Présentée au Salon de Francfort en septembre 2005, la Lamborghini Gallardo Spyder transpose la sportive V10 de Sant’Agata Bolognese dans une carrosserie découvrable. Elle ne se résume pourtant pas à une Lamborghini Gallardo privée de son pavillon. Sa structure est renforcée, sa partie arrière redessinée pour recevoir une capote textile automatisée et sa mécanique profite des évolutions introduites sur la gamme pour le millésime 2006.
Cette première Gallardo Spyder est surtout à distinguer de la LP 560-4 Spyder apparue après le profond remaniement de la gamme en 2008. Le modèle présenté en 2005 conserve le V10 atmosphérique de 4 961 cm3, porté à 520 ch, associé à une transmission intégrale. Il constitue ainsi la première découvrable de la famille Gallardo et l’une des principales variantes de la première génération.
Une Gallardo ouverte développée comme un modèle à part entière
La Gallardo lancée en 2003 avait donné à Lamborghini un second modèle de grande série, plus compact que la Lamborghini Murciélago à moteur V12. Le Spyder élargit cette stratégie deux ans plus tard. Sa présentation mondiale intervient à l’IAA de Francfort 2005, tandis que sa diffusion commerciale prend réellement son essor en 2006.
La transformation en découvrable impose un travail structurel spécifique. Le châssis de la Gallardo repose sur une structure largement réalisée en aluminium. La suppression du toit fixe nécessite des renforcements, notamment au niveau des bas de caisse et des montants de pare-brise, afin de conserver une rigidité adaptée aux performances du V10. Deux dispositifs de protection escamotables complètent l’ensemble en cas de retournement.
L’intégration de la capote modifie également toute la partie située derrière l’habitacle. Le toit souple se replie électrohydrauliquement sous un capot arrière spécifique. Son cycle demande un peu plus de vingt secondes. La lunette arrière en verre participe au mouvement du mécanisme, mais elle peut aussi être abaissée indépendamment lorsque la capote est en place. Cette solution permet notamment de mieux entendre le V10 sans nécessairement rouler à ciel ouvert.
Un V10 atmosphérique de 520 ch
La Gallardo Spyder reçoit le V10 atmosphérique de 4 961 cm3 dans sa définition de 520 ch. Installé longitudinalement en position centrale arrière, il délivre sa puissance maximale à 8 000 tr/min et développe 510 Nm de couple. Le moteur privilégie ainsi les hauts régimes, dans une configuration antérieure au V10 5,2 litres à injection directe adopté lors de l’évolution suivante de la Gallardo.
La puissance est transmise aux quatre roues. Une boîte manuelle à six rapports est proposée, tandis que la transmission robotisée électrohydraulique e-gear constitue l’autre choix. Lamborghini raccourcit les rapports par rapport aux premières Gallardo, de manière particulièrement sensible sur les rapports inférieurs. La direction devient également plus directe et les réglages de suspension sont revus.
Avec 520 ch, le Spyder atteint officiellement 100 km/h en 4,3 secondes. Lamborghini annonçait 314 km/h avec la capote fermée et 307 km/h à ciel ouvert. Ces performances montrent que le passage à une carrosserie découvrable n’avait pas pour objectif de transformer la Gallardo en simple cabriolet de promenade.
