Lancée en mars 1998, la Samsung SM5 est la première berline de Samsung Motors. Conçue pour le marché sud-coréen avec l’appui technique de Nissan, elle inaugure une gamme de voitures familiales qui accompagnera ensuite le développement de Renault Samsung Motors. Son histoire s’étend sur trois générations, jusqu’en 2019, avec une évolution progressive de ses bases techniques, de ses motorisations et de son positionnement.
La SM5 se distingue par une particularité importante : malgré un nom conservé pendant plus de vingt ans, elle ne correspond pas à une seule architecture automobile. La première génération dérive de la Nissan Cefiro, la deuxième reprend les bases de la Nissan Teana et la troisième s’appuie sur une architecture apparentée à celle de la Renault Laguna III. Ces différences sont essentielles pour comprendre ses caractéristiques et identifier correctement chaque version.
Fiche technique de la Samsung SM5
| Caractéristique | Première génération SM5 KPQ/A32 |
|---|---|
| Période de production | 1998 à 2005 |
| Carrosserie | Berline tricorps quatre portes |
| Nombre de places | 5 |
| Base technique | Nissan Cefiro A32 |
| Structure | Carrosserie autoporteuse en acier |
| Implantation du moteur | Avant transversal |
| Transmission | Traction avant |
| Moteur SM518 | Quatre cylindres en ligne essence, 1 838 cm³, environ 132 ch |
| Moteur SM520 | Quatre cylindres en ligne essence, 1 998 cm³, environ 143 ch |
| Moteur SM520V | V6 essence Nissan VQ20DE, 1 995 cm³, environ 144 ch |
| Moteur SM525V | V6 essence Nissan VQ25DE, 2 495 cm³, environ 173 ch |
| Alimentation | Injection d’essence multipoint |
| Distribution | Double arbre à cames en tête ; chaîne sur les moteurs SR concernés |
| Boîtes de vitesses | Manuelle à cinq rapports ou automatique à quatre rapports selon version |
| Suspension avant | Indépendante de type MacPherson |
| Suspension arrière | Indépendante multibras selon l’architecture de référence |
| Direction | Direction assistée, type exact variable selon version |
| Freinage | Système hydraulique assisté avec freins à disque |
| Longueur | Environ 4 835 mm |
| Largeur | Environ 1 775 mm |
| Hauteur | Environ 1 415 mm |
| Empattement | Environ 2 700 mm |
| Masse à vide | Environ 1 335 à 1 460 kg selon motorisation et équipement |
| Vitesse maximale | Environ 189 km/h pour la SM518, 203 km/h pour la SM520, 192 km/h pour la SM520V et 207 km/h pour la SM525V, selon les données publiées |
| Consommation | Variable selon le moteur, la boîte et le protocole de mesure |
| Production | Usine de Busan, Corée du Sud |
Les puissances et performances présentées sont des valeurs indicatives issues de tableaux techniques secondaires. Les normes de mesure, les millésimes et les équipements ne sont pas toujours précisés de façon uniforme. Elles ne doivent donc pas être transposées aux générations ultérieures, dont les motorisations et les transmissions diffèrent.
La première génération, fruit du partenariat avec Nissan
À la fin des années 1990, Samsung Motors cherche à s’imposer sur le marché automobile sud-coréen avec une berline capable de rivaliser avec les modèles familiaux des constructeurs locaux. Plutôt que de développer entièrement une voiture nouvelle, l’entreprise s’appuie sur le savoir-faire de Nissan. Cette coopération lui permet de commercialiser rapidement une berline éprouvée, tout en l’adaptant à son identité commerciale.
La première Samsung SM5, identifiée par le code KPQ et apparentée à la Nissan Cefiro A32, adopte une carrosserie tricorps à quatre portes. Ses proportions privilégient l’habitabilité, le confort et la discrétion. La présentation extérieure reste classique, avec une face avant spécifique à la marque Samsung et des détails qui la différencient de sa cousine japonaise.
La gamme initiale comprend plusieurs motorisations essence, depuis le quatre cylindres de la SM518 jusqu’aux V6 des SM520V et SM525V. Cette diversité permet de répondre à des attentes différentes, entre berline familiale relativement accessible et modèle plus puissant, davantage orienté vers le confort et l’agrément de conduite.
L’arrivée de Renault au capital de Samsung Motors en 2000 marque une étape majeure dans l’histoire du constructeur. L’entreprise prend ensuite le nom de Renault Samsung Motors et conserve la SM5 comme l’un de ses modèles centraux. La première génération poursuit sa carrière jusqu’en 2005, en bénéficiant de l’image de robustesse associée à sa base technique Nissan.
Trois générations et une évolution des bases techniques
La deuxième génération apparaît en 2005. Elle adopte le code EX1, également associé à la famille technique A34, et s’inspire étroitement de la Nissan Teana. La SM5 gagne en dimensions et poursuit son évolution vers une berline plus confortable et mieux équipée. Les motorisations essence comprennent notamment un quatre cylindres de 2,0 litres et, selon les versions, un V6 de 2,3 litres.
