Présentée en 2007, la troisième génération de Subaru Impreza marque une rupture importante dans l’histoire de la compacte japonaise. Subaru conserve ses fondamentaux techniques, notamment le moteur Boxer et la transmission intégrale sur les versions européennes, mais transforme profondément la carrosserie, le châssis et le positionnement du modèle. La cinq portes à hayon devient la silhouette centrale de la gamme, avec l’objectif de rendre l’Impreza plus pratique et plus accessible au quotidien.
Cette évolution succède à la Subaru Impreza 2, génération dont l’image avait été fortement façonnée par les versions sportives et la compétition. Avec l’Impreza 3, Subaru cherche davantage d’habitabilité et de confort sans abandonner l’architecture mécanique particulière qui distingue la lignée depuis ses débuts.
Une troisième génération profondément remaniée en 2007
La nouvelle Impreza est dévoilée au Salon de New York en avril 2007, avant son lancement au Japon en juin. Son arrivée en Europe intervient dans le courant de la même année. Elle s’inscrit dans l’évolution d’une Subaru Impreza apparue au début des années 1990, mais adopte une formule sensiblement différente de celle de ses devancières.
Le changement le plus visible concerne la cinq portes. Alors que la génération précédente proposait notamment une berline et un break, Subaru adopte désormais une compacte à hayon aux proportions plus conventionnelles. Une berline quatre portes est également commercialisée sur certains marchés. La cinq portes mesure 4 415 mm de long, tandis que la berline atteint 4 580 mm en conservant un empattement identique de 2 620 mm.
Cet empattement progresse de 95 mm par rapport à la génération précédente. Subaru profite de cette évolution pour améliorer l’espace disponible dans l’habitacle tout en travaillant la rigidité de la coque. Des aciers à haute résistance sont davantage employés et plusieurs points structurels sont renforcés. Le constructeur modifie également l’implantation mécanique en abaissant l’avant du moteur de 22 mm, une évolution cohérente avec la recherche d’un centre de gravité bas propre à l’architecture Boxer.
Le châssis évolue surtout à l’arrière. Les anciennes jambes de force laissent place à une suspension à doubles triangles. Plus compacte dans son implantation, cette solution libère de l’espace autour du coffre et vise simultanément une meilleure maîtrise des mouvements de caisse et davantage de confort. À l’avant, l’Impreza conserve une architecture à jambes de force, elle aussi retravaillée.
Des moteurs Boxer essence au Boxer Diesel
En France, le coeur de la gamme repose initialement sur deux moteurs essence atmosphériques à quatre cylindres à plat. Le 1,5 litre développe 107 ch et 142 Nm, tandis que le 2,0 litres atteint 150 ch et 196 Nm. Ces mécaniques sont associées à la transmission intégrale Symmetrical AWD caractéristique des Impreza européennes de cette période. Une boîte manuelle à cinq rapports équipe les principales versions, tandis qu’une automatique à quatre rapports est proposée avec certaines motorisations.
L’évolution mécanique la plus remarquable intervient en 2008 avec l’arrivée du 2.0D. Ce quatre cylindres Boxer turbodiesel de 1 998 cm3 délivre 150 ch à 3 600 tr/min et 350 Nm entre 1 800 et 2 400 tr/min. Il utilise une injection directe à rampe commune, un turbocompresseur à géométrie variable et une boîte manuelle à six rapports. Avec 5,8 l/100 km annoncés en cycle mixte et 152 g/km de CO2 dans sa configuration française de lancement, il répond directement à l’importance alors prise par le diesel sur le marché européen.
Cette mécanique ne constitue pas une particularité isolée de l’Impreza. Subaru déploie son Boxer Diesel dans plusieurs modèles européens, notamment le Subaru Forester 3. La marque tente ainsi d’associer les attentes européennes en matière de consommation à ses choix techniques traditionnels, en particulier le moteur à cylindres opposés et la transmission intégrale.
