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Commercialisée en 1991, la Citroën ZX marque le retour du constructeur français sur le marché des berlines compactes. Positionnée entre l’AX et la BX, elle associe une architecture classique à plusieurs solutions originales, notamment un essieu arrière à effet autodirectionnel et, sur certaines finitions, une banquette arrière coulissante. Proposée en carrosseries trois portes, cinq portes et break, elle connaît une carrière européenne jusqu’en 1998, avec 2 130 600 exemplaires produits.
La ZX se distingue également par sa gamme étendue, allant des versions essence économiques aux sportives Volcane et 16V, sans oublier les diesel qui contribuent à sa diffusion. Son nom est aussi associé aux succès de Citroën en rallye-raid, même si les prototypes de compétition ne partagent pas l’architecture de la voiture de série.
Histoire de la Citroën ZX : le retour de Citroën chez les compactes
À la fin des années 1980, Citroën doit renouveler son offre au cœur du marché automobile européen. La disparition de la Citroën Visa en 1988 a laissé un espace dans son catalogue. La ZX doit notamment affronter les Renault 19, Volkswagen Golf, Opel Astra et Fiat Tipo, sur un segment où la polyvalence et le prix comptent autant que les qualités routières.
La nouvelle compacte prend place au-dessus de la Citroën AX, tout en restant plus accessible et moins imposante que les berlines familiales de la marque. Son développement privilégie une conception rationnelle, une bonne habitabilité et des coûts industriels maîtrisés. Citroën cherche ainsi à élargir sa clientèle sans abandonner complètement ses particularités techniques.
La ZX apparaît commercialement en 1991, d’abord sous la forme d’une berline cinq portes. Le catalogue français de février présente quatre collections : Reflex, Avantage, Aura et Volcane. Cette organisation permet de différencier les versions économiques, les modèles mieux équipés et la déclinaison sportive, sans multiplier immédiatement les carrosseries.
La trois portes élargit ensuite l’offre à partir de la fin de 1992. Elle adopte une silhouette plus dynamique, tout en conservant le hayon et l’architecture générale de la berline. En 1994, le break apporte une réponse aux familles recherchant davantage de volume de chargement.
La même année, un restylage modifie sensiblement la face avant. La ZX reçoit notamment une calandre plus affirmée, accompagnée de retouches de carrosserie et de présentation intérieure. Ces changements permettent de distinguer les deux grandes phases de sa carrière.
La ZX partage une architecture technique apparentée à celle de la Peugeot 306, lancée en 1993. Les deux voitures possèdent toutefois des carrosseries, des présentations et des identités commerciales distinctes.
À partir de 1997, la Citroën Xsara prend progressivement sa succession. La production européenne de la ZX s’achève en 1998, après sept années de carrière.
Design, habitabilité et comportement routier
Le style de la ZX rompt avec les lignes anguleuses de plusieurs Citroën des années 1980. Sa carrosserie privilégie les surfaces arrondies, une silhouette compacte et une présentation relativement discrète. Le projet associe les équipes de style Citroën et le carrossier italien Bertone. Le designer Donato Coco est également cité parmi les personnes associées à son développement.
La première phase se reconnaît notamment à son avant dépourvu de véritable calandre apparente, caractéristique de plusieurs Citroën de cette époque. Le restylage de 1994 introduit une ouverture plus visible entre les projecteurs et modernise l’expression de la voiture.
L’habitacle recherche avant tout la fonctionnalité. Les commandes sont disposées de manière conventionnelle, les surfaces vitrées favorisent la visibilité et l’aménagement intérieur privilégie l’espace disponible. Sur certaines finitions, la banquette arrière coulissante permet de choisir entre davantage de place pour les passagers et un coffre plus volumineux. Ses dossiers réglables améliorent également la modularité.
La principale originalité technique de la ZX se trouve sous sa carrosserie. Contrairement à la Citroën BX, équipée d’une suspension hydropneumatique, elle utilise des ressorts métalliques à l’avant et des barres de torsion à l’arrière. Citroën compense cette architecture plus conventionnelle par un travail particulier sur la géométrie du train arrière.
Celui-ci repose sur des bras tirés et des liaisons élastiques capables de se déformer légèrement sous l’effet des efforts latéraux. En virage, cette déformation provoque une faible variation de l’orientation des roues arrière, contribuant à la stabilité et à l’agilité de la voiture.
