Lancé au Japon en octobre 2000 puis introduit en Europe en 2001, le Honda Stream propose une interprétation inhabituelle du monospace familial. Avec sept places réparties sur trois rangées, une hauteur contenue et un comportement recherchant davantage les sensations d’une berline que celles d’un grand monospace, il se place à mi-chemin entre plusieurs catégories. Cette première génération, connue sous les codes RN, constitue aussi l’une des premières applications du moteur 2.0 i-VTEC de nouvelle génération de Honda.
Un monospace sept places dérivé de la Civic
Au tournant des années 2000, Honda cherche à combiner la capacité d’accueil d’un monospace et une silhouette moins massive. Le Stream est développé autour de la nouvelle architecture compacte de la marque, également utilisée comme point de départ pour la Honda Civic 7. La parenté ne signifie toutefois pas que Honda s’est contenté d’allonger une Civic : le plancher et les longerons sont adaptés, l’empattement atteint 2,72 m et la structure reçoit notamment une traverse centrale spécifique.
Cette architecture permet d’installer trois rangées de sièges dans seulement 4,57 m de longueur. La deuxième rangée peut coulisser afin de répartir l’espace disponible entre les passagers, tandis que la troisième peut se replier pour dégager une surface de chargement plus pratique. Avec les sept sièges utilisés, le volume restant derrière la dernière rangée est nécessairement réduit. Le Stream privilégie donc la possibilité de transporter ponctuellement sept personnes plutôt que le volume d’un grand monospace.
Honda possédait déjà une solide expérience des voitures familiales polyvalentes, notamment avec le Honda Shuttle. Le Stream adopte cependant une philosophie différente. Il est sensiblement plus bas que les monospaces traditionnels et cherche à conserver une position de conduite, un centre de gravité et des réactions routières proches de ceux d’une voiture conventionnelle.
Une silhouette basse entre break et monospace
Le dessin du Stream traduit directement ce positionnement. Avec environ 1,59 m de hauteur pour 1,695 m de largeur, sa carrosserie apparaît longue et relativement étroite. Le capot court se prolonge par un pare-brise fortement incliné, tandis que le pavillon et les surfaces vitrées donnent au profil une continuité qui rapproche visuellement le modèle d’un grand break. Honda évoquait à son lancement des formes inspirées du dauphin pour expliquer cette recherche de fluidité.
La première génération se reconnaît notamment à sa face avant aux projecteurs caractéristiques, à sa calandre horizontale et à ses grandes surfaces vitrées latérales. À l’arrière, les feux remontent de chaque côté de la lunette. Ces proportions permettent de distinguer facilement le Stream du Honda Odyssey, nettement plus imposant et conçu comme un monospace de catégorie supérieure.
L’habitacle reste organisé comme celui d’une automobile classique malgré ses sept places. Le levier de vitesses est placé en hauteur sur la console, libérant de l’espace entre les occupants avant. Le plancher relativement bas participe également à l’accessibilité et permet à Honda d’éviter la silhouette très verticale de nombreux monospaces contemporains.
Deux moteurs essence pour le Stream européen
La gamme européenne repose principalement sur deux quatre-cylindres essence atmosphériques. Le 1.7 VTEC de 1 668 cm3 développe 125 ch et représente l’offre d’accès. Au-dessus se trouve le 2.0 DOHC i-VTEC de 1 998 cm3, donné pour 156 ch dans les spécifications européennes. Ce dernier est particulièrement intéressant dans l’histoire technique de Honda : le Stream fait partie des premiers modèles à recevoir cette nouvelle famille de moteurs combinant le système de distribution variable VTEC et le contrôle continu du calage VTC.
La transmission aux roues avant correspond aux versions commercialisées en France. Selon les marchés, Honda a également proposé des variantes à quatre roues motrices et différentes transmissions automatiques. Il faut donc distinguer les spécifications européennes des nombreuses configurations vendues au Japon, où la gamme Stream était sensiblement plus étendue.
Le châssis contribue au caractère particulier du modèle. À l’avant, Honda utilise une suspension de type jambe de force avec Toe Control Link, tandis que l’arrière reçoit une architecture à double triangulation Reactive Link. Cette dernière permet notamment de limiter l’encombrement des éléments de suspension autour de la troisième rangée et du coffre. Le résultat correspond à l’objectif initial : conserver sept places sans transformer le Stream en véhicule particulièrement haut.
