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Présenté le 7 janvier 1992 au Salon de Detroit et commercialisé comme millésime 1993, le Jeep Grand Cherokee ZJ inaugure la lignée des Jeep Grand Cherokee. Produit jusqu’en 1998, ce SUV américain associe une carrosserie monocoque, deux ponts rigides et des transmissions capables d’affronter les terrains difficiles. Il se distingue du Cherokee par son gabarit supérieur, son confort et son positionnement plus luxueux.
Développé à l’origine par American Motors Corporation (AMC), puis finalisé sous la responsabilité de Chrysler, le ZJ constitue une étape importante dans l’évolution du SUV familial. Il propose une alternative aux tout-terrain traditionnels à châssis séparé, sans abandonner les caractéristiques mécaniques qui ont construit la réputation de Jeep.
Histoire du Jeep Grand Cherokee ZJ
Le développement du Grand Cherokee remonte au début des années 1980. AMC cherche alors à concevoir un successeur plus moderne au Jeep Cherokee XJ, lancé en 1984. Le projet, connu sous le code XJC, doit conserver les capacités tout-terrain de son prédécesseur tout en améliorant l’espace intérieur, le confort et la présentation.
François Castaing, responsable de l’ingénierie chez AMC, participe à la modernisation des méthodes de développement. Plusieurs propositions stylistiques sont étudiées, notamment avec la participation de Larry Shinoda, Alain Clénet et Giorgetto Giugiaro. Le dessin interne d’AMC est finalement retenu pour le véhicule de série.
Le rachat d’AMC par Chrysler en 1987 modifie le contexte industriel du projet. Chrysler poursuit le développement du Grand Cherokee et choisit finalement de conserver le Cherokee XJ dans sa gamme. Le nouveau modèle prend ainsi une position supérieure, notamment dans la continuité du Jeep Grand Wagoneer SJ, dont la production s’achève en 1991.
Le Jeep Concept 1, présenté en 1989, annonce les principales lignes du futur Grand Cherokee. Le modèle définitif apparaît le 7 janvier 1992 au Salon de Detroit, lors d’une présentation devenue célèbre : Robert Lutz, dirigeant de Chrysler, conduit le véhicule à travers une paroi vitrée du Cobo Center.
La production de série débute en janvier 1992 dans l’usine Jefferson North Assembly de Detroit. Les premiers véhicules sont commercialisés comme modèles de l’année 1993. Le Grand Cherokee est également assemblé à Graz, en Autriche, pour certains marchés d’exportation, sous le code ZG. Cette désignation correspond à une variante industrielle de la même génération, et non à un modèle entièrement différent.
Le ZJ reste au catalogue jusqu’au millésime 1998. Son successeur, le Jeep Grand Cherokee WJ, arrive comme modèle de l’année 1999 avec une carrosserie redessinée et une architecture mécanique profondément remaniée.
Design, carrosserie et évolutions
Le Grand Cherokee ZJ adopte une silhouette de break cinq portes, avec un capot horizontal, une calandre à sept fentes verticales et des phares rectangulaires. Ses surfaces vitrées généreuses et son hayon presque vertical favorisent la visibilité et l’exploitation de l’espace intérieur. Ses proportions restent relativement compactes au regard des grands SUV américains contemporains.
La carrosserie monocoque constitue l’une de ses principales particularités. Contrairement aux tout-terrain construits autour d’un châssis séparé, le ZJ utilise une caisse autoporteuse intégrant les éléments structurels longitudinaux. Cette solution permet de combiner rigidité, confort et capacités de franchissement.
Les premiers millésimes possèdent une planche de bord aux lignes horizontales et une instrumentation analogique. Les finitions supérieures proposent une présentation plus raffinée, avec notamment des selleries en cuir, des inserts décoratifs et des équipements électriques selon les marchés.
Un restylage intervient pour le millésime 1996. Il concerne les boucliers, la calandre, plusieurs éléments extérieurs et l’habitacle. La planche de bord est redessinée, tandis que les équipements et certaines caractéristiques mécaniques évoluent. Ces modifications permettent de distinguer les ZJ de première période des exemplaires produits à partir de 1996.
La gamme comprend notamment les finitions Laredo et Limited. La première privilégie une présentation plus fonctionnelle, tandis que la seconde met l’accent sur le confort et les équipements. La série Orvis se reconnaît à sa présentation spécifique, associant notamment des teintes vertes et dorées à une sellerie particulière. La finition TSi apparaît également sur certains marchés en fin de carrière.