Il ne s’agit pas d’un système actif à quatre roues directrices : aucun dispositif électronique ou mécanique ne commande directement le braquage des roues arrière. L’effet autodirectionnel est entièrement passif et dépend des forces exercées sur le train roulant.
Cette solution permet à la ZX de conserver une conception relativement simple tout en proposant un comportement routier qui constitue l’un de ses principaux arguments techniques.
Fiche technique de la Citroën ZX
| Caractéristique | Données techniques |
|---|---|
| Constructeur | Citroën |
| Modèle | ZX |
| Commercialisation européenne | 1991 à 1998 |
| Segment | Berline compacte, segment C |
| Carrosseries | Berline trois portes, berline cinq portes, break cinq portes |
| Nombre de places | 5 |
| Structure | Coque autoporteuse en acier |
| Implantation | Moteur transversal avant |
| Transmission | Traction avant |
| Moteurs essence | Quatre cylindres en ligne, familles PSA TU et XU |
| Cylindrées essence | 1 124, 1 360, 1 580, 1 761, 1 905 et 1 998 cm³ selon version et marché |
| Puissances essence | Environ 60 à 167 ch DIN |
| Alimentation essence | Carburateur sur certaines premières versions, puis injection selon motorisation et millésime |
| Moteurs diesel | Quatre cylindres en ligne XUD, injection indirecte |
| Cylindrée diesel | 1 905 cm³ |
| Puissances diesel | Environ 64 à 92 ch selon version et homologation |
| Suralimentation diesel | Atmosphérique ou turbocompresseur selon version |
| Boîtes de vitesses | Manuelle à cinq rapports ; automatique à quatre rapports sur certaines versions |
| Suspension avant | Roues indépendantes, type pseudo-MacPherson |
| Suspension arrière | Bras tirés, barres de torsion et effet autodirectionnel passif |
| Direction | Crémaillère, assistance selon version |
| Freins avant | Disques |
| Freins arrière | Tambours ou disques selon motorisation et finition |
| ABS | Selon version, année et équipement |
| Pneumatiques | Montes variables selon motorisation et finition, notamment 165/70 R13 sur certaines versions courantes |
| Longueur berline | Environ 4,07 à 4,09 m selon version |
| Longueur break | Environ 4,26 m |
| Largeur berline | Environ 1,70 m |
| Hauteur berline | Environ 1,40 m |
| Empattement | Environ 2,54 m |
| Poids à vide | Environ 950 kg sur certaines berlines légères ; plus de 1 100 kg sur plusieurs versions diesel, sportives ou break |
| Vitesse maximale | Environ 170 à 220 km/h selon motorisation |
| 0 à 100 km/h | Environ 8,5 s pour la 2.0 16V de 167 ch |
| Volume de coffre du break | 488 à 1 580 litres selon configuration |
| Production européenne | 2 130 600 exemplaires |
Motorisations et versions de la Citroën ZX
La gamme mécanique de la ZX évolue sensiblement entre 1991 et 1998. Les premières versions essence reposent notamment sur les moteurs 1.4 de 75 ch, 1.6 d’environ 90 ch et 1.9 de 130 ch. Des motorisations 1.1, 1.8 et 2.0 litres complètent progressivement l’offre, avec des puissances et des équipements variables selon les marchés.
Le 1.4 constitue l’une des propositions les plus représentatives de la vocation familiale et économique de la ZX. Il offre une solution adaptée aux déplacements quotidiens, tandis que les motorisations intermédiaires répondent aux besoins des automobilistes recherchant davantage de souplesse et de performances sur route.
La Volcane occupe une place particulière dans la gamme initiale. Son moteur 1.9 essence de 130 ch, associé à une présentation sportive, lui permet d’atteindre environ 205 km/h. Les évolutions liées à la catalysation et au remplacement progressif du 1.9 par le 2.0 modifient ensuite les caractéristiques de cette version.
La ZX 16V pousse plus loin cette orientation. Les premières variantes reçoivent un quatre cylindres 2.0 litres développant environ 150 à 155 ch. La dernière évolution adopte le moteur XU10J4RS de 167 ch, également connu sur d’autres sportives du groupe PSA.
Cette version développe environ 193 Nm à 5 500 tr/min et peut atteindre 100 km/h en approximativement 8,5 secondes. Elle conserve une boîte manuelle à cinq rapports, contrairement à certaines Peugeot 306 S16 équipées d’une transmission à six vitesses.
