Présentée le 27 janvier 2022, la Gordon Murray Automotive T.33 est une supercar britannique à moteur V12 atmosphérique, conçue sous la direction de Gordon Murray. Deuxième modèle de la jeune marque après la T.50, elle privilégie la légèreté, la précision mécanique et le plaisir de conduite plutôt que la recherche d’une puissance toujours plus élevée. Avec ses 617 ch, sa boîte manuelle à six rapports et sa masse à sec annoncée de 1 090 kg, elle défend une conception de l’automobile sportive devenue rare.
Produite dans le cadre d’une série limitée à 100 coupés, la T.33 associe une carrosserie en fibre de carbone, une architecture à moteur central arrière et un habitacle à deux places. Contrairement à la T.50, dont elle partage une partie de la philosophie technique, elle adopte une configuration plus conventionnelle et une présentation inspirée des grandes voitures de sport des années 1960. Son développement vise également une utilisation routière régulière, avec une attention particulière portée au confort, à la visibilité et aux bagages.
Fiche technique de la Gordon Murray Automotive T.33
| Caractéristique | Gordon Murray Automotive T.33 Coupé |
|---|---|
| Constructeur | Gordon Murray Automotive |
| Pays d’origine | Royaume-Uni |
| Présentation | 27 janvier 2022 |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 2 places |
| Architecture | Moteur central arrière longitudinal, propulsion |
| Moteur | Cosworth GMA.2 V12 atmosphérique |
| Disposition des cylindres | V12 à 65 degrés |
| Cylindrée | 3 994 cm³ |
| Alésage x course | 81,5 x 63,8 mm |
| Puissance maximale | 617 ch à 10 250 tr/min |
| Couple maximal | 451 Nm à 6 750 tr/min |
| Régime maximal | 11 100 tr/min |
| Masse du moteur | 178 kg |
| Transmission | Roues arrière |
| Boîte de vitesses | Manuelle Xtrac à 6 rapports |
| Masse de la boîte | 82 kg |
| Différentiel | Autobloquant |
| Structure | Aluminium et matériaux composites |
| Carrosserie | Fibre de carbone |
| Suspension avant | Doubles triangles, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs |
| Suspension arrière | Doubles triangles, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs |
| Direction | Crémaillère à assistance hydraulique |
| Freins avant | Disques carbone-céramique Brembo de 370 x 34 mm, étriers à 6 pistons |
| Freins arrière | Disques carbone-céramique Brembo de 340 x 34 mm, étriers à 4 pistons |
| Jantes avant | 19 pouces |
| Jantes arrière | 20 pouces |
| Pneus avant | 235/35 R19 Michelin Pilot Sport 4 S |
| Pneus arrière | 295/30 R20 Michelin Pilot Sport 4 S |
| Masse à sec annoncée | 1 090 kg |
| Rapport puissance/masse à sec | Environ 566 ch/tonne |
| Aérodynamique | Système PBLC, diffuseur et becquet arrière actif |
| Volume total de rangement | 295 litres |
| Production prévue | 100 coupés |
| Prix de lancement | 1 370 000 livres sterling hors taxes |
Origines et développement de la Gordon Murray Automotive T.33
La T.33 s’inscrit dans le projet automobile personnel de Gordon Murray, ingénieur britannique connu pour ses travaux en Formule 1 et pour la conception de la McLaren F1. Après avoir fondé Gordon Murray Automotive en 2017, il développe une gamme de voitures sportives reposant sur des principes communs : réduction de la masse, moteurs atmosphériques, commandes mécaniques et aérodynamique intégrée à la carrosserie.
La T.50, dévoilée en 2020, constitue la première réalisation de cette démarche. Sa configuration à trois places, avec conducteur installé au centre, et son système aérodynamique à ventilateur en font une voiture particulièrement spécialisée. La T.33, révélée deux ans plus tard, reprend les principes fondamentaux du projet tout en recherchant une utilisation moins contraignante.
Son développement ne consiste donc pas simplement à proposer une T.50 moins puissante. La nouvelle voiture reçoit une structure spécifique, une carrosserie entièrement différente et une version adaptée du moteur V12 Cosworth. Les ingénieurs travaillent également sur l’isolation des vibrations et le comportement des suspensions afin de préserver le caractère mécanique de l’ensemble sans sacrifier le confort sur route.
Le 27 janvier 2022, Gordon Murray Automotive présente officiellement le coupé T.33. Son prix de lancement est fixé à 1,37 million de livres sterling hors taxes. Malgré ce positionnement, les 100 allocations prévues trouvent rapidement preneur. Le 4 février 2022, le constructeur confirme que chacune fait l’objet d’un acompte.
La voiture apparaît ensuite publiquement lors du Goodwood Members’ Meeting, en avril 2022. Les premières livraisons sont initialement envisagées pour 2024, mais le calendrier de développement se prolonge. Des prototypes sont encore observés pendant des essais hivernaux en Scandinavie en février 2026. Ces essais s’inscrivent dans le travail de validation nécessaire avant la fabrication et la livraison des exemplaires destinés aux clients.