Le Grand Wagoneer ZJ, proposé en 1993, constitue une déclinaison haut de gamme identifiable à ses panneaux latéraux imitation bois. Il ne faut pas le confondre avec le Grand Wagoneer SJ historique, dont il reprend une partie de l’identité visuelle.
Fiche technique du Jeep Grand Cherokee ZJ
| Caractéristique | Données techniques |
|---|---|
| Constructeur | Jeep, Chrysler Corporation |
| Génération | Première génération, code ZJ ; ZG pour certaines versions d’exportation |
| Présentation | 7 janvier 1992, Salon de Detroit |
| Production | 1992 à 1998 |
| Millésimes | 1993 à 1998 |
| Carrosserie | SUV cinq portes, cinq places |
| Structure | Monocoque en acier |
| Implantation moteur | Longitudinale avant |
| 4.0 essence | Six cylindres en ligne, 3 956 cm³, injection multipoint, atmosphérique, distribution OHV |
| Puissance 4.0 | 185 à 190 hp SAE selon millésime américain ; environ 177 à 184 ch sur certaines versions européennes |
| Couple 4.0 | Environ 290 Nm sur une version européenne de 1993 |
| 5.2 essence | V8 Magnum, environ 5 210 cm³, injection multipoint, atmosphérique, distribution OHV |
| Puissance 5.2 | 220 hp SAE, soit environ 223 ch métriques |
| Couple 5.2 | Environ 386 à 407 Nm selon millésime |
| 5.9 essence | V8 Magnum, 5 898 cm³, injection multipoint, atmosphérique, distribution OHV |
| Puissance 5.9 | 245 hp SAE, soit environ 248 ch métriques ; valeurs européennes variables selon homologation |
| Couple 5.9 | Environ 468 Nm |
| 2.5 TD | Quatre cylindres diesel VM Motori, 2 499 cm³, injection indirecte, turbocompresseur et échangeur |
| Puissance 2.5 TD | 115 à 116 ch selon version |
| Couple 2.5 TD | Environ 276 Nm à 1 800 tr/min pour une version française |
| Boîtes manuelles | Cinq rapports, notamment AX15 sur certains premiers 4.0 ; boîte manuelle cinq rapports sur diesel |
| Boîtes automatiques | Quatre rapports, notamment AW4, 42RE, 44RE, 46RH et 46RE selon moteur et millésime |
| Transmission | Propulsion ou quatre roues motrices selon version |
| Systèmes 4×4 | Command-Trac, Selec-Trac ou Quadra-Trac selon configuration |
| Boîtes de transfert | Notamment NP231, NP242 et NP249 |
| Réduction courte | 2,72:1 sur les boîtes de transfert concernées |
| Suspension avant | Pont rigide, ressorts hélicoïdaux, bras de guidage et amortisseurs |
| Suspension arrière | Pont rigide, ressorts hélicoïdaux, bras de guidage et amortisseurs |
| Direction | Boîtier de direction avec assistance hydraulique |
| Freins | Disques avant ventilés et disques arrière, ABS selon équipement et millésime |
| Roues | Jantes de 15 pouces courantes, dimensions variables selon version |
| Longueur | Environ 4,49 à 4,60 m selon version et convention de mesure |
| Largeur | Environ 1,76 à 1,80 m |
| Hauteur | Environ 1,65 à 1,72 m |
| Empattement | 2 690 mm |
| Voies | Environ 1,47 à 1,50 m selon version |
| Garde au sol | Environ 208 mm sur certaines configurations |
| Masse à vide | Environ 1 625 à plus de 1 900 kg selon motorisation et équipement |
| Vitesse maximale | Environ 177 à 200 km/h selon motorisation et source |
| 0 à 100 km/h | Environ 7,6 à 8,2 s pour certaines versions 5.9 ; 10,6 s estimées pour un 4.0 automatique américain de 1993 |
| Consommation 4.0 automatique | 15 mpg US en ville et 20 mpg US sur route selon données EPA américaines citées |
| Consommation 5.2 | 14 mpg US en ville et 18 mpg US sur route |
| Consommation 5.9 | 13 mpg US en ville et 17 mpg US sur route |
| Sites de production principaux | Detroit, États-Unis ; Graz, Autriche |
Motorisations et transmissions : les différences entre les versions
Le six-cylindres 4.0 constitue l’une des motorisations centrales de la gamme. Issu de la famille de moteurs AMC, il privilégie la souplesse et le couple à bas régime. Sa conception à arbre à cames latéral et son injection multipoint correspondent à une mécanique relativement traditionnelle, adaptée à un SUV polyvalent.
