Lancée au Japon en octobre 1995, la Mitsubishi Lancer 6 correspond à la sixième génération de la berline compacte de Mitsubishi. Elle succède à la Mitsubishi Lancer 5 dans le cadre d’un renouvellement complet pensé pour améliorer l’habitabilité, les motorisations et les équipements sans bouleverser le gabarit extérieur. Cette génération occupe aussi une place particulière dans l’histoire sportive de Mitsubishi puisqu’elle sert de base aux Lancer Evolution IV, V et VI.
L’appellation demande toutefois une distinction essentielle. La Mitsubishi Lancer 6 désigne ici la génération apparue en 1995, et non la Lancer Evolution VI lancée plusieurs années plus tard. La gamme civile couvre de nombreuses configurations selon les pays, depuis de modestes moteurs atmosphériques jusqu’à des variantes nettement plus performantes réservées à certains marchés.
Une nouvelle Lancer lancée en 1995
Mitsubishi renouvelle profondément sa berline après environ quatre années de carrière de la génération précédente. Le constructeur développe la Lancer de 1995 autour du thème « Total Evolution ». L’objectif consiste à moderniser une automobile généraliste importante dans la gamme tout en conservant des dimensions extérieures compactes.
Le travail porte notamment sur l’exploitation de l’espace disponible. Mitsubishi augmente la garde au toit à l’avant comme à l’arrière et annonce un coffre dont le volume progresse de 10 % par rapport au modèle précédent. Avec environ 4,29 m de longueur et 1,69 m de largeur dans sa configuration de référence, la Lancer reste une berline relativement compacte malgré ces gains d’habitabilité.
Cette génération entretient des liens particulièrement étroits avec la Mitsubishi Mirage contemporaine. Sur le marché japonais, la Mirage quatre portes partage notamment son châssis et sa carrosserie avec la Lancer, alors que la Mirage trois portes possède une configuration distincte. Cette parenté explique certaines ressemblances mais aussi la complexité des appellations et codes de type rencontrés suivant les marchés.
Les codes CJ, CK et CP sont ainsi associés à différentes variantes de cette famille. Il serait cependant trompeur de réduire toutes les Lancer 6 à un seul code de châssis : moteur, transmission, carrosserie et destination commerciale peuvent modifier la désignation.
Une gamme de moteurs beaucoup plus large qu’en Europe
La Lancer 6 n’a jamais possédé une fiche mécanique unique. Au Japon, Mitsubishi annonce une gamme particulièrement étendue avec huit motorisations et des cylindrées allant de 1,3 à 2,0 litres. Elle comprend notamment des blocs essence 1,3, 1,5, 1,6 et 1,8 litre, un 1,8 litre turbocompressé et un 2,0 litres turbodiesel. L’offre réellement commercialisée varie fortement d’un pays à l’autre.
Les versions européennes les plus sages donnent une bonne idée de la vocation quotidienne de la voiture. Un 1,3 litre de 1 299 cm3 développe 75 ch, tandis qu’un 1,5 litre de 1 468 cm3 atteint 110 ch dans une configuration documentée. Ces moteurs sont associés à la traction avant et, suivant les versions, à une boîte manuelle à cinq rapports ou à une transmission automatique à quatre rapports.
La gamme japonaise montre un visage plus ambitieux. Mitsubishi propose notamment un 1,6 litre MIVEC sur la sportive MR, ainsi qu’un inhabituel V6 de 1,8 litre. La GSR reçoit pour sa part un quatre cylindres 1,8 litre turbocompressé et intercooler, donné à 205 ch dans une configuration documentée. Certaines versions disposent également de quatre roues motrices.
L’équipement de transmission témoigne lui aussi de cette montée en sophistication. Les motorisations essence proposées au Japon pouvaient être associées à la boîte automatique INVECS-II à quatre rapports, certaines déclinaisons bénéficiant d’un mode permettant au conducteur de sélectionner lui-même les rapports.
