Apparu en 2006, le Lexus Rx 350 correspond d’abord à une évolution majeure de la deuxième génération du SUV premium japonais. Il conserve l’architecture et l’essentiel de la carrosserie du RX XU30, mais reçoit un nouveau V6 essence de 3,5 litres nettement plus puissant. Cette première incarnation du RX 350, produite jusqu’en 2009, ne doit pas être confondue avec les modèles portant la même appellation au sein des générations suivantes.
Un nouveau V6 pour la deuxième génération du RX
Le RX de deuxième génération est commercialisé depuis 2003 lorsque Lexus décide de faire évoluer son offre essence. Le Lexus Rx 2 avait été proposé avec des motorisations différentes selon les régions. En Europe, le V6 3,0 litres constituait l’une des principales offres thermiques, tandis que l’Amérique du Nord recevait notamment un V6 de 3,3 litres.
La situation change en 2006 avec l’introduction d’un V6 de 3 456 cm3 appartenant à la famille 2GR-FE. Cette mécanique donne naissance au RX 350 et apporte une augmentation substantielle des performances sans nécessiter le lancement d’une nouvelle génération. Le modèle effectue sa première européenne au Salon de Genève 2006 et sa commercialisation débute au printemps de la même année. En Amérique du Nord, il est vendu dès février 2006, mais sous le millésime 2007.
Cette chronologie explique pourquoi certaines sources présentent 2007 comme l’année du RX 350. Pour la version elle-même, 2006 reste cependant l’année de lancement. En Europe, elle succède au Lexus Rx 300 essence. Sur le marché nord-américain, elle prend la relève du Lexus Rx 330, dont le V6 de 3,3 litres laisse place au nouveau 3,5 litres.
Un V6 3,5 litres de 276 ch en spécification européenne
Le changement essentiel se trouve sous le capot. Le V6 2GR-FE possède un bloc en aluminium, 24 soupapes et une distribution à double arbre à cames en tête par banc. Son système Dual VVT-i fait varier le calage des arbres à cames d’admission et d’échappement. Lexus utilise également son système d’admission à géométrie variable ACIS afin d’optimiser le remplissage du moteur suivant son régime.
Dans sa spécification européenne, le moteur développe 203 kW, soit 276 ch DIN, à 6 200 tr/min, avec un couple maximal de 342 Nm à 4 700 tr/min. Les documents nord-américains annoncent 270 hp et environ 340 Nm. Ces chiffres ne correspondent pas à deux moteurs fondamentalement différents : les normes de puissance et les spécifications d’homologation propres aux marchés expliquent l’écart.
Le V6 est associé à une boîte automatique à cinq rapports avec commande séquentielle. Sur les versions européennes, le RX 350 dispose d’une transmission intégrale permanente avec différentiel central et coupleur visqueux à glissement limité. L’offre nord-américaine est plus large puisqu’elle comprend également des RX 350 à traction avant.
Malgré une masse proche de deux tonnes suivant la finition et la méthode de mesure, les performances progressent sensiblement. Le modèle européen réalise le 0 à 100 km/h en 7,8 secondes et sa vitesse maximale est limitée à 200 km/h. Lexus annonçait ainsi une hausse de puissance d’environ 35 % par rapport au RX 300 qu’il remplaçait sur plusieurs marchés européens.
Fiche technique de la Lexus Rx 350
| Caractéristique | Lexus Rx 350 XU30 |
|---|---|
| Période | 2006 à 2009 |
| Carrosserie | SUV crossover 5 portes, 5 places |
| Moteur | V6 essence atmosphérique 2GR-FE |
| Cylindrée | 3 456 cm3 |
| Distribution | 24 soupapes, double arbre à cames en tête, Dual VVT-i |
| Alimentation | Injection électronique, système d’admission ACIS |
| Puissance Europe | 203 kW, 276 ch DIN à 6 200 tr/min |
| Puissance Amérique du Nord | 270 hp à 6 200 tr/min |
| Couple Europe | 342 Nm à 4 700 tr/min |
| Implantation | Moteur avant transversal |
| Transmission Europe | Intégrale permanente |
| Transmission Amérique du Nord | Traction avant ou transmission intégrale selon version |
| Boîte de vitesses | Automatique à 5 rapports avec mode séquentiel |
| Structure | Caisse autoporteuse |
| Suspension avant | Indépendante de type MacPherson |
| Suspension arrière | Indépendante |
| Direction | Crémaillère assistée |
| Rayon de braquage | 5,7 m |
| Freins | Disques ventilés à l’avant, disques à l’arrière |
| Pneumatiques Europe | 225/60 R17 ou 235/55 R18 selon finition |
| Longueur | 4 740 mm |
| Largeur | 1 845 mm |
| Hauteur | Environ 1 675 mm selon version |
| Empattement | 2 720 mm |
| Poids | Environ 1 835 à 1 990 kg selon version et méthode de mesure |
| 0 à 100 km/h | 7,8 s en spécification européenne |
| Vitesse maximale | 200 km/h |
| Consommation urbaine | 15,7 l/100 km |
| Consommation extra-urbaine | 8,5 l/100 km |
| Consommation mixte | 11,2 l/100 km |
| Émissions de CO2 | 264 g/km |
| Norme antipollution | Euro IV en spécification européenne |
| Réservoir | 72 litres |
| Coefficient aérodynamique | Cx 0,33 |
| Volume de coffre | Environ 439 litres VDA |
| Capacité de remorquage | Jusqu’à 2 000 kg freinés selon spécification européenne |
Confort, transmission intégrale et positionnement premium
Le RX 350 conserve la philosophie qui avait fait du RX un modèle atypique parmi les SUV premium de son époque. Sa caisse autoporteuse, ses quatre roues indépendantes et son moteur transversal privilégient le comportement routier et le confort plutôt que les capacités de franchissement d’un tout-terrain traditionnel. Certaines versions haut de gamme pouvaient en outre recevoir une suspension pneumatique.
