Mitsubishi Lancer Evo Ix

Mitsubishi Lancer Evo Ix

Lancée au Japon en 2005, la Mitsubishi Lancer Evo IX représente l’ultime évolution majeure de la berline sportive CT9A. Elle conserve le quatre cylindres turbo 4G63 qui accompagne la famille Evolution depuis ses débuts, mais lui apporte pour la première fois le système de distribution variable MIVEC. Associé à une transmission intégrale sophistiquée et à un châssis continuellement perfectionné, ce moteur place l’Evo IX parmi les versions les plus abouties de cette architecture avant la rupture incarnée par l’Evolution X.

La dénomination demande toutefois une distinction importante. L’Evo IX existe avec des spécifications différentes selon les marchés et les finitions, notamment GSR, GT, RS et plus tard MR. Les versions britanniques FQ affichent également des puissances supérieures. Les caractéristiques d’une FQ-340 ou d’une MR ne peuvent donc pas être attribuées automatiquement à l’Evo IX européenne de 280 ch.

Une dernière évolution du châssis CT9A

La IX appartient à la longue histoire de la Mitsubishi Lancer Evolution, développée à l’origine autour des exigences du rallye. Elle arrive à une époque où cette famille est déjà devenue une référence parmi les berlines sportives japonaises grâce à son association d’un moteur turbo compact, d’une transmission intégrale et de systèmes actifs destinés à améliorer l’efficacité du châssis.

L’architecture CT9A n’est pas nouvelle en 2005. Elle avait été inaugurée plusieurs années auparavant par la Mitsubishi Lancer Evo VII, puis continuellement perfectionnée. L’Evo IX relève donc davantage d’un travail d’optimisation que d’une révolution. Mitsubishi intervient sur le moteur, l’aérodynamique, le refroidissement et différents éléments du châssis tout en conservant les principes fondamentaux qui avaient fait leurs preuves.

La commercialisation débute au Japon le 3 mars 2005 avec plusieurs variantes. La GSR représente la déclinaison routière richement équipée, tandis que la RS privilégie une définition plus dépouillée adaptée notamment à la préparation pour la compétition. La GT occupe une position intermédiaire. Les équipements, la boîte de vitesses et certains composants techniques varient ainsi d’une version à l’autre.

La berline ne doit pas davantage être confondue avec l’Evolution IX Wagon apparue quelques mois plus tard. Cette dernière porte le code CT9W et transpose une partie de la technologie de l’Evo IX dans une carrosserie break. La berline sportive traitée ici correspond au type CT9A.

Le 4G63 adopte le MIVEC

L’évolution mécanique la plus significative se trouve sous le capot. Le 4G63 reste un quatre cylindres en ligne de 1 997 cm3, à double arbre à cames en tête, 16 soupapes, injection multipoint, turbocompresseur et échangeur. Avec l’Evo IX, Mitsubishi lui associe le MIVEC sur l’admission. C’est la première Lancer Evolution turbocompressée à recevoir cette technologie de distribution variable.

Le dispositif agit sur le calage afin d’améliorer le fonctionnement du moteur suivant son régime. Mitsubishi retravaille également la suralimentation et la gestion moteur. Le résultat ne se résume donc pas à une recherche de puissance maximale: l’objectif porte aussi sur la réponse, le couple disponible et l’exploitation plus efficace du 4G63.

Sur la spécification européenne couramment commercialisée, la puissance atteint 280 ch à 6 500 tr/min. Le couple est donné autour de 355 Nm à 3 500 tr/min, certaines documentations européennes mentionnant 362 Nm. Les chiffres rencontrés pour d’autres marchés ne sont pas directement transposables: l’Evo IX américaine est notamment annoncée à 286 hp SAE, tandis que les FQ britanniques peuvent largement dépasser les 300 ch.

La transmission participe autant au caractère de la voiture que son moteur. L’Evo IX associe quatre roues motrices, différentiel central actif ACD et, suivant les versions, Super AYC à l’arrière. Ce dernier gère activement la répartition du couple entre les roues arrière afin d’améliorer l’agilité et la motricité. La boîte peut compter cinq ou six rapports suivant la finition et le marché, ce qui explique les divergences entre certaines fiches techniques consacrées à l’Evo IX.

Fiche technique de la Mitsubishi Lancer Evo Ix

CaractéristiqueDonnée
TypeBerline sportive 4 portes
Code modèle de la berlineCT9A
Moteur4G63-7, 4 cylindres en ligne turbo essence
ImplantationAvant, transversale
Cylindrée1 997 cm3
Alésage x course85 x 88 mm
DistributionDouble arbre à cames, 16 soupapes, MIVEC à l’admission
AlimentationInjection électronique multipoint, turbocompresseur, intercooler
Rapport volumétrique8,8:1
Puissance européenne280 ch à 6 500 tr/min
Couple européenEnviron 355 à 362 Nm à 3 500 tr/min selon spécification
TransmissionIntégrale permanente, ACD et Super AYC selon version
Boîte de vitessesManuelle 5 ou 6 rapports selon version et marché
Suspension avantJambes de force
Suspension arrièreMultibras
DirectionCrémaillère assistée hydrauliquement
FreinsBrembo, étriers 4 pistons avant et 2 pistons arrière sur les versions concernées
DisquesEnviron 320 mm avant et 300 mm arrière
Pneumatiques235/45 R17 sur la spécification courante
Longueur4 490 mm
Largeur1 770 mm
Hauteur1 450 mm
Empattement2 625 mm
VoiesEnviron 1 515 mm avant et arrière selon spécification
PoidsEnviron 1 465 kg pour une spécification européenne, variable selon version
0 à 100 km/hEnviron 5,7 s pour la version européenne 280 ch
Vitesse maximaleEnviron 247 km/h pour la version européenne 280 ch
Consommation mixteEnviron 10,6 l/100 km en cycle homologué européen
RéservoirEnviron 55 litres selon version

