La Mclaren F1 GT est l’une des versions les plus rares de la famille F1. Apparue en 1997, elle n’a été produite qu’à trois exemplaires, dont un prototype de développement. Son existence est directement liée à l’évolution de la McLaren F1 GTR engagée en compétition cette même année. Pour adapter la voiture de course aux nouvelles contraintes du championnat GT, McLaren développe une carrosserie profondément remaniée, plus longue et plus aérodynamique, puis construit une version routière permettant d’accompagner son homologation.
Cette F1 GT conserve la philosophie de la Mclaren F1 originale : monocoque en fibre de carbone, V12 BMW atmosphérique en position centrale arrière, propulsion et habitacle à trois places avec conducteur installé au centre. Elle se distingue toutefois immédiatement par sa silhouette étirée. Son nez est allongé et son arrière adopte la forme dite « Longtail », qui deviendra emblématique de la F1 GTR 1997.
Une F1 GT développée pour le programme GTR 1997
La McLaren F1 GTR avait démontré son potentiel dès 1995 en remportant les 24 Heures du Mans. Mais le paysage de la catégorie GT évolue rapidement. Porsche et Mercedes développent des voitures de compétition beaucoup plus proches de prototypes spécialement conçus pour la piste. Pour rester compétitive en 1997, McLaren fait donc évoluer profondément la F1 GTR, notamment son aérodynamique.
La nouvelle voiture de course adopte une carrosserie nettement allongée. Cette évolution donne naissance à la Mclaren F1 Gtr de 1997, généralement désignée comme la F1 GTR Longtail. La F1 GT constitue sa contrepartie routière. Elle n’est pas une simple F1 GTR débarrassée de ses équipements de compétition : elle reprend la nouvelle philosophie aérodynamique tout en conservant les caractéristiques essentielles d’une voiture de route.
Le développement aboutit au châssis 56XPGT, utilisé comme prototype. Deux voitures destinées à des clients sont ensuite construites sous les numéros 54F1GT et 58F1GT. Contrairement à la F1 GTR, la F1 GT ne participe pas à des courses. Son rôle est principalement lié à l’homologation de la nouvelle définition de carrosserie et à la possibilité offerte à quelques clients de posséder cette évolution très particulière de la F1.
Une carrosserie « Longtail » profondément remaniée
La transformation la plus visible concerne la carrosserie. Par rapport à la F1 classique, la F1 GT reçoit un avant plus long et une poupe considérablement étirée. Cette géométrie améliore le comportement de l’air autour de la voiture et permet d’obtenir davantage d’appui sans dépendre du volumineux aileron arrière installé sur la voiture de compétition.
Les ailes sont également élargies, tandis que différents éléments de ventilation et de refroidissement sont adaptés à la nouvelle configuration. La prise d’air située sur le toit est conservée et intégrée à cet ensemble plus agressif. Malgré ces modifications, la voiture conserve le profil général et l’habitacle central caractéristiques de la F1.
Cette silhouette constitue l’un des moyens les plus simples de distinguer une F1 GT d’une F1 standard. Elle permet aussi de comprendre pourquoi le terme Longtail deviendra ensuite associé à plusieurs McLaren orientées vers la performance. Bien plus tard, la Mclaren 675lt reprendra à son tour cette appellation, mais dans un contexte technique et commercial très différent.
Le V12 BMW de 6,1 litres reste au coeur de la F1 GT
La F1 GT conserve le V12 BMW S70/2 de 6 064 cm³ qui équipe la F1 routière. Ce moteur atmosphérique à 60 degrés développe 627 PS à 7 500 tr/min et 651 Nm à 5 600 tr/min dans la spécification retenue pour la voiture de route. Il est installé longitudinalement en position centrale arrière et entraîne les roues arrière.
La transmission reste particulièrement fidèle à la philosophie de la F1. Le moteur est associé à une boîte manuelle synchronisée à six rapports et à un différentiel à glissement limité. L’embrayage à triple disque en carbone/carbone participe à la capacité de la voiture à transmettre le couple du V12 tout en conservant une commande adaptée à une automobile routière.
La structure repose sur une monocoque en fibre de carbone, complétée par une carrosserie réalisée dans le même matériau. La suspension à double triangulation est conservée aux deux essieux. La direction à crémaillère n’est pas assistée, ce qui participe au caractère particulièrement direct de la F1 GT.
