Lancée au Japon en juillet 1972, la Subaru Rex prend la relève de la R-2 au coeur de la gamme des kei cars de Subaru. Sa carrière s’étend sur près de vingt ans et trois générations, au cours desquelles elle change profondément de conception. D’abord petite propulsion à moteur arrière héritant des principes techniques des Subaru 360 et R-2, elle devient en 1981 une traction à moteur avant, puis adopte le 4WD, la suralimentation, une transmission à variation continue et finalement un moteur quatre cylindres. La Rex accompagne ainsi plusieurs transformations majeures de la catégorie kei jusqu’à son remplacement en 1992.
Une nouvelle kei car Subaru en 1972
La première Rex conserve une architecture familière à Subaru: moteur installé à l’arrière et roues arrière motrices. Elle tranche en revanche avec ses devancières par son dessin. Sa carrosserie basse et anguleuse abandonne les formes arrondies des premières petites Subaru pour une silhouette nettement plus typée années 1970. La face avant et certaines lignes générales peuvent être rapprochées de la Subaru Leone, lancée peu auparavant dans une catégorie supérieure.
La Rex apparaît d’abord en berline deux portes. Une quatre portes complète rapidement la gamme, puis Subaru développe des déclinaisons Van et Wagon ainsi qu’une Swingback dotée d’un hayon. Avec moins de trois mètres de longueur au lancement, la voiture répond strictement aux dimensions alors imposées aux kei cars japonaises. Son empattement de 1 920 mm et son poids voisin de 500 kg illustrent également le caractère extrêmement compact de cette première génération.
Sous le capot arrière se trouve initialement l’EK34, un bicylindre deux temps refroidi par eau de 356 cm³. Les réglages diffèrent selon les versions, avec des puissances d’environ 32 à 37 PS. La GSR à double carburateur représente l’une des variantes les plus performantes du lancement avec 37 PS. En octobre 1973, Subaru abandonne le deux temps au profit de l’EK21, un bicylindre quatre temps de 358 cm³, une évolution importante dans la recherche d’une meilleure maîtrise de la consommation et des émissions.
De la Rex 5 à la Rex 550
La réglementation japonaise des kei cars évolue fortement au milieu des années 1970 et Subaru adapte la Rex en conséquence. En mai 1976 apparaît la Rex 5. Sa carrosserie est élargie et son moteur EK22 approche les 500 cm³. Cette version constitue une étape de transition avant la Rex 550, introduite en mai 1977 avec le bicylindre EK23 de 544 cm³.
Ces transformations permettent à Subaru de profiter des nouvelles limites réglementaires tout en conservant l’architecture à moteur arrière de la voiture originelle. La première génération évolue donc considérablement entre 1972 et 1981 sans abandonner son principe mécanique fondamental. La gamme reçoit aussi différentes améliorations de carrosserie et de transmission, dont la Swingback en 1978 et un système Auto Clutch vers la fin de sa carrière.
La Rex appartient alors à une famille de petites automobiles japonaises conçues autour des contraintes très particulières de la catégorie kei. Subaru possède déjà une solide expérience de ce marché, également représenté par le Subaru Sambar dans le domaine des petits utilitaires. La Rex se distingue toutefois par sa vocation de voiture particulière et par la diversité croissante de ses variantes.
La deuxième génération passe à la traction avant
En 1981, la deuxième génération marque une rupture technique majeure. Subaru abandonne le moteur arrière et la propulsion pour une architecture à moteur avant et roues avant motrices. Le changement libère davantage d’espace pour les occupants et le chargement et rapproche la Rex de la configuration qui devient alors dominante parmi les petites voitures japonaises.
La carrosserie prend la forme d’une petite bicorps disponible notamment en trois et cinq portes. Au Japon, le bicylindre EK23 de 544 cm³ demeure au coeur de la gamme, tandis que certaines versions destinées à l’exportation reçoivent des cylindrées différentes. C’est pourquoi les Subaru 600 ou 700 rencontrées hors du Japon ne doivent pas être utilisées comme références techniques systématiques pour une Rex japonaise.
Cette génération enrichit surtout les possibilités mécaniques. Subaru propose une transmission intégrale enclenchable à partir de 1983 et développe également des versions turbocompressées. La Rex n’est donc plus seulement une citadine économique: elle devient aussi un terrain d’application des technologies de transmission qui caractérisent progressivement Subaru. La première Subaru Justy présente par ailleurs une proximité technique avec cette génération, mais constitue un modèle plus grand doté de motorisations de cylindrée supérieure.
Troisième génération: quatre cylindres, 4WD et ECVT
La troisième Rex est lancée en novembre 1986. Elle conserve le principe du moteur avant et de la traction, tout en poursuivant la diversification de la gamme avec différentes solutions de transmission intégrale. Son évolution technique devient particulièrement intéressante à la fin des années 1980, lorsque Subaru remplace progressivement les anciens bicylindres par des moteurs de la famille EN à quatre cylindres.
En 1987, la Rex reçoit l’ECVT, une transmission à variation continue reposant sur un principe électromagnétique pour la gestion de l’embrayage. Cette technologie permet à Subaru de proposer une alternative aux petites boîtes automatiques conventionnelles. En 1989, la combinaison d’un moteur quatre cylindres et de l’ECVT constitue l’une des particularités techniques les plus marquantes de la Rex dans la catégorie kei.
La gamme comprend également des variantes suralimentées. Certaines versions tardives utilisent un moteur à injection associé à une suralimentation et peuvent atteindre la limite de 64 PS devenue caractéristique des kei cars japonaises les plus performantes. La diversité de la gamme impose toutefois de distinguer les moteurs japonais de ceux de certaines Rex exportées, qui peuvent recevoir une cylindrée supérieure.