Lors de l’arrivée du 3,5 litres, Lexus ne se contente pas d’augmenter la puissance. La gestion coordonnée du moteur et de la boîte automatique est revue, tout comme la direction, avec davantage d’assistance à basse vitesse et une réponse annoncée comme plus directe. Le constructeur travaille également sur l’insonorisation afin de conserver le caractère feutré attendu d’un Lexus malgré les performances supérieures.
Le RX 350 partage alors la gamme avec le Lexus Rx 400h. Les deux modèles utilisent la même base générale, mais suivent des voies mécaniques différentes. Le RX 350 repose sur un V6 3,5 litres atmosphérique et une boîte automatique conventionnelle, tandis que le RX 400h combine un V6 essence de 3,3 litres avec une chaîne de traction hybride.
Cette coexistence illustre la transition engagée par Lexus au milieu des années 2000. Le RX 350 représente encore l’approche traditionnelle du SUV premium essence à forte cylindrée, tandis que le RX 400h introduit l’hybridation dans ce segment. Sur certains marchés européens, cette dernière technologie prendra progressivement une importance déterminante dans la gamme RX.
Un style peu modifié malgré l’évolution mécanique
Visuellement, le RX 350 reste immédiatement identifiable comme un RX de deuxième génération. Sa silhouette associe une ceinture de caisse relativement haute à un pavillon et un hayon inclinés, une formule qui contribue à rapprocher son apparence d’un grand break surélevé plutôt que d’un 4×4 classique. Les optiques avant étirées, la custode latérale triangulaire et les grands blocs de feux arrière verticaux constituent les principaux repères de cette génération.
L’appellation RX 350 ne correspond donc pas à une refonte complète de la carrosserie. Le badge arrière constitue l’indice le plus évident permettant de distinguer cette motorisation d’un RX 300 ou d’un RX 330 extérieurement très proche. Les dimensions demeurent elles aussi caractéristiques du XU30, avec 4,74 m de longueur et un empattement de 2,72 m.
Le dessin privilégie également l’aérodynamique, avec un coefficient Cx annoncé à 0,33, valeur notable pour un SUV de cette période. Le profil arrondi, le pare-brise incliné et le traitement relativement fluide de la partie arrière participent à ce résultat, tout en donnant au RX une identité différente des SUV premium plus anguleux contemporains.
De 2006 à 2009, avant une nouvelle génération
La première période du RX 350 reste relativement courte. Introduit en 2006, il accompagne la fin de carrière du XU30 jusqu’à l’arrivée de la troisième génération. Il ne s’agit pourtant pas de la fin de l’appellation : Lexus conserve le nom RX 350 sur plusieurs marchés lors du renouvellement du modèle.
Le Lexus Rx 3, présenté à la fin de 2008 puis commercialisé à partir de 2009 selon les marchés, inaugure une carrosserie et une plateforme profondément renouvelées tout en proposant à nouveau une version RX 350. C’est pourquoi une recherche sur cette appellation peut renvoyer à des véhicules sensiblement différents suivant leur année.
Cette continuité dépasse d’ailleurs la troisième génération. Au fil de l’histoire du Lexus Rx, la désignation 350 réapparaît sur plusieurs évolutions du SUV et finit même par ne plus désigner un V6 atmosphérique sur les modèles récents de certains marchés. Pour le RX 350 originel de 2006, le signe distinctif mécanique demeure précisément ce V6 2GR-FE de 3,5 litres, moteur qui marque la dernière phase de carrière du RX XU30 essence.
Production et prix à son lancement
Le RX de cette période est produit au Japon ainsi qu’à Cambridge, dans l’Ontario. Cette implantation canadienne revêt une importance particulière dans l’histoire industrielle de Lexus : la production du RX y avait commencé en 2003, faisant de cette usine le premier site à fabriquer des véhicules Lexus en dehors du Japon. Les volumes mondiaux propres au seul RX 350 XU30 ne sont pas isolés de manière suffisamment fiable pour établir un total de production précis.
En France, les tarifs variaient sensiblement avec le niveau d’équipement. Un RX 350 V6 Pack Luxe est notamment référencé à 53 700 euros au printemps 2006, tandis qu’une finition Pack Président atteignait environ 60 500 euros. Le positionnement était donc clairement celui d’un SUV haut de gamme, avec des équipements et des tarifs adaptés à la clientèle premium visée par Lexus.
Sur le marché britannique, la gamme lancée en avril 2006 s’étendait de 31 890 à 42 505 livres suivant la finition. Aux États-Unis, les tarifs annoncés étaient de 37 400 dollars pour la version à traction avant et 38 800 dollars pour la variante à transmission intégrale, hors frais de livraison. Ces différences reflètent des gammes et des équipements propres à chaque marché plutôt qu’une simple conversion monétaire d’un même modèle mondial.