La production est organisée au Royaume-Uni, autour des installations de Gordon Murray Automotive à Windlesham, dans le Surrey. La T.33 n’est pas destinée à remplacer la T.50 : les deux modèles occupent des positions distinctes dans la gamme du constructeur.
Un V12 Cosworth atmosphérique conçu pour les hauts régimes
Le moteur constitue l’un des éléments essentiels de la T.33. Développé avec Cosworth, ce V12 de 3 994 cm³ appartient à la même famille mécanique que celui de la T.50, mais reçoit une configuration propre à son utilisation. Il conserve une architecture à 65 degrés, une conception à faible inertie et une capacité à atteindre des régimes particulièrement élevés pour un moteur de voiture routière.
La puissance maximale annoncée atteint 617 ch à 10 250 tr/min, tandis que le couple culmine à 451 Nm à 6 750 tr/min. Le régime maximal est fixé à 11 100 tr/min. Ces caractéristiques distinguent la T.33 des supercars contemporaines utilisant de gros moteurs turbocompressés ou des systèmes hybrides pour obtenir des valeurs de couple très élevées à bas régime.
La courbe de couple est cependant plus importante que ne le suggère la seule valeur maximale. Le constructeur indique que le V12 fournit déjà 75 % de son couple maximal à 2 500 tr/min et au moins 90 % entre 4 500 et 10 500 tr/min. Cette disponibilité sur une plage étendue permet théoriquement de reprendre à régime modéré sans devoir systématiquement rétrograder, tout en conservant une forte progression de la puissance lorsque le moteur monte dans les tours.
Cette caractéristique répond à un objectif précis : rendre un moteur capable de dépasser 11 000 tr/min exploitable sur route ouverte. Une puissance maximale située aussi haut dans le compte-tours n’oblige pas nécessairement à conduire constamment à proximité de la zone rouge. La souplesse dépend notamment de la répartition du couple, de la masse du véhicule et des rapports de transmission.
Le V12 ne pèse que 178 kg selon les données annoncées. Cette masse limitée contribue à réduire les charges sur le train arrière et à contenir le poids total de la voiture. L’absence de turbocompresseurs et de système hybride évite également l’ajout de composants lourds, même si elle impose une conception particulièrement élaborée pour atteindre le niveau de puissance recherché.
La transmission aux roues arrière est assurée par une boîte manuelle Xtrac à six rapports, dotée d’une grille en H. Son poids annoncé de 82 kg témoigne du travail réalisé sur la compacité de l’ensemble. Le conducteur commande directement les changements de rapport au moyen d’un levier mécanique, conformément à la volonté de Gordon Murray de conserver une interaction physique avec la transmission.
Le groupe motopropulseur joue aussi un rôle dans la structure du véhicule. Un système de fixation spécifique, appelé IASM, permet de transmettre certains efforts au châssis tout en limitant la propagation des vibrations vers l’habitacle. Cette solution cherche à concilier la rigidité nécessaire à une conduite précise et l’isolation attendue d’une voiture utilisable sur de longs trajets.
Châssis léger, suspensions et aérodynamique sans ventilateur
La T.33 repose sur une architecture associant une structure légère en aluminium et une cellule en matériaux composites. Sa carrosserie utilise largement la fibre de carbone. L’objectif est de limiter la masse sans renoncer à la rigidité structurelle, à la protection des occupants et aux équipements nécessaires à un usage routier.
Avec 1 090 kg annoncés à sec, elle présente un rapport puissance/masse d’environ 566 ch par tonne. Ce calcul repose sur la masse sans les fluides et ne doit pas être confondu avec le rapport obtenu pour une voiture en ordre de marche, avec carburant et équipements. Il reste néanmoins révélateur de la philosophie du projet : obtenir des performances élevées grâce à une masse contenue plutôt qu’en augmentant indéfiniment la puissance.
Les suspensions utilisent des doubles triangles superposés aux quatre roues. Les ressorts hélicoïdaux et les amortisseurs sont associés à une géométrie destinée à maintenir un guidage précis des roues tout en préservant une certaine souplesse sur les irrégularités de la chaussée. À l’arrière, plusieurs éléments de suspension prennent appui sur la structure de transmission.
La direction bénéficie d’une assistance hydraulique. Ce choix se distingue des directions électriques devenues majoritaires sur les voitures modernes. Il répond à la volonté du constructeur de préserver une restitution progressive des efforts au volant, sans que cela permette à lui seul de conclure à une supériorité de comportement sans essai comparatif.
Le freinage est confié à Brembo, avec quatre disques carbone-céramique. Les roues de 19 pouces à l’avant et de 20 pouces à l’arrière reçoivent des pneumatiques Michelin Pilot Sport 4 S. Le choix de pneus routiers hautes performances, plutôt que de pneumatiques exclusivement orientés circuit, correspond à la vocation polyvalente de la T.33.
L’aérodynamique représente une autre différence majeure avec la T.50. Cette dernière utilise un ventilateur arrière pour contrôler les écoulements sous la voiture. La T.33 abandonne ce dispositif et adopte une solution principalement passive, fondée sur le traitement de la couche limite et la circulation de l’air sous le plancher.
