Présentée en 2007, la Lamborghini Gallardo Superleggera pousse la première génération de Gallardo vers une philosophie plus radicale. Lamborghini ne se contente pas d’augmenter la puissance du V10 : carbone, polycarbonate, sièges allégés et équipements spécifiques permettent de réduire sensiblement la masse. Le résultat est une version de 530 ch annoncée capable d’atteindre 100 km/h en 3,8 secondes.
Cette première Superleggera doit être distinguée de la LP 570-4 Superleggera lancée en 2010. Le modèle de 2007 conserve le V10 atmosphérique de 4 961 cm3 et la carrosserie originelle de la Lamborghini Gallardo, tandis que sa descendante adoptera le V10 5,2 litres à injection directe et la silhouette restylée de la seconde phase.
Une Gallardo allégée avant tout
La Superleggera apparaît au Salon de Genève 2007. Son nom, qui signifie littéralement « super légère » en italien, résume le projet : améliorer les performances en travaillant autant sur la masse que sur le moteur. Face aux 520 ch de la Gallardo contemporaine, le gain de puissance reste limité à 10 ch. Le programme d’allègement constitue donc la véritable transformation.
Lamborghini annonce une réduction pouvant atteindre 100 kg sur la configuration européenne et 70 kg sur les voitures destinées aux Etats-Unis. La valeur exacte du poids mérite toutefois une distinction entre marchés et méthodes de mesure : les documents et fiches techniques d’époque font apparaître 1 330 ou 1 360 kg à sec. Le chiffre le plus significatif pour comprendre le modèle reste donc l’allègement revendiqué par rapport à la Gallardo dont il dérive.
Le constructeur intervient sur de nombreux éléments plutôt que sur une seule pièce spectaculaire. Le capot moteur utilise du carbone associé à une partie transparente en polycarbonate. Les rétroviseurs, le diffuseur, des éléments de soubassement, les panneaux de portes et le tunnel central font également appel au carbone. Certains vitrages sont remplacés par du polycarbonate, tandis que le pare-brise est aminci. Les sièges monocoques en carbone participent eux aussi à la chasse aux kilogrammes.
Cette démarche distingue clairement la Superleggera de la Lamborghini Gallardo Spyder, autre déclinaison importante de la gamme à cette époque. La découvrable privilégie l’expérience du V10 à ciel ouvert, alors que la Superleggera concentre ses modifications sur la légèreté, la précision du comportement et l’efficacité.
Un V10 atmosphérique de 530 ch
Installé longitudinalement en position centrale arrière, le V10 atmosphérique de 4 961 cm3 conserve l’architecture mécanique de la Gallardo. Sur la Superleggera, sa puissance atteint 530 ch à 8 000 tr/min. Lamborghini obtient ce supplément grâce notamment à l’optimisation de la gestion moteur, à une meilleure efficacité de l’admission et à la diminution de la contre-pression à l’échappement.
Le couple maximal atteint 510 Nm. Associé à l’allègement, ce V10 permet à Lamborghini d’annoncer un rapport poids-puissance de 2,5 kg/ch. La Superleggera passe officiellement de 0 à 100 km/h en 3,8 secondes et peut atteindre 315 km/h. L’amélioration ne repose donc pas uniquement sur la puissance maximale : la diminution de l’inertie doit profiter aux accélérations, aux changements d’appui et au freinage.
La transmission intégrale permanente reste présente, avec un viscocoupleur chargé de répartir la motricité. La boîte robotisée e-gear à six rapports constitue la transmission la plus couramment associée au modèle et était proposée de série. Une boîte manuelle à six rapports pouvait néanmoins être commandée, configuration devenue particulièrement recherchée en raison de sa rareté.
