChâssisCadre périmétrique en aluminium usiné et soudé
Suspension avantParallélogramme Ariel ou fourche télescopique Öhlins
Suspension arrièreMonobras oscillant, amortisseur réglable
DirectionGuidon, géométrie selon configuration
Freins avantDeux disques de 320 mm, étriers Nissin à six pistons
Frein arrièreDisque de 276 mm, étrier Nissin à deux pistons
ABSOui, selon configuration documentée
AntipatinageDéconnectable
Roue avant120/70 ZR17
Roue arrière190/55 ZR17
Jantes17 pouces, alliage ou carbone en option
EmpattementEnviron 1 541 à 1 563 mm selon configuration
Hauteur de selleVariable, environ 745 mm sur certaines configurations basses
PoidsEnviron 230 kg en ordre de marche, selon configuration
Réservoir12 litres, option 15 litres
Vitesse maximale annoncéePlus de 266 km/h
Accélération de 0 à 60 mphEnviron 3 à 3,4 secondes annoncées

Les versions spéciales et les évolutions de l’Ariel Ace

Après le lancement du modèle standard, Ariel développe plusieurs déclinaisons destinées à renforcer son exclusivité. Ces versions conservent l’architecture générale de l’Ace, mais se distinguent par leurs performances, leur présentation ou leurs équipements spécifiques.

Présentée en 2016, l’Ace R constitue l’évolution mécanique la plus significative. Son moteur Honda V4 reçoit une préparation réalisée avec le concours de MJW Specialists, portant sa puissance annoncée à 201 bhp et son couple à environ 143 Nm. Ariel prévoit une série limitée de dix exemplaires, avec un tarif de lancement annoncé à 49 995 livres hors taxes. Les premières livraisons sont prévues en 2017.

En 2018, l’Ace of Diamonds adopte une approche davantage centrée sur l’exclusivité et les finitions. Cette série de dix motos numérotées conserve le V4 standard d’environ 173 bhp, mais bénéficie d’une présentation spécifique et de choix de configuration particuliers. Elle illustre la capacité d’Ariel à produire des séries très courtes sans modifier profondément l’architecture de base.

L’Ace Iron Horse, dévoilée en 2019, privilégie une esthétique inspirée de l’histoire motocycliste de la marque. Elle reprend le moteur V4 standard et associe des éléments de style évoquant les anciennes Ariel à une structure résolument contemporaine.

La Black Edition apparaît en novembre 2022. Limitée à cinq exemplaires annoncés, elle se reconnaît notamment à ses composants noirs et à son cadre recevant une finition Cerakote. Cette version conserve une puissance proche de celle de l’Ace standard et mise essentiellement sur une présentation exclusive.

Ces différentes interprétations témoignent d’une évolution par séries spécialisées plutôt que par générations successives. Ariel n’a pas remplacé l’Ace initiale par une nouvelle plateforme entièrement différente. La marque a poursuivi parallèlement le développement de ses voitures, notamment avec l’Ariel Atom 4, présentée en 2018.

Production artisanale, prix et rareté de l’Ariel Ace

L’Ariel Ace a été pensée pour une fabrication en petites quantités. Lors de son lancement, le constructeur évoque un rythme potentiel de 100 à 150 motos par an. Cette estimation correspond à un objectif industriel et ne représente pas le nombre d’exemplaires effectivement fabriqués. En 2016, Ariel indique avoir produit plus de cinquante Ace, ce qui confirme une diffusion relativement confidentielle durant les premières années.

Chaque moto est assemblée selon une configuration définie avec son acheteur. Les nombreuses options rendent donc difficile l’établissement d’un prix unique. Lors de la présentation de 2014, la presse française évoque un tarif d’environ 25 000 euros, mais les équipements supplémentaires peuvent augmenter sensiblement la facture. Les éditions spéciales affichent ensuite des prix nettement supérieurs selon leur degré de préparation et leur rareté.

La personnalisation influence également le marché de l’occasion. Deux exemplaires du même millésime peuvent présenter des différences importantes de suspension, de transmission, d’ergonomie ou de finition. L’historique de fabrication, les équipements d’origine et l’entretien mécanique constituent ainsi des éléments essentiels pour identifier correctement une Ace.

En septembre 2025, Ariel propose à la vente une Ace Cruiser de 2015, présentée comme le premier exemplaire livré à un client. Son prix affiché est de 27 950 livres. Cette annonce constitue un repère ponctuel, mais ne permet pas d’établir une cote générale pour l’ensemble des configurations. Le constructeur précise alors que l’Ace n’est plus produite, sans fournir de total définitif d’exemplaires fabriqués.

Pour les amateurs français, la question administrative mérite une attention particulière. Ariel France indique que l’Ace ne peut pas être homologuée en France dans le cadre de sa commercialisation. Il ne faut donc pas assimiler automatiquement la présence d’une moto immatriculée à l’étranger à une possibilité d’immatriculation française. Avant toute acquisition, la situation réglementaire du véhicule précis et ses documents doivent être examinés.

L’absence de programme officiel de compétition majeur distingue enfin l’Ace des créations Ariel orientées vers le circuit. Sa vocation reste celle d’une moto routière exclusive, produite individuellement, dont les caractéristiques peuvent varier sensiblement d’un exemplaire à l’autre. Pour reconnaître une Ariel Ace authentique, l’identification du cadre, de la transmission, des équipements montés à l’origine et de la configuration de livraison demeure donc particulièrement importante.