Lamborghini Diablo

Lamborghini Diablo

Présentée le 21 janvier 1990, la Lamborghini Diablo prend la relève de la Lamborghini Countach au sommet de la gamme de Sant’Agata Bolognese. Son V12 atmosphérique de 5,7 litres développe 492 ch, tandis que sa carrosserie spectaculaire conserve les portes en élytre devenues emblématiques des Lamborghini à moteur V12 central arrière. Capable de dépasser 320 km/h, elle ouvre une carrière qui se prolongera jusqu’en 2001 et donnera naissance à de nombreuses variantes.

La Diablo occupe aussi une position particulière dans l’histoire de Lamborghini. Son développement commence avant le rachat de la marque par Chrysler, sa carrière se poursuit sous plusieurs propriétaires et ses dernières évolutions sont réalisées sous l’ère Audi. Malgré ces changements, elle conserve pendant onze ans les principes fondamentaux qui la définissent: un V12 atmosphérique, une architecture à moteur central arrière et une silhouette immédiatement identifiable.

Du projet 132 à la Lamborghini Diablo de 1990

Le développement du remplacement de la Countach débute en 1985 sous l’appellation interne Project 132. La mission est ambitieuse: créer une nouvelle Lamborghini V12 capable de succéder à une automobile devenue une référence esthétique et technique. La difficulté est d’autant plus grande que la Countach reste produite pendant la mise au point de sa remplaçante, jusqu’à la Countach 25th Anniversary de la fin des années 1980.

Marcello Gandini, déjà auteur de la Miura et de la Countach, réalise le dessin initial. Lorsque Chrysler prend le contrôle de Lamborghini en 1987, le projet est déjà engagé. Le style est alors retravaillé et adouci pendant la phase conduisant à la voiture de série. La Diablo conserve néanmoins une silhouette très basse, un pare-brise fortement incliné, un habitacle avancé et de puissantes prises d’air latérales. Sandro Munari, ancien champion du monde des rallyes, participe pour sa part au travail de développement dynamique.

Le modèle définitif est dévoilé le 21 janvier 1990. Avec une largeur dépassant deux mètres pour seulement 1,105 m de hauteur, il affiche des proportions particulièrement spectaculaires. Son nom poursuit la tradition Lamborghini consistant à puiser dans l’univers de la tauromachie. Plus fluide que la Countach, la Diablo n’abandonne pourtant pas la théâtralité de sa devancière, notamment grâce à ses portes en élytre et à ses phares escamotables.

Un V12 5,7 litres et une propulsion sans aides électroniques

La première Diablo reste une automobile mécaniquement très directe. Son V12 atmosphérique à 60 degrés est installé longitudinalement en position centrale arrière. Porté à 5 707 cm3, il possède quatre arbres à cames en tête, quatre soupapes par cylindre et une injection électronique multipoint. Il délivre 492 ch à 6 800 tr/min et 580 Nm à 5 200 tr/min.

Cette puissance est transmise aux seules roues arrière par une boîte manuelle à cinq rapports. Ce point permet de distinguer la Diablo originelle des versions apparues ultérieurement: la transmission intégrale n’est pas présente au lancement. La voiture ne dispose pas non plus de direction assistée et les premières Diablo sont dépourvues d’ABS. Cette relative simplicité technique, associée aux pneus arrière de 335 mm de large et au V12, contribue au caractère très physique du modèle initial.

La construction combine une structure faisant largement appel à l’acier avec des éléments de carrosserie en aluminium et en matériaux composites. Les quatre roues reçoivent des suspensions indépendantes à doubles triangles et des freins à disques ventilés. Malgré des dimensions imposantes, la Diablo originelle affiche une masse d’environ 1 576 kg dans les spécifications couramment documentées.

Sa vitesse maximale est généralement donnée pour 325 km/h, Lamborghini indiquant de son côté une vitesse supérieure à 320 km/h et présentant la Diablo comme la voiture de série la plus rapide du monde lors de son lancement. Les mesures d’accélération publiées à l’époque et ultérieurement diffèrent suivant les protocoles, avec un 0 à 100 km/h situé approximativement entre 4 et 4,5 secondes.

