Porsche 911 G

Porsche 911 G

La Porsche 911 G désigne la deuxième génération de la 911, produite de 1973 à 1989. Le terme « G-Series » est aujourd’hui utilisé pour l’ensemble de cette génération, même si, dans la nomenclature interne de Porsche, la lettre G correspond précisément au millésime 1974. Cette période couvre une évolution considérable de la 911, depuis les premières versions 2,7 litres jusqu’à la Carrera 3.2, sans oublier la 911 Turbo et ses nombreuses déclinaisons.

Présentée pour le millésime 1974, la 911 G conserve l’architecture fondamentale de la 911 avec un six cylindres à plat refroidi par air placé en porte-à-faux arrière. Sa principale évolution extérieure réside dans ses pare-chocs à soufflets, conçus pour répondre aux nouvelles exigences de sécurité, notamment sur le marché américain. La carrosserie s’allonge également de 144 mm par rapport à la génération précédente.

Dans l’histoire de la marque, elle prend le relais de la Porsche 911 F et constitue la génération la plus durable de la 911 jusqu’à cette époque. Elle sera finalement remplacée par la 911 964 à la fin des années 1980.

Histoire et évolution de la Porsche 911 G

La nouvelle génération entre en production en août 1973 pour le millésime 1974. Porsche doit alors adapter la 911 à un environnement réglementaire plus exigeant sans remettre en cause son identité technique. Les nouveaux pare-chocs absorbants constituent l’une des réponses les plus visibles à ces contraintes. Ils sont conçus pour supporter un choc à basse vitesse d’environ 8 km/h sans déformation importante de la structure.

Le style est supervisé par Anatole Lapine, responsable du design Porsche de 1969 à 1988. La silhouette générale reste immédiatement reconnaissable, mais les pare-chocs à soufflets, les nouvelles surfaces d’absorption et l’évolution des équipements distinguent la G-Series de la génération précédente.

Au lancement, la gamme européenne repose sur un six cylindres de 2 687 cm3. La 911 développe 150 ch, la 911 S 175 ch et la Carrera 210 ch selon les configurations. Les puissances et les motorisations évoluent ensuite rapidement, ce qui explique pourquoi il n’existe pas une fiche technique unique applicable à toute la 911 G.

La décennie suivante voit se succéder les Carrera 3.0, 911 SC et Carrera 3.2. La gamme s’élargit également avec le Cabriolet, puis avec le Speedster en fin de carrière. Parallèlement, la 911 Turbo devient l’une des versions les plus emblématiques de cette génération.

À partir de 1975, Porsche généralise progressivement la galvanisation à chaud de la carrosserie et du plancher. Cette évolution améliore sensiblement la résistance à la corrosion. En 1984, le retour de l’appellation Carrera accompagne l’arrivée du moteur 3,2 litres de 231 ch sur les versions européennes non catalysées. La boîte G50 à cinq rapports et l’embrayage hydraulique apparaissent ensuite sur les dernières Carrera 3.2.

Les principales versions de la 911 G

La diversité de la génération G est essentielle pour comprendre son histoire. Les premières années voient cohabiter les 911 et 911 S 2.7 avec la Carrera. La Carrera 3.0 prend ensuite le relais sur une période courte, avant que Porsche ne réorganise la gamme autour de la 911 SC à moteur 3,0 litres.

La 911 SC apparaît pour le millésime 1978. Son moteur de 2 994 cm3 développe d’abord 180 ch, puis 188 ch et enfin 204 ch selon le millésime et le marché. Elle devient progressivement l’une des versions centrales de la gamme et existe également en Cabriolet à partir du début des années 1980.

La Carrera 3.2 prend le relais en 1984 avec un six cylindres de 3 164 cm3 développant 231 ch dans sa configuration européenne sans catalyseur. La gestion moteur électronique constitue une évolution importante par rapport aux précédentes générations de moteurs. Les versions destinées à certains marchés reçoivent des réglages et des puissances différents en fonction des normes antipollution.

