Présentée en 2007, la Mitsubishi Lancer 9 marque une profonde rupture dans l’histoire de la berline japonaise. Plus large, plus expressive et conçue comme un modèle mondial, elle adopte une nouvelle plateforme ainsi que la face avant acérée qui caractérise alors le renouveau stylistique de Mitsubishi. Cette génération existe principalement sous la forme d’une berline quatre portes, avant d’être complétée par une Sportback à cinq portes.
La numérotation des Lancer n’étant pas uniforme d’un marché ou d’une base de données à l’autre, l’appellation “Lancer 9” peut prêter à confusion. Le modèle traité ici est bien la génération lancée en 2007, appartenant principalement aux familles de codes CY pour la berline et CX pour la Sportback. Elle ne doit surtout pas être confondue avec la Mitsubishi Lancer Evo IX, sportive CT9A apparue en 2005 et techniquement rattachée à la génération précédente.
Une nouvelle Lancer mondiale en 2007
La Lancer 9 naît dans le cadre du programme mondial de Mitsubishi destiné à rationaliser ses plateformes tout en développant des véhicules capables de répondre aux besoins de nombreux marchés. Sa base technique est ainsi apparentée à celle du Mitsubishi Outlander 2. Avec cette architecture, Mitsubishi abandonne largement les proportions relativement étroites de la génération précédente au profit d’une voiture plus large, dotée d’un empattement de 2 635 mm.
La nouvelle Lancer est dévoilée au salon de Detroit en janvier 2007. Sa commercialisation débute en Amérique du Nord au printemps, avant un déploiement sur d’autres marchés au cours de l’année. Au Japon, Mitsubishi choisit en août 2007 une appellation particulière, Galant Fortis. Ce nom établit un rapprochement commercial avec la famille Mitsubishi Galant, alors que la voiture conserve le nom Lancer sur de nombreux marchés d’exportation.
Pour l’Europe, la berline est présentée en 2007 et commercialisée avec une gamme adaptée au marché local. Elle succède à la Mitsubishi Lancer 8 en apportant une transformation beaucoup plus importante qu’un simple renouvellement esthétique : nouvelle architecture, dimensions accrues, habitacle modernisé et identité visuelle entièrement redessinée.
La production japonaise est notamment assurée à l’usine de Mizushima, dans la préfecture d’Okayama. Mitsubishi y maintient la fabrication des Lancer destinées à l’exportation jusqu’en décembre 2017. Cette date ne constitue toutefois pas une fin de production mondiale absolue, puisque des fabrications locales ont perduré sur certains marchés, notamment au Brésil.
Un design inspiré des concepts Mitsubishi
La transformation esthétique avait été annoncée dès 2005 par deux prototypes importants : le Concept-Sportback présenté à Francfort et le Concept-X dévoilé à Tokyo. Le travail mené notamment au studio de design européen de Mitsubishi à Trebur, en Allemagne, participe à la définition d’une identité beaucoup plus agressive que celle des Lancer précédentes.
La face avant devient l’élément immédiatement reconnaissable du modèle. Les projecteurs étirés encadrent un nez plongeant et une large calandre trapézoïdale, associée au thème stylistique “Jet Fighter”. Les flancs relativement hauts, les passages de roues marqués et le coffre court donnent à la berline une présence plus sportive sans transformer les versions ordinaires en voitures de haute performance.
Avec 4 570 mm de longueur et 1 760 mm de largeur dans sa configuration berline courante, la Lancer est sensiblement plus imposante que sa devancière. L’empattement de 2 635 mm contribue également à modifier ses proportions. L’ensemble conserve néanmoins une architecture classique pour la catégorie : moteur transversal avant, habitacle à cinq places et coffre séparé sur la berline.
En 2008, la famille s’élargit avec la Lancer Sportback. Son hayon et son pavillon prolongé donnent naissance à une silhouette cinq portes plus polyvalente, sans constituer pour autant une génération distincte. Elle reprend la même identité frontale et les principaux composants techniques de la berline.
Motorisations essence et diesel en Europe
La vocation internationale de la Lancer explique l’existence d’une gamme de moteurs très différente selon les pays. En Europe, Mitsubishi propose notamment des blocs essence atmosphériques MIVEC et, durant les premières années, un 2.0 DI-D diesel de 1 968 cm3 d’origine Volkswagen. Celui-ci développe 140 ch et environ 310 Nm, une offre importante à une époque où le diesel occupe une place majeure sur le marché européen.
Le 1.8 MIVEC constitue l’une des motorisations essence représentatives de cette génération. Ce quatre cylindres atmosphérique de 1 798 cm3 développe 143 ch et 178 Nm. Il peut être associé à une boîte manuelle ou, selon les versions, à une transmission INVECS-III CVT proposant des rapports simulés. Des moteurs de cylindrée et de puissance différentes sont commercialisés ailleurs dans le monde, ce qui interdit de réduire la Lancer 9 à une seule fiche moteur.
La gamme européenne évolue ensuite avec, entre autres, un 1.6 MIVEC de 117 ch et un diesel Mitsubishi 1.8 DI-D. Ces changements permettent au constructeur de renouveler son offre après les premières années de commercialisation. Les performances dépendent fortement du moteur et de la transmission : à titre de repère, la berline 1.8 MIVEC 143 ch à boîte manuelle atteint environ 204 km/h et réalise le 0 à 100 km/h en 9,8 secondes, tandis que le 2.0 DI-D 140 ch approche 207 km/h et passe de 0 à 100 km/h en moins de dix secondes.
