L’Ariel Hipercar est une hypercar électrique britannique développée par Ariel Motor Company, le constructeur connu pour sa spectaculaire Ariel Atom. Annoncée en 2017 et dévoilée sous une forme carrossée en 2022, elle explore une approche radicale de la voiture électrique haute performance : quatre moteurs indépendants, une puissance cumulée de 880 kW, soit environ 1 197 ch, et une microturbine optionnelle destinée à prolonger l’autonomie. Son architecture associe des technologies de pointe à la philosophie de légèreté propre à Ariel.
Le nom HIPERCAR signifie High Performance Carbon Reduction, une appellation qui traduit l’ambition de développer une automobile extrêmement performante tout en explorant des solutions de réduction des émissions de carbone. Contrairement aux sportives ouvertes qui ont fait la réputation de la marque, l’Hipercar adopte une carrosserie fermée, une aérodynamique particulièrement élaborée et une chaîne de traction entièrement électrique. Elle demeure avant tout un programme technologique ambitieux, dont la production commerciale et les livraisons ne sont pas établies avec certitude.
Histoire et développement de l’Ariel Hipercar
Le projet Hipercar est officiellement annoncé le 23 août 2017. Ariel présente ensuite une première plateforme technologique lors du Low Carbon Vehicle Show de Millbrook, organisé les 6 et 7 septembre. À cette époque, le constructeur britannique cherche à démontrer qu’une automobile électrique peut offrir des accélérations exceptionnelles sans renoncer à la précision de conduite et à la maîtrise des masses qui caractérisent ses créations.
Cette orientation constitue une évolution majeure pour l’entreprise installée à Crewkerne, dans le Somerset. Après les sportives Atom et le véhicule tout-terrain léger Ariel Nomad, l’Hipercar représente une tentative d’accéder au segment des hypercars. Elle ne remplace aucun modèle existant, mais ouvre une nouvelle voie technologique dans la gamme.
Le développement repose sur plusieurs entreprises britanniques spécialisées. Ariel assure la conception générale du véhicule, son architecture et son intégration mécanique. Equipmake participe à la chaîne de traction électrique, notamment avec ses moteurs APM-200. Cosworth développe la batterie haute tension et le système de prolongation d’autonomie. Delta Motorsport figure également parmi les partenaires du programme initial. Simon Saunders, fondateur d’Ariel, joue un rôle central dans la définition et la présentation du projet.
Les premières ambitions prévoyaient une présentation complète en 2019 et une mise en production autour de 2020. Le calendrier évolue cependant avec les contraintes du développement. Le 31 août 2022, Ariel révèle finalement un prototype roulant doté d’une carrosserie représentative de la voiture envisagée pour la production. Cette présentation marque une étape essentielle : l’Hipercar ne se limite plus à une plateforme expérimentale, mais possède désormais une silhouette spécifique et des caractéristiques techniques affinées.
Les essais réalisés par la presse spécialisée en 2023 confirment l’existence d’un prototype fonctionnel. Ils montrent également que certains réglages, notamment la gestion électronique de la motricité, restent en développement. Plusieurs échéances commerciales sont alors évoquées pour 2024 ou 2025, sans qu’elles constituent une preuve de lancement industriel effectif.
Le projet reçoit par ailleurs la médaille Simms 2017 du Royal Automobile Club, distinction britannique récompensant une innovation automobile importante. Cette reconnaissance intervient dès la première phase du développement, avant la présentation de la carrosserie définitive envisagée.
Un design spectaculaire conçu autour de l’aérodynamique
L’Ariel Hipercar se distingue immédiatement des autres créations du constructeur. Alors que l’Atom expose presque entièrement sa structure mécanique, l’Hipercar possède une carrosserie enveloppante aux formes complexes. Sa silhouette basse et large associe un habitacle central compact, des passages de roues fortement marqués et de nombreuses surfaces destinées à canaliser l’air.
La face avant constitue l’un de ses éléments les plus reconnaissables. Elle combine un nez central proéminent, des optiques compactes et des structures aérodynamiques superposées. Les grandes ouvertures favorisent le refroidissement des composants électriques et la circulation de l’air autour des roues. Cette organisation donne au véhicule une apparence presque expérimentale, très différente des hypercars aux surfaces plus lisses.
