Mclaren 675lt

Mclaren 675lt

Présentée au Salon de Genève en mars 2015, la Mclaren 675lt est une évolution radicale de la 650S. Elle conserve la structure en fibre de carbone et le V8 biturbo de 3,8 litres de la Super Series, mais reçoit une préparation beaucoup plus poussée destinée à réduire la masse, augmenter l’appui aérodynamique et rendre le comportement plus incisif. Avec seulement 500 exemplaires produits en coupé, elle devient rapidement l’une des McLaren routières les plus recherchées de sa génération.

Une 650S profondément transformée

La 675LT appartient à la Super Series et ne constitue donc pas une nouvelle génération indépendante. Elle dérive directement de la Mclaren 650s, mais McLaren modifie suffisamment de composants pour transformer son caractère. Le moteur M838TL développe 675 PS, tandis que la voiture perd environ 100 kg sur la base d’un poids à sec annoncé de 1 230 kg. Le travail porte également sur les suspensions, la direction, les freins, le refroidissement et l’aérodynamique.

Le suffixe LT signifie Longtail. Il renvoie à la McLaren F1 GTR Longtail de 1997, dont la carrosserie allongée avait été conçue pour améliorer l’efficacité aérodynamique en compétition. La 675LT transpose cette philosophie à une voiture de route, avec une partie arrière spécifique, un aérodynamisme plus efficace et une recherche systématique de réduction de masse. Le lien historique avec la Mclaren F1 Gtr ne signifie toutefois pas que la 675LT soit une voiture de compétition ou une homologation dérivée de la F1 GTR.

L’allègement est obtenu grâce à de nombreux éléments en fibre de carbone, des composants de suspension optimisés, des sièges baquets ultralégers et une réduction de certains équipements d’insonorisation. Les sièges s’inspirent directement de ceux de la Mclaren P1. Le système d’échappement en titane participe également à cette recherche de légèreté.

Un V8 biturbo porté à 675 PS

Le moteur est le V8 M838TL de 3 799 cm³, implanté longitudinalement en position centrale arrière. Il utilise deux turbocompresseurs et développe officiellement 675 PS à 7 100 tr/min, soit environ 666 ch selon la convention de puissance utilisée, pour un couple maximal de 700 Nm. Le moteur a fait l’objet de nombreuses modifications internes afin d’augmenter sa puissance et sa capacité à fonctionner à haut régime.

La transmission reste confiée à une boîte robotisée à double embrayage SSG à sept rapports entraînant les roues arrière. McLaren travaille également sur la rapidité des changements de rapports afin d’adapter la transmission au caractère plus sportif de la voiture. Le résultat est une accélération de 0 à 100 km/h en 2,9 secondes et de 0 à 200 km/h en 7,9 secondes, tandis que la vitesse maximale atteint 330 km/h.

Le refroidissement est lui aussi revu. Les prises d’air latérales sont agrandies et leur dessin est modifié afin d’améliorer l’alimentation du moteur. L’échappement en titane adopte une architecture spécifique avec deux sorties centrales hautes, immédiatement reconnaissables depuis l’arrière.

Un châssis conçu pour le circuit

La structure repose sur la monocoque carbone MonoCell commune à la famille Super Series. Les suspensions à double triangulation sont profondément retravaillées, avec des composants allégés et des réglages plus fermes. Certains éléments de suspension sont issus de la technologie développée pour la P1. Les ressorts sont notamment plus rigides que sur la 650S, avec une augmentation annoncée de 27 % à l’avant et de 63 % à l’arrière.

La direction électro-hydraulique reçoit une démultiplication plus rapide. Les voies sont élargies de 20 mm afin d’améliorer la stabilité et de renforcer l’assise de la voiture. Le freinage fait appel à des disques carbone-céramique avec étriers six pistons à l’avant et quatre pistons à l’arrière. Des pneumatiques Pirelli P Zero Trofeo R peuvent compléter l’ensemble pour une utilisation particulièrement orientée vers le circuit.

Le travail aérodynamique constitue l’une des transformations majeures par rapport à la 650S. Le splitter avant est agrandi d’environ 80 %, tandis que l’aérofrein arrière en fibre de carbone gagne environ 50 % de surface. Le diffuseur, les jupes, le soubassement et les différents flux d’air sont également retravaillés. McLaren annonce ainsi environ 40 % d’appui aérodynamique supplémentaire par rapport à la 650S.

