Ford Transit 2

Ford Transit 2

Lancé en 1986, le Ford Transit 2 renouvelle en profondeur l’utilitaire européen de Ford après deux décennies d’évolution de la première architecture apparue en 1965. Cette deuxième génération adopte une carrosserie entièrement nouvelle, plus aérodynamique, tout en conservant les principes qui ont fait la polyvalence du Ford Transit : moteur avant, propulsion et vaste choix de carrosseries, d’empattements et de capacités de charge.

Son appellation demande toutefois une précision. Dans la nomenclature britannique, les évolutions successives de cette famille sont souvent appelées Mk3, Mk4 et Mk5, tandis que le modèle de 1978 est désigné Mk2. En raisonnant par générations entièrement nouvelles, le Transit lancé en 1986 constitue bien la deuxième génération. Cette définition permet de regrouper sous Ford Transit 2 la carrière européenne allant de 1986 à 2000 et ses deux principaux restylages.

Une nouvelle génération lancée en 1986

Le Transit de 1986 marque une rupture visuelle immédiate avec son prédécesseur. Son capot fortement incliné prolonge presque la pente du pare-brise, donnant à l’avant une silhouette beaucoup plus fluide. Cette recherche aérodynamique s’inscrit dans le renouvellement stylistique engagé par Ford Europe au cours des années 1980, également visible sur des modèles comme la Ford Sierra.

Cette transformation ne remet pas en cause la vocation du véhicule. Ford développe toujours son utilitaire autour d’une gamme très étendue comprenant fourgons tôlés ou vitrés, minibus, châssis-cabines, plateaux et doubles cabines. Plusieurs empattements, hauteurs de toit et classes de charge permettent de couvrir aussi bien les besoins d’artisans que le transport de personnes, les livraisons lourdes ou les transformations en camping-car.

La conception conserve un moteur monté longitudinalement à l’avant et une transmission aux roues arrière. Les versions courtes bénéficient d’une suspension avant indépendante de type MacPherson, alors que certaines configurations longues et lourdes utilisent encore initialement un essieu avant rigide. L’essieu arrière rigide associé à des ressorts à lames reste particulièrement adapté aux contraintes d’un véhicule utilitaire chargé.

Le Transit arrive alors dans une gamme Ford européenne largement modernisée, après l’Ford Escort Mk3 et au moment où les formes anguleuses des années 1970 cèdent progressivement la place à des carrosseries travaillées pour réduire la résistance à l’air. Pour le Transit, cette évolution est d’autant plus visible que son prédécesseur conservait une silhouette issue des années 1960.

Diesel 2.5 et propulsion au coeur de la gamme

Au lancement, l’offre mécanique reste relativement classique. Elle comprend notamment des quatre-cylindres essence Pinto de 1,6 et 2,0 litres ainsi qu’un diesel de 2,5 litres. Les puissances varient suivant les marchés et les applications : les versions essence d’entrée de gamme se situent autour de 62 à 65 ch pour le 1,6 litre et autour de 75 à 78 ch pour le 2,0 litres, tandis que le diesel 2,5 litres développe approximativement 68 ch dans ses premières configurations.

Le 2.5 Diesel devient progressivement la mécanique emblématique de cette génération. À partir de la fin des années 1980, le diesel à injection directe, souvent désigné 2.5 DI, associe simplicité mécanique, couple adapté à l’utilisation utilitaire et consommation contenue. Une version d’environ 70 ch constitue longtemps le coeur de gamme, avant l’élargissement de l’offre à des déclinaisons plus puissantes.

Les turbo-diesel permettent ensuite d’augmenter sensiblement les performances. Selon le millésime et le marché, le 2,5 litres est proposé avec plusieurs niveaux de puissance, notamment autour de 85 et 100 ch, certaines versions tardives atteignant 115 PS. Les variantes turbo les plus récentes peuvent employer une gestion électronique d’injection Lucas EPIC. Des moteurs essence plus puissants existent parallèlement, dont un 2.0 DOHC sur la dernière phase, tandis qu’un V6 2.9 EFI est proposé pour certaines applications et certains marchés.

La transmission évolue elle aussi. Différentes boîtes manuelles à quatre ou cinq rapports équipent les premiers exemplaires, puis la boîte manuelle MT75 à cinq rapports apparaît à la fin de 1988 et se généralise. Une transmission automatique est disponible sur certaines versions. Malgré la diversité des mécaniques, la propulsion demeure un élément structurel de cette génération.

