Présentée en janvier 2014 au Salon de Detroit, la Lexus RC F transpose la philosophie sportive de Lexus dans un coupé à moteur V8 atmosphérique et propulsion. Développée sous la direction de Yukihiko Yaguchi, déjà associé à l’IS F, elle prend place au sommet de la famille Lexus Rc. Mais elle ne se limite pas à un RC doté d’un moteur plus puissant : carrosserie, refroidissement, structure, suspensions, freinage, différentiel et aérodynamique sont adaptés à une utilisation nettement plus exigeante.
Commercialisé en Europe à partir de 2014, le RC F reste fidèle pendant toute sa carrière à une formule devenue rare : un V8 5,0 litres sans suralimentation, une boîte automatique à huit rapports et des roues arrière motrices. Cette architecture le distingue aussi des simples finitions F Sport proposées sur d’autres Lexus. La lettre F désigne ici un véritable modèle haute performance, dans la continuité de la Lexus Is F.
Du programme F au coupé RC F
Le RC F arrive dans une période importante pour l’image sportive de Lexus. L’IS F avait lancé en série la branche F à partir de 2007, tandis que la supercar Lexus Lfa avait permis au constructeur de pousser beaucoup plus loin son travail sur les moteurs à haut régime, l’aérodynamique et la mise au point sur circuit. Le RC F doit réunir une partie de cette expérience dans une automobile utilisable quotidiennement et produite à une échelle nettement supérieure.
Sa première mondiale intervient au North American International Auto Show de Detroit en janvier 2014, avant sa présentation européenne à Genève en mars. La commercialisation européenne débute la même année. La fabrication est assurée au Japon dans l’usine de Tahara, l’un des sites historiques de production haut de gamme de Lexus.
Le développement ne consiste pas à transformer superficiellement le RC. La structure du coupé est rigidifiée, notamment autour du compartiment moteur, du plancher et de la partie située derrière l’habitacle. Lexus emploie des adhésifs structuraux, davantage de points de soudure et des techniques de soudage laser. Les trains roulants reçoivent eux aussi un traitement spécifique : lors du lancement, Lexus indiquait qu’environ 30 % seulement des composants de suspension étaient communs avec le RC conventionnel.
Un V8 5,0 litres atmosphérique de 477 ch
Le cœur du premier RC F européen est le 2UR-GSE, un V8 atmosphérique de 4 969 cm3. Il associe injection directe et indirecte D-4S, distribution variable et rapport volumétrique de 12,3:1. Lexus lui donne également la possibilité d’adopter un fonctionnement privilégiant le rendement lors des faibles charges, tout en conservant un cycle plus adapté aux performances lorsque le conducteur sollicite fortement le moteur.
Dans sa configuration européenne originelle, il délivre 477 ch DIN à 7 100 tr/min et 530 Nm entre 4 800 et 5 600 tr/min. Des soupapes en titane, des bielles forgées et un refroidissement d’huile spécifique témoignent de l’attention portée à l’utilisation soutenue. Toute la puissance passe aux roues arrière par une boîte automatique Sports Direct Shift à huit rapports.
Le différentiel constitue une autre particularité importante. Selon la configuration, le RC F utilise un différentiel Torsen ou le Torque Vectoring Differential, appelé TVD. Ce dernier ne se contente pas de freiner une roue pour corriger la trajectoire : des embrayages multidisques pilotés permettent de modifier activement la répartition du couple entre les deux roues arrière. Lexus proposait plusieurs logiques de fonctionnement afin d’adapter son intervention au type de conduite.
Cette mécanique donne au RC F initial un 0 à 100 km/h annoncé en 4,5 secondes et une vitesse maximale limitée électroniquement à 270 km/h sur circuit. Le choix du moteur atmosphérique joue cependant un rôle aussi important que les performances chiffrées : la puissance maximale placée au-delà de 7 000 tr/min et la réponse directe à l’accélérateur donnent au coupé une personnalité différente de celle des sportives contemporaines progressivement converties à la suralimentation.