Les flancs prolongent cette recherche fonctionnelle. Les volumes de carrosserie guident les flux vers les zones de refroidissement, tandis que les passages d’air participent à la gestion des turbulences. À l’arrière, les éléments aérodynamiques et le diffuseur sont particulièrement développés. L’ensemble cherche à produire de l’appui et à maintenir la stabilité à haute vitesse, sans sacrifier les besoins thermiques de la chaîne de traction.
L’accès à l’habitacle s’effectue par des portes papillon à ouverture assistée. Le poste de conduite accueille deux occupants dans une cellule relativement étroite, avec des sièges sportifs légers, une instrumentation numérique et une présentation orientée vers le pilotage. Ariel privilégie les commandes essentielles plutôt que les équipements de confort généralement associés aux automobiles de prestige.
Le prototype de 2022 utilise plusieurs panneaux imprimés en 3D afin de faciliter les modifications de carrosserie et les essais aérodynamiques. Pour la production, Ariel prévoit une carrosserie en fibre de carbone. Cette distinction est importante : les photographies du prototype montrent une configuration de développement, et non nécessairement l’ensemble des matériaux ou finitions d’une éventuelle version commerciale.
La structure porteuse repose sur une monocoque centrale en aluminium collé, associée à des berceaux amovibles. Ariel conserve ainsi une approche industrielle fondée sur des matériaux légers et des assemblages relativement spécialisés, plutôt que sur une monocoque intégralement en carbone.
Quatre moteurs électriques et une transmission intégrale intelligente
La principale innovation mécanique de l’Hipercar réside dans sa propulsion électrique. La configuration la plus puissante emploie quatre moteurs Equipmake APM-200, chacun entraînant une roue par l’intermédiaire d’un réducteur. Chaque machine développe 220 kW et 450 Nm, soit une puissance cumulée de 880 kW et un couple total de 1 800 Nm aux moteurs.
Cette architecture permet de répartir très précisément le couple entre les quatre roues. Le système de torque vectoring adapte la force motrice en fonction de l’adhérence, de la trajectoire et des demandes du conducteur. Il peut ainsi contribuer à améliorer la motricité à l’accélération et le comportement en virage, sans nécessiter les mêmes dispositifs mécaniques de répartition du couple qu’une transmission intégrale traditionnelle.
Ariel a également envisagé une configuration à propulsion arrière utilisant deux moteurs, pour une puissance totale de 440 kW, soit environ 598 ch métriques. Cette variante devait réduire la masse et proposer une expérience de conduite différente, tout en conservant une puissance très élevée. Son éventuelle commercialisation n’est toutefois pas confirmée.
La transmission utilise des réducteurs à rapport unique, adaptés au fonctionnement des moteurs électriques. Il n’existe donc pas de boîte manuelle classique ni de transmission automatique multirapport. Les premiers documents techniques mentionnaient un rapport de réduction de 5,5:1, susceptible d’évoluer avec les réglages du véhicule.
La recherche de performances extrêmes s’inscrit dans une tradition déjà illustrée par l’Ariel Atom V8, dont le rapport poids/puissance constituait l’un des principaux arguments. L’Hipercar transpose cette ambition à une technologie très différente, avec une puissance électrique disponible presque instantanément et une gestion électronique sophistiquée.
Pour le prototype intégral présenté en 2022, Ariel communique un 0 à 60 mph en 2,09 secondes et un 0 à 100 mph en 4,4 secondes. Ces valeurs correspondent respectivement à environ 96,6 et 160,9 km/h. Elles ne doivent pas être confondues avec des mesures homologuées de 0 à 100 km/h ou des records indépendants. La vitesse maximale annoncée se situe autour de 250 km/h.
La masse constitue l’un des principaux défis du projet. Ariel vise environ 1 500 kg pour la configuration intégrale, un objectif particulièrement ambitieux compte tenu de la batterie, des quatre moteurs et des équipements de refroidissement. Les prototypes d’essai ont cependant affiché des masses supérieures selon leur niveau d’équipement. L’objectif constructeur ne correspond donc pas nécessairement au poids d’une voiture de série.