Le châssis conserve une conception conventionnelle mais soignée, avec jambes MacPherson à l’avant et suspension indépendante multibras à l’arrière. La majorité des Lancer européennes ordinaires sont des tractions. Des transmissions intégrales existent néanmoins sur certaines versions et certains marchés, en particulier sur les déclinaisons à vocation sportive.
Fiche technique de la Mitsubishi Lancer 9
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Année de lancement | 2007 |
| Production japonaise | 2007 à 2017 |
| Carrosseries | Berline 4 portes, Sportback 5 portes à partir de 2008 |
| Architecture | Moteur avant transversal |
| Transmission courante | Traction avant, transmission intégrale sur certaines versions |
| 1.8 MIVEC | 4 cylindres essence atmosphérique, 1 798 cm3, DOHC 16 soupapes, 143 ch à 6 000 tr/min, 178 Nm à 4 250 tr/min |
| 2.0 DI-D | 4 cylindres turbodiesel, 1 968 cm3, 140 ch à 4 000 tr/min, environ 310 Nm à 1 750 tr/min |
| Autres moteurs européens | Notamment 1.5 essence, 1.6 MIVEC 117 ch et 1.8 DI-D selon année et marché |
| Boîtes | Manuelles 5 ou 6 rapports selon moteur, INVECS-III CVT sur certaines versions essence |
| Suspension avant | Indépendante de type MacPherson avec barre antiroulis |
| Suspension arrière | Indépendante multibras |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freinage | Disques ventilés à l’avant et disques arrière sur plusieurs versions européennes |
| Longueur berline | 4 570 mm |
| Largeur berline | 1 760 mm |
| Hauteur berline | Environ 1 490 mm selon version |
| Empattement | 2 635 mm |
| Voies | Environ 1 530 mm avant et arrière selon version |
| Pneumatiques | 205/60 R16 notamment sur certaines 2.0 DI-D européennes, autres montes selon finition |
| Réservoir | 59 litres sur plusieurs versions européennes |
| Performances 1.8 MIVEC 143 ch manuelle | Environ 204 km/h, 0 à 100 km/h en 9,8 s |
| Performances 2.0 DI-D 140 ch | Environ 207 km/h, 0 à 100 km/h en 9,6 à 9,7 s selon version |
| Consommation mixte 1.8 MIVEC manuelle | Environ 7,7 l/100 km selon homologation |
| Consommation mixte 2.0 DI-D | Environ 5,9 à 6,4 l/100 km selon version et homologation |
Sportback, Ralliart et lien avec la Lancer Evolution X
La Sportback constitue la principale extension de carrosserie de la gamme. Son hayon améliore l’accès au compartiment à bagages et lui donne une apparence de compacte fastback, tout en conservant l’empattement et l’identité technique générale de la berline. Cette déclinaison joue un rôle particulièrement important en Europe, où les cinq portes sont traditionnellement mieux adaptées au marché des compactes.
La famille accueille aussi des versions Ralliart, dont les caractéristiques diffèrent selon les marchés. Au Japon, le Galant Fortis Ralliart reçoit notamment un quatre cylindres 2.0 MIVEC turbocompressé, une transmission intégrale avec différentiel central actif ACD et une boîte à double embrayage Twin Clutch SST. Cette déclinaison se place entre les Lancer conventionnelles et l’Evolution en matière de performances et de sophistication mécanique.
La Mitsubishi Lancer Evo X partage avec cette génération une forte parenté visuelle et une base de développement commune, mais elle ne doit pas être décrite comme une simple finition de la Lancer 9. Sa carrosserie élargie, son moteur 2.0 turbo 4B11T, sa transmission intégrale sophistiquée et son châssis spécifique en font une sportive nettement différente. La proximité esthétique entre les deux voitures a néanmoins donné à la Lancer ordinaire une image beaucoup plus dynamique que celle de sa devancière.
Une carrière mondiale aux multiples identités
La Lancer 9 illustre la stratégie mondiale de Mitsubishi à la fin des années 2000. Un même socle technique est adapté à l’Europe, à l’Amérique du Nord, au Japon et à de nombreux marchés émergents, avec des différences importantes de moteurs, de transmissions, d’équipements et parfois même de nom. Cette diversité explique pourquoi deux Lancer extérieurement très proches peuvent présenter des caractéristiques sensiblement différentes.
La voiture connaît également plusieurs évolutions esthétiques au cours de sa longue carrière. Certains marchés bénéficient notamment d’un restylage important autour de 2015, avec une face avant remaniée et des équipements actualisés. Ces évolutions tardives restent rattachées à la famille technique lancée en 2007 plutôt qu’à un développement entièrement nouveau.
La production japonaise destinée à l’exportation prend fin à Mizushima en décembre 2017. Contrairement aux renouvellements précédents de la Mitsubishi Lancer, cette disparition n’est pas immédiatement suivie par une nouvelle berline mondiale équivalente. Certaines productions locales prolongent néanmoins la carrière de la voiture au-delà de 2017, conséquence directe de la diffusion internationale particulièrement large de cette génération.