En 2007, la SM5 New Impression apporte un restylage à cette deuxième génération. Les évolutions portent principalement sur la présentation, les équipements et certains éléments mécaniques. Il est important de distinguer cette version de la génération suivante : malgré la continuité du nom commercial, la New Impression conserve la base technique issue de la Teana.
La troisième génération, connue sous le code L43, arrive au tournant de 2009 et 2010, avec une commercialisation lancée en janvier 2010. Son développement s’inscrit davantage dans l’environnement technique de Renault. Elle repose sur une architecture apparentée à celle de la Laguna III, mais possède une carrosserie spécifique au programme Samsung. Elle ne doit donc pas être considérée comme une simple Laguna rebadgée.
Cette dernière génération reçoit plusieurs évolutions esthétiques et commerciales. La SM5 Platinum, introduite en 2012, modernise notamment la face avant. La SM5 Nova, lancée en 2015, constitue une nouvelle actualisation de la présentation et des équipements. La production de la SM5 s’achève en 2019, après environ vingt et un ans de présence sous ce nom.
Motorisations et comportement selon les générations
Sur la première SM5, les moteurs quatre cylindres SR18DE et SR20DE privilégient une mécanique relativement simple dans son principe, tandis que les V6 de la famille Nissan VQ offrent davantage de puissance et de souplesse. Le choix entre boîte manuelle et automatique dépend de la version. La traction avant et les suspensions indépendantes correspondent à une conception orientée vers l’usage routier quotidien plutôt que vers la conduite sportive.
La deuxième génération poursuit cette logique avec des motorisations essence de cylindrées supérieures selon les finitions. La Teana dont elle dérive fournit une base adaptée au confort des passagers et aux déplacements familiaux. Les spécifications peuvent toutefois différer des modèles Nissan apparentés, notamment selon la configuration destinée au marché coréen.
La troisième génération élargit encore les possibilités mécaniques. Les versions essence comprennent notamment un moteur de 2,0 litres associé, sur plusieurs déclinaisons, à une transmission à variation continue X-Tronic. Une variante particulièrement notable est la SM5 TCE, équipée d’un quatre cylindres turbo de 1,6 litre annoncé à 190 ch et d’une boîte à double embrayage à six rapports. Cette configuration se distingue des versions atmosphériques par son association d’une cylindrée plus faible et d’une suralimentation.
La gamme L43 varie aussi selon les marchés d’exportation. Certaines voitures apparentées commercialisées sous les noms Renault Latitude ou Renault Safrane reçoivent des motorisations, des transmissions et des équipements qui ne correspondent pas nécessairement aux versions vendues en Corée du Sud. Une fiche technique sérieuse doit donc toujours préciser le marché et la variante concernés.
Positionnement dans la gamme Renault Samsung
La SM5 occupe une place centrale dans la gamme de berlines de la marque. Elle se situe au-dessus de la Samsung SM3, plus compacte, tandis que la Samsung SM7 répond aux attentes d’une clientèle recherchant une berline supérieure. Cette organisation permet à Renault Samsung Motors de couvrir plusieurs catégories de voitures particulières avec des modèles aux dimensions et aux ambitions différentes.
Le développement de la gamme ne se limite toutefois pas aux berlines. Le Samsung QM5, introduit à la fin des années 2000, illustre l’élargissement de l’offre vers les véhicules de loisirs. Son successeur commercial, le Samsung QM6, témoigne ensuite de l’importance croissante des SUV dans la stratégie du constructeur.
La SM6, lancée en 2016, représente une étape importante dans le renouvellement des berlines de Renault Samsung Motors. Plus récente dans sa conception et son positionnement, la Samsung SM6 prend progressivement une place majeure dans la gamme, sans constituer une simple nouvelle appellation de la SM5. À la fin de la carrière de cette dernière, la marque développe également des modèles plus récents, dont le crossover Samsung XM3, en phase avec l’évolution de la demande.
Diffusion commerciale et place dans l’histoire de la marque
La SM5 connaît une carrière importante sur son marché domestique. À l’occasion du vingtième anniversaire du modèle, des chiffres publiés en Corée du Sud font état d’environ 1,02 million de ventes cumulées à la fin de 2017. Ce total concerne la famille SM5 sur plusieurs générations et ne doit pas être confondu avec un chiffre de production certifié ou avec les ventes de la seule première génération.
La documentation disponible sur les volumes détaillés par moteur et par finition est moins complète. Des statistiques secondaires attribuent à la deuxième génération 76 360 ventes en 2007, 54 188 en 2008 et 62 091 en 2009. Ces chiffres donnent une indication de la diffusion du modèle, mais leur périmètre exact doit être conservé lorsqu’ils sont repris, car les sources ne distinguent pas toujours de manière identique les ventes, les livraisons et les immatriculations.
La SM5 n’est pas principalement connue pour un programme officiel de compétition ou pour des records homologués. Son intérêt historique tient plutôt à son rôle industriel : elle constitue le premier modèle de Samsung Motors, accompagne l’intégration de l’entreprise au groupe Renault et illustre l’évolution d’une berline développée à partir de bases Nissan vers une gamme progressivement intégrée à l’environnement technique de Renault.