Fiche technique de la Honda Stream
| Caractéristique | Honda Stream 1.7 VTEC | Honda Stream 2.0 i-VTEC |
|---|---|---|
| Période de la première génération | 2000-2006 | 2000-2006 |
| Carrosserie | Monospace 5 portes, 7 places | Monospace 5 portes, 7 places |
| Moteur | 4 cylindres essence atmosphérique, VTEC | 4 cylindres essence atmosphérique, DOHC i-VTEC |
| Cylindrée | 1 668 cm3 | 1 998 cm3 |
| Puissance, spécification européenne | 125 ch à 6 300 tr/min | 156 ch à 6 500 tr/min |
| Couple | 154 Nm à 4 800 tr/min | 192 Nm à 4 000 tr/min |
| Implantation | Moteur transversal avant | Moteur transversal avant |
| Transmission française | Traction avant | Traction avant |
| Boîte manuelle | 5 rapports | 5 rapports |
| Suspension avant | Toe Control Link Strut | Toe Control Link Strut |
| Suspension arrière | Reactive Link Double Wishbone | Reactive Link Double Wishbone |
| Longueur | 4 570 mm | 4 570 mm |
| Largeur | Environ 1 695 mm | Environ 1 695 mm |
| Hauteur | Environ 1 590 mm en traction | Environ 1 590 mm en traction |
| Empattement | 2 720 mm | 2 720 mm |
| Voies avant / arrière | Environ 1 470 / 1 470 mm | Environ 1 470 / 1 470 mm |
| Poids à vide selon fiche française L’Argus | 1 455 kg | 1 507 kg |
| Vitesse maximale indicative, version manuelle européenne | 190 km/h | 205 km/h |
| 0 à 100 km/h indicatif | 11,1 s | 9,3 à 9,4 s |
| Consommation mixte NEDC | 7,7 l/100 km | 8,6 l/100 km |
| Émissions de CO2 documentées | 203 g/km | |
| Réservoir | 55 l | 55 l |
| Pneumatiques documentés par L’Argus | 195/65 R15 | 195/65 R15 |
Une carrière différente en Europe et au Japon
Le Stream débute au Japon le 27 octobre 2000, avant son arrivée européenne l’année suivante. En France, les versions 1.7 et 2.0 constituent l’essentiel de l’offre connue. Les tarifs relevés au lancement se situaient autour de 21 200 euros pour le 1.7i ES sept places et 23 200 euros pour le 2.0i ES sept places dans la documentation tarifaire de L’Argus. Pour le 2.0, d’autres bases françaises mentionnent 23 500 euros, une différence vraisemblablement liée à la date du tarif ou à la configuration retenue.
Au Japon, la carrière est plus riche. Dès le lancement, Honda propose plusieurs niveaux d’équipement et des versions à quatre roues motrices. En 2003 apparaît notamment le Stream Absolute, à vocation plus dynamique. Certaines de ses configurations utilisent un 2.0 i-VTEC I à injection directe associé à une transmission CVT et à des réglages de châssis spécifiques. Ces versions ne doivent pas être confondues avec les Stream 1.7 et 2.0 couramment commercialisés en France.
Cette diversité explique aussi pourquoi certaines caractéristiques disponibles dans les bases automobiles diffèrent. Les masses, dimensions de pneumatiques, transmissions et performances peuvent changer avec le marché, le millésime et la version. Pour identifier un Stream européen, les spécifications correspondant précisément au moteur, à la boîte et à l’année sont donc plus pertinentes qu’une fiche technique générique couvrant toute la famille RN.
Une conception familiale distincte des autres monospaces Honda
Le Stream n’est pas la seule réponse de Honda aux besoins des familles au début des années 2000. Au Japon, le Honda Stepwgn privilégie une carrosserie beaucoup plus haute et un espace intérieur maximal, tandis que le Stream conserve volontairement des proportions proches d’une voiture. Le Honda Mobilio, apparu peu après, explore encore une autre formule compacte avec une architecture et un gabarit différents.
En Europe, Honda développe ensuite le Honda Fr-v, lancé au milieu des années 2000. Celui-ci abandonne les trois rangées du Stream pour une disposition originale de six sièges en deux rangées de trois. Le FR-V n’est donc pas simplement un Stream de génération suivante : les deux modèles répondent au même besoin de polyvalence familiale avec des solutions d’aménagement nettement différentes.
La première génération du Stream disparaît en 2006 au niveau mondial. Honda dévoile alors au Japon un Stream entièrement renouvelé, toujours pensé comme un monospace bas à trois rangées. Cette deuxième génération n’a pas suivi la même carrière européenne, ce qui explique pourquoi le nom Honda Stream renvoie surtout en France au modèle RN arrivé en 2001.
Un modèle important dans l’évolution technique de Honda
Au-delà de son architecture à sept places, le premier Stream accompagne une période importante pour les modèles compacts de Honda. Sa plateforme, son packaging et son 2.0 i-VTEC illustrent la volonté du constructeur de gagner en espace intérieur tout en conservant des dimensions extérieures raisonnables. Le moteur 2 litres marque notamment l’arrivée de la nouvelle génération i-VTEC associant variation de levée et de calage des soupapes.
Le modèle reçoit aussi une reconnaissance immédiate sur son marché d’origine : le Stream partage avec les Civic et Civic Ferio le titre Japan Car of the Year 2000-2001. Honda annonçait lors de son lancement un objectif commercial de 6 000 exemplaires par mois au Japon, signe de l’importance accordée au nouveau monospace dans la gamme domestique.
Sa diffusion française est restée bien plus discrète. Le Stream se distingue aujourd’hui surtout par une combinaison devenue rare : sept places dans une carrosserie de 4,57 m, une hauteur proche de celle de certains crossovers modernes et, avec le 2.0 i-VTEC, une mécanique essence atmosphérique de 156 ch. Cette formule explique l’identité particulière du modèle, davantage conçu comme une voiture familiale allongée que comme un monospace traditionnel.




