Mitsubishi Express

Mitsubishi Express

Le Mitsubishi Express réapparaît en 2020 sous une forme très différente des utilitaires qui avaient précédemment porté ce nom. Destiné principalement à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande, ce fourgon moyen est directement dérivé du Renault Trafic de troisième génération. Il est fabriqué en France et permet à Mitsubishi de revenir rapidement sur un segment qu’il avait abandonné plusieurs années auparavant.

Cette origine explique l’essentiel de ses caractéristiques. Le Mitsubishi Express 2020 n’est pas un utilitaire développé au Japon puis adapté à l’exportation, mais un modèle issu de la coopération au sein de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Sa carrière sera courte, avec une production comprise entre 2020 et 2022, mais elle constitue un épisode singulier dans l’histoire des véhicules utilitaires de la marque.

Un Mitsubishi Express d’origine Renault

Pour revenir sur le marché australien des fourgons, Mitsubishi choisit une solution radicalement différente de celle employée avec ses anciennes générations. Le constructeur reprend le Renault Trafic III, connu sous le code de famille X82, et l’intègre à son catalogue sous le nom Express. La fabrication est assurée dans l’usine Renault de Sandouville, en France.

Le véhicule conserve donc la structure, la carrosserie, les motorisations et l’architecture générale du Trafic. Les modifications concernent surtout l’identité visuelle et la définition commerciale. La calandre reçoit l’emblème Mitsubishi aux trois diamants, tandis que les badges et certains éléments de présentation permettent de distinguer l’Express de son cousin français.

Cette stratégie donne à Mitsubishi un fourgon moderne sans nécessiter le développement d’une nouvelle plateforme. L’Express adopte une architecture à moteur avant transversal et traction avant, adaptée à un véhicule destiné avant tout aux professionnels. Deux longueurs de carrosserie sont proposées, avec empattement court SWB ou long LWB.

Le retour d’un nom historique en 2020

Le nom Express n’apparaît pourtant pas pour la première fois en 2020. Mitsubishi l’avait déjà employé en Australie dès les années 1980. L’appellation a notamment été associée à des utilitaires de la famille Mitsubishi Delica, ce qui explique pourquoi une recherche sur le Mitsubishi Express peut renvoyer à des véhicules techniquement très différents.

Les premiers Express australiens sont étroitement liés à la lignée du Mitsubishi Delica L300. Ces véhicules appartiennent à une époque où Mitsubishi développait lui-même la base mécanique de ses fourgons. Le nom Express a également coexisté avec différentes appellations commerciales selon les marchés et les types de carrosserie.

La confusion est renforcée par l’emploi historique de la désignation Express autour du Mitsubishi L200 sur le marché australien. Il faut donc considérer Express davantage comme une appellation commerciale utilisée à différentes périodes que comme une lignée technique continue.

Dans les années 1990, l’histoire du nom reste liée aux utilitaires Mitsubishi issus de la génération correspondant au Mitsubishi Delica L400. Le modèle lancé en 2020 rompt complètement avec cette filiation mécanique. Il n’est ni une évolution du L300 ni une nouvelle génération du L400, mais un Renault Trafic adapté au catalogue Mitsubishi.

Deux diesels et deux longueurs de carrosserie

La gamme australienne s’articule autour de deux quatre cylindres diesel Renault. Le premier est un 1,6 litre biturbo de 1 598 cm3 développant 103 kW, soit environ 140 ch, pour 340 Nm. Il est associé à une boîte manuelle à six rapports. Le second est un 2,0 litres turbo de 1 997 cm3 développant 125 kW, soit environ 170 ch, et 380 Nm, associé à une transmission automatique à double embrayage à six rapports.

La différence entre les deux moteurs dépasse donc la seule cylindrée. Le 1,6 litre privilégie une configuration manuelle relativement simple, tandis que le 2,0 litres propose davantage de puissance et de couple avec une boîte automatique. Dans les deux cas, la puissance est transmise exclusivement aux roues avant.

Le choix entre SWB et LWB modifie surtout les capacités pratiques. L’Express court mesure 4 999 mm de long avec un empattement de 3 098 mm, contre 5 399 mm et 3 498 mm pour la version longue. Le volume de chargement passe de 5,2 m3 à 6,0 m3. Les valeurs de charge utile varient selon le moteur et la configuration, certaines versions 2,0 litres dépassant 1,1 tonne.

La cabine accueille trois personnes à l’avant. Les grandes portes latérales coulissantes et les portes arrière battantes répondent à l’utilisation professionnelle attendue d’un fourgon de cette catégorie. Le système Extended Grip complète l’antipatinage afin d’améliorer la motricité sur les surfaces offrant peu d’adhérence, sans transformer pour autant l’Express en véhicule à quatre roues motrices.