Fiche technique de la Mclaren 675lt

CaractéristiqueDonnée
ArchitectureV8 à 90°, biturbo
Cylindrée3 799 cm³
Code moteurM838TL
Puissance675 PS à 7 100 tr/min
Équivalent en chEnviron 666 ch selon la convention de puissance
Couple maximal700 Nm
ImplantationMoteur central arrière longitudinal
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesRobotisée SSG à double embrayage, 7 rapports
StructureMonocoque carbone MonoCell
SuspensionsDouble triangulation avant et arrière
DirectionCrémaillère à assistance électro-hydraulique
FreinsCarbone-céramique, 6 pistons avant et 4 pistons arrière
Jantes19 pouces avant, 20 pouces arrière, forgées ultralégères
Pneus235/35 R19 avant, 305/30 R20 arrière
LongueurEnviron 4,55 m
LargeurEnviron 1,91 m hors rétroviseurs
HauteurEnviron 1,19 m
EmpattementEnviron 2,67 m
Poids à sec1 230 kg annoncé par McLaren
Poids selon mesure DINEnviron 1 305 à 1 328 kg selon configuration et méthode
0 à 100 km/h2,9 s
0 à 200 km/h7,9 s
Vitesse maximale330 km/h
Consommation mixte homologuéeEnviron 11,7 l/100 km
Émissions de CO2Environ 275 g/km

Une production limitée à 500 exemplaires

McLaren limite la production de la 675LT Coupé à 500 exemplaires. Ce volume contribue fortement à sa rareté, d’autant que les voitures sont rapidement réservées après leur présentation. Le prix britannique annoncé à l’époque atteint 259 500 livres sterling. En France, les bases tarifaires contemporaines indiquent environ 309 790 euros, mais les montants peuvent varier selon la fiscalité et la configuration.

Le poids constitue l’un des points sur lesquels les chiffres publiés diffèrent. La valeur de 1 230 kg correspond au poids à sec communiqué par McLaren, alors que certaines fiches françaises ou mesures contemporaines donnent plus de 1 300 kg. Ces valeurs ne décrivent donc pas nécessairement la même méthode de pesée et ne doivent pas être utilisées comme des chiffres concurrents pour une même définition de masse.

La rareté de la 675LT est renforcée par son positionnement très spécifique. Elle n’est pas simplement une 650S plus puissante, mais une déclinaison à production limitée qui privilégie la réduction de masse, l’appui aérodynamique et les sensations de conduite. Elle reste néanmoins homologuée pour la route et conserve l’essentiel des équipements nécessaires à cet usage.

Du coupé à la 675LT Spider

Après le succès du coupé, McLaren présente une déclinaison découvrable. La Mclaren 675lt Spider reprend le moteur de 675 PS, la transmission et une grande partie des solutions techniques du coupé, mais reçoit un toit rigide escamotable. Sa masse augmente en conséquence et son caractère est légèrement différent de celui du modèle fermé.

La 675LT Coupé reste cependant la version qui inaugure le nouveau label Longtail chez McLaren Automotive. Sa production limitée et son orientation très poussée vers la performance en font un modèle distinct au sein de la gamme 650S, plutôt qu’une simple série spéciale esthétique.

Une philosophie Longtail appelée à durer

La 675LT ouvre une nouvelle famille chez McLaren. Quelques années plus tard, la marque applique cette recette à la Sports Series avec la Mclaren 600lt, qui reprend à son tour le principe d’une version allégée et plus radicale, dotée d’une aérodynamique renforcée et d’une orientation circuit plus marquée.

Dans la Super Series, la succession s’effectue ensuite avec la Mclaren 720s, présentée en 2017. Elle inaugure une nouvelle génération technique avec une architecture profondément renouvelée et un V8 biturbo de 4,0 litres. La 675LT conserve ainsi une position particulière entre la 650S dont elle dérive et cette nouvelle génération.

La philosophie est ensuite prolongée par la Mclaren 765lt, développée sur la base de la 720S. Cette dernière reprend le principe d’une Super Series plus légère, plus puissante et plus fortement optimisée pour l’aérodynamique, confirmant que le nom Longtail est devenu chez McLaren une véritable signature des versions les plus radicales.