Le système PBLC, pour Passive Boundary Layer Control, exploite les formes du soubassement et les diffuseurs pour produire de l’appui aérodynamique. Un discret becquet arrière actif complète l’ensemble lorsque les conditions de conduite l’exigent, notamment lors des phases de freinage.
Cette architecture évite d’intégrer un grand ventilateur et ses mécanismes associés. Elle permet également de conserver une silhouette plus épurée, sans imposant aileron arrière fixe. L’aérodynamique demeure donc un élément essentiel de la conception, mais ses dispositifs restent largement intégrés à la carrosserie.
Design extérieur et habitacle : une supercar pensée pour la route
Le dessin de la Gordon Murray Automotive T.33 se distingue par des proportions classiques : capot avant plongeant, ailes fortement galbées, habitacle relativement avancé et arrière compact. Les surfaces sont volontairement simples, avec peu d’ouvertures apparentes et une absence de décoration superflue.
La face avant adopte des projecteurs LED intégrés dans les ailes, tandis que les prises d’air sont réparties discrètement dans les volumes de la carrosserie. De profil, la ligne de toit forme une courbe continue vers l’arrière. Les ailes postérieures enveloppent les grandes roues motrices et soulignent la largeur du véhicule.
À l’arrière, deux feux circulaires encadrent une partie centrale accueillant les sorties d’échappement. Le diffuseur occupe la partie inférieure du bouclier. Cette disposition permet de reconnaître immédiatement le coupé T.33, notamment par rapport à la T.50 et à son ventilateur arrière caractéristique.
L’habitacle conserve une approche minimaliste, mais il abandonne la configuration à trois places de la T.50. Le conducteur et son passager sont installés côte à côte, ce qui facilite l’accès à bord et correspond davantage aux habitudes d’utilisation d’un coupé sportif traditionnel.
L’instrumentation est dominée par un grand compte-tours analogique de 120 mm. Les autres informations sont réparties autour de cet élément central. Les commandes physiques et les pièces en aluminium usiné occupent une place importante, tandis que les fonctions numériques restent secondaires dans la présentation du poste de conduite.
La T.33 prévoit néanmoins des équipements compatibles avec une utilisation quotidienne, notamment la connectivité Apple CarPlay et Android Auto. Le constructeur annonce également un volume de rangement total de 295 litres, réparti entre plusieurs compartiments à l’avant et sur les côtés de la voiture.
Cette répartition des bagages mérite d’être distinguée de celle d’un coffre conventionnel. Le volume cumulé peut faciliter le transport d’affaires personnelles pour deux occupants, mais les dimensions et les formes des compartiments conditionnent le type de bagages utilisables. La capacité annoncée ne correspond donc pas à un espace unique de 295 litres.
Production limitée, prix et place dans la gamme Gordon Murray Automotive
La T.33 Coupé est annoncée dès son lancement comme une série de seulement 100 exemplaires. Cette limitation correspond à la stratégie de Gordon Murray Automotive, qui privilégie une fabrication en très petites quantités, une forte personnalisation et un suivi individuel des clients.
Le prix initial de 1,37 million de livres sterling hors taxes la situe parmi les voitures de sport les plus exclusives de sa génération. Ce tarif correspond à la configuration de lancement et ne représente pas nécessairement le montant final payé par chaque client, notamment en raison des options, des personnalisations et des taxes propres à chaque marché.
La réservation de l’ensemble des allocations quelques jours après la présentation confirme l’intérêt rencontré auprès de la clientèle visée. Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de déterminer le nombre de voitures effectivement construites ou livrées à une date donnée.
La T.33 occupe une position différente de celle de la T.50. Cette dernière met particulièrement en avant sa conduite centrale, son aérodynamique active à ventilateur et sa recherche de performances extrêmes. La T.33 conserve le V12 atmosphérique et la légèreté, mais adopte une carrosserie plus sobre, deux sièges conventionnels et une architecture adaptée à une utilisation routière moins spécialisée.
En 2023, Gordon Murray Automotive présente également la T.33 Spider. Cette version découvrable reprend la philosophie générale du coupé, mais possède une carrosserie et des aménagements spécifiques. Sa production limitée est distincte des 100 exemplaires annoncés pour le coupé. Les chiffres de production des deux carrosseries ne doivent donc pas être confondus.
Le programme de personnalisation permet aux clients de choisir différents éléments de présentation, matériaux et finitions. La fabrication britannique en petite série implique une organisation industrielle éloignée de celle des constructeurs généralistes, avec une attention particulière portée à l’assemblage et à la configuration individuelle des véhicules.
La mise au point prolongée de la T.33 comprend notamment des essais en conditions climatiques difficiles, nécessaires pour valider le fonctionnement des systèmes mécaniques, électroniques et thermiques. Ces campagnes permettent de contrôler le démarrage à froid, la gestion des températures, le comportement des équipements et la fiabilité des composants avant leur utilisation par les propriétaires.
