Mitsubishi Galant 8

Mitsubishi Galant 8

Lancée au Japon en août 1996, la Mitsubishi Galant 8 correspond à la huitième génération de la grande familiale japonaise. Connue principalement sous les codes EA et EC, elle marque une évolution importante de la lignée avec une carrosserie plus incisive, une structure de sécurité RISE et surtout l’arrivée de l’injection directe essence GDI. Sa carrière varie fortement selon les marchés, tout comme ses motorisations, qui vont du quatre cylindres diesel européen au V6 biturbo de la spectaculaire VR-4.

Une huitième génération lancée en 1996

La Galant 8 s’inscrit dans une histoire commencée à la fin des années 1960. Elle succède à la septième génération en conservant le positionnement de berline familiale de la Mitsubishi Galant, mais avec une présentation nettement plus dynamique. Son lancement japonais intervient en août 1996, accompagné de celui du Legnum, un break techniquement très proche mais commercialisé sous une appellation distincte au Japon.

Cette génération appartient à la famille EA/EC, appellation regroupant plusieurs codes de châssis déterminés notamment par le moteur et le type de transmission. Sa carrière ne peut donc pas être résumée par une seule configuration mécanique. Les versions européennes sont essentiellement des tractions, tandis que le marché japonais bénéficie également de variantes à transmission intégrale.

Dans la gamme européenne de la fin des années 1990, la Galant se place au-dessus de la Mitsubishi Carisma, plus compacte. Sur d’autres marchés, Mitsubishi dispose également de berlines plus imposantes, dont la Mitsubishi Diamante. Cette organisation explique en partie les différences considérables de gamme, de moteurs et d’équipements rencontrées d’un pays à l’autre.

La Galant 8 reçoit aussi une distinction importante dès le début de sa carrière puisqu’elle remporte, avec le Legnum, le titre Japan Car of the Year 1996-1997. Mitsubishi avait déjà obtenu cette récompense avec une précédente génération de Galant.

Un style particulièrement identifiable

La huitième génération rompt visuellement avec les formes plus douces de nombreuses berlines familiales contemporaines. Sa face avant est basse et agressive, avec des projecteurs étirés, un capot plongeant et une partie centrale formant un nez très marqué. Les lignes latérales restent tendues et la surface vitrée relativement fine. Cette combinaison donne à la Galant 8 une identité visuelle immédiatement reconnaissable.

Son gabarit évolue pourtant assez peu par rapport à sa devancière. Mitsubishi travaille davantage sur l’habitabilité, notamment en augmentant légèrement la hauteur. Une berline européenne typique mesure environ 4,63 m de long pour 1,74 m de large, avec un empattement de 2,635 m. Les dimensions exactes changent légèrement suivant les marchés et les versions.

Le break constitue un cas particulier. Commercialisé comme Galant Wagon sur certains marchés d’exportation, il prend le nom Legnum au Japon. Sa partie arrière allongée lui apporte davantage de capacité de chargement sans remettre en cause l’allure sportive recherchée pour cette génération.

La Galant 8 représente ainsi une évolution stylistique considérable par rapport à des générations plus anciennes comme la Mitsubishi Galant 4. Elle conserve néanmoins le principe historique d’une berline polyvalente capable de recevoir des mécaniques très différentes selon les marchés.

Le GDI au coeur de l’évolution technique

La principale innovation associée au lancement de 1996 est le moteur 1.8 GDI. Mitsubishi présente alors la Galant comme la première voiture de grande série équipée d’un moteur essence à injection directe GDI. Contrairement à une injection multipoint conventionnelle, le carburant est injecté directement dans la chambre de combustion. Cette technologie doit notamment permettre un fonctionnement en mélange pauvre dans certaines conditions et réduire la consommation.

Le constructeur étend ensuite le principe à d’autres cylindrées. Un 2.4 GDI de 2 351 cm3 rejoint notamment la famille et développe, dans une configuration européenne courante, 150 ch pour 225 Nm. La technologie GDI constitue donc l’un des traits techniques les plus caractéristiques de la Galant 8, même si toutes les versions n’en sont pas équipées.

L’offre européenne comprend aussi des moteurs plus conventionnels. Le quatre cylindres 2.0 essence de 1 997 cm3 développe notamment 136 ch et 178 Nm dans une configuration largement diffusée. Un V6 2.5 atmosphérique d’environ 163 ch offre une alternative plus haut de gamme, tandis qu’un quatre cylindres 2.0 turbodiesel d’environ 90 ch répond aux attentes particulières du marché européen de l’époque.

Les transmissions dépendent elles aussi du moteur et du pays de commercialisation. Des boîtes manuelles à cinq rapports côtoient des transmissions automatiques, certaines utilisant la gestion INVECS-II de Mitsubishi. Les versions européennes ordinaires privilégient la traction avant, alors que différentes Galant japonaises sont disponibles avec quatre roues motrices.