Les diesel jouent un rôle tout aussi important dans la carrière commerciale du modèle. Le 1.9 D atmosphérique privilégie l’économie d’utilisation et la simplicité mécanique. Le 1.9 TD, développant environ 90 à 92 ch selon homologation, apporte des reprises plus adaptées aux longs trajets grâce à son turbocompresseur.
La ZX ne se limite donc pas à une unique définition technique : une Reflex 1.4, une Volcane, une 16V et un break turbodiesel répondent à des usages très différents, tout en conservant la même architecture générale.
Production, diffusion internationale et fin de carrière
La ZX est produite dans plusieurs implantations industrielles européennes, notamment en France et en Espagne. Son volume de fabrication dépasse le million d’exemplaires en 1995, ce qui témoigne de son implantation sur le marché des compactes.
Sa carrière dépasse également les frontières européennes. En Chine, la ZX donne naissance à la Fukang, développée dans le cadre des activités locales de Citroën. Cette famille évolue ensuite vers des dérivés Élysée, dont la production se prolonge bien après la disparition de la ZX européenne.
Cette filiation ne doit pas être confondue avec celle de la Citroën C-Élysée ultérieure, commercialisée sur une autre base technique. La longévité des dérivés chinois illustre néanmoins la capacité d’adaptation de l’architecture initiale à différents marchés.
En Europe, la ZX cède sa place à la Xsara, dont la présentation et les équipements correspondent davantage aux attentes de la fin des années 1990. Les dernières ZX quittent progressivement les chaînes en 1998, tandis que les déclinaisons chinoises poursuivent leur propre évolution.
La Citroën ZX en rallye-raid
Le nom ZX possède une histoire sportive antérieure à la commercialisation de la berline. Dès 1990, Citroën engage un prototype ZX Rallye-Raid destiné aux grandes épreuves tout-terrain. Sa carrosserie évoque la future compacte, mais sa structure, sa transmission et sa mécanique sont spécifiques à la compétition.
En 1991, Ari Vatanen remporte le Paris-Dakar au volant d’une ZX Rallye-Raid. Pierre Lartigue poursuit cette série de succès en remportant les éditions 1994, 1995 et 1996, avec Michel Périn comme copilote.
La ZX Rallye-Raid décroche également cinq titres consécutifs à la Coupe du monde FIA des rallyes tout-terrain entre 1993 et 1997. Ces résultats constituent l’un des palmarès majeurs de Citroën en compétition automobile avant l’engagement de la marque en championnat du monde des rallyes.
La distinction entre prototype et voiture de série reste essentielle : les performances et les caractéristiques mécaniques des ZX victorieuses au Dakar ne correspondent pas à celles des Volcane ou 16V commercialisées auprès du public.
La Citroën ZX aujourd’hui : versions recherchées et points de vigilance
La ZX appartient désormais à la génération des youngtimers des années 1990. Les versions courantes restent représentatives d’une époque où les compactes françaises privilégiaient des mécaniques relativement simples, un poids contenu et une présentation fonctionnelle.
Les Volcane et les 16V présentent un intérêt particulier pour les amateurs de sportives françaises. La dernière 16V de 167 ch se distingue par sa motorisation et sa diffusion plus limitée. Les exemplaires conservant leur configuration d’origine, leur mécanique conforme et un historique d’entretien documenté méritent une attention particulière.
Sur une ZX d’occasion, le train arrière constitue un point de contrôle important. L’usure des roulements et des articulations peut entraîner du jeu ou une inclinaison anormale des roues. Un examen de la corrosion, des circuits de refroidissement, des trains roulants et de l’entretien mécanique permet également de mieux apprécier l’état réel du véhicule.
Les versions diesel demandent une attention adaptée à leur motorisation, notamment au circuit de refroidissement, à l’injection et, pour les turbodiesel, à l’état du système de suralimentation. Sur les sportives, la conformité du moteur, de la transmission et des équipements à la version annoncée permet de distinguer un exemplaire authentique d’une voiture modifiée.
Enfin, l’identification précise d’une ZX passe par son numéro de série, son code moteur et sa date de fabrication. Ces éléments sont particulièrement utiles pour déterminer la configuration d’origine d’une voiture dont les équipements, la présentation ou la mécanique ont pu évoluer au cours de plusieurs décennies d’utilisation.




