Lancée au Japon en 1992, la Mazda Autozam AZ-1 est une petite sportive biplace qui se distingue par une architecture particulièrement originale. Commercialisée sous la marque Autozam, créée par Mazda pour ses modèles compacts, elle adopte un moteur central arrière, une propulsion et une carrosserie de coupé à deux portes équipées de portes à ouverture verticale de type gullwing. Son poids contenu et ses dimensions réduites répondent aux contraintes des kei cars japonaises, tout en donnant à l’AZ-1 une présentation beaucoup plus radicale que celle d’une citadine conventionnelle.
L’appellation Autozam correspond à la marque sous laquelle Mazda commercialisait certains modèles au Japon. L’AZ-1 est également référencée sous le nom Mazda AZ-1 dans certaines sources et bases automobiles, mais il ne s’agit pas d’une autre génération. La Suzuki Cara constitue en revanche une véritable déclinaison de ce modèle, vendue par Suzuki avec une présentation extérieure légèrement différente.
De Suzuki RS à l’Autozam AZ-1
L’origine de l’AZ-1 remonte à Suzuki, qui étudie au milieu des années 1980 une petite voiture de sport à moteur central. Le projet prend notamment la forme du prototype RS/1 présenté en 1985, puis du RS/3 dévoilé au Tokyo Motor Show de 1987. Cette démarche explore déjà les principes qui caractériseront la future voiture de série : faible encombrement, deux places, moteur central et comportement sportif.
Mazda reprend ensuite le projet dans le cadre du développement de sa marque Autozam. Au Tokyo Motor Show de 1989, le constructeur présente trois interprétations regroupées sous le nom AZ-550. Ces prototypes explorent plusieurs styles de carrosserie autour d’une même philosophie technique. Le modèle qui aboutira à la production est principalement issu du Type A, dont la silhouette très compacte et les portes gullwing sont conservées.
La transformation du concept en voiture de série impose plusieurs évolutions. Le projet initial faisait notamment appel à une structure plus largement envisagée en aluminium, mais la version destinée à la production adopte une structure en acier afin de répondre aux contraintes de rigidité et d’industrialisation. La production des véhicules complets est confiée à Kurata Corporation, à Hiroshima, qui commence à assembler les AZ-1 avant leur lancement commercial en 1992.
La mise au point aboutit à une voiture particulièrement basse et étroite. Son moteur transversal est installé derrière les occupants et entraîne les roues arrière par l’intermédiaire d’une boîte manuelle à cinq rapports. L’AZ-1 conserve ainsi une architecture inhabituelle pour une kei car, davantage proche dans son principe d’une petite sportive à moteur central que d’une automobile urbaine classique.
Un coupé kei à moteur central
L’AZ-1 respecte les principales contraintes dimensionnelles et mécaniques des kei cars japonaises de son époque. Sa longueur de seulement 3,30 mètres environ et sa largeur de 1,395 mètre permettent de rester dans un gabarit très compact. La carrosserie deux places est entièrement pensée autour de cette architecture : les occupants sont installés très près de l’essieu avant tandis que le trois-cylindres turbocompressé prend place en position centrale arrière.
Le moteur est le F6A de Suzuki, un trois-cylindres de 657 cm³ à double arbre à cames en tête et douze soupapes. Il reçoit un turbocompresseur avec échangeur et une alimentation par injection électronique. Comme pour les autres kei sportives de cette période, la puissance est plafonnée à 64 ch, mais l’AZ-1 compense cette valeur modeste par une masse limitée à 720 kg et par une architecture favorisant une répartition des masses adaptée à la conduite sportive.
La boîte manuelle à cinq rapports et la propulsion arrière complètent cette configuration. La direction à crémaillère et les suspensions indépendantes participent également à la recherche d’un comportement direct. Mazda met particulièrement en avant le caractère agile de l’AZ-1, dont les dimensions et la position de conduite contribuent à une sensation de conduite très différente de celle des petites voitures conventionnelles.
Fiche technique de la Mazda Autozam Az-1
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Type | Coupé kei 2 portes, 2 places |
| Production | Japon |
| Moteur | Suzuki F6A, 3 cylindres en ligne |
| Cylindrée | 657 cm³ |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 12 soupapes |
| Alimentation | Injection électronique |
| Suralimentation | Turbocompresseur avec intercooler |
| Puissance | 64 ch à 6 500 tr/min |
| Couple | 85,3 Nm à 4 000 tr/min |
| Implantation | Moteur transversal central arrière |
| Transmission | Propulsion arrière |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports |
| Structure | Châssis en acier avec carrosserie légère |
| Suspensions | Indépendantes à l’avant et à l’arrière |
| Direction | À crémaillère |
| Freins | Disques à l’avant et à l’arrière |
| Pneus | 155/65 R13 |
| Longueur | 3 295 mm |
| Largeur | 1 395 mm |
| Hauteur | 1 150 mm |
| Empattement | 2 235 mm |
| Voie avant | 1 200 mm |
| Voie arrière | 1 195 mm |
| Poids | 720 kg |
| Vitesse maximale | 140 km/h |
| Réservoir | 30 litres |
| Consommation normalisée japonaise | 18,4 km/l selon cycle 10-15 |
| Taux de compression | 8,3:1 |
| Alésage x course | 65 x 66 mm |
Une silhouette immédiatement reconnaissable
Le dessin constitue l’un des principaux attraits de l’AZ-1. Sa carrosserie très basse, ses ailes compactes et son habitacle avancé lui donnent des proportions inhabituelles. Les deux portes s’ouvrent verticalement vers le haut, une solution spectaculaire qui rappelle certaines voitures de sport de plus grande taille tout en restant intégrée à une carrosserie de moins de 3,30 mètres.
