Alpine Alpenglow

Alpine Alpenglow

Dévoilée le 13 octobre 2022 avant sa présentation publique au Mondial de l’Automobile de Paris, l’Alpine Alpenglow est un concept-car conçu comme un manifeste pour le futur de la marque française. Sa silhouette spectaculaire ne préfigure pas directement un modèle de série. Elle rassemble plutôt plusieurs orientations qu’Alpine entend alors développer : un nouveau langage stylistique, une relation étroite entre route et compétition et l’exploration du moteur thermique alimenté à l’hydrogène.

Alpenglow se distingue ainsi des concepts destinés à annoncer presque trait pour trait une automobile commerciale. Comme l’Alpine Vision l’avait fait auparavant avec une approche beaucoup plus proche d’un futur modèle de route, elle donne des indices sur l’évolution de la marque, mais à travers une hypercar radicale dont les proportions et l’architecture sont volontairement prospectives.

Un manifeste présenté en 2022

Alpine développe Alpenglow dans une période de profonde transformation. La marque ne veut plus se limiter à une gamme organisée autour d’une sportive légère à moteur central. Elle prépare son expansion vers de nouveaux véhicules électrifiés tout en maintenant une activité importante en compétition. Le concept doit matérialiser cette double ambition dans un objet unique.

Le projet est développé par Alpine Design sous la direction d’Antony Villain. Son nom fait référence à l’alpenglow, phénomène lumineux qui colore les montagnes avant le lever ou après le coucher du soleil. Cette idée de transition correspond au rôle attribué au véhicule : montrer une Alpine située entre son héritage sportif et les technologies envisagées pour son avenir.

Cette démarche s’inscrit dans une tradition de concepts exploratoires déjà illustrée par l’Alpine Vision Gran Turismo. Alpenglow va toutefois plus loin dans l’association entre style et recherche mécanique. La propulsion à hydrogène n’est pas un simple élément de discours : elle devient progressivement un véritable programme expérimental pour Alpine.

Un moteur thermique alimenté à l’hydrogène

Le principe technique annoncé en 2022 repose sur un moteur à combustion interne fonctionnant à l’hydrogène. Il ne s’agit donc pas d’une pile à combustible produisant de l’électricité pour alimenter des moteurs électriques. Alpine cherche au contraire à conserver des caractéristiques propres au moteur thermique, notamment ses vibrations, sa montée en régime et sa sonorité, tout en étudiant un carburant susceptible de réduire fortement son empreinte carbone.

Sur le concept initial, le moteur est placé derrière le cockpit et les réservoirs d’hydrogène participent directement à la mise en scène du véhicule. Alpine ne publie cependant pas de fiche mécanique complète pour cette première Alpenglow. Lui attribuer une cylindrée ou une puissance précise à partir des prototypes ultérieurs serait donc erroné.

La combustion d’hydrogène pose également des défis différents de ceux d’une motorisation électrique. Stockage sous haute pression, alimentation du moteur, maîtrise de la combustion et émissions d’oxydes d’azote font partie des questions techniques que le programme doit traiter. Le concept de 2022 sert avant tout à rendre cette orientation visible avant son expérimentation sur piste.

Fiche technique de l’Alpine Alpenglow

CaractéristiqueAlpine Alpenglow 2022
TypeConcept-car, hypercar expérimentale
Présentation2022
HabitacleMonoplace, conducteur en position centrale
Motorisation annoncéeMoteur thermique à combustion interne alimenté à l’hydrogène
Implantation du moteurDerrière le cockpit
CarburantHydrogène
Structure et matériauxUsage important de fibre de carbone et recherche autour du carbone recyclé
LongueurPlus de 5 m selon Alpine
LargeurPlus de 2 m selon Alpine
HauteurMoins de 1 m selon la présentation officielle
ProductionConcept, aucune production commerciale

Un design d’hypercar construit autour de l’aérodynamique

Les proportions d’Alpenglow sont particulièrement éloignées de celles d’une voiture de route conventionnelle. La carrosserie dépasse cinq mètres de longueur et deux mètres de largeur tout en restant extrêmement basse. Au centre, une verrière enveloppe le conducteur installé seul dans l’axe longitudinal du véhicule. Cette architecture donne au cockpit l’apparence d’un casque intégré à la carrosserie.

La face avant adopte une composition en V et une signature lumineuse construite autour de motifs triangulaires. Ces éléments ne servent pas seulement à rendre le concept spectaculaire sous les projecteurs d’un salon : ils participent à la recherche d’une nouvelle identité visuelle pour Alpine. Le bleu caractéristique de la marque est associé à des éléments rouges et à des parties transparentes qui mettent en scène la circulation de l’air et la technologie hydrogène.

Les roues constituent l’un des détails les plus reconnaissables. Leur dessin complexe évoque un flocon de neige et utilise des effets de transparence, tandis que la carrosserie intègre de vastes passages destinés à canaliser l’air. À l’arrière, les volumes se prolongent très loin autour d’une partie centrale resserrée. Alpine revendique ici un clin d’oeil à l’Alpine A220, prototype d’Endurance de la fin des années 1960, sans qu’il existe pour autant de filiation technique entre les deux voitures.

