La Ginetta G55 est une voiture de course britannique lancée en 2011, conçue pour les championnats monotypes et les compétitions de Grand Tourisme. Développée par Ginetta Cars à partir de la G50, elle associe un châssis tubulaire léger, une carrosserie composite et un moteur V6 Ford atmosphérique de 3,7 litres. Présentée avec une puissance annoncée de 370 bhp, soit environ 375 ch, elle devient rapidement l’un des modèles majeurs du constructeur dans les catégories Supercup et GT4.
Contrairement à une sportive routière traditionnelle, la G55 est pensée dès l’origine pour le circuit. Son architecture à moteur avant et propulsion privilégie l’équilibre, la simplicité mécanique et les possibilités de réglage. Plusieurs configurations apparaissent au cours de sa carrière, notamment une version GT3 beaucoup plus puissante, équipée d’un moteur V8. Cette diversité explique les différences parfois importantes entre les caractéristiques techniques publiées pour la Ginetta G55.
Fiche technique de la Ginetta G55
| Caractéristique | Ginetta G55 V6 / GT4 |
|---|---|
| Constructeur | Ginetta Cars |
| Pays d’origine | Royaume-Uni |
| Année de lancement | 2011 |
| Présentation publique | Autosport International, janvier 2011 |
| Catégorie | Coupé de compétition, Supercup et GT4 |
| Carrosserie | Coupé deux portes en matériaux composites |
| Châssis | Structure tubulaire en acier, type spaceframe |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Moteur | Ford Cyclone V6 atmosphérique |
| Cylindrée | 3 726 cm³ |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 24 soupapes |
| Alimentation | Injection électronique multipoint |
| Puissance annoncée en 2010 | 370 bhp, environ 375 ch |
| Autres puissances documentées | 355 bhp à environ 380 ch selon les spécifications |
| Transmission | Roues arrière motrices |
| Boîte de vitesses | Séquentielle à 6 rapports |
| Fournisseurs de boîte documentés | Hewland, Quaife selon configuration |
| Différentiel | Autobloquant |
| Suspension avant | Indépendante à doubles triangles |
| Suspension arrière | Indépendante à doubles triangles |
| Amortisseurs | Öhlins réglables |
| Direction | À crémaillère |
| Freins avant | Disques ventilés de 378 à 380 mm, étriers Alcon à 6 pistons |
| Freins arrière | Disques ventilés de 330 mm, étriers Alcon à 4 pistons |
| Jantes avant | 9 × 18 pouces |
| Jantes arrière | 10 × 18 pouces |
| Pneumatiques | Pneus de compétition, slicks selon réglementation |
| Poids annoncé pour la version initiale | 950 kg selon une fiche historique |
| Poids des versions GT4 documentées | 1 055 à 1 085 kg selon configuration |
| Vitesse maximale indiquée pour une GT4 | 241 km/h selon une fiche technique de 380 ch |
| Capacité du réservoir | 107 litres selon spécification de compétition |
| Électronique | Gestion moteur et acquisition de données MoTeC selon version |
| Équipements de sécurité | Arceau, baquet, harnais, extinction et coupe-circuit |
Histoire de la Ginetta G55 : une évolution de la G50
À la fin des années 2000, Ginetta occupe une place particulière dans le sport automobile britannique. Le constructeur de Leeds développe des voitures de compétition relativement accessibles, utilisées aussi bien dans des championnats de formation que dans des courses de GT. Cette stratégie s’appuie sur une longue expérience des séries monotypes, notamment acquise avec la Ginetta G20, qui avait contribué à structurer les compétitions organisées autour de la marque.
La Ginetta G50, apparue en 2008, marque une étape importante dans cette progression. Son coupé fermé à moteur V6 Ford de 3,5 litres permet à Ginetta de renforcer sa présence en Grand Tourisme. La G55 reprend cette architecture générale, mais reçoit une motorisation de cylindrée supérieure, une transmission modernisée et plusieurs améliorations destinées à augmenter ses performances sur circuit.
Le projet est développé sous la direction de Lawrence Tomlinson, propriétaire de Ginetta depuis 2005. À l’automne 2010, le constructeur annonce une nouvelle voiture destinée à accompagner l’évolution de son championnat phare. La Ginetta G55 est officiellement annoncée en novembre 2010, avant une présentation publique programmée le 13 janvier 2011 au salon Autosport International de Birmingham.
Son lancement accompagne la création de la Ginetta GT Supercup, qui succède à la G50 Cup. Le nouveau championnat permet aux équipes de disposer d’une voiture plus performante, tout en conservant une continuité technique avec le modèle précédent. Ginetta propose même un programme de conversion des G50 existantes en spécification G55, évitant aux concurrents de devoir systématiquement acheter un châssis neuf.
La G55 s’inscrit ainsi dans une gamme structurée autour de plusieurs niveaux de compétition. La Ginetta G40 occupe notamment le terrain de la formation et des championnats plus accessibles, tandis que la G55 représente une étape supérieure pour les pilotes souhaitant progresser vers les courses de GT.
Design, châssis et architecture de compétition
La Ginetta G55 conserve les proportions caractéristiques de sa devancière : un long capot plongeant, un habitacle reculé, un pavillon bas et une partie arrière courte. Cette silhouette correspond à son implantation mécanique, avec un moteur placé longitudinalement à l’avant et une transmission aux roues arrière. La carrosserie est réalisée principalement en matériaux composites, montés sur une structure tubulaire en acier.
Le châssis de type spaceframe constitue l’un des éléments essentiels de la conception. Il offre une structure rigide et relativement légère, tout en facilitant l’accès aux composants mécaniques. Certaines spécifications GT4 mentionnent l’utilisation d’acier T45, un matériau couramment employé dans la fabrication de structures de compétition. L’arceau de sécurité fait partie intégrante de l’architecture du véhicule.
La carrosserie présente de larges passages de roues, des prises d’air de refroidissement et un ensemble aérodynamique adapté à la course. À l’avant, un splitter contribue à contrôler les flux d’air sous la voiture. À l’arrière, un aileron réglable améliore la stabilité à vitesse élevée. La taille de ces éléments varie suivant les règlements sportifs et les versions.
La G55 repose sur des suspensions indépendantes à doubles triangles superposés aux quatre roues. Les amortisseurs Öhlins réglables et les barres antiroulis permettent d’adapter le comportement aux caractéristiques de chaque circuit. Les réglages de géométrie, de hauteur de caisse et d’amortissement occupent une place importante dans l’exploitation de la voiture.
Le freinage fait appel à des composants Alcon, avec des étriers à six pistons à l’avant et quatre pistons à l’arrière dans les spécifications documentées. Les disques ventilés de grand diamètre sont dimensionnés pour supporter les sollicitations répétées des courses. Les roues de 18 pouces reçoivent des pneumatiques de compétition, dont le fournisseur et les dimensions peuvent changer selon le championnat.
L’habitacle ne recherche aucun compromis avec le confort routier. Il accueille un siège baquet, un harnais multipoint, un volant de compétition et une instrumentation consacrée aux informations nécessaires au pilotage. Les équipements de sécurité comprennent notamment un système d’extinction, un coupe-circuit