Fiche technique de la Subaru Impreza 3
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Année de lancement | 2007 |
| Segment | Compacte, segment C |
| Carrosseries | 5 portes à hayon, berline 4 portes selon les marchés |
| Architecture moteur | 4 cylindres à plat Boxer, moteur longitudinal avant |
| 1.5 essence | 1 498 cm3, atmosphérique, 107 ch à 6 000 tr/min, 142 Nm à 3 200 tr/min |
| 2.0 essence | 1 994 cm3, atmosphérique, 150 ch à 6 400 tr/min, 196 Nm à 3 200 tr/min |
| 2.0D | 1 998 cm3, turbodiesel à injection directe common rail, 150 ch à 3 600 tr/min, 350 Nm de 1 800 à 2 400 tr/min |
| Transmission | Transmission intégrale Symmetrical AWD sur les versions françaises documentées |
| Boîtes | Manuelle 5 rapports sur essence, automatique 4 rapports selon version, manuelle 6 rapports sur 2.0D |
| Structure | Coque monocoque, emploi accru d’aciers à haute résistance |
| Suspension avant | Jambes de force |
| Suspension arrière | Doubles triangles |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freins | Disques aux quatre roues sur plusieurs versions, dimensions variables selon motorisation |
| Pneus | 195/65 R15 sur certaines 1.5, 205/55 R16 sur certaines 2.0 R, 205/50 R17 sur certaines 2.0 R-S |
| Longueur | 4 415 mm en 5 portes, 4 580 mm en berline |
| Largeur | 1 740 mm |
| Hauteur | Environ 1 475 mm |
| Empattement | 2 620 mm |
| Voies | Avant 1 495 mm, arrière 1 495 à 1 500 mm selon version |
| Poids | Environ 1 310 à 1 410 kg selon version documentée |
| Vitesse maximale 1.5 107 | Environ 175 km/h |
| 0 à 100 km/h 1.5 107 | Environ 14 s |
| Vitesse maximale 2.0 150 manuelle | Environ 193 km/h |
| 0 à 100 km/h 2.0 150 manuelle | Environ 9,6 s |
| Vitesse maximale 2.0D 150 | 205 km/h |
| 0 à 100 km/h 2.0D 150 | 8,6 s |
| Consommation mixte 1.5 | Environ 7,5 l/100 km |
| Consommation mixte 2.0 essence | Environ 8,4 l/100 km selon version |
| Consommation mixte 2.0D | 5,8 l/100 km |
| Réservoir | 60 l sur plusieurs versions essence, 64 l sur le 2.0D français documenté |
WRX et WRX STI, des versions à distinguer de l’Impreza civile
L’histoire de l’Impreza rend presque inévitable l’évocation de ses variantes sportives, mais leurs caractéristiques ne doivent pas être confondues avec celles des 1.5, 2.0 et 2.0D. La troisième génération donne également naissance à la Subaru Impreza WRX, dotée d’une mécanique turbocompressée et d’un châssis adapté à des performances très supérieures à celles de la gamme atmosphérique.
Plus radicale encore, la Subaru Impreza WRX STI devient la principale vitrine sportive de cette famille. Selon les marchés, les appellations, puissances et configurations diffèrent, raison pour laquelle les données d’une WRX ou d’une STI ne peuvent pas être utilisées pour décrire une Impreza 3 standard. Les codes de châssis suivent également cette diversité : les références GE et GH apparaissent dans la famille civile, tandis que GR est notamment associé à certaines déclinaisons sportives.
La troisième génération sert par ailleurs de base à l’Impreza WRC2008. Cette voiture de compétition apparaît en Championnat du monde des rallyes pendant la dernière saison de l’engagement officiel de Subaru avant le retrait de la marque à la fin de 2008. Malgré sa parenté visuelle avec la voiture de série, sa conception et ses caractéristiques relèvent d’une véritable voiture de course et non d’une simple Impreza routière modifiée.
Un style plus compact et une vocation plus polyvalente
L’Impreza 3 se reconnaît immédiatement à sa rupture avec les lignes de la génération précédente. La cinq portes reçoit un hayon incliné, de grands blocs optiques avant étirés vers les ailes et une calandre trapézoïdale. L’allongement de l’empattement associé à une longueur contenue donne davantage d’importance à l’habitacle et réduit visuellement les porte-à-faux.
Ce dessin accompagne un repositionnement plus large. Subaru ne renonce ni à la transmission intégrale ni au Boxer, mais l’Impreza n’est plus présentée uniquement à travers son image sportive. La carrosserie à hayon, le train arrière plus compact et l’habitabilité accrue répondent aux attentes d’une compacte familiale européenne ou japonaise, tandis que les WRX et STI prennent en charge la dimension la plus performante de la gamme.
Cette architecture contribue aussi à préparer une diversification de la famille. Le Subaru XV apparaît ensuite comme une interprétation surélevée et plus typée crossover de l’Impreza, avant que Subaru ne donne progressivement davantage d’autonomie commerciale à cette appellation.
Une génération dont les dates varient selon les marchés
La période de commercialisation de l’Impreza 3 demande de distinguer les versions civiles des dérivés sportifs. La génération débute sans ambiguïté en 2007, mais sa date de fin n’est pas universelle. Le renouvellement de l’Impreza intervient à des moments différents selon les pays, tandis que certaines WRX et STI rattachées à cette génération poursuivent leur carrière après le remplacement des versions ordinaires.
Cette particularité explique également pourquoi certaines bases de données attribuent à tort l’appellation Impreza III à des voitures datées de 2006 ou du début de 2007. Une Impreza affichant encore l’empattement d’environ 2,52 m et les proportions de la génération GD/GG appartient à la génération précédente. La véritable Impreza 3 introduite en 2007 se caractérise notamment par son empattement de 2 620 mm et par sa nouvelle architecture de carrosserie.
La relève est assurée progressivement par la Subaru Impreza 4. Cette transition confirme l’évolution amorcée en 2007 : l’Impreza civile poursuit sa carrière comme compacte polyvalente, tandis que les versions sportives finissent par s’émanciper davantage de la gamme classique, jusqu’à faire de WRX une lignée distincte sur les générations suivantes.