Un châssis conçu pour exploiter le V8
Le train avant repose sur une double triangulation et l’arrière sur une architecture multibras. Ressorts, amortisseurs, bagues et barres stabilisatrices sont adaptés aux contraintes du RC F. La direction à crémaillère reçoit une assistance électrique, tandis que le freinage Brembo de la première version associe des disques ventilés de 380 mm à étriers fixes six pistons à l’avant et des disques de 345 mm avec étriers quatre pistons à l’arrière.
Les roues forgées de 19 pouces chaussent des pneumatiques de 255/35 R19 à l’avant et 275/35 R19 à l’arrière. Le RC F reste néanmoins une automobile relativement lourde, avec une masse en ordre de marche comprise entre 1 765 et 1 840 kg selon les équipements dans la documentation européenne initiale. Lexus cherche donc moins une légèreté radicale qu’un compromis entre performances, stabilité, équipement et aptitude aux longs trajets.
Cette orientation le différencie clairement d’une Lexus Rc 350. Outre le V8, le RC F dispose d’un refroidissement renforcé, d’une caisse rigidifiée, de trains roulants spécifiques, de freins plus imposants et d’une carrosserie profondément retravaillée. L’appellation F Sport utilisée sur certaines Lexus ne doit donc pas être confondue avec le RC F, qui constitue un modèle haute performance à part entière.
Un design dicté en partie par l’aérodynamique
Le RC F se reconnaît à son capot fortement bombé, nécessaire pour loger le V8, à ses ailes élargies et à ses importantes ouvertures de refroidissement. Les extracteurs placés derrière les roues avant participent à son identité, tout comme les quatre sorties d’échappement disposées en diagonale. La grande calandre à motif grillagé et les jantes de 19 pouces renforcent encore la différence avec les RC moins puissants.
La première version reçoit également un aileron arrière actif inspiré dans son principe de celui de la LFA. En fonctionnement normal, il se déploie autour de 80 km/h et se rétracte sous environ 40 km/h. Le Pack Carbon proposé sur certaines configurations utilise notamment des éléments en composite renforcé de fibres de carbone afin de réduire la masse d’environ 10 kg.
L’habitacle conserve quatre places mais adopte une présentation spécifique. Les sièges sport à dossier haut, le volant, les palettes et l’instrumentation distinguent immédiatement la version F. Le combiné d’instruments reprend certains principes introduits par la LFA et peut afficher des informations liées à la conduite sportive, notamment un chronomètre et le fonctionnement du différentiel TVD.
Restylage et RC F Track Edition
En 2019, Lexus présente une évolution importante du RC F. La face avant est redessinée, avec notamment de nouvelles optiques, tandis qu’un travail d’allègement touche plusieurs composants. Sur la spécification européenne, le V8 développe désormais 464 ch et 520 Nm. Un rapport de pont plus court améliore la réponse à l’accélération et un Launch Control apparaît, tandis que des Michelin Pilot Sport 4S spécifiquement développés équipent le modèle.
Cette mise à jour accompagne l’arrivée du RC F Track Edition, variante beaucoup plus radicale. Elle reçoit notamment des éléments de carrosserie en carbone, un imposant aileron arrière fixe, des roues BBS forgées, un échappement en titane et des freins carbone-céramique. Lexus travaille simultanément sur les masses non suspendues et l’aérodynamique. Le 0 à 100 km/h annoncé descend à 4,3 secondes.
La gamme F compte également durant cette période la berline Lexus Gs F, elle aussi animée par un V8 atmosphérique de 5,0 litres. Le RC F conserve cependant une identité propre de coupé sportif, différente également de celle de la Lexus Lc 500, davantage orientée vers le grand tourisme malgré une architecture mécanique apparentée.
