Lexus Rx 400h

Lexus Rx 400h

Commercialisé en Europe en 2005, le Lexus Rx 400h occupe une place particulière dans l’histoire des SUV hybrides. Lexus ne s’est pas contenté d’électrifier un modèle existant pour réduire sa consommation : la marque a utilisé l’assistance électrique pour offrir les performances attendues d’un SUV premium puissant tout en limitant l’appétit du V6 essence. Cette approche explique son appellation. Le nombre 400 ne désigne pas une cylindrée de 4,0 litres, mais le niveau de performances que Lexus associait alors à un moteur conventionnel de cette catégorie.

Le modèle appartient à la deuxième génération du Lexus Rx 2. Sa carrosserie reste donc très proche de celle des RX thermiques contemporains, mais sa chaîne de traction est profondément différente. Avec un V6 de 3,3 litres, deux moteurs électriques et une transmission intégrale dont l’essieu arrière est entraîné électriquement, le RX 400h constituait une proposition encore inhabituelle au milieu des années 2000.

Le premier RX hybride de série

La deuxième génération du RX apparaît en 2003. Lexus développe parallèlement sa déclinaison hybride et présente la version de production du RX 400h au salon de Detroit en janvier 2004. Le véhicule est ensuite montré en Europe avant son lancement commercial en 2005. Sa carrière se poursuit jusqu’en 2009.

Le projet transpose au segment premium le principe du Hybrid Synergy Drive développé au sein du groupe Toyota. L’enjeu est cependant différent de celui d’une berline hybride principalement tournée vers l’efficience. Le RX doit rester silencieux, confortable, performant et capable de transmettre sa puissance aux quatre roues. L’électrification devient donc simultanément un moyen de réduire la consommation et d’améliorer les prestations du groupe motopropulseur.

Le RX 400h s’inscrit ainsi dans la continuité de la famille Lexus Rx, mais il introduit l’hybridation dans cette lignée. Il joue aussi un rôle important dans l’évolution de Lexus, qui étendra ensuite cette technologie à plusieurs catégories de véhicules premium.

Un V6 3,3 litres associé à deux moteurs électriques

Le moteur thermique est le V6 atmosphérique 3MZ-FE de 3 311 cm³. Il développe 155 kW, soit 211 ch, et 288 Nm. Sa cylindrée le rapproche du Lexus Rx 330 proposé sur certains marchés, mais le RX 400h ajoute une architecture électrique beaucoup plus élaborée.

Le moteur électrique principal est installé à l’avant. Il développe 123 kW, soit 167 ch, avec un couple maximal de 333 Nm. Un second moteur électrique entraîne l’essieu arrière. La puissance maximale combinée du système atteint 200 kW, soit 272 ch selon la norme DIN utilisée en Europe. Additionner directement les puissances maximales du V6 et des moteurs électriques donnerait un résultat erroné, car leurs valeurs maximales ne sont pas délivrées simultanément.

La gestion de l’énergie repose sur une batterie nickel-métal-hydrure haute tension installée sous la banquette arrière. Le RX 400h n’est pas rechargeable sur une prise : la batterie récupère notamment l’énergie lors des décélérations et du freinage. Le véhicule peut se déplacer ponctuellement grâce à l’électricité seule lorsque les conditions le permettent, mais il n’a pas été conçu pour offrir une autonomie électrique comparable à celle d’un hybride rechargeable.

La transmission E-CVT assure la répartition de la puissance sans boîte automatique conventionnelle à rapports fixes. À l’arrière, le système E-Four constitue l’une des particularités techniques majeures du modèle : l’essieu arrière dispose de son propre moteur électrique et n’a donc pas besoin d’être relié mécaniquement au groupe avant par un arbre de transmission traditionnel. La gestion électronique fait intervenir cet entraînement en fonction des besoins de motricité.

Performances et consommation du RX 400h

Avec 272 ch combinés, le RX 400h ne cherche pas seulement à économiser du carburant. Lexus annonçait un 0 à 100 km/h en 7,6 secondes et une vitesse maximale de 200 km/h. Ces performances étaient particulièrement significatives pour un SUV hybride de plus de deux tonnes au milieu des années 2000.

Son intérêt réside surtout dans la manière dont l’assistance électrique complète le V6. Le couple disponible immédiatement au niveau des moteurs électriques facilite les démarrages et les reprises, tandis que l’E-CVT gère continuellement le fonctionnement du groupe motopropulseur. Cette architecture produit un comportement très différent de celui d’un RX à boîte automatique classique.

Sur le cycle européen NEDC alors en vigueur, la consommation homologuée atteint 8,1 l/100 km en cycle mixte, avec 9,1 l/100 km en ville et 7,6 l/100 km en parcours extra-urbain. Les émissions de CO2 sont données pour 192 g/km. Ces valeurs doivent être replacées dans le contexte d’un protocole d’homologation ancien et ne sont pas directement comparables aux mesures WLTP actuelles.