Fiche technique de la Mclaren F1 GT
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Moteur | BMW S70/2, V12 atmosphérique à 60° |
| Cylindrée | 6 064 cm³ |
| Distribution | 48 soupapes, double arbre à cames en tête |
| Alimentation | Injection électronique |
| Puissance | 627 PS à 7 500 tr/min |
| Couple | 651 Nm à 5 600 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal central arrière |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle synchronisée à 6 rapports |
| Différentiel | Autobloquant |
| Châssis | Monocoque en fibre de carbone |
| Suspensions | Double triangulation avant et arrière |
| Direction | Crémaillère non assistée |
| Freins | Disques ventilés, environ 332 mm à l’avant et 305 mm à l’arrière, étriers quatre pistons |
| Longueur | 4 928 mm |
| Largeur | Environ 1 940 mm |
| Hauteur | 1 200 mm |
| Empattement | 2 718 mm |
| Voies avant / arrière | 1 620 / 1 582 mm |
| Poids | Environ 1 120 kg |
| Réservoir | 90 litres |
| Coefficient aérodynamique | Cx 0,32 |
| Répartition des masses | 41,2 % avant / 58,8 % arrière |
Trois exemplaires et une rareté absolue
La production de la F1 GT se limite à trois châssis. Le 56XPGT est le prototype de développement, tandis que les 54F1GT et 58F1GT sont les deux exemplaires destinés à des clients. Cette distinction explique pourquoi certaines sources parlent de trois voitures construites et d’autres de seulement deux exemplaires de production.
Le 54F1GT est associé à la collection de la famille royale de Brunei. Le 58F1GT a notamment été présenté au public à Goodwood. Le prototype 56XPGT est longtemps resté lié à McLaren avant d’être présenté publiquement, notamment au Salon de Genève en 2015.
Cette production extrêmement limitée rend la F1 GT encore plus rare que les versions routières déjà exceptionnelles de la F1. Son prix neuf d’époque n’est pas suffisamment documenté pour être retenu comme donnée certaine, et les estimations contemporaines de sa valeur doivent être considérées avec précaution en l’absence d’un marché public régulier permettant d’établir une cote représentative.
La F1 GT face à la F1 LM et à la F1 GTR
La proximité des appellations peut créer une confusion entre les différentes évolutions de la F1 apparues dans les années 1990. La F1 GT est avant tout liée au développement de la F1 GTR 1997 et à sa nouvelle carrosserie. Elle conserve donc une vocation routière tout en intégrant les enseignements de la compétition.
La Mclaren F1 Lm répond à une autre logique. Développée en hommage aux F1 GTR qui se sont illustrées au Mans en 1995, elle reçoit notamment une configuration moteur plus proche de la compétition et une orientation particulièrement radicale. La F1 GT ne doit donc pas être considérée comme une variante de la LM.
Il faut également éviter de lui attribuer les records de vitesse de la McLaren F1. Le chiffre de 386,4 km/h souvent associé à la famille F1 correspond au prototype XP5 lors des essais réalisés en 1998, et non à la F1 GT. De même, les chiffres de performances parfois publiés pour la GT, notamment en vitesse maximale ou en accélération, ne reposent pas tous sur une mesure officielle suffisamment documentée pour être retenus comme spécifications d’usine.
La F1 GTR Longtail, quant à elle, est bien la voiture de compétition issue du même développement aérodynamique. En 1997, elle obtient notamment les deuxième et troisième places des 24 Heures du Mans. La F1 GT partage donc avec elle une partie essentielle de son histoire technique, mais les deux voitures répondent à des usages radicalement différents.
Une évolution routière conçue autour de l’aérodynamique
La particularité de la F1 GT réside finalement moins dans une transformation mécanique spectaculaire que dans la manière dont McLaren transpose sur une voiture de route les enseignements du programme GT. Le V12 reste atmosphérique, la boîte demeure manuelle et la structure reprend les principes de la F1 originale. C’est la carrosserie qui change profondément la personnalité visuelle et aérodynamique de l’ensemble.
Avec seulement deux voitures client et un prototype, la F1 GT constitue ainsi une déclinaison extrêmement confidentielle de la F1. Elle représente le lien direct entre la supercar routière conçue par Gordon Murray et Peter Stevens et la génération de F1 GTR Longtail engagée en 1997, sans pour autant être elle-même une voiture de compétition.