La carrosserie fait largement appel à des panneaux extérieurs légers, tandis que la structure porteuse en acier assure la rigidité nécessaire. Les petites roues de 13 pouces, la faible hauteur de caisse et la largeur limitée renforcent son apparence de micro-sportive. L’ensemble est nettement plus proche d’un petit coupé que d’un roadster, notamment grâce à son habitacle fermé et à ses surfaces vitrées latérales caractéristiques.
La conception permet aussi de distinguer rapidement l’AZ-1 de ses deux principales concurrentes japonaises de l’époque, la Honda Beat et la Suzuki Cappuccino. Toutes trois sont des kei sportives, mais l’AZ-1 se démarque par son moteur central arrière, sa propulsion, son toit fixe et surtout ses portes gullwing. Cette combinaison technique et stylistique est restée très rare dans cette catégorie.
Les variantes et la Suzuki Cara
L’AZ-1 existe principalement sous sa forme standard, mais sa courte carrière donne également naissance à quelques versions particulières. La plus connue est la Mazdaspeed A-Spec, qui reçoit des éléments aérodynamiques spécifiques et une présentation plus sportive. La M2 1015, développée dans le cadre de M2, se distingue notamment par une face avant remaniée et des équipements stylistiques spécifiques. Ces modèles restent des dérivés de l’AZ-1 et ne constituent pas des générations différentes.
La Suzuki Cara est encore plus proche de l’AZ-1. Il s’agit de la déclinaison commercialisée par Suzuki sous son propre nom et son propre code de modèle. Elle conserve la même architecture générale, le même moteur F6A turbocompressé, la même implantation centrale arrière et les mêmes proportions. Quelques éléments extérieurs permettent néanmoins de différencier les deux modèles, notamment certains détails de présentation à l’avant.
Cette relation explique pourquoi l’AZ-1 apparaît parfois dans des recherches consacrées à Suzuki plutôt qu’à Mazda. Le projet trouve effectivement une partie importante de ses origines chez Suzuki, tandis que Mazda l’a développé, industrialisé et commercialisé sous la marque Autozam. Pour identifier précisément une AZ-1, il faut donc distinguer son histoire technique commune avec la Cara de son identité commerciale propre.
Une production limitée et une carrière courte
Commercialisée à partir de 1992, l’AZ-1 connaît une carrière relativement brève. Son prix de lancement au Japon atteint 1 498 000 yens, un niveau élevé pour une petite kei sportive. La voiture bénéficie d’une conception spectaculaire, mais son habitabilité limitée, son prix et son positionnement très spécialisé restreignent naturellement son marché.
Les chiffres de production diffèrent légèrement selon les sources. Le nombre traditionnellement cité est de 4 392 AZ-1, tandis que Mazda a utilisé plus récemment le chiffre de 4 409 exemplaires produits. L’écart doit être conservé dans la documentation plutôt que corrigé arbitrairement. Dans tous les cas, la production se situe autour de 4 400 voitures, auxquelles s’ajoutent les exemplaires de la Suzuki Cara.
La fin de carrière intervient au milieu des années 1990. L’AZ-1 n’est pas remplacée directement par une nouvelle sportive Autozam comparable. Elle reste donc une réalisation isolée dans l’histoire de Mazda, conçue à une époque où le marché japonais permet encore à des constructeurs de proposer des kei cars très spécialisées.
Une kei sportive devenue voiture de collection
La rareté de l’AZ-1, son architecture à moteur central et ses portes gullwing ont progressivement renforcé son intérêt auprès des amateurs de voitures japonaises. Son statut est également lié à la faible production et à l’existence de versions spéciales telles que la Mazdaspeed et la M2 1015. Les exemplaires d’origine et correctement préservés sont particulièrement intéressants pour les collectionneurs, même si les valeurs observées varient fortement selon l’état, la provenance et la configuration.
Mazda a par ailleurs entrepris un travail de préservation de son patrimoine autour de l’AZ-1. Un exemplaire historique a notamment fait l’objet d’un programme de restauration célébrant les trente ans du modèle. Cette démarche illustre l’intérêt porté par le constructeur à cette voiture singulière, dont la production très limitée contraste avec la place qu’elle occupe aujourd’hui dans l’histoire des petites sportives japonaises.
La carrière de l’AZ-1 reste ainsi indissociable de la période des kei sportives du début des années 1990. Avec ses 657 cm³, ses 64 ch, son moteur central arrière et ses 720 kg, elle applique à une voiture de très petite taille des solutions habituellement associées à des sportives plus ambitieuses. Sa conception issue des prototypes AZ-550 et son lien étroit avec la Suzuki Cara en font également un modèle particulièrement représentatif de l’originalité technique qui caractérisait alors certaines productions japonaises.