La carrosserie Targa reste disponible tout au long de la période, tandis que le Cabriolet revient dans la gamme au début des années 1980. La génération se termine avec la Carrera 3.2 Speedster, produite à partir de 1988, qui adopte une carrosserie ouverte particulièrement dépouillée.

La Porsche 911 Turbo type 930

La 911 G est également la génération qui voit naître la 911 Turbo de série. Porsche présente d’abord le prototype 911 RSR Turbo au Salon de Francfort en septembre 1973. La version de production est dévoilée au Salon de Paris en octobre 1974 avant son lancement commercial en 1975.

Cette première Turbo utilise un six cylindres à plat de 2 993 cm3 équipé d’un turbocompresseur et développe 260 ch. La voiture est connue sous le code interne 930, raison pour laquelle la désignation Porsche 930 est couramment utilisée pour cette génération de 911 Turbo.

Le Turbo évolue ensuite vers un moteur de 3 299 cm3. À partir de la fin des années 1970, cette version reçoit un échangeur air-air et développe 300 ch. Porsche associe également au Turbo un système de freinage particulièrement performant dérivé des technologies de compétition. À partir de 1987, la carrosserie Turbo est proposée en Targa et en Cabriolet.

La Porsche 911 Turbo de cette période se distingue donc nettement des versions atmosphériques par son moteur suralimenté, ses ailes élargies, son aileron arrière caractéristique et ses performances. Elle ne doit pas être assimilée aux Carrera 3.2 atmosphériques qui constituent l’autre grande famille de la fin de la génération G.

Fiche technique de la Porsche 911 G

CaractéristiqueDonnées principales
GénérationDeuxième génération de Porsche 911, communément appelée G-Series
Première apparition1973 pour la génération, millésime 1974 pour le code interne G
Production1973 à 1989
Architecture moteurSix cylindres à plat, essence, refroidissement par air
ImplantationLongitudinale en porte-à-faux arrière
Cylindrées atmosphériques2 687 cm3, 2 994 cm3 et 3 164 cm3 selon version
Cylindrées Turbo2 993 cm3 puis 3 299 cm3
PuissanceDe 150 ch à 231 ch pour les principales versions atmosphériques ; jusqu’à 300 ch pour la Turbo 3.3
CoupleVariable selon moteur et millésime ; 412 Nm pour la Turbo 3.3
AlimentationInjection mécanique Bosch selon les premières versions, puis évolutions de l’injection ; gestion électronique sur Carrera 3.2
TransmissionPropulsion
Boîtes de vitessesManuelles 4 ou 5 rapports selon version ; Sportomatic disponible ; boîte G50 à 5 rapports sur les dernières Carrera 3.2
StructureCarrosserie autoporteuse en acier, progressivement galvanisée à chaud à partir de 1975
Suspension avantJambes de force de type McPherson, ressorts de torsion
Suspension arrièreBras obliques avec barres de torsion
DirectionÀ crémaillère
FreinsQuatre freins à disque ; systèmes renforcés et ventilés selon version
Roues et pneusDimensions variables selon millésime et version ; montes de 15 et 16 pouces notamment sur les Carrera 3.2
LongueurEnviron 4 291 mm pour la carrosserie de référence
EmpattementEnviron 2 271 à 2 272 mm
LargeurEnviron 1 652 mm sur les carrosseries étroites ; davantage sur les versions larges et Turbo
HauteurEnviron 1 320 mm sur les Coupés concernés
PoidsVariable selon version, carrosserie et équipement ; environ 1 120 kg pour une Carrera 3.0 Targa documentée
Vitesse maximaleEnviron 210 km/h pour la 911 2.7 de 150 ch ; jusqu’à environ 260 km/h pour la Turbo 3.3
0 à 100 km/hEnviron 8,5 s pour la 911 150 ch ; environ 5,4 s pour la Turbo 3.3
CarrosseriesCoupé, Targa, Cabriolet et Speedster selon version

Production, prix et rareté

La génération G connaît une production particulièrement longue pour une 911. Porsche publie aujourd’hui un total de 198 496 exemplaires pour cette génération. Une autre documentation Porsche antérieure mentionne toutefois 196 397 voitures. Cette différence n’est pas suffisamment expliquée dans les documents disponibles pour être corrigée arbitrairement ; le chiffre de 198 496 correspond à la donnée publiée dans les documents historiques Porsche les plus récents consacrés aux 50 ans de la G-Series.