Fiche technique de la Lamborghini Gallardo Superleggera
| Caractéristique | Lamborghini Gallardo Superleggera |
|---|---|
| Année de présentation | 2007 |
| Période de production | 2007-2008 |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 2 places |
| Architecture moteur | V10 atmosphérique à 90 degrés, 40 soupapes |
| Cylindrée | 4 961 cm3 |
| Alésage x course | 82,5 x 92,8 mm |
| Rapport volumétrique | 11,0:1 |
| Alimentation | Injection multipoint séquentielle |
| Puissance maximale | 530 ch à 8 000 tr/min |
| Couple maximal | 510 Nm |
| Implantation | Moteur central arrière longitudinal |
| Transmission | Intégrale permanente avec viscocoupleur |
| Boîte de vitesses | e-gear robotisée à 6 rapports, boîte manuelle 6 rapports disponible |
| Structure | Spaceframe en aluminium |
| Suspension | Doubles triangles, réglage spécifique Superleggera |
| Direction | Crémaillère assistée |
| Freinage | Disques ventilés, carbone-céramique en option |
| Jantes | Scorpius forgées de 19 pouces |
| Pneus avant | 235/35 ZR19 |
| Pneus arrière | 295/30 ZR19 |
| Longueur | 4 300 mm |
| Largeur | 1 900 mm |
| Hauteur | 1 165 mm |
| Empattement | 2 560 mm |
| Voie avant | Environ 1 622 mm |
| Voie arrière | Environ 1 592 mm |
| Poids à sec | 1 330 à 1 360 kg selon spécification et source |
| Allègement annoncé | Jusqu’à 100 kg en Europe, 70 kg aux Etats-Unis |
| 0 à 100 km/h | 3,8 s |
| Vitesse maximale | 315 km/h |
| Rapport poids-puissance annoncé | 2,5 kg/ch |
| Réservoir | 90 litres |
| Production | 618 exemplaires |
| Site de production | Sant’Agata Bolognese, Italie |
Carbone, Alcantara et signes distinctifs
La Superleggera demeure immédiatement reconnaissable comme une Gallardo de première génération, mais plusieurs détails permettent de l’identifier. Elle reçoit des jantes forgées Scorpius de 19 pouces chaussées de Pirelli P Zero Corsa, des rétroviseurs en carbone, des feux arrière assombris et des éléments aérodynamiques spécifiques. Une décoration latérale Superleggera souligne visuellement son statut particulier.
L’habitacle prolonge le même principe. Les sièges à coque en carbone constituent l’une des modifications les plus visibles, avec une utilisation importante d’Alcantara et de fibre de carbone. Les panneaux de portes et le tunnel central participent à la réduction de masse tout en donnant à cette version une ambiance sensiblement plus proche d’une sportive destinée au circuit que d’une Gallardo conventionnelle.
Le grand aileron arrière fixe souvent associé à la Superleggera ne doit pas être considéré comme obligatoire pour identifier une voiture authentique : il faisait partie des équipements disponibles et toutes les voitures n’en sont pas dotées. Il en va de même pour les freins carbone-céramique, proposés en option. Une Superleggera conservant un arrière plus discret ou des freins conventionnels n’est donc pas nécessairement incomplète.
Quatre teintes sont particulièrement associées à son lancement : Giallo Midas, Arancio Borealis, Grigio Telesto et Nero Noctis. Elles mettent en valeur les pièces sombres et le carbone apparent sans modifier la silhouette originelle de la Gallardo.
Une production limitée à 618 exemplaires
La carrière de la première Superleggera est particulièrement courte. Produite en 2007 et 2008 à Sant’Agata Bolognese, elle totalise 618 exemplaires. Ce chiffre mondial communiqué ultérieurement par Lamborghini permet d’écarter une confusion fréquente avec les 172 voitures parfois annoncées comme production totale : ce dernier nombre correspond essentiellement aux exemplaires destinés au marché américain.
Cette faible diffusion résulte aussi du calendrier de la gamme. La Superleggera arrive à la fin de la première phase de carrière de la Gallardo. Dès 2008, la Lamborghini Gallardo LP560-4 introduit une évolution profonde, avec une carrosserie remaniée et surtout un nouveau V10 de 5,2 litres à injection directe. La production de la Superleggera 5.0 s’arrête alors, ce qui explique sa présence limitée dans l’histoire pourtant longue de la Gallardo.
Sur le marché français, un tarif neuf de 193 333 euros est documenté pour la Superleggera e-gear en 2007. Les variations de prix rencontrées dans les archives européennes tiennent notamment aux marchés, aux dates de tarif et à la fiscalité. Les options pouvaient encore sensiblement modifier la configuration, notamment avec le freinage carbone-céramique.
De la première Superleggera aux Lamborghini radicales suivantes
La Gallardo Superleggera de 2007 inaugure l’utilisation de cette appellation sur la Gallardo de série. Elle établit une recette que Lamborghini reprendra en 2010 avec la LP 570-4 Superleggera : conserver la base de la petite Lamborghini à V10 tout en recherchant davantage de puissance, moins de masse et un comportement plus incisif.
Cette approche s’inscrit dans une tradition plus large de versions extrêmes chez Lamborghini. La Lamborghini Murciélago LP670-4 SV appliquera elle aussi une logique combinant allègement, puissance accrue et réglages plus radicaux, cette fois au sommet de la gamme V12.
Après l’arrêt définitif de la Gallardo, la Lamborghini Huracán reprend en 2014 le rôle de sportive V10 de Sant’Agata Bolognese. La dénomination Superleggera disparaît alors de cette lignée, mais son principe se retrouve quelques années plus tard dans la Lamborghini Huracán Performante, développée autour d’une recherche comparable d’allègement et d’efficacité, complétée cette fois par une aérodynamique active sophistiquée.




