La Subaru Trezia apparaît au Japon en novembre 2010 avant de rejoindre l’Europe en 2011. Avec sa carrosserie cinq portes de moins de quatre mètres et son habitacle pensé pour cinq occupants, elle occupe un territoire inhabituel pour Subaru : celui du petit monospace polyvalent. Plus atypique encore, elle abandonne les deux signatures techniques alors fortement associées à la marque, le moteur boxer et la transmission intégrale généralisée. La Trezia européenne utilise des quatre cylindres en ligne montés transversalement et une traction avant.
Cette singularité s’explique par son origine. La Trezia est étroitement dérivée de la deuxième génération de Toyota Ractis, également connue en Europe sous le nom de Verso-S. Elle naît dans le cadre de la coopération industrielle entre Toyota et Fuji Heavy Industries, alors maison mère de Subaru. Il ne s’agit donc pas d’une petite Subaru entièrement développée autour d’une plate-forme maison, mais d’un modèle issu d’une base Toyota et adapté à l’identité de la marque.
Une Subaru née de la coopération avec Toyota
Fuji Heavy Industries lance officiellement la Trezia au Japon le 29 novembre 2010. Pour Subaru, l’opération permet de disposer rapidement d’une voiture compacte et habitable sur un marché japonais où les petits véhicules jouent un rôle essentiel. La marque avait déjà occupé ce terrain avec des modèles comme les Subaru R1 et R2, mais la Trezia répond à une logique différente : elle privilégie l’espace intérieur et la polyvalence familiale plutôt qu’un format de petite citadine originale.
La parenté avec Toyota est profonde. Plate-forme, architecture générale, silhouette, habitacle et groupes motopropulseurs sont largement partagés avec la Ractis de deuxième génération. La production japonaise est d’ailleurs assurée par Kanto Auto Works, entreprise alors liée à Toyota, dans son usine d’Iwate. Subaru ne se contente toutefois pas d’apposer ses emblèmes : ses équipes participent au projet et le modèle reçoit une présentation extérieure propre, particulièrement visible à l’avant.
La Trezia arrive en Europe au Salon de Genève 2011, puis sur le marché français au cours de la même année. Elle prend de fait la relève de la Subaru Justy dans le rôle de petite voiture polyvalente proposée par la marque. Son positionnement est néanmoins plus familial : toit haut, accès facile aux places arrière et coffre modulable la rapprochent davantage d’un minispace que d’une citadine traditionnelle.
Un petit monospace conçu autour de l’habitabilité
Avec environ 4 mètres de longueur pour 1,70 mètre de largeur et un empattement de 2,55 mètres, la Trezia exploite une emprise au sol réduite. Sa hauteur proche de 1,60 mètre permet en revanche de dégager davantage d’espace vertical. Le pare-brise avancé et le pavillon haut participent à cette recherche d’habitabilité sans imposer le gabarit d’un monospace compact traditionnel.
L’aménagement repose sur cinq places et une banquette arrière rabattable 60/40. Sur les versions européennes, le coffre est annoncé autour de 429 litres dans sa configuration normale et peut dépasser 1 300 litres une fois les dossiers arrière rabattus, selon la méthode de mesure retenue. Des commandes accessibles depuis le coffre facilitent le rabattement de la banquette. Cette modularité constitue l’un des principaux arguments du modèle face aux citadines classiques de dimensions comparables.
La Trezia reste ainsi très éloignée d’un véhicule familial Subaru comme la Subaru Exiga. Cette dernière est beaucoup plus grande et s’inscrit davantage dans la tradition technique de la marque. La Trezia vise au contraire les déplacements urbains et périurbains, avec un rayon de braquage contenu, une consommation modérée et des dimensions adaptées au stationnement.
Des moteurs Toyota plutôt que des moteurs boxer
Le contraste avec les Subaru contemporaines est particulièrement net sous le capot. Alors qu’une Subaru Impreza 3 repose sur un moteur boxer et peut recevoir une transmission intégrale, la Trezia européenne adopte un quatre cylindres en ligne transversal entraînant les roues avant. Cette architecture découle directement de sa base Toyota.
En Europe, l’offre comprend principalement un essence de 1 329 cm3 et un diesel de 1 364 cm3. Le premier développe 99 ch dans sa spécification européenne, avec un couple de 125 Nm. Il est associé à une boîte manuelle à six rapports. Le diesel 1.4 D-4D développe 90 ch et 205 Nm et peut être associé, selon les marchés et versions, à une boîte manuelle ou à une transmission robotisée à six rapports.
La gamme japonaise est différente. Au lancement, elle propose un 1.3 de 1 329 cm3 développant 95 PS ainsi qu’un 1.5 de 1 496 cm3 atteignant 109 PS dans certaines configurations à deux roues motrices. Ces versions utilisent une transmission à variation continue CVT. Surtout, le 1.5 peut être commandé avec quatre roues motrices. Dire que la Trezia est exclusivement une traction serait donc exact pour la gamme européenne, mais pas pour l’ensemble de la production mondiale.