Fiche technique de la Lexus Rc F
| Caractéristique | RC F européen initial | Évolution 2019 et versions tardives |
|---|---|---|
| Architecture moteur | V8 atmosphérique à 90°, 32 soupapes | V8 atmosphérique à 90°, 32 soupapes |
| Code moteur | 2UR-GSE | 2UR-GSE |
| Cylindrée | 4 969 cm3 | 4 969 cm3 |
| Alésage x course | 94,0 x 89,5 mm | 94,0 x 89,5 mm |
| Rapport volumétrique | 12,3:1 | 12,3:1 |
| Alimentation | Injection directe et indirecte D-4S | Injection directe et indirecte D-4S |
| Puissance | 477 ch DIN à 7 100 tr/min | 464 ch DIN à 7 100 tr/min en Europe |
| Couple | 530 Nm de 4 800 à 5 600 tr/min | 520 Nm à 4 800 tr/min |
| Implantation | Moteur avant longitudinal | Moteur avant longitudinal |
| Transmission | Propulsion | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Automatique Sports Direct Shift à 8 rapports | Automatique Sports Direct Shift à 8 rapports |
| Différentiel | Torsen ou TVD selon configuration | Selon version et marché |
| Suspension avant | Double triangulation | Double triangulation |
| Suspension arrière | Multibras | Multibras |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique | Crémaillère à assistance électrique |
| Freins avant | Brembo, disques ventilés 380 x 34 mm, étriers 6 pistons | Carbone-céramique sur Track Edition selon spécification |
| Freins arrière | Disques ventilés 345 x 28 mm, étriers 4 pistons | Carbone-céramique sur Track Edition selon spécification |
| Pneus avant | 255/35 R19 | 255/35 R19 |
| Pneus arrière | 275/35 R19 | 275/35 R19 |
| Longueur | 4 705 mm | 4 710 mm sur documentation tardive |
| Largeur | 1 845 mm hors rétroviseurs | 1 845 mm hors rétroviseurs |
| Hauteur | 1 390 mm | 1 390 mm |
| Empattement | 2 730 mm | 2 730 mm |
| Voies avant / arrière | 1 555 / 1 560 mm | Selon version |
| Poids en ordre de marche | 1 765 à 1 840 kg selon équipement | 1 715 à 1 845 kg selon version et équipement |
| 0 à 100 km/h | 4,5 s | 4,5 s, 4,3 s pour la Track Edition |
| Vitesse maximale | 270 km/h, limitée électroniquement sur circuit | 270 km/h selon spécification |
| Consommation mixte | 10,8 l/100 km, NEDC | 11,8 l/100 km, WLTP sur documentation 2023 |
| Émissions de CO2 | Environ 252 g/km, NEDC | 268 g/km, WLTP sur documentation 2023 |
| Réservoir | 66 litres | 66 litres |
| Coffre | 366 litres | 366 litres selon spécification |
| Nombre de places | 4 | 4 |
Du modèle routier au RC F de compétition
Le nom RC F s’étend aussi à la compétition, mais les voitures de course correspondantes ne doivent pas être assimilées au modèle routier. Le RC F GT3 homologué pour la catégorie internationale GT3 possède par exemple une préparation spécifique, un V8 porté à environ 5,4 litres, une transmission séquentielle à six rapports et une masse proche de 1 300 kg dans sa spécification de lancement.
Le programme connaît plusieurs succès. Un prototype RC F GT3 remporte en 2016 une manche VLN sur la Nordschleife du Nürburgring. La même année, le RC F engagé en catégorie GT500 permet à Team SARD et aux pilotes Heikki Kovalainen et Kohei Hirate de décrocher les titres pilotes et équipes du championnat japonais Super GT. Le RC F GT3 obtient ensuite sa première victoire nord-américaine en catégorie IMSA GTD à Mid-Ohio en 2018, année durant laquelle Emil Frey Lexus Racing gagne également au Paul Ricard en Blancpain GT Series.
La carrière du RC F routier se prolonge bien davantage que celle de nombreuses sportives contemporaines. Après plus d’une décennie d’évolution, Lexus annonce l’arrêt de la famille RC et RC F à l’issue de l’année-modèle 2025. Certaines régions reçoivent alors une Final Edition. Lexus communique plus de 90 000 ventes mondiales pour les RC et RC F réunis au cours de leur carrière, sans isoler publiquement dans cette annonce le volume total du seul RC F.