Batterie Cosworth et prolongateur d’autonomie à microturbine
L’Hipercar se distingue également par sa gestion de l’énergie. La batterie développée avec Cosworth possède, dans la configuration présentée en 2022, une capacité totale annoncée de 62,2 kWh, dont environ 56 kWh utilisables. Elle fonctionne sous une tension nominale de 690 volts, avec une tension maximale de 800 volts.
Cette capacité peut sembler relativement modeste face aux batteries de certaines voitures électriques de grande puissance. Ariel cherche toutefois à limiter la masse embarquée afin de préserver l’agilité et les accélérations. L’autonomie annoncée atteint environ 150 miles, soit 241 kilomètres, valeur communiquée dans le cadre des objectifs du programme. Elle ne constitue pas une mesure indépendante représentative d’un usage sportif intensif.
La particularité la plus originale est la possibilité d’intégrer une microturbine Cosworth CatGen de 35 kW. Ce dispositif fonctionne comme un générateur électrique alimenté par un carburant liquide. Il ne transmet aucune puissance mécanique directement aux roues : celles-ci restent exclusivement entraînées par les moteurs électriques.
La turbine est destinée à produire de l’électricité pendant le déplacement afin de soutenir la batterie et de réduire la dépendance aux arrêts de recharge. Elle ne porte pas la puissance de propulsion de 880 à 915 kW, car son énergie intervient dans le système d’alimentation et non comme un moteur supplémentaire de traction.
Cette solution permet théoriquement d’associer les accélérations d’une hypercar électrique à une autonomie prolongée. Elle introduit néanmoins des contraintes supplémentaires de refroidissement, de bruit, de gestion thermique et de consommation de carburant. Les performances énergétiques définitives d’une version commercialisée avec turbine ne sont pas établies.
Les premières études de 2017 mentionnaient des batteries de 42 et 56 kWh. Ces capacités correspondent à une phase antérieure du développement et ne doivent pas être confondues avec la batterie de 62,2 kWh du prototype carrossé.
Fiche technique de l’Ariel Hipercar
| Caractéristique | Ariel Hipercar, prototype 4WD de 2022 |
|---|---|
| Constructeur | Ariel Motor Company |
| Pays d’origine | Royaume-Uni |
| Première présentation du projet | 2017 |
| Présentation du prototype carrossé | 2022 |
| Catégorie | Hypercar électrique biplace |
| Carrosserie | Coupé fermé, portes papillon |
| Motorisation | 4 moteurs électriques Equipmake APM-200 |
| Puissance par moteur | 220 kW, environ 299 ch |
| Puissance totale | 880 kW, environ 1 197 ch (1 180 bhp) |
| Couple par moteur | 450 Nm |
| Couple total aux moteurs | 1 800 Nm |
| Implantation | Moteurs embarqués, un par roue motrice |
| Transmission | Intégrale électrique, quatre moteurs indépendants |
| Boîte de vitesses | Réducteurs à rapport unique |
| Gestion de motricité | Torque vectoring électronique |
| Châssis | Monocoque centrale en aluminium collé |
| Berceaux | Aluminium, amovibles |
| Carrosserie prévue | Fibre de carbone |
| Suspensions avant et arrière | Indépendantes à doubles triangles superposés |
| Amortisseurs | Bilstein réglables, ressorts hélicoïdaux |
| Barres antiroulis | Réglables à l’avant et à l’arrière |
| Direction | Crémaillère assistée, environ 2,75 tours de butée à butée |
| Freins avant | Disques ventilés et rainurés de 370 × 32 mm, étriers AP Racing à 6 pistons |
| Freins arrière | Disques ventilés et rainurés de 328 × 30 mm, étriers AP Racing à 4 pistons |
| Freinage régénératif | Réglable |
| Jantes avant | 9,5 × 20 pouces |
| Jantes arrière | 12,5 × 21 pouces |
| Pneumatiques avant | 265/35 ZR20 |
| Pneumatiques arrière | 325/30 ZR21 |
| Type de pneumatiques | Michelin Pilot Sport Cup 2 |
| Longueur | 4 298 mm |
| Empattement | 2 685 mm |
| Masse cible | Environ 1 500 kg |
| 0 à 60 mph annoncé | 2,09 secondes |
| 0 à 100 mph annoncé | 4,4 secondes |
| Vitesse maximale annoncée | Environ 250 km/h |
| Batterie | Lithium-ion Cosworth |
| Capacité totale | 62,2 kWh |
| Capacité utile rapportée | Environ 56 kWh |
| Tension nominale | 690 V |
| Tension maximale | 800 V |
| Courant de pointe annoncé | 1 450 A |
| Refroidissement | Liquide, circuits de gestion thermique |
| Autonomie annoncée | Environ 241 km |
| Prolongateur d’autonomie | Microturbine Cosworth CatGen optionnelle |
| Puissance du générateur | 35 kW |
| Configuration propulsion envisagée | 2 moteurs, 440 kW, 900 Nm |
Comportement routier et place dans la gamme Ariel
Au-delà de la puissance, Ariel cherche à préserver un comportement dynamique proche de celui de ses sportives traditionnelles. Les suspensions indépendantes à doubles triangles, les amortisseurs Bilstein réglables et les barres antiroulis ajustables permettent d’adapter les réactions du véhicule. La direction assistée accompagne une architecture plus lourde et plus complexe que celle des Atom, sans renoncer à la précision recherchée par le constructeur.
