Subaru Forester 3

Subaru Forester 3

Dévoilé au Japon le 25 décembre 2007 puis commercialisé en Europe en 2008, le Subaru Forester 3 correspond à la troisième génération du SUV compact de la marque, identifiée par le code SH. Il marque une évolution importante dans l’histoire du Subaru Forester : sa silhouette abandonne en partie l’allure de break surélevé des premiers modèles pour adopter des proportions nettement plus proches de celles d’un SUV, tout en conservant les fondamentaux techniques de Subaru, moteur Boxer et transmission intégrale.

Une confusion existe dans certaines bases automobiles françaises, qui appliquent parfois l’appellation Forester III au modèle apparu en 2012-2013. Dans la chronologie officielle de Subaru, le Forester SH lancé fin 2007 est bien la troisième génération. Son successeur, de code SJ, constitue la quatrième.

Une troisième génération plus affirmée

Le Forester SH succède au Subaru Forester 2 de génération SG. Subaru développe le nouveau modèle autour du concept de « Best Package for Active Life », avec l’objectif de renforcer sa polyvalence familiale et son identité de SUV. La carrosserie devient plus imposante et l’habitacle gagne en espace, sans remettre en cause l’architecture mécanique caractéristique du modèle.

Le changement de proportions est significatif. Avec 4,56 m de longueur et 1,78 m de largeur, le Forester 3 repose sur un empattement de 2,615 m, soit 90 mm de plus que son prédécesseur. Sa largeur augmente également de 45 mm. Cette croissance profite notamment à l’espace intérieur et donne au véhicule une présence plus robuste, renforcée par une garde au sol importante.

Le style accompagne cette transformation. Les passages de roues deviennent plus marqués, le pavillon reste haut et les surfaces vitrées généreuses préservent la visibilité. La face avant reçoit une calandre entourée de chrome et de grands projecteurs, tandis que les feux arrière verticaux participent à l’identification du SH. Malgré cette évolution, le dessin reste relativement sobre par rapport aux SUV plus démonstratifs qui se développent à la même période.

Boxer et transmission intégrale au coeur du Forester 3

La mécanique reste fidèle à l’identité Subaru. Le moteur est installé longitudinalement à l’avant et adopte une architecture à cylindres opposés horizontalement. Cette disposition permet de maintenir le groupe motopropulseur relativement bas. Associée à la transmission Symmetrical AWD, elle rapproche techniquement le Forester de modèles comme la Subaru Impreza, même si leurs usages et leurs carrosseries diffèrent nettement.

La transmission intégrale varie selon la boîte et le marché. Les versions à boîte manuelle utilisent notamment un différentiel central associé à un coupleur visqueux, tandis que certaines versions automatiques emploient un système Active Torque Split répartissant activement le couple entre les essieux. Il ne faut donc pas réduire tous les Forester SH à un unique fonctionnement de transmission.

Le châssis évolue également. Subaru conserve des jambes de force à l’avant mais adopte à l’arrière une suspension indépendante à doubles triangles montée sur un sous-châssis. Cette architecture contribue à la tenue de route tout en réduisant l’encombrement de la suspension dans la zone de chargement. La structure de caisse bénéficie du principe Ring-Shaped Reinforcement Frame et d’aciers à haute résistance sur plusieurs éléments.

Avec une garde au sol généralement annoncée à 215 mm sur les versions européennes courantes, le Forester conserve des aptitudes sur chemins inhabituelles pour un crossover directement dérivé d’une architecture de voiture particulière. Sa conception cherche ainsi un compromis entre comportement routier, motricité sur revêtement difficile et facilité d’utilisation quotidienne.

Essence et Boxer Diesel en Europe

La gamme varie sensiblement d’un continent à l’autre. Au Japon, le lancement s’effectue notamment avec les 2.0X et 2.0XS atmosphériques ainsi que le 2.0XT turbocompressé. L’Amérique du Nord privilégie les moteurs 2,5 litres, atmosphériques ou turbo. En France, le Forester 3 est surtout associé au quatre cylindres Boxer 2.0 essence de 150 ch et au 2.0D Diesel de 147 ch.

Le moteur essence de 1 994 cm3 développe 150 ch et 196 Nm dans sa spécification française courante. Il peut être associé à une boîte manuelle à cinq rapports ou, selon version, à une transmission automatique à quatre rapports. Les déclinaisons turbocompressées proposées sur certains marchés prolongent parallèlement la tradition du Subaru Forester XT, avec des performances qui ne doivent pas être attribuées aux versions atmosphériques vendues en France.

L’événement mécanique majeur pour l’Europe intervient en 2008 avec l’arrivée du Boxer Diesel EE20. Ce quatre cylindres à plat de 1 998 cm3 utilise une injection directe common rail et un turbocompresseur. Il développe 147 ch à 3 600 tr/min et surtout 350 Nm entre 1 800 et 2 400 tr/min. Associé à une boîte manuelle à six rapports et à la transmission intégrale, il répond directement aux attentes du marché européen de l’époque, alors très favorable au Diesel.