L’aileron arrière transparent et mobile renforce encore le caractère expérimental du dessin. Alpenglow ne cherche pas à masquer ses fonctions aérodynamiques sous une carrosserie traditionnelle : tunnels, appendices et ouvertures deviennent au contraire des éléments majeurs de son identité. L’ensemble évoque davantage un prototype d’Endurance futuriste qu’une berlinette de route.

Entre l’Endurance Alpine et les futures voitures de route

Lors de la présentation d’Alpenglow, la compétition occupe déjà une place centrale dans la stratégie d’Alpine. L’Alpine A480 a porté les couleurs de la marque au plus haut niveau de l’Endurance, et le concept reprend délibérément certains codes de cet univers : cockpit très bas, voies larges, aérodynamique sophistiquée et position de conduite centrale. Il ne s’agit toutefois ni d’une évolution de l’A480 ni d’une voiture conçue pour un règlement sportif précis.

Alpenglow doit également influencer les modèles routiers sans leur imposer sa mécanique. Son rôle est surtout de définir des thèmes visuels et une attitude de marque. Cette transformation devient plus concrète avec la nouvelle génération de véhicules Alpine, notamment l’Alpine A290, qui illustre l’entrée de la marque dans une gamme électrique plus large tout en conservant une identité sportive propre.

Le concept annonce donc deux pistes technologiques qui peuvent coexister plutôt que se remplacer : l’électrification des automobiles de série et l’expérimentation de la combustion d’hydrogène pour certaines applications sportives. Cette distinction est essentielle pour comprendre Alpenglow. Alpine ne présentait pas en 2022 un programme de production immédiate d’une hypercar à hydrogène, mais un laboratoire destiné à explorer ce que pourrait devenir la voiture sportive dans un contexte de décarbonation.

Du concept Alpenglow au prototype roulant Hy4

La principale évolution du projet intervient en mai 2024 avec l’Alpine Alpenglow Hy4. Cette voiture transforme les intentions du concept de 2022 en démonstrateur réellement capable de rouler. Elle adopte notamment une monocoque carbone issue de l’univers LMP3, un cockpit désormais prévu pour deux personnes et un quatre-cylindres 2,0 litres turbocompressé fonctionnant à l’hydrogène, annoncé à 340 ch.

Cette distinction évite une confusion fréquente dans les fiches consacrées à Alpenglow. Les 340 ch du quatre-cylindres ne correspondent pas au concept présenté en 2022. Ils appartiennent au Hy4, dont le développement permet à Alpine de tester concrètement l’alimentation en hydrogène, le stockage du carburant et le fonctionnement du moteur sur circuit. Le prototype effectue ensuite des démonstrations publiques, notamment dans l’environnement des 24 Heures du Mans.

Alpine poursuit rapidement le programme avec Alpenglow Hy6, dévoilée en octobre 2024. Cette nouvelle évolution reçoit un V6 3,5 litres biturbo spécifiquement développé pour fonctionner à l’hydrogène. Avec 740 ch et 770 Nm annoncés, elle change d’échelle par rapport au quatre-cylindres du Hy4. Sa carrosserie est également retravaillée afin de répondre aux besoins de refroidissement et d’aérodynamique liés à cette mécanique.

Le passage d’Alpenglow à Hy4 puis Hy6 donne ainsi au concept de 2022 une particularité importante : contrairement à de nombreux exercices de salon, son idée mécanique centrale a effectivement débouché sur des prototypes fonctionnels. L’Alpenglow originelle demeure néanmoins le manifeste fondateur de cette famille expérimentale, et non une hypercar de 340 ou 740 ch rétroactivement définie par les caractéristiques de ses descendantes.

Une vitrine du changement d’échelle d’Alpine

Alpenglow apparaît au moment où Alpine prépare une gamme beaucoup plus diversifiée. La marque entend passer de la berlinette sportive à un ensemble de véhicules couvrant plusieurs catégories, tout en conservant des références communes à la légèreté, à l’aérodynamique et à la compétition. Cette stratégie explique pourquoi le concept associe volontairement des idées qui ne se retrouveront pas nécessairement ensemble dans une seule voiture de série.

L’élargissement devient visible avec des modèles comme l’Alpine A390, qui transpose l’identité Alpine dans un format très différent de celui d’une berlinette traditionnelle. Le lien avec Alpenglow est donc d’abord stylistique et stratégique : le concept de 2022 sert de déclaration d’intention à une marque qui souhaite multiplier les silhouettes et les technologies sans abandonner son ancrage dans le sport automobile.

Cette fonction explique aussi l’absence de prix, de série limitée ou de calendrier de commercialisation pour l’Alpenglow originelle. Elle n’a jamais été présentée comme une hypercar destinée aux clients. Sa trajectoire s’est poursuivie dans les laboratoires roulants Hy4 et Hy6, où l’idée la plus audacieuse du concept, maintenir un moteur à combustion dans une sportive alimentée à l’hydrogène, est passée du manifeste de salon à l’expérimentation sur circuit.