Cette combinaison entre performances et consommation distingue nettement le modèle du Lexus Rx 300 thermique commercialisé en Europe. L’hybridation n’était donc pas une simple déclinaison économique : elle constituait la caractéristique technique centrale du RX 400h.

Fiche technique de la Lexus Rx 400h

CaractéristiqueLexus Rx 400h
Période de commercialisation2005 à 2009
CarrosserieSUV 5 portes, 5 places
StructureMonocoque
Moteur thermiqueV6 essence atmosphérique 3MZ-FE, 24 soupapes
Cylindrée3 311 cm³
Alésage x course92 x 83 mm
Rapport volumétrique10,5:1
Puissance du V6155 kW, 211 ch à 5 600 tr/min
Couple du V6288 Nm à 4 400 tr/min
Moteur électrique avantSynchrone, 123 kW, 167 ch, 333 Nm
Moteur électrique arrièreEnviron 50 kW, 68 ch
Puissance combinée200 kW, 272 ch DIN
BatterieNickel-métal-hydrure, 288 V
ImplantationV6 transversal avant, moteurs électriques avant et arrière
TransmissionIntégrale électrique E-Four
BoîteTransmission hybride E-CVT
DirectionCrémaillère à assistance électrique EPS
FreinageQuatre disques, récupération d’énergie, gestion électronique ECB
Aides dynamiquesABS, EBD, assistance au freinage, VDIM
Pneumatiques courants en Europe235/55 R18
LongueurEnviron 4 760 mm
Largeur1 845 mm
HauteurEnviron 1 680 mm
EmpattementEnviron 2 720 mm
Voie avantEnviron 1 575 mm
Voie arrièreEnviron 1 550 à 1 555 mm
Poids à videEnviron 2 040 à 2 075 kg selon finition et méthode de mesure
PTACEnviron 2 505 kg
0 à 100 km/h7,6 s
Vitesse maximale200 km/h
Consommation NEDC urbaine9,1 l/100 km
Consommation NEDC extra-urbaine7,6 l/100 km
Consommation NEDC mixte8,1 l/100 km
Émissions de CO2192 g/km
Réservoir65 litres
ProductionJapon, usine de Kyushu

Un RX II reconnaissable à quelques détails spécifiques

Visuellement, le RX 400h reste volontairement proche des autres versions de la deuxième génération. Il conserve la silhouette caractéristique du RX II, avec une carrosserie aux volumes arrondis et une ligne davantage apparentée à un crossover routier qu’à un tout-terrain traditionnel. Il ne faut donc pas chercher une carrosserie entièrement nouvelle propre à l’hybride.

Plusieurs éléments permettent néanmoins de le distinguer. Lexus adapte notamment la face avant et la calandre aux besoins de refroidissement de la chaîne hybride, tandis que le bouclier et l’intégration des antibrouillards présentent des particularités. Les jantes de 18 pouces et les éléments d’identification liés à l’hybridation complètent ces différences selon les marchés et les finitions.

L’habitacle traduit plus directement le changement mécanique. L’instrumentation remplace le compte-tours conventionnel par un indicateur lié au fonctionnement de la chaîne hybride. Sur les voitures dotées du système de navigation, l’écran central peut également représenter les flux d’énergie entre le moteur thermique, les moteurs électriques et la batterie.

Le RX 400h ne doit pas non plus être confondu avec le Lexus Rx 350. Celui-ci repose sur une mécanique essence conventionnelle, tandis que l’identité du 400h vient précisément de l’association entre son V6 3,3 litres et la chaîne hybride à deux moteurs électriques.

Du RX 400h au RX 450h

Le RX 400h a servi de point de départ à une stratégie d’hybridation beaucoup plus large chez Lexus. Son architecture démontrait qu’un véhicule premium relativement lourd pouvait exploiter l’électricité non seulement pour réduire sa consommation, mais également pour compléter les performances d’un moteur essence. Ce principe sera ensuite décliné sur d’autres Lexus, avec des architectures adaptées aux différentes catégories de la gamme.

En France, le tarif dépendait sensiblement de la finition. Les données d’époque font notamment apparaître environ 57 200 euros pour un Pack Luxe en 2005 et 63 000 euros pour un Pack Président. Il est donc préférable de ne pas attribuer au RX 400h un prix neuf unique. De la même manière, le poids varie légèrement entre les fiches techniques en fonction des équipements et de la méthode de mesure.

En 2009, le Lexus Rx 450h prend sa relève au sein de la génération suivante. Il abandonne notamment le V6 3,3 litres au profit d’un 3,5 litres et poursuit le développement de la formule inaugurée par le RX 400h. Le changement d’appellation accompagne ainsi une véritable évolution technique et générationnelle, et non un simple restylage du modèle lancé en 2005.