Fiche technique de la Mitsubishi Lancer 6
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Lancement | Octobre 1995 |
| Type principal | Berline compacte 4 portes |
| Architecture | Moteur avant transversal |
| Transmission | Traction avant sur de nombreuses versions, quatre roues motrices sur certaines variantes |
| Motorisations documentées | Essence 1,3 l, 1,5 l, 1,6 l, 1,8 l, 1,8 l turbo et diesel turbo 2,0 l selon marché |
| 1.3 | 1 299 cm3, 4 cylindres, 12 soupapes, injection multipoint, 75 ch à 6 000 tr/min, 108 Nm à 3 000 tr/min |
| 1.5 | 1 468 cm3, 4 cylindres, 16 soupapes, injection multipoint, 110 ch à 6 000 tr/min, 137 Nm à 3 000 tr/min |
| 1.8 GSR | 1 834 cm3, 4 cylindres, 16 soupapes, turbo, 205 ch à 6 000 tr/min, 275 Nm à 3 000 tr/min |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports selon version |
| Direction | À crémaillère, assistance hydraulique sur les versions européennes documentées |
| Freins | Disques avant et tambours arrière sur certaines versions courantes, disques aux quatre roues sur certaines versions plus performantes |
| Longueur | Environ 4 290 mm en configuration de référence, variations selon version et marché |
| Largeur | 1 690 mm |
| Hauteur | 1 395 mm en configuration de référence |
| Empattement | 2 500 mm |
| Voies | Environ 1 450 mm à l’avant et 1 460 mm à l’arrière sur certaines versions |
| Poids à vide | Environ 995 kg pour certaines 1.3, 1 020 kg pour certaines 1.5 et 1 260 kg pour la GSR 1.8 documentée |
| Performances 1.3 75 ch BVM | 170 km/h, 0 à 100 km/h en 12,5 s |
| Performances 1.3 75 ch BVA | 160 km/h, 0 à 100 km/h en 15,8 s |
| Consommation 1.3 75 ch BVM | 9,2 l/100 km en cycle urbain et 5,5 l/100 km en cycle extra-urbain d’époque |
| Consommation 1.3 75 ch BVA | 10,6 l/100 km en cycle urbain et 6,5 l/100 km en cycle extra-urbain d’époque |
| Réservoir | 50 litres sur les versions 1.3 documentées |
| Volume de coffre | Environ 420 litres sur plusieurs versions européennes |
| Pneumatiques | 175/70 R13, 185/70 R13 ou 195/55 R15 sur certaines configurations documentées |
Un dessin sobre qui cache une famille très diversifiée
La Lancer 6 adopte les codes stylistiques japonais du milieu des années 1990. La silhouette tricorps reste classique, mais les lignes deviennent plus arrondies que celles des générations précédentes. À l’avant, les optiques horizontales relativement fines encadrent une petite calandre centrale portant l’emblème Mitsubishi. Les versions civiles ordinaires conservent des boucliers simples et des roues de dimensions modestes.
Les différences entre marchés empêchent néanmoins de définir toutes les Lancer 6 par une seule apparence. Boucliers, calandre, roues, équipements et présentation évoluent suivant les finitions. La diversité mécanique est encore plus marquée : une paisible berline 1.3 à traction et une GSR turbocompressée appartiennent à la même génération tout en répondant à des usages très différents.
Cette variété explique aussi les écarts importants de masse et de performances. Les versions légères équipées du 1.3 restent sous la tonne dans certaines configurations, tandis que la GSR turbocompressée et dotée d’une transmission plus élaborée atteint environ 1 260 kg. Les chiffres de puissance, de consommation ou de vitesse doivent donc toujours être associés à une motorisation précise plutôt qu’à la génération entière.
La base des Lancer Evolution IV, V et VI
L’importance historique de cette Lancer dépasse largement ses versions civiles. Dès 1996, Mitsubishi exploite sa nouvelle base pour créer la Mitsubishi Lancer Evo IV. Cette dernière inaugure une nouvelle étape dans le développement de la sportive, avec notamment une évolution majeure de son architecture et l’adoption de technologies destinées à améliorer l’efficacité de la transmission intégrale.
La famille évolue ensuite avec la Mitsubishi Lancer Evo V, dont les voies, l’aérodynamique et plusieurs éléments mécaniques sont retravaillés. Ces voitures participent directement à l’une des périodes les plus connues de Mitsubishi en rallye international, mais leurs caractéristiques et leurs résultats sportifs ne doivent pas être attribués aux Lancer 6 civiles.
La confusion devient particulièrement facile avec la Mitsubishi Lancer Evo VI. Malgré la proximité des noms, « Lancer 6 » signifie sixième génération de la Lancer standard, apparue en 1995, tandis que « Evo VI » désigne la sixième évolution de la sportive Mitsubishi, arrivée plus tard. Les deux numérotations répondent donc à des chronologies différentes.
Cette génération constitue ainsi la matrice des Evolution IV à VI, trois étapes importantes de la Mitsubishi Lancer Evolution. Les voitures de compétition et leurs dérivés routiers ont largement éclipsé la berline standard dans la mémoire collective, au point que les recherches consacrées à la Lancer VI renvoient fréquemment vers les Evolution plutôt que vers le modèle civil de 1995.
De la Lancer 6 à la génération suivante
La carrière de la sixième génération se déroule principalement durant la seconde moitié des années 1990. Les dates exactes diffèrent selon les marchés et certaines variantes de cette famille ont continué à être référencées après la fin de son cycle japonais. Il est donc préférable de retenir 1995 comme point de départ certain et de replacer sa succession dans le renouvellement engagé au Japon en 2000.
Cette année-là, Mitsubishi lance la Lancer Cedia, qui ouvre une nouvelle étape dans l’histoire de la berline et conduit à la Mitsubishi Lancer 7. La Lancer 6 reste ainsi associée à une période très particulière : celle où une berline compacte généraliste, proposée avec une gamme mécanique exceptionnellement variée selon les pays, fournit parallèlement la base des Evolution qui installent durablement le nom Lancer parmi les références sportives japonaises des années 1990.