Fiche technique de la Mitsubishi Galant 8

CaractéristiqueDonnées
LancementAoût 1996 au Japon
Famille de châssisEA / EC selon version
CarrosseriesBerline 4 portes, break 5 portes selon marché
ArchitectureMoteur avant transversal
TransmissionTraction avant ou quatre roues motrices selon version et marché
BoîtesManuelle 5 rapports ou automatique selon version
Moteurs principaux documentés4 cylindres essence 1.8, 2.0 et 2.4 ; V6 essence 2.0 et 2.5 ; V6 3.0 sur certains marchés ; 2.0 turbodiesel ; V6 2.5 biturbo sur VR-4
2.0 essence européen1 997 cm3, 4 cylindres atmosphérique, injection multipoint, 136 ch à 6 000 tr/min, 178 Nm à 4 500 tr/min
2.4 GDI européen2 351 cm3, 4 cylindres atmosphérique à injection directe, 150 ch à 5 500 tr/min, 225 Nm à 3 500 tr/min
2.5 V6 européenV6 atmosphérique, environ 163 ch
2.0 turbodiesel européen1 998 cm3, 4 cylindres turbo, environ 90 ch et 202 Nm
VR-4V6 2 498 cm3 6A13TT biturbo, jusqu’à 280 PS, transmission intégrale
StructureCoque autoporteuse avec structure de sécurité RISE
SuspensionsIndépendantes, architecture variant selon version ; multibras avant et arrière sur VR-4
DirectionCrémaillère assistée sur versions européennes documentées
FreinsDisques avant ventilés, disques arrière et ABS sur la 2.0 européenne documentée
Pneus195/60 R15 sur plusieurs berlines européennes ; 205/55 R16 sur VR-4 selon version
LongueurEnviron 4 620 à 4 630 mm pour la berline selon version et marché
LargeurEnviron 1 740 mm
HauteurEnviron 1 415 à 1 420 mm pour la berline selon version
Empattement2 635 mm
VoiesEnviron 1 510 mm à l’avant et 1 505 mm à l’arrière sur la 2.0 européenne documentée
PoidsEnviron 1 260 kg pour une 2.0 manuelle européenne ; environ 1 320 kg pour une 2.4 GDI ; davantage pour les VR-4
Vitesse maximale 2.0 136 chEnviron 210 km/h
0 à 100 km/h 2.0 136 chEnviron 9,7 s
Vitesse maximale 2.4 GDI 150 ch automatiqueEnviron 205 km/h
0 à 100 km/h 2.4 GDI 150 ch automatiqueEnviron 8,9 s
Réservoir64 litres sur les versions européennes 2.0 et 2.4 documentées
Consommation mixte 2.0 136 chEnviron 8,5 l/100 km selon l’ancien cycle de mesure

De la berline familiale à la Galant VR-4

La diversité mécanique de cette génération atteint son sommet avec la Mitsubishi Galant VR-4. Cette variante japonaise ne doit pas être utilisée pour caractériser l’ensemble de la gamme. Son V6 2.5 6A13TT reçoit deux turbocompresseurs et atteint jusqu’à 280 PS, soit 206 kW, valeur correspondant à la limite conventionnelle alors affichée par de nombreux constructeurs japonais.

La VR-4 associe cette mécanique à une transmission intégrale et bénéficie, suivant les configurations, de technologies comme l’AYC, destiné à gérer activement la répartition du couple entre les roues arrière. Elle existe également sous la forme du Legnum VR-4, qui transpose la même philosophie au break. Cette version transforme profondément les performances de la plateforme sans faire de toutes les Galant 8 des berlines sportives.

Le contexte sportif de Mitsubishi a en effet changé depuis les premières Galant VR-4. Dans les années 1990, l’engagement majeur de la marque en rallye repose désormais sur la Mitsubishi Lancer Evolution. La Galant VIII VR-4 occupe davantage le rôle d’une routière japonaise très performante que celui d’un modèle développé principalement pour l’homologation en championnat du monde.

Sécurité, comportement et équipement

Au-delà de ses moteurs, la Galant 8 témoigne des priorités techniques de Mitsubishi à la fin des années 1990. Le constructeur met en avant sa structure RISE, pour Reinforced Impact Safety Evolution, conçue pour mieux gérer l’énergie lors d’une collision. L’ABS fait partie des équipements de sécurité mis en avant au lancement japonais, tandis que les variantes les plus sophistiquées peuvent recevoir des aides électroniques encore peu courantes à cette époque.

Le châssis se distingue également par des suspensions indépendantes élaborées plutôt que par une architecture simplifiée de berline familiale. Cette conception participe au caractère routier de la voiture et fournit une base capable d’accepter aussi bien les modestes motorisations d’exportation que la transmission intégrale et la puissance nettement supérieure de la VR-4.

Les écarts entre marchés restent essentiels pour comprendre le modèle. Une Galant 8 française à moteur 2.0 essence ou 2.0 turbodiesel peut être très éloignée techniquement d’une version japonaise GDI ou VR-4. Les catalogues américains ajoutent encore d’autres configurations. La cylindrée, la puissance ou les performances doivent donc toujours être rattachées à une motorisation précise plutôt qu’à la génération entière.

Une carrière internationale aux multiples configurations

La carrière de la Galant 8 dépasse le seul marché japonais. La famille est produite ou assemblée dans plusieurs pays selon les périodes et les destinations, notamment au Japon et aux États-Unis, ainsi que sur différents marchés d’Asie, d’Océanie et d’Amérique latine. Cette diffusion explique en partie la multiplicité des configurations et des calendriers de commercialisation.

En Europe, la génération reste présente jusqu’au début des années 2000, avec une offre adaptée aux habitudes locales. Elle partage alors les concessions avec des modèles plus compacts et avec la Mitsubishi Lancer 7, sans appartenir à la même lignée. Sur d’autres marchés, la carrière de la famille Galant se prolonge davantage, jusqu’au milieu des années 2000 pour certaines productions.

Cette diversité rend la Galant 8 inhabituelle dans l’histoire récente des berlines japonaises vendues en Europe. Sous une même silhouette générale se trouvent des tractions familiales relativement classiques, des moteurs GDI représentatifs des recherches de Mitsubishi sur l’injection directe, des versions diesel destinées à l’Europe et des modèles japonais à transmission intégrale. Le Legnum ajoute à cet ensemble une véritable déclinaison break, tandis que la VR-4 exploite la plateforme dans une configuration mécanique radicalement plus performante.