Fiche technique du Mitsubishi Express

CaractéristiqueMitsubishi Express 2020
TypeFourgon utilitaire moyen, 3 places
Production2020 à 2022
Site de productionSandouville, France
ArchitectureMoteur avant transversal, traction avant
Moteur 1,64 cylindres diesel biturbo, 1 598 cm3
Puissance 1,6103 kW, environ 140 ch
Couple 1,6340 Nm
Boîte 1,6Manuelle 6 rapports
Moteur 2,04 cylindres diesel turbo, 1 997 cm3
Puissance 2,0125 kW, environ 170 ch à 3 500 tr/min
Couple 2,0380 Nm à 1 500 tr/min
Boîte 2,0Automatique double embrayage 6 rapports
Suspension avantJambes MacPherson, triangles inférieurs, barre stabilisatrice
Suspension arrièreRessorts hélicoïdaux, bras tirés renforcés, barre Panhard
Freins avantDisques ventilés de 296 mm
Freins arrièreDisques de 280 mm
Roues16 pouces
Pneus215/65 R16C sur les versions documentées
Longueur SWB4 999 mm
Longueur LWB5 399 mm
Largeur1 956 mm
HauteurEnviron 1 971 mm selon version
Empattement SWB3 098 mm
Empattement LWB3 498 mm
Voies1 615 mm avant, 1 628 mm arrière sur LWB documenté
Garde au solEnviron 160 mm à vide
Poids à videEnviron 1 810 à 1 950 kg selon version
Volume utile SWB5,2 m3
Volume utile LWB6,0 m3
Charge utileVariable selon version, plus de 1 100 kg sur certaines configurations
Remorquage freinéJusqu’à 2 000 kg selon version
Réservoir de carburant80 litres
Réservoir AdBlue25 litres
Consommation mixteEnviron 6,2 l/100 km en 1,6 manuel et 7,3 l/100 km en 2,0 automatique selon versions documentées
Diamètre de braquageEnviron 11,8 m SWB et 13,2 m LWB

Un fourgon pensé pour le marché australien

Le lancement intervient à la mi-2020, avec une gamme principalement articulée autour de la finition GLX. Les tarifs australiens annoncés au lancement commencent à 38 490 dollars australiens hors frais pour le SWB 1,6 manuel. Le SWB 2,0 automatique atteint 42 490 dollars, tandis que les LWB correspondants sont affichés respectivement à 40 490 et 44 490 dollars australiens.

L’Express occupe une place bien différente de celle d’un Mitsubishi Canter. Le premier est un fourgon monocoque à traction destiné notamment aux livraisons, artisans et flottes, alors que le second relève de la catégorie des camions légers. L’Express devait surtout permettre à Mitsubishi de proposer à nouveau une solution dans le coeur du marché des vans de taille moyenne.

Son style reste volontairement proche du Renault d’origine. La silhouette à cabine avancée, le pare-brise fortement incliné et les grands blocs optiques horizontaux trahissent immédiatement la parenté avec le Trafic III. Mitsubishi n’a pas appliqué à ce modèle une transformation profonde de la face avant dans le langage stylistique de ses SUV contemporains. L’identification repose surtout sur la calandre, les emblèmes et les badges.

Le zéro étoile ANCAP de 2021

L’épisode le plus marquant de la carrière du Mitsubishi Express survient en 2021. Soumis au protocole ANCAP alors en vigueur, le fourgon obtient zéro étoile. L’organisme lui attribue 55 % pour la protection des occupants adultes, 40 % pour la protection des usagers vulnérables et seulement 7 % pour les systèmes d’assistance à la sécurité.

Ce résultat s’explique notamment par l’absence de technologies devenues importantes dans les critères ANCAP, comme le freinage automatique d’urgence et une assistance active au maintien dans la voie. Il ne signifie pas que l’Express était dépourvu de tout équipement de sécurité : ABS, répartition électronique du freinage, assistance au freinage, contrôle de stabilité et autres dispositifs conventionnels étaient présents. Le protocole de 2021 accordait toutefois une importance considérable aux systèmes actifs que cette déclinaison du Trafic ne proposait pas.

Le contexte technique est important. La base du Renault Trafic III avait été conçue plusieurs années avant l’arrivée du Mitsubishi Express, alors que les exigences des organismes indépendants évoluaient rapidement. Mitsubishi introduisait donc en 2020 un véhicule nouvellement commercialisé sous son emblème, mais reposant sur une architecture plus ancienne et une dotation de sécurité qui ne répondait plus aux meilleurs standards du moment.

Une carrière arrêtée dès 2022

L’Express ne reste finalement que deux ans en production. Les versions à empattement long cessent d’être fabriquées avant les modèles courts, dont la production s’achève en mai 2022. Les stocks disponibles permettent encore des immatriculations après cette date, mais Mitsubishi retire rapidement le modèle de son offre australienne.

Cette courte carrière distingue fortement l’Express 2020 de l’ancien Mitsubishi L300, dont la famille a connu une diffusion internationale et une longévité bien supérieures. Le nouvel Express demeure essentiellement un produit de circonstance, né de la possibilité d’utiliser une plateforme Renault déjà industrialisée plutôt que de reconstruire une gamme de fourgons propre à Mitsubishi.

Son intérêt historique tient ainsi moins à une innovation mécanique qu’à son mode de création. Fabriqué en France sur une base Renault, vendu avec deux diesels et deux empattements puis retiré après une carrière particulièrement brève, le Mitsubishi Express 2020 illustre de manière très concrète les synergies industrielles rendues possibles par l’intégration de Mitsubishi à l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.