Les chiffres de production deviennent beaucoup plus précis lorsqu’une variante est considérée isolément. La Carrera 3.0, par exemple, a été produite à 2 546 exemplaires en Coupé et 1 105 en Targa. À l’inverse, les volumes de l’ensemble de la génération agrègent des versions et marchés très différents.

Le prix neuf évolue lui aussi fortement durant les seize années de carrière. En Allemagne, une 911 de 150 ch du millésime 1974 était affichée à 26 980 Deutsche Mark. La première 911 Turbo atteignait 65 800 Deutsche Mark lors de son lancement. Ces montants correspondent au marché allemand de l’époque et ne peuvent pas être transposés directement aux autres marchés.

Aujourd’hui, la valeur d’une 911 G dépend principalement de la version, du millésime, de l’état, de l’originalité, de l’historique et de la configuration. Une Carrera 2.7, une SC, une Carrera 3.2, une Turbo ou une Speedster ne constituent pas un même marché. Il n’est donc pas pertinent d’attribuer une cote unique à l’ensemble de la génération.

911 G en compétition et faits marquants

La génération G fournit également la base de plusieurs Porsche destinées à la compétition. La 911 Turbo sert notamment de point de départ à la 934, développée pour les courses de voitures de sport du Groupe 4 à partir de 1976. Environ 50 exemplaires de 934 sont produits pour les clients sportifs en 1976 et 1977.

La 911 Carrera RSR 3.0 constitue une autre évolution majeure de la famille 911 en compétition. Elle reçoit un moteur développant environ 330 ch et participe au développement des technologies qui seront exploitées sur les voitures de course suralimentées de Porsche.

La période G est également marquée par plusieurs innovations importantes sur les voitures de série. La galvanisation progressive de la carrosserie améliore la protection contre la corrosion, tandis que le Turbo 3.3 introduit un échangeur air-air associé à son moteur suralimenté. Ces évolutions accompagnent une transformation progressive de la 911 sans rupture avec son architecture d’origine.

Un exemplaire particulièrement singulier est le 911 Turbo 3.0 léger commandé en 1974 par le chef d’orchestre Herbert von Karajan. Porsche le présente comme l’unique 911 Turbo ayant reçu la carrosserie légère issue de la Carrera RS 3.0.

Design et différences avec les autres Porsche 911

Le signe extérieur le plus caractéristique de la 911 G reste son pare-chocs à soufflets. Cette solution permet de répondre aux normes de sécurité tout en conservant les proportions générales de la 911. Les voitures conservent également les phares ronds, le capot avant bas et la silhouette fastback qui définissent le modèle depuis ses débuts.

Les différences entre versions deviennent toutefois importantes. Les modèles atmosphériques à carrosserie étroite ne présentent pas l’apparence très large d’une Turbo. Cette dernière reçoit des ailes élargies, des roues plus imposantes et un aileron arrière spécifique. Les Carrera et SC connaissent également plusieurs évolutions de carrosserie et d’équipement au fil des millésimes.

La carrosserie Targa conserve son arceau fixe caractéristique et son toit amovible, tandis que le Cabriolet introduit au début des années 1980 apporte une véritable carrosserie ouverte à la gamme. La Carrera 3.2 Speedster va encore plus loin dans cette recherche d’allègement et de simplicité, avec une présentation spécifique de la partie arrière.

La distinction avec la génération précédente reste essentielle : la Porsche 911 Classic recouvre généralement les premières 911, tandis que la 911 G correspond à la deuxième génération. À l’autre extrémité de sa carrière, elle laisse place à la Porsche 911 964, qui inaugure une évolution technique beaucoup plus profonde tout en conservant les lignes fondamentales de la 911.

La production de la génération G s’achève en 1989 après près de seize années d’évolution. Les dernières Carrera 3.2 et Speedster appartiennent ainsi à la fin de cette longue période, juste avant la transition vers la nouvelle génération 964.