Citroën Bx

Citroën Bx

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Présentée le 23 septembre 1982 au pied de la tour Eiffel, la Citroën BX est une berline familiale à cinq portes qui renouvelle profondément la gamme du constructeur français. Dessinée par Marcello Gandini chez Bertone, elle associe une silhouette anguleuse, une carrosserie légère et la suspension hydropneumatique caractéristique de Citroën. Produite jusqu’en 1994, elle totalise 2 337 016 exemplaires, toutes versions confondues.

La BX se distingue par sa capacité à réunir des solutions techniques originales et des motorisations issues du groupe PSA. Au fil de sa carrière, elle se décline en berline, break Évasion, versions diesel, modèles sportifs et variantes à transmission intégrale. Cette diversité lui permet de répondre aussi bien aux besoins des familles qu’à ceux des automobilistes recherchant davantage de performances.

Histoire de la Citroën BX : du projet XB au lancement de 1982

Le développement de la BX débute en 1978 sous le nom de code XB. Citroën appartient alors au groupe PSA et doit renouveler son offre familiale tout en rationalisant ses coûts industriels. La nouvelle voiture est destinée à prendre progressivement la relève de la Citroën GSA, évolution de la GS, dont la conception remonte au début des années 1970.

Le cahier des charges, finalisé en novembre 1979, prévoit une berline moderne, habitable et économique, conservant les qualités de confort associées à la marque. La BX doit occuper une position intermédiaire entre les familiales compactes et la Citroën CX, plus grande et plus prestigieuse. Elle ne remplace donc pas cette dernière.

Pour définir son style, Citroën fait appel au carrossier italien Bertone. Marcello Gandini, également connu pour ses créations chez Lamborghini et Lancia, propose une carrosserie aux lignes géométriques particulièrement affirmées. Le bureau de style Citroën participe à la finalisation du projet, tandis que les équipes techniques de PSA travaillent notamment sur l’allègement, l’aérodynamique et l’intégration des organes mécaniques.

La BX est dévoilée le 23 septembre 1982 lors d’une opération spectaculaire organisée sous la tour Eiffel. Une caisse suspendue portant l’inscription « Voilà la nouvelle Citroën » descend pour révéler la voiture. Sa commercialisation débute à l’occasion du Salon de Paris, ouvert le 30 septembre.

La gamme française initiale comprend cinq versions : BX, BX 14 E, BX 14 RE, BX 16 RS et BX 16 TRS. Les motorisations essence développent de 62 à 90 ch. La présentation intérieure, le confort de suspension et la présence d’un véritable hayon permettent à Citroën de proposer une familiale différente des berlines traditionnelles de son époque.

Un design signé Bertone et deux grandes phases de carrosserie

La Citroën BX adopte une silhouette bicorps de 4,23 mètres, caractérisée par un capot bas, des projecteurs rectangulaires, de grandes surfaces vitrées et une ligne de caisse très marquée. Son arrière à hayon facilite l’accès au coffre, dont le volume atteint 444 litres sur la berline de lancement.

Le dessin de Gandini privilégie les arêtes franches et les surfaces planes. Les passages de roues arrière partiellement carénés rappellent certaines Citroën antérieures, tandis que les proportions générales donnent à la BX une identité plus moderne que celle de la Citroën GS, lancée en 1970.

La première série, commercialisée de 1982 à 1986, possède un habitacle immédiatement reconnaissable. Sa planche de bord regroupe plusieurs commandes dans des satellites disposés près du volant monobranche. Le compteur de vitesse à rouleau renforce cette présentation originale, qui permet de commander différentes fonctions sans trop éloigner les mains du volant.

La BX bénéficie également d’une recherche approfondie sur le poids. Certaines pièces de carrosserie, notamment le capot et le hayon, utilisent des matériaux composites associant polyester et fibre de verre. La structure principale reste cependant une monocoque en acier. Citroën annonce un coefficient de traînée aérodynamique de 0,34 pour le modèle originel.