Le V8 5.2 Magnum apporte davantage de couple et une conduite plus souple sous forte charge. Il est associé à une boîte automatique et se rencontre notamment sur les finitions haut de gamme. Les valeurs de puissance diffèrent entre les documents américains et européens, en raison des configurations et des normes de mesure.
Sur certains marchés européens, le quatre-cylindres 2.5 TD fourni par VM Motori répond à une demande différente. Il permet de proposer un Grand Cherokee diesel, avec une boîte manuelle et une consommation plus adaptée aux habitudes européennes. Sa conception à culasses individuelles le distingue nettement des moteurs essence américains.
Le système Command-Trac correspond à une transmission 4×4 enclenchable. Le Selec-Trac ajoute un mode quatre roues motrices utilisable sur route adhérente, tandis que le Quadra-Trac privilégie la transmission intégrale permanente ou automatique selon son évolution. Leurs différences sont importantes : tous les Grand Cherokee ZJ ne possèdent pas les mêmes commandes, les mêmes modes de fonctionnement ni les mêmes contraintes d’utilisation.
La présence de deux ponts rigides et de ressorts hélicoïdaux constitue un autre élément déterminant. Cette architecture permet une bonne articulation des roues en terrain accidenté, tout en offrant un comportement plus confortable que celui de nombreux tout-terrain à ressorts à lames de l’époque.
Le Grand Cherokee 5.9 Limited de 1998
Pour le dernier millésime de la génération, Jeep commercialise le Grand Cherokee 5.9 Limited. Cette version reçoit le V8 Magnum de 5,9 litres, une boîte automatique renforcée 46RE et une présentation spécifique. Elle représente la déclinaison haute performance du ZJ de série.
Son moteur développe 245 hp SAE et un couple de 345 lb-ft, soit environ 468 Nm. Les performances publiées pour les variantes européennes se situent autour de huit secondes sur l’exercice du 0 à 100 km/h, avec des différences suivant les versions et les méthodes de mesure.
Le 5.9 Limited possède également des éléments de présentation qui le distinguent d’un Limited 5.2 ordinaire. Pour identifier un exemplaire authentique, la motorisation, le millésime et les caractéristiques d’origine doivent être cohérents avec le numéro VIN. Une simple modification des emblèmes ou de l’apparence extérieure ne suffit pas.
Production et place du ZJ dans la gamme Jeep
Le Grand Cherokee ZJ a été produit à grande échelle, mais les chiffres globaux publiés ne couvrent pas toujours le même périmètre. Certaines archives reprises par MotorTrend comptabilisent 1 245 095 exemplaires répartis entre versions 4×4 et 4×2, tandis que d’autres historiques donnent 1 647 188 véhicules pour les millésimes 1993 à 1998. Ces totaux ne doivent pas être considérés comme interchangeables sans clarification des usines et des variantes incluses.
La carrière du ZJ marque l’installation durable du Grand Cherokee au-dessus du Cherokee dans la gamme Jeep. Le WJ reprend ensuite ce positionnement avec une conception renouvelée, avant l’arrivée du Jeep Grand Cherokee WK, qui introduit notamment une suspension avant indépendante.
Fiabilité et points à vérifier sur un Grand Cherokee ZJ d’occasion
L’état d’un ZJ dépend fortement de son historique d’entretien, de sa motorisation et de son utilisation. Les véhicules ayant pratiqué régulièrement le tout-terrain nécessitent une attention particulière au niveau des soubassements, des ponts, des articulations de suspension et des éléments de transmission.
Sur une version Quadra-Trac, le fonctionnement de la boîte de transfert et de son viscocoupleur mérite un contrôle. Des contraintes anormales en virage serré, des bruits de transmission ou des différences importantes d’usure entre les pneumatiques peuvent justifier un examen mécanique approfondi. Les quatre pneus doivent présenter des caractéristiques compatibles avec la transmission intégrale.
Les boîtes automatiques doivent passer leurs rapports sans patinage excessif ni à-coups anormaux. Le circuit de refroidissement, les durites, le radiateur et l’état des fluides méritent également une vérification, particulièrement sur les V8. Pour le diesel VM Motori, le refroidissement et l’état des culasses constituent des points de contrôle importants.
La corrosion doit être recherchée sur les bas de caisse, les planchers, les ancrages de suspension et les zones structurelles exposées. La carrosserie monocoque rend particulièrement importante l’intégrité des éléments porteurs.
Enfin, avant l’achat de pièces mécaniques, il est préférable de relever le VIN, le code moteur, le type de boîte automatique et la référence de la boîte de transfert. Deux Grand Cherokee ZJ de la même année peuvent posséder des composants différents, notamment selon leur marché d’origine et leur transmission.