Le freinage associe de grands disques ventilés à des étriers AP Racing et à une récupération d’énergie électrique. La répartition du freinage mécanique et régénératif doit permettre de ralentir efficacement une automobile particulièrement puissante, tout en récupérant une partie de l’énergie lors des décélérations.
Les essais du prototype mettent en évidence le potentiel de la transmission intégrale électrique, mais aussi la difficulté de rendre exploitable une telle puissance. La calibration du couple envoyé à chaque roue représente un élément déterminant pour obtenir des accélérations répétables et un comportement prévisible. Les chiffres de performance annoncés ne suffisent donc pas à décrire le travail nécessaire sur l’électronique et le châssis.
Dans la gamme Ariel, l’Hipercar occupe une position radicalement différente de l’Ariel Atom 4. Cette dernière conserve un moteur thermique turbocompressé, une structure ouverte et une recherche de légèreté poussée à l’extrême. L’Hipercar ajoute une carrosserie fermée, une batterie haute tension, quatre moteurs et une gestion thermique beaucoup plus complexe. Les deux modèles partagent une philosophie de performances, mais pas leur architecture mécanique.
Le programme illustre aussi la capacité d’Ariel à explorer plusieurs catégories de véhicules. Le constructeur avait notamment développé la moto Ariel Ace, autre réalisation atypique conçue autour d’une architecture technique spécifique. L’Hipercar pousse cette démarche vers les technologies électriques de très haute puissance.
Production, prix et statut commercial
Ariel a envisagé une fabrication artisanale de l’Hipercar au Royaume-Uni, dans la continuité de son organisation industrielle spécialisée dans les petites séries. La voiture devait bénéficier d’une production limitée, adaptée à la complexité de sa chaîne de traction et au coût de ses composants. Aucun volume définitif de fabrication n’a cependant été confirmé.
Lors de la présentation de 2022, plusieurs publications automobiles évoquaient un prix susceptible d’approcher le million de livres sterling. Cette estimation reflétait le positionnement exceptionnel du projet, mais ne constituait pas un tarif catalogue définitif. Le coût exact des configurations à deux ou quatre moteurs, ainsi que celui de la turbine optionnelle, n’était pas établi publiquement.
Des commandes ou réservations ont été évoquées dans la presse en 2023, sans que leur nombre puisse être assimilé à celui des véhicules produits ou livrés. La distinction est essentielle pour une automobile dont le développement a connu plusieurs reports.
L’Hipercar n’a pas de palmarès officiel en compétition ni de record de vitesse homologué permettant d’établir une hiérarchie sportive. Son intérêt repose principalement sur son architecture électrique, son rapport puissance/masse visé et l’intégration d’un générateur à turbine dans un véhicule conçu pour offrir des performances d’hypercar.
En l’absence de données publiques solides sur les livraisons clients, il n’existe pas non plus de cote de collection représentative. Les prototypes présentés et essayés constituent les principaux exemplaires documentés du programme. Leur évolution technique, depuis la plateforme de 2017 jusqu’au véhicule carrossé de 2022, témoigne du travail nécessaire pour intégrer une chaîne de traction électrique aussi puissante dans une automobile compacte et relativement légère.