Cette mécanique constitue une particularité remarquable du Forester 3 européen. Les moteurs Diesel à cylindres opposés horizontalement sont extrêmement rares dans l’industrie automobile, et Subaru exploite cette architecture pour conserver la disposition générale de ses groupes Boxer tout en proposant davantage de couple et une consommation normalisée inférieure à celle des versions essence.

Fiche technique du Subaru Forester 3

CaractéristiqueDonnées
GénérationTroisième génération, type SH
Présentation25 décembre 2007 au Japon
Commercialisation principale2007-2012 à l’international, à partir de 2008 en Europe
CarrosserieSUV crossover 5 portes, 5 places
StructureMonocoque acier, Ring-Shaped Reinforcement Frame
Implantation moteurLongitudinale avant
Moteur essence France4 cylindres Boxer atmosphérique, 1 994 cm3
Puissance essence150 ch à 6 000 tr/min
Couple essence196 Nm à 3 200 tr/min
Moteur Diesel Europe4 cylindres Boxer turbo Diesel, 1 998 cm3, injection directe common rail
Puissance Diesel147 ch à 3 600 tr/min
Couple Diesel350 Nm de 1 800 à 2 400 tr/min
TransmissionTransmission intégrale Symmetrical AWD
BoîtesManuelle 5 rapports sur plusieurs versions essence, automatique 4 rapports selon version, manuelle 6 rapports sur 2.0D européen
Suspension avantJambes de force
Suspension arrièreIndépendante à doubles triangles
FreinsDisques aux quatre roues, ABS et assistance au freinage
Longueur4 560 mm
Largeur1 780 mm
HauteurEnviron 1 700 mm selon version et équipement
Empattement2 615 mm
Garde au solEnviron 215 mm sur les versions européennes courantes
PoidsEnviron 1 485 à 1 570 kg selon moteur, transmission, finition et méthode de mesure
Pneumatiques215/65 R16 ou 225/55 R17 selon version
Vitesse maximale 2.0 essence 150 chEnviron 184 km/h selon version
0 à 100 km/h 2.0 essence 150 chEnviron 11 s selon version
Vitesse maximale 2.0DEnviron 186 km/h selon version
Consommation mixte 2.0 essenceEnviron 8,4 l/100 km en cycle NEDC selon version
Consommation mixte 2.0DEnviron 6,3 à 6,4 l/100 km en cycle NEDC selon version

Un SUV compact dans une gamme Subaru très typée

Le Forester 3 occupe une place particulière dans la gamme de la fin des années 2000. Il offre une position de conduite haute et une carrosserie plus verticale que les modèles routiers de la marque, mais reste plus compact que le Subaru Tribeca, conçu pour répondre à des besoins familiaux supérieurs et notamment proposé avec une architecture à sept places sur certains marchés.

Face au Subaru Outback 3, le Forester privilégie également une silhouette de SUV plus courte et plus haute. L’Outback conserve davantage l’esprit d’un break routier surélevé. Cette coexistence illustre la stratégie de Subaru : proposer plusieurs carrosseries autour d’éléments techniques communs, en particulier le moteur Boxer et les quatre roues motrices.

L’équipement du Forester SH dépend fortement des marchés et des finitions. En France, les appellations X, XS et XS Club apparaissent notamment dans la gamme. Les versions supérieures peuvent recevoir des roues de 17 pouces et davantage d’équipements de confort, tandis que le contrôle de stabilité VDC et diverses aides liées à la transmission renforcent la dimension sécuritaire du véhicule.

Le modèle reste en revanche éloigné d’un véritable tout-terrain à châssis séparé. Sa caisse monocoque, ses quatre roues indépendantes et son architecture issue de la philosophie des voitures particulières Subaru favorisent d’abord la polyvalence. Sa transmission intégrale permanente ou gérée automatiquement selon la configuration, combinée à une garde au sol généreuse, lui permet toutefois d’aborder les routes dégradées et les chemins avec davantage d’aisance qu’un crossover à simple traction.

Évolutions et remplacement par le Forester SJ

La carrière du Forester 3 est ponctuée d’évolutions dont le contenu varie selon les régions. Subaru fait notamment évoluer sa gamme autour de 2010-2011, avec des changements de présentation, d’équipement et de motorisations. Le Japon reçoit par exemple une S-Edition et des évolutions mécaniques qui ne correspondent pas exactement au catalogue européen. Cette diversité explique les différences importantes entre les fiches techniques d’un Forester SH japonais, nord-américain et français.

La troisième génération est progressivement remplacée à partir de 2012 par le Subaru Forester 4 de génération SJ, commercialisé sur certains marchés comme modèle 2013. Ce changement explique aussi le chevauchement rencontré dans certaines bases de données françaises, où des Forester SH peuvent encore apparaître avec une première mise en circulation en 2013.

Le SH reste identifiable par les choix qui accompagnent la transformation du Forester à la fin des années 2000 : empattement sensiblement allongé, carrosserie plus haute et plus large, suspension arrière à doubles triangles et style davantage typé SUV. En Europe, l’arrivée du 2.0D lui ajoute une autre caractéristique propre à cette période de l’histoire Subaru : l’association d’un moteur Boxer Diesel, d’une boîte manuelle à six rapports et de la transmission intégrale.