En 1986, la BX reçoit un important restylage, généralement associé au millésime 1987. Les boucliers sont redessinés et la présentation extérieure évolue sans modifier fondamentalement la silhouette. L’habitacle change davantage : la planche de bord devient plus conventionnelle et abandonne les satellites caractéristiques de la première série.

Cette distinction entre BX série 1 et série 2 est essentielle pour identifier correctement un exemplaire. Les différences ne se limitent toutefois pas à l’esthétique, puisque les motorisations, les équipements et les finitions évoluent également pendant la carrière du modèle.

Fiche technique de la Citroën BX

CaractéristiqueDonnées techniques
ConstructeurCitroën
Année de lancement1982
Période de production1982 à 1994
CatégorieBerline familiale, segment D
CarrosseriesBerline bicorps et break Évasion, cinq portes
Nombre de places5
StructureMonocoque en acier, éléments de carrosserie en matériaux composites
Implantation moteurAvant transversal, sauf BX 4TC à moteur longitudinal
Architecture moteurQuatre cylindres en ligne, refroidissement liquide
Motorisations essence au lancement1 360 cm³ et 1 580 cm³, carburateur
Puissances au lancement62, 72 et 90 ch selon version
Autres cylindrées essence1 124, 1 360, 1 580 et 1 905 cm³ selon version et marché
Motorisations diesel1 769 et 1 905 cm³, atmosphériques ou turbocompressées selon version
AlimentationCarburateur, injection essence ou injection diesel selon motorisation
Puissance BX Sport126 ch
Puissance BX GTI 16 soupapes160 ch pour la version initiale non catalysée
Puissance BX 4TC200 ch annoncés pour la version routière
TransmissionTraction avant ou transmission intégrale selon version
Boîtes de vitessesManuelles à 4 ou 5 rapports ; automatique à 4 rapports sur certaines versions
SuspensionHydropneumatique, quatre roues indépendantes, hauteur de caisse réglable
DirectionÀ crémaillère, assistance selon version et millésime
FreinageQuatre disques, assistance hydraulique ; ABS selon version
Longueur berline de lancement4 230 mm
Largeur1 650 mm
Hauteur1 358 mm
Empattement berline standard2 655 mm
Longueur break ÉvasionEnviron 4,40 m
Poids minimal annoncé au lancement885 kg pour la BX de base ; 950 kg pour la BX 16
Volume du coffre berline444 litres
Réservoir au lancement44 litres
Vitesse maximale BX 14 de 72 ch155 km/h
Vitesse maximale BX 16 de 90 ch176 km/h
0 à 100 km/h BX 14 de 72 ch15,6 secondes
0 à 100 km/h BX 16 de 90 ch11,3 secondes
Vitesse maximale BX 4TC routière220 km/h annoncés
Production totale2 337 016 exemplaires

Suspension hydropneumatique et motorisations PSA

La suspension hydropneumatique constitue l’une des caractéristiques fondamentales de la BX. Elle associe des sphères contenant du gaz sous pression à un circuit hydraulique, afin d’assurer les fonctions de suspension et de correction de hauteur. La voiture conserve ainsi une assiette relativement constante lorsque sa charge varie.

Le conducteur peut également modifier la hauteur de caisse à l’aide d’une commande intérieure. Cette possibilité facilite notamment certaines manœuvres et permet de placer la voiture dans une position adaptée aux interventions techniques. Le système hydraulique participe aussi au fonctionnement du freinage et, sur les versions concernées, de la direction assistée.

La BX utilise une suspension hydropneumatique classique, distincte du système Hydractive introduit ultérieurement sur la Citroën XM. Ce dernier ajoute une gestion électronique permettant de modifier les caractéristiques de suspension selon les conditions de conduite.

Sur le plan mécanique, la BX illustre la rationalisation industrielle engagée après l’intégration de Citroën à PSA. Les premières petites motorisations essence appartiennent à la famille X, également utilisée sur certaines Peugeot et sur la Citroën Visa. Les BX 16 reçoivent quant à elles des moteurs de la famille XU.

La gamme évolue ensuite avec l’arrivée des moteurs TU sur certaines petites cylindrées, des versions essence à injection et des diesel XUD. Ces derniers jouent un rôle important dans la carrière commerciale de la BX, particulièrement auprès des automobilistes parcourant de longues distances.