Un châssis conçu autour de la motricité

Les performances de l’Evo IX ne reposent pas uniquement sur son rapport poids-puissance. Sa particularité réside dans l’intégration de la transmission au comportement du châssis. L’ACD pilote le différentiel central afin d’adapter son verrouillage aux conditions d’adhérence, tandis que le Super AYC des versions qui en disposent intervient sur le couple transmis aux roues arrière. Cette combinaison permet à la voiture d’exploiter efficacement sa puissance à la sortie des virages.

La suspension avant repose sur des jambes de force, tandis que l’arrière adopte une architecture multibras. Des composants Bilstein équipent certaines configurations. Le freinage Brembo, avec étriers fixes à quatre pistons à l’avant et deux à l’arrière sur les versions concernées, complète un ensemble développé pour supporter une utilisation sportive soutenue.

Mitsubishi cherche également à limiter les masses placées en hauteur. L’emploi d’aluminium sur plusieurs éléments, dont le pavillon, contribue à abaisser le centre de gravité. La voiture reste néanmoins une berline utilisable au quotidien, ce qui constitue l’une des particularités historiques de la formule Evolution: conserver quatre portes et un habitacle fonctionnel tout en proposant des solutions techniques directement inspirées de la compétition.

Un dessin fonctionnel plutôt qu’une rupture stylistique

Visuellement, l’Evo IX reste immédiatement rattachable à l’Evo VIII. Les changements sont néanmoins suffisamment précis pour identifier la neuvième évolution. Le bouclier avant est redessiné avec des conduits destinés à améliorer le passage de l’air et le refroidissement de l’échangeur. Le capot conserve de larges ouvertures fonctionnelles, tandis que les ailes élargies accompagnent les voies généreuses et les roues de 17 pouces.

À l’arrière, Mitsubishi retravaille le bouclier avec une partie inférieure évoquant un diffuseur. Le grand aileron reste l’un des signes distinctifs majeurs de la voiture et utilise une structure creuse en fibre de carbone. L’ensemble conserve une esthétique directement dictée par les contraintes aérodynamiques et thermiques plutôt que par une recherche de discrétion.

L’Evo IX conserve parallèlement le lien avec la berline Mitsubishi Lancer 9, mais sa carrosserie élargie, ses entrées d’air, son aileron et ses éléments techniques rendent sa vocation immédiatement identifiable. Sous une silhouette encore relativement conventionnelle se cache ainsi une mécanique beaucoup plus spécialisée que celle d’une Lancer ordinaire.

Des versions très différentes selon les marchés

Les appellations expliquent une grande partie des chiffres contradictoires associés à l’Evo IX. Une RS japonaise allégée, une GSR mieux équipée, une version européenne de 280 ch et une FQ britannique ne possèdent ni exactement la même masse, ni toujours la même transmission, ni les mêmes performances. Au Royaume-Uni, les FQ-300, FQ-320 et FQ-340 portent par exemple leur puissance bien au-delà de la spécification européenne standard.

En août 2006, Mitsubishi pousse encore le concept avec l’Evolution IX MR. Cette évolution finale reçoit notamment des ressorts Eibach et une nouvelle définition du turbocompresseur utilisant une turbine en alliage de titane et une roue de compresseur en alliage d’aluminium. La MR constitue donc une variante spécifique et non une configuration représentative de toutes les Evo IX.

En France, la version 280 ch était proposée autour de 41 000 euros à l’époque. Les chiffres de production mondiale de la berline sont en revanche moins clairement établis. Mitsubishi avait annoncé un objectif initial de 5 000 ventes pour le lancement japonais, mais ce nombre ne constitue pas un total de production mondial et ne doit pas être présenté comme tel.

La dernière Evolution à moteur 4G63

L’Evo IX occupe une position particulière parce qu’elle ferme le cycle technique commencé avec les premières Evolution. Avant celles-ci, la Mitsubishi Galant VR-4 avait déjà associé chez Mitsubishi moteur 4G63 turbo, quatre roues motrices et engagement en rallye. La Lancer Evolution a ensuite concentré cette formule dans une berline plus compacte, progressivement enrichie de différentiels pilotés et de systèmes de gestion du châssis.

L’Evo IX est aussi étroitement associée au rallye de Groupe N et aux catégories dérivées des voitures de série. Il faut en revanche la distinguer des Evolution qui ont accompagné les quatre titres mondiaux pilotes consécutifs de Tommi Mäkinen entre 1996 et 1999: ces succès appartiennent à des générations antérieures. En 2005, la IX prolonge cet héritage sportif davantage qu’elle ne correspond à la voiture des grandes années du programme WRC officiel.

La génération suivante change profondément la formule. La Mitsubishi Lancer Evo X abandonne le 4G63 au profit du 4B11T et repose sur une nouvelle architecture. L’Evo IX demeure ainsi la dernière étape de développement du quatre cylindres 4G63 dans une Lancer Evolution de série, après plus d’une décennie d’améliorations successives.