Une nouvelle modification réglementaire intervient en 1990. La cylindrée maximale des kei cars passe à 660 cm³ et leur longueur autorisée augmente. La Rex adopte alors notamment l’EN07, quatre cylindres de 658 cm³. Une Rex A atmosphérique de cette période développe par exemple 42 PS à 7 000 tr/min et 52 Nm à 4 500 tr/min. Ses 3 295 mm de longueur montrent aussi le chemin parcouru depuis la Rex de 2 995 mm lancée dix-huit ans auparavant.
Fiche technique de la Subaru Rex
| Caractéristique | Rex 1972 | Principales évolutions |
|---|---|---|
| Lancement | Juillet 1972 | 2e génération en 1981, 3e génération en novembre 1986 |
| Catégorie | Kei car | Kei car jusqu’en 1992 |
| Moteur initial | EK34, bicylindre en ligne, 2 temps, refroidi par eau | EK21 4 temps, EK22, EK23, puis moteurs EN à 4 cylindres |
| Cylindrée | 356 cm³ | 358 cm³, environ 490 cm³, 544 cm³ puis 658 cm³ selon période |
| Alésage x course | 61,5 x 60,0 mm | Variable selon moteur |
| Alimentation | Carburateur | Carburateur puis injection sur certaines versions tardives |
| Puissance | Environ 32 à 37 PS selon version | Jusqu’à 64 PS sur certaines versions suralimentées tardives |
| Couple | Environ 41 Nm à 6 000 tr/min pour la GSR 37 PS | 52 Nm à 4 500 tr/min pour une Rex A 658 cm³ atmosphérique de 1990 |
| Implantation | Moteur arrière longitudinal | Moteur avant transversal à partir de 1981 |
| Transmission | Propulsion | Traction avant, puis 4WD disponible |
| Boîte | Manuelle 4 rapports | Manuelles 4 ou 5 rapports, automatique et ECVT selon période |
| Structure | Coque autoporteuse | Coque autoporteuse |
| Suspension | 4 roues indépendantes | 4 roues indépendantes sur la deuxième génération également |
| Direction | À crémaillère | Évolutions selon génération |
| Freins | Tambours avant et arrière au lancement | Disques avant sur certaines versions ultérieures |
| Pneus | 135 SR10 sur une Rex 356 cm³ documentée | Dimensions variables selon version et marché |
| Longueur | 2 995 mm | Environ 3 195 mm sur la 2e génération, 3 295 mm sur une Rex A de 1990 |
| Largeur | 1 295 mm | 1 395 mm sur les versions japonaises plus tardives |
| Hauteur | 1 255 mm | 1 420 mm pour une Rex A de 1990 |
| Empattement | 1 920 mm | Environ 2 255 mm sur la 2e génération, 2 295 mm sur une Rex A de 1990 |
| Voies | 1 145 mm avant, 1 125 mm arrière sur une version 1972 documentée | 1 220 mm avant et arrière sur une Rex A de 1990 |
| Poids | Environ 500 kg pour une version 356 cm³ documentée | 600 kg pour une Rex A de 1990, davantage selon équipement et transmission |
| Réservoir | 25 litres sur une version 356 cm³ documentée | Variable selon génération |
| Carrosseries | Berline 2 portes, puis 4 portes | Van, Wagon, Swingback puis bicorps 3 et 5 portes |
Une carrière japonaise prolongée jusqu’en 1992
La longue carrière de la Rex explique la variété des appellations rencontrées aujourd’hui. Hors du Japon, des dérivés ou versions de la petite Subaru ont notamment été commercialisés sous des noms tels que 500, 600, 700, Mini Jumbo, Sherpa, Ace, Fiori, Viki ou M60, M70 et M80 selon les pays. Ces dénominations peuvent correspondre à des moteurs et équipements différents, notamment avec des cylindrées supérieures aux limites kei japonaises.
Sur l’ensemble de sa carrière historique, la production de Rex est généralement évaluée à environ 1,9 million d’exemplaires. Ce volume couvre cependant une famille ayant énormément évolué: comparer directement une Rex 360 de 1972 à une 660 de 1990 revient à rapprocher deux petites voitures qui partagent un nom et une position dans la gamme, mais plus la même architecture mécanique.
La Rex disparaît en mars 1992 au profit de la Subaru Vivio. Subaru continuera ensuite à expérimenter différents formats de petites voitures, jusqu’aux Subaru R1 et Subaru R2 des années 2000. Cette dernière ne doit pas être confondue avec la Subaru R-2 des années 1969-1972, qui était, elle, la véritable devancière directe de la Rex.
Comment reconnaître les trois générations de Rex
La Rex originelle se reconnaît à ses proportions minuscules, à son dessin anguleux et à son architecture à moteur arrière. Les premiers exemplaires restent particulièrement étroits avec seulement 1 295 mm de largeur. Les évolutions réglementaires de 1976 et 1977 donnent naissance à des carrosseries élargies et aux Rex 5 puis Rex 550, tout en conservant le principe mécanique de la première génération.
La deuxième génération de 1981 change immédiatement de silhouette et de conception. Sa carrosserie bicorps, son moteur avant et sa traction la rapprochent des kei cars modernes de son époque. L’arrivée du 4WD et du turbo élargit ensuite son caractère. La troisième génération de 1986 affine cette formule et se distingue surtout techniquement par l’ECVT, les quatre cylindres de la famille EN et les versions de 660 cm³ apparues à la suite de la réforme de 1990.
Le nom Rex a finalement été réutilisé par Subaru au Japon en 2022 pour un SUV compact sans filiation technique directe avec la kei car historique. Cette Rex moderne, dérivée du Daihatsu Rocky, ne constitue donc ni une quatrième génération mécanique de la petite voiture de 1972, ni la continuation du modèle arrêté en 1992.