Le constructeur développe également des versions turbo-diesel et propose une boîte automatique sur certaines motorisations. En 1985, Citroën présente la BX diesel automatique comme une première parmi les voitures françaises. L’élargissement progressif de la gamme permet de couvrir des usages très différents sans abandonner l’architecture générale du modèle.

Break Évasion, versions sportives et BX 4TC

La famille BX s’agrandit en 1985 avec l’arrivée du break Évasion. Développé avec Heuliez, il possède une partie arrière allongée d’environ 17 cm et offre une capacité de chargement supérieure à celle de la berline. Il conserve la suspension hydropneumatique, particulièrement adaptée aux variations de charge rencontrées dans un usage familial ou professionnel.

La même période voit apparaître des versions plus dynamiques. La BX Sport, dotée d’un moteur 1,9 litre à carburateurs développant 126 ch, se distingue par sa présentation spécifique. La Citroën BX GTI introduit une orientation sportive fondée sur l’injection essence et des équipements adaptés à ses performances.

En 1987, la BX GTI 16 soupapes porte cette évolution plus loin avec son moteur 1,9 litre développant initialement 160 ch. Elle reçoit une présentation extérieure spécifique et représente l’une des déclinaisons les plus performantes de la gamme régulière. Des évolutions ultérieures de motorisation et de dépollution entraînent des différences de puissance selon les marchés et les millésimes.

Citroën développe parallèlement des variantes à transmission intégrale. La BX 4×4 répond à une logique de voiture de série, tandis que la BX 4TC constitue un projet beaucoup plus particulier, conçu pour l’homologation en rallye Groupe B.

Homologuée en janvier 1986 sous le numéro FIA 279, la BX 4TC possède un moteur longitudinal turbocompressé de 2 141,5 cm³ et une transmission intégrale spécifique. Sa version routière développe 200 ch. Elle ne partage donc pas simplement la mécanique d’une BX GTI équipée de quatre roues motrices.

La BX 4TC participe au championnat du monde des rallyes en 1986. Jean-Claude Andruet obtient une sixième place au Rallye de Suède, principal résultat de cette courte carrière officielle. Les engagements au Monte-Carlo et au Rallye de l’Acropole se soldent notamment par des abandons.

La série routière est associée à l’objectif réglementaire de 200 exemplaires, mais ce nombre ne correspond pas nécessairement au total effectivement achevé ou vendu. La production et la survie des BX 4TC font encore l’objet de travaux de recensement spécialisés.

Production, prix d’époque et fin de carrière

La BX est principalement fabriquée à Rennes-La Janais, en France, et à Vigo, en Espagne. Heuliez intervient dans la réalisation de certaines variantes de carrosserie. La production s’étend sur douze années, avec une diversification progressive des versions et des équipements.

Au lancement, les tarifs français s’échelonnent de 48 900 francs pour la BX de base à 59 800 francs pour la BX 16 TRS. Les BX 14 E, 14 RE et 16 RS sont respectivement proposées à 51 200, 53 000 et 55 900 francs. Ces montants correspondent aux prix nominaux de septembre 1982.

La carrière commerciale est accompagnée de nombreuses séries spéciales et finitions, parmi lesquelles Digit, Leader, Image, Calanque, Millésime et Ourane. Elles permettent de renouveler l’intérêt pour le modèle en jouant sur la présentation, les équipements et le positionnement tarifaire.

En 1993, la Citroën Xantia commence à prendre progressivement la relève. La BX poursuit néanmoins sa carrière pendant la transition, notamment dans certaines versions break. Sa production s’achève en 1994, après 2 337 016 exemplaires annoncés par Citroën.

Sur le marché de la collection, les BX présentent des profils très différents selon leur version et leur état. Les premières séries conservent un intérêt particulier pour leur tableau de bord original, tandis que les Sport, GTI 16 soupapes et 4TC attirent les amateurs de variantes sportives. L’identification du millésime, de la motorisation et des équipements d’origine reste déterminante pour distinguer correctement les exemplaires.