Fiche technique de la Ford Transit 2

CaractéristiqueDonnées
Période de production européenne1986-2000
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion
CarrosseriesFourgon, Kombi/minibus, plateau, pick-up, châssis-cabine, double cabine et transformations spécialisées
Moteurs essenceNotamment 1.6 Pinto, 2.0 Pinto, 2.0 DOHC et V6 2.9 EFI selon période et marché
Moteurs diesel4 cylindres 2.5, atmosphériques et turbo selon période
Puissance dieselEnviron 68 ch au début de carrière, puis notamment 70, 76, 80, 85 et 100 ch selon versions, jusqu’à 115 PS sur certaines variantes tardives
Boîtes de vitessesManuelles 4 ou 5 rapports selon version, puis MT75 à 5 rapports ; automatique sur certaines versions
Suspension avantIndépendante de type MacPherson sur versions concernées ; essieu rigide sur certaines premières versions longues
Suspension arrièreEssieu rigide, ressorts à lames semi-elliptiques
FreinsDisques avant, tambours arrière ; disques ventilés et ABS disponibles selon période et version
DirectionCrémaillère sur versions à suspension avant indépendante ; assistance selon équipement
EmpattementEnviron 2 815 mm sur certaines premières versions courtes et 3 020 mm sur certaines longues ; configurations ultérieures jusqu’à environ 3 570 mm
LongueurEnviron 4 606 à 5 368 mm pour des configurations documentées, selon carrosserie et phase
LargeurEnviron 1 938 à 1 972 mm hors rétroviseurs selon phase
HauteurEnviron 1,98 m à plus de 2,50 m selon carrosserie et hauteur de toit
Poids à videEnviron 1 533 à 1 759 kg sur plusieurs configurations de fourgon documentées ; variable selon version
Roues14 pouces très répandues ; monte pneumatique variable selon charge et version
Vitesse maximaleEnviron 115 km/h pour certaines versions 2.5 D 70 ch et environ 126 km/h pour certaines 2.5 D 80 ch
RéservoirCapacité variable selon version et période, notamment 55 ou 68 litres dans les documentations techniques

Deux évolutions majeures jusqu’en 2000

La longue carrière du Transit 2 ne se déroule pas sans modifications importantes. Une première évolution intervient au début des années 1990. La face avant change subtilement, avec notamment des optiques dont les contours deviennent plus arrondis. Le châssis évolue également et la suspension avant indépendante est étendue aux configurations qui utilisaient jusque-là un essieu rigide. Certains empattements sont revus afin d’améliorer les capacités de la gamme longue.

Le remaniement de 1994 est beaucoup plus facile à reconnaître. Le Transit reçoit une face avant adoucie dominée par une ouverture de calandre ovale, à l’origine du surnom britannique « Smiley ». L’habitacle est également modernisé avec un nouveau tableau de bord et des équipements plus proches de ceux d’une voiture particulière. Selon les versions et les marchés, la gamme peut alors proposer climatisation, verrouillage centralisé, vitres et rétroviseurs électriques ou airbag conducteur.

Cette montée en confort accompagne l’évolution générale des utilitaires durant les années 1990. Le Transit reste un véhicule conçu pour supporter des usages professionnels intensifs, mais Ford cherche davantage à faciliter les longues journées au volant. Le constructeur applique ainsi à son utilitaire une partie de la progression ergonomique observée sur ses voitures particulières contemporaines, dont la Ford Scorpio.

La variété de la gamme interdit cependant de résumer le Transit 2 à une seule fiche de dimensions ou de performances. Un fourgon court à toit normal, un minibus long et un châssis-cabine destiné à recevoir une cellule spécifique peuvent partager la même famille technique tout en affichant des masses, rapports de pont et encombrements très différents. Cette modularité constitue précisément l’une des caractéristiques essentielles du modèle.

Comment reconnaître les différentes phases

Un Transit 2 de première phase, produit à partir de 1986, se reconnaît à sa face avant relativement sobre, à ses grands blocs optiques rectangulaires et à ses clignotants orange. La rupture avec le Transit précédent est surtout perceptible de profil : le pare-brise très incliné se raccorde visuellement au capot court et plongeant, alors que le modèle antérieur présente un avant nettement plus vertical.

La phase intermédiaire apparue au début des années 1990 conserve la silhouette générale mais modifie plusieurs détails de carrosserie et de châssis. Les phares évoluent notamment vers une forme légèrement plus arrondie côté calandre. Cette version peut facilement être confondue avec la première phase lorsqu’elle est observée de profil, car la cellule centrale et l’architecture générale restent très proches.

Le modèle restylé de 1994 est beaucoup plus identifiable. Sa calandre ovale et arrondie transforme l’expression de la face avant sans remettre en cause la caisse fondamentale de 1986. Cette dernière phase concentre également les mécaniques diesel les plus évoluées de la génération et les équipements de confort les plus nombreux.

Les appellations Mk3, Mk4 et Mk5 utilisées dans de nombreuses publications correspondent précisément à ces évolutions successives. Elles ne signifient donc pas nécessairement trois générations entièrement indépendantes. Cette distinction explique pourquoi une recherche sur « Transit Mk2 » peut mener au modèle de 1978 alors qu’une recherche sur la deuxième génération du Transit conduit au véhicule lancé en 1986.

Quatorze années de carrière et une gamme particulièrement étendue

La durée de production européenne, de 1986 à 2000, permet au Transit 2 de traverser une période de transformation importante du marché des utilitaires. Sa conception initiale suffisamment modulable accueille de nouvelles motorisations, des équipements de sécurité supplémentaires et des niveaux de confort croissants sans imposer un remplacement complet de la structure à chaque évolution.

Ford exploite également le Transit comme support promotionnel. Le spectaculaire Supervan 3 appartient à cette histoire, mais il ne doit pas être confondu avec un Transit de série : il s’agit d’une machine de démonstration utilisant une silhouette évoquant l’utilitaire. En 1995, le trentième anniversaire du Transit donne par ailleurs naissance au Royaume-Uni à une série spéciale Hallmark, autre illustration de l’importance acquise par le modèle dans la gamme Ford.

En 2000, cette architecture laisse finalement place à une génération entièrement renouvelée. Le Ford Transit 3 introduit une conception plus moderne, un style inspiré du langage « New Edge » de Ford et surtout une gamme permettant, selon les versions, de choisir entre traction avant et propulsion. Il clôt ainsi les quatorze années de carrière européenne de la famille apparue en 1986.

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