Cette distinction entre marchés explique plusieurs chiffres apparemment contradictoires dans les documentations consacrées au modèle. Les puissances, transmissions, masses et même certaines dimensions diffèrent selon les homologations. La Trezia japonaise mesure généralement 3 990 mm de long, tandis que les spécifications européennes indiquent couramment 3 995 mm.
Fiche technique de la Subaru Trezia
| Caractéristique | Subaru Trezia Europe |
|---|---|
| Lancement | 2010 au Japon, 2011 en Europe |
| Carrosserie | 5 portes, 5 places |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant |
| Moteur essence | 4 cylindres en ligne, 1 329 cm3, DOHC 16 soupapes |
| Puissance essence | 99 ch, 73 kW |
| Couple essence | 125 Nm |
| Moteur diesel | 4 cylindres en ligne turbodiesel, injection directe common rail, 1 364 cm3 |
| Puissance diesel | 90 ch, 66 kW à 3 800 tr/min |
| Couple diesel | 205 Nm |
| Boîtes | Manuelle 6 rapports, robotisée 6 rapports sur certaines versions diesel |
| Structure | Monocoque en acier |
| Suspension avant | Jambes de force type MacPherson |
| Suspension arrière | Essieu à torsion |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique |
| Freins avant | Disques ventilés |
| Freins arrière | Montage variable selon version |
| Longueur | 3 995 mm environ |
| Largeur | 1 695 mm |
| Hauteur | 1 595 mm environ |
| Empattement | 2 550 mm |
| Voie avant | 1 470 mm environ |
| Voie arrière | 1 460 mm environ |
| Garde au sol | 140 mm environ |
| Poids à vide | Variable selon motorisation, équipement et norme de mesure, à partir d’environ 1 070 kg pour certaines 1.3 |
| Vitesse maximale 1.3 essence | Environ 170 km/h |
| Vitesse maximale 1.4 diesel | Environ 175 km/h |
| 0 à 100 km/h 1.4 diesel manuel | Environ 12,1 s |
| Consommation mixte normalisée 1.3 | Environ 5,5 l/100 km, cycle NEDC |
| Émissions de CO2 1.3 | Environ 127 g/km |
| Consommation mixte normalisée 1.4 diesel | Environ 4,3 l/100 km en boîte manuelle, cycle NEDC |
| Émissions de CO2 1.4 diesel | Environ 113 g/km en boîte manuelle |
| Réservoir | 42 litres |
| Volume de coffre | Environ 429 litres, jusqu’à environ 1 388 litres banquette rabattue |
| Pneumatiques | Montes variables selon finition, notamment en 16 pouces |
Une identité Subaru surtout visible dans le style
La silhouette générale révèle immédiatement la parenté avec la Toyota Ractis et la Verso-S. Les proportions sont pratiquement identiques, tout comme le dessin des portes, la surface vitrée et une grande partie de l’habitacle. Subaru concentre donc ses modifications sur les éléments capables de donner rapidement au véhicule une identité différente.
La face avant est le principal signe distinctif. La calandre reçoit l’emblème aux six étoiles et un dessin évoquant les codes Subaru de l’époque, tandis que le bouclier adopte une présentation plus dynamique. Les détails de finition et certains éléments arrière sont également adaptés. Ces différences n’en font toutefois pas une automobile techniquement indépendante de sa cousine Toyota.
Le marché japonais bénéficie d’une gamme plus développée. La 1.5i Type Euro est particulièrement intéressante puisqu’elle ne se limite pas à une présentation esthétique. Elle reçoit notamment un réglage de suspension spécifique, des roues de 16 pouces et des freins arrière à disque. Subaru cherche alors à donner à cette déclinaison un comportement plus dynamique et une définition davantage tournée vers les goûts européens.
Évolutions de 2011 à 2016
La carrière japonaise connaît plusieurs ajustements après le lancement. Une première évolution intervient en novembre 2011, accompagnée notamment d’une série Sport Limited. D’autres mises à jour suivent avant une modification plus importante en 2014. Cette dernière touche la présentation extérieure et intérieure ainsi que l’efficacité énergétique de certaines motorisations.
Au Japon, le 1.3 évolué bénéficie notamment de solutions destinées à réduire la consommation, dont un fonctionnement en cycle Atkinson et un système d’arrêt-redémarrage automatique sur certaines configurations. La Trezia poursuit sa carrière japonaise jusqu’en 2016. Son parcours européen est plus court : introduite en 2011, elle disparaît du catalogue quelques années plus tard, les dernières versions françaises étant référencées en 2014.
La Trezia n’a jamais bénéficié de l’image sportive ou de la diffusion internationale des Subaru les plus connues. Elle reste cependant révélatrice d’une période où la marque cherche à couvrir des segments sur lesquels ses architectures traditionnelles sont moins adaptées. Sa production par un partenaire Toyota, ses moteurs en ligne et l’existence d’une traction avant en Europe en font l’une des Subaru de série les plus atypiques du début des années 2010.