Fiche technique de la Lamborghini Gallardo Spyder
| Caractéristique | Lamborghini Gallardo Spyder |
|---|---|
| Présentation | 2005, Salon de Francfort |
| Carrosserie | Spyder 2 portes, 2 places, capote textile automatisée |
| Architecture moteur | V10 atmosphérique à 90 degrés |
| Cylindrée | 4 961 cm3 |
| Distribution | 40 soupapes |
| Alésage x course | 82,5 x 92,8 mm |
| Rapport volumétrique | 11,0:1 |
| Puissance maximale | 520 ch, 382 kW à 8 000 tr/min |
| Couple maximal | 510 Nm à environ 4 250 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal central arrière |
| Transmission | Intégrale permanente |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 6 rapports ou robotisée e-gear 6 rapports |
| Structure | Structure largement réalisée en aluminium, renforcée pour le Spyder |
| Suspension avant | Roues indépendantes, doubles triangles |
| Suspension arrière | Roues indépendantes, doubles triangles |
| Direction | Crémaillère assistée |
| Freins avant | Disques ventilés et perforés, environ 365 mm |
| Freins arrière | Disques ventilés et perforés, environ 335 mm |
| Jantes | 19 pouces |
| Pneus avant | 235/35 ZR19 |
| Pneus arrière | 295/30 ZR19 |
| Longueur | 4 300 mm |
| Largeur | 1 900 mm |
| Hauteur | Environ 1 165 à 1 180 mm suivant la convention de mesure |
| Empattement | 2 560 mm |
| Poids | Environ 1 505 à 1 640 kg suivant la norme de mesure et l’équipement |
| 0 à 100 km/h | 4,3 s |
| Vitesse maximale | 314 km/h capote fermée, 307 km/h capote ouverte |
| Consommation mixte homologuée | Environ 17,0 l/100 km sur certaines homologations européennes |
| Émissions de CO2 | Environ 400 g/km sur certaines homologations |
Un dessin fidèle à la Gallardo, avec un arrière spécifique
La Spyder conserve les proportions très basses et tendues de la Gallardo, avec un avant court, des projecteurs étroits disposés verticalement et de grandes entrées d’air. Le dessin appartient à la période où le Centro Stile Lamborghini, dirigé par Luc Donckerwolke, développe l’identité de la marque autour de volumes géométriques très nets. La Gallardo elle-même avait été élaborée à partir d’une proposition initiale d’Italdesign-Giugiaro avant d’être finalisée en interne.
Le profil permet immédiatement de distinguer la Spyder du coupé. Derrière les deux sièges, le dessin doit composer avec le logement de la capote et son mécanisme. La poupe conserve néanmoins les principaux codes de la première Gallardo, notamment ses feux horizontaux et ses volumes très découpés. Les protections contre le retournement sont intégrées afin de ne pas imposer de grands arceaux fixes derrière les occupants.
Cette transformation distingue aussi la Spyder d’une autre interprétation de la première génération, la Lamborghini Gallardo Superleggera. Apparue en 2007, cette dernière privilégie au contraire l’allègement et une orientation plus radicale, illustrant la diversification rapide de la famille Gallardo avant sa refonte.
De la Gallardo Spyder 5.0 à la génération LP 560-4
La distinction entre les différentes Gallardo découvrables est essentielle. La voiture dévoilée en 2005 utilise le V10 5,0 litres de 520 ch et reprend encore le dessin caractéristique de la première Gallardo. À partir de 2008, la famille est profondément modernisée avec la Lamborghini Gallardo LP560-4. Le nouveau V10 passe à 5 204 cm3 et 560 ch, tandis que l’avant, l’arrière, l’aérodynamique et plusieurs éléments techniques sont remaniés. La LP 560-4 Spyder appartient à cette seconde phase et ne doit donc pas être confondue avec la Spyder 5.0.
D’autres déclinaisons suivront, avec des philosophies parfois très différentes. La Lamborghini Gallardo Balboni, par exemple, abandonne la transmission intégrale au profit de la propulsion. La gamme Spyder connaîtra elle aussi des variantes plus puissantes et plus spécialisées au cours des dernières années de carrière de la Gallardo.
Production et place dans la gamme Lamborghini
Les données annuelles publiées pour la famille permettent de mesurer le succès commercial du Spyder sans fournir un total incontestable pour la seule version 5.0. La production recensée atteint 25 Spyder en 2005, puis 1 025 en 2006 et 1 015 en 2007. Pour 2008, 581 Spyder sont comptabilisés, mais cette année correspond à la transition vers la nouvelle génération et ce nombre ne peut pas être attribué intégralement au modèle 5.0.
Sur le marché français, un tarif de 172 822 euros TTC est documenté au début de 2006 pour la Gallardo Spyder V10 5.0 de 520 ch. La boîte choisie, les équipements et les options pouvaient naturellement modifier sensiblement le prix final. La boîte manuelle constitue aujourd’hui une caractéristique particulièrement distinctive face à la majorité des supercars plus récentes, mais la Gallardo Spyder était également largement proposée avec l’e-gear.
La carrière de la famille Gallardo s’achève en 2013. La Lamborghini Huracán prend ensuite sa place dans la gamme des Lamborghini à moteur V10. Sa déclinaison Lamborghini Huracán Spyder prolonge à partir de 2015 le principe installé dix ans auparavant par la Gallardo Spyder, celui d’une supercar V10 découvrable conçue comme une composante à part entière de la gamme.