Fiche technique de la Lamborghini Diablo

CaractéristiqueLamborghini Diablo originelle
Année de lancement1990
Architecture moteurV12 atmosphérique à 60 degrés
Cylindrée5 707 cm3
Alésage x course87 x 80 mm
Distribution4 arbres à cames en tête, 48 soupapes
AlimentationInjection électronique multipoint
Puissance maximale492 ch à 6 800 tr/min
Couple maximal580 Nm à 5 200 tr/min
ImplantationMoteur central arrière longitudinal
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports
SuspensionIndépendante, doubles triangles
DirectionÀ crémaillère, non assistée sur la version initiale
FreinsDisques ventilés aux quatre roues
ABSNon sur la version initiale
Roues17 pouces
Pneus avant245/40 ZR17
Pneus arrière335/35 ZR17
Longueur4 460 mm
Largeur2 040 mm
Hauteur1 105 mm
Empattement2 650 mm
Voie avantEnviron 1 540 mm
Voie arrièreEnviron 1 640 mm
PoidsEnviron 1 576 kg
Vitesse maximaleEnviron 325 km/h
0 à 100 km/hEnviron 4 à 4,5 s selon les mesures publiées
Capacité du réservoir100 litres
CarrosserieCoupé 2 places

De la Diablo VT à la SV, une gamme progressivement élargie

La Diablo évolue sensiblement à partir de 1993. La Lamborghini Diablo VT introduit une transmission intégrale utilisant un coupleur visqueux, capable d’envoyer une partie du couple vers les roues avant lorsque les conditions l’exigent. Cette évolution s’accompagne notamment de la direction assistée et vise à rendre l’exploitation des performances moins exigeante sans transformer la Diablo en grand tourisme conventionnel.

La même période voit apparaître la SE30, conçue pour célébrer les trente ans de Lamborghini. Plus légère et plus puissante, elle sert également de base à la très radicale SE30 Jota. En 1995, la Lamborghini Diablo SV revient au principe de la propulsion tout en bénéficiant d’un V12 plus puissant. La gamme accueille également la VT Roadster, qui transpose la Diablo dans une carrosserie découvrable.

Cette multiplication des versions explique une partie des contradictions rencontrées dans les fiches techniques consacrées à la Diablo. Une VT ne possède ni la même transmission ni exactement le même équipement qu’une Diablo de 1990, tandis que les modèles de la fin de carrière diffèrent encore davantage. Puissance, masse, dimensions de détail, performances et équipements doivent donc toujours être associés à une version et à un millésime précis.

Le restylage et les Diablo les plus radicales

Après l’arrivée de Lamborghini dans le groupe Audi en 1998, la Diablo connaît une importante évolution. Le restylage de 1999, réalisé sous la direction stylistique de Luc Donckerwolke, abandonne notamment les phares escamotables caractéristiques des premières voitures. L’habitacle et plusieurs éléments techniques évoluent également, tandis que l’ABS fait son apparition.

La Lamborghini Diablo GT pousse alors le concept beaucoup plus loin. Cette série limitée adopte un V12 porté à environ 6 litres et développant 575 ch, ainsi qu’une carrosserie largement remaniée et une orientation beaucoup plus radicale. Les dérivés destinés à la piste, parmi lesquels les SV-R et GTR, prolongent cette recherche de performances et permettent à Lamborghini d’exploiter la Diablo dans des programmes de compétition et des championnats monotypes.

La dernière phase de la carrière est incarnée par la Lamborghini Diablo VT 6.0. Elle reçoit à son tour le V12 porté à 6 litres et bénéficie d’une profonde modernisation technique et esthétique sous l’ère Audi. Malgré ces transformations, l’architecture générale reste celle développée pour la Diablo au cours des années 1980.

Une production de 2 903 exemplaires jusqu’en 2001

Lamborghini produit 2 903 Diablo toutes versions confondues entre 1990 et 2001. Ce total englobe cependant une famille particulièrement diversifiée: coupés à propulsion, VT à quatre roues motrices, séries anniversaire, SV, roadsters, GT et dernières versions 6.0. La Diablo originelle représente donc seulement une partie de ce volume global.

Cette longue carrière accompagne plusieurs changements de propriétaire de Lamborghini. Le projet naît avant Chrysler, le modèle est lancé sous son contrôle, puis traverse la période Megatech avant l’acquisition de la marque par Audi à la fin des années 1990. Peu de Lamborghini ont ainsi connu autant de contextes industriels différents au cours d’une même génération.

En 2001, la production s’arrête après onze années. La Lamborghini Murciélago prend alors sa place comme nouvelle supercar V12 de Sant’Agata Bolognese. La Diablo demeure la dernière Lamborghini V12 dont le développement initial remonte à la période précédant l’intégration de la marque au groupe Audi.