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Présentée en 1976, la Porsche 935 est une voiture de compétition développée par Porsche pour les courses de voitures de sport dérivées de modèles de série. Issue de la 911 Turbo type 930, elle est conçue pour répondre à la réglementation du Groupe 5, qui autorise d’importantes transformations de la carrosserie et de la mécanique. Elle devient l’une des voitures emblématiques de cette catégorie grâce à ses performances, à ses évolutions successives et à ses résultats en endurance.
La 935 conserve l’architecture générale de la 911, avec un moteur arrière et une carrosserie reconnaissable, mais sa conception est entièrement orientée vers la compétition. Au fil de son développement, Porsche en fait une machine de plus en plus spécialisée, capable de rivaliser avec les prototypes sur certaines épreuves d’endurance.
Une voiture de course dérivée de la Porsche 911 Turbo
La Porsche 935 est développée à partir de la Porsche 911 Turbo de type 930, modèle routier qui fournit la base technique et réglementaire du projet. La réglementation du Groupe 5 impose un lien avec une voiture de production, tout en permettant des modifications importantes pour améliorer les performances sur circuit.
La 935 reprend ainsi la silhouette et l’implantation mécanique caractéristiques de la 911, mais reçoit une carrosserie élargie, des éléments aérodynamiques spécifiques et une mécanique profondément adaptée. Les ailes élargies permettent notamment d’accueillir des voies plus larges et des pneumatiques de compétition. L’objectif est d’optimiser la motricité, la stabilité et le comportement à haute vitesse.
La filiation avec la Porsche 930 ne signifie pas que les deux voitures sont techniquement identiques. La 930 est une sportive homologuée pour la route, tandis que la 935 est une voiture de course dont les organes, les réglages et la carrosserie évoluent en fonction des exigences de la compétition. Les liens entre les deux concernent surtout la base du projet et son architecture générale.
La 935 s’inscrit également dans la lignée de la Porsche 911, dont elle conserve la disposition du moteur en porte-à-faux arrière. Cette configuration procure une motricité importante à l’accélération, mais impose un travail spécifique sur les suspensions, l’équilibre et l’aérodynamique afin de maîtriser le comportement de la voiture à grande vitesse.
Fiche technique de la Porsche 935
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Année de présentation | 1976 |
| Constructeur | Porsche |
| Type | Voiture de compétition |
| Catégorie réglementaire | Groupe 5 |
| Modèle de base | Porsche 911 Turbo type 930 |
| Architecture | Moteur arrière en porte-à-faux |
| Moteur | Six cylindres à plat, turbocompressé |
| Cylindrée de la version initiale | Environ 2,85 litres |
| Alimentation | Injection et turbocompresseur |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle de compétition |
| Carrosserie | Coupé deux portes, profondément modifié pour la course |
| Structure | Base de 911 modifiée selon la réglementation Groupe 5 |
| Suspensions | Indépendantes, adaptées à la compétition |
| Freins | Disques aux quatre roues |
Le développement de la 935 et ses principales évolutions
La première 935 apparaît en 1976, dans le cadre du programme sportif de Porsche en Groupe 5. Elle bénéficie d’un moteur six cylindres à plat suralimenté, dérivé de la famille mécanique de la 911 Turbo. La puissance et les réglages évoluent selon les versions, les contraintes réglementaires et les besoins des différentes épreuves.
En 1977, Porsche poursuit le développement de la voiture avec une évolution destinée à améliorer ses performances et sa fiabilité. Les modifications touchent notamment la gestion du moteur, le refroidissement et les réglages du châssis. La 935 devient une plateforme de compétition évolutive plutôt qu’un modèle figé, avec des configurations adaptées aux circuits et aux équipes engagées.
La version dite « Baby » constitue une déclinaison particulière du programme. Elle reçoit un moteur de plus petite cylindrée, autour de 1,4 litre, afin de profiter d’un classement réglementaire différent. Allégée et conçue pour des courses spécifiques, elle démontre la capacité de Porsche à adapter la 935 aux opportunités offertes par le règlement.
En 1978, la 935/78, surnommée « Moby Dick », représente une transformation encore plus radicale. Sa carrosserie allongée et son aérodynamique spécifique la distinguent nettement des versions précédentes. Elle reçoit un moteur de trois litres environ, avec une puissance fortement accrue par rapport aux premières configurations. Cette évolution vise notamment les courses d’endurance rapides, où la vitesse de pointe et l’efficacité aérodynamique jouent un rôle déterminant.
Les appellations 935, 935/77, 935 Baby et 935/78 désignent donc des évolutions différentes d’une même famille de voitures de course. Elles ne doivent pas être confondues avec les voitures construites par des préparateurs indépendants, qui développent leurs propres variantes à partir de la base Porsche.
La Porsche 935 en compétition
La 935 est conçue pour les courses de voitures de sport, notamment les épreuves disputées sous réglementation Groupe 5. Elle se distingue par l’association d’un moteur turbocompressé et d’une architecture à moteur arrière, qui favorise la motricité à la sortie des virages. La suralimentation permet d’obtenir un niveau de puissance élevé, mais demande une gestion précise de la réponse du moteur et de la température des organes mécaniques.
En championnat du monde des voitures de sport, Porsche remporte avec la 935 plusieurs titres majeurs à la fin des années 1970. La voiture s’impose également dans des courses d’endurance et dans des championnats nationaux, où elle est engagée par l’usine ou par des équipes privées. Sa capacité à être adaptée à différents circuits contribue à la longévité de son programme sportif.
La 935 est notamment associée aux 24 Heures du Mans, où les voitures de cette famille participent à plusieurs éditions. La diversité des versions et des préparations rend toutefois nécessaire de distinguer les voitures d’usine des exemplaires engagés par des équipes indépendantes. Les résultats obtenus dépendent de la configuration, de l’équipe et de l’année considérée.
La réglementation Groupe 5 autorise des transformations importantes, ce qui favorise l’apparition de voitures aux carrosseries et aux performances très différentes malgré une base commune. La 935 illustre cette liberté technique : au cours de sa carrière, elle évolue d’une 911 Turbo de compétition relativement proche dans sa silhouette vers des machines dotées de carrosseries et d’organes beaucoup plus spécifiques.
Les versions construites par les préparateurs
La popularité de la 935 conduit plusieurs préparateurs à développer leurs propres voitures à partir de la base Porsche. Ces réalisations ne sont pas toutes des versions officielles conçues par l’usine, même si elles reprennent le nom 935 et partagent une partie de leur conception avec les modèles d’origine.
La Kremer K3 est l’une des variantes les plus connues. Développée par l’équipe allemande Kremer Racing, elle bénéficie de modifications propres au préparateur, notamment au niveau de la carrosserie et de la mise au point. Elle remporte les 24 Heures du Mans en 1979, engagée par l’équipe Kremer. Cette victoire est associée à une voiture construite et préparée par Kremer, et non à une 935 d’usine identique aux versions officielles.
D’autres équipes adaptent la 935 aux règlements et aux compétitions auxquelles elles participent. Certaines réalisations reçoivent des carrosseries spécifiques, des moteurs préparés ou des évolutions techniques qui les éloignent progressivement de la configuration initiale. Cette diversité explique pourquoi le nom 935 peut désigner plusieurs voitures apparentées, mais pas nécessairement identiques.
La place de la 935 dans l’histoire des Porsche de compétition
La Porsche 935 appartient à une génération de voitures de course dérivées de modèles de série, développées dans un cadre réglementaire qui autorise des transformations poussées. Elle se distingue des prototypes d’endurance conçus autour d’une architecture spécifique, même si certaines versions de 935 atteignent des performances qui les rapprochent, sur certains circuits, de voitures plus radicalement dédiées à la compétition.
Les Porsche 956 et Porsche 962 appartiennent à une étape ultérieure de l’histoire sportive de la marque. Ce sont des prototypes d’endurance développés selon d’autres règlements et reposant sur une conception différente. Ils ne constituent pas des successeurs directs de la 935, mais permettent de situer l’évolution du programme Porsche vers des voitures conçues spécifiquement pour les grandes courses d’endurance.
La Porsche 935 reste ainsi étroitement liée à la période du Groupe 5 et à l’exploitation sportive de la base 911 Turbo. Sa carrière, prolongée par les préparations indépendantes et les évolutions techniques successives, témoigne de la place qu’occupent les voitures dérivées de modèles de série dans l’histoire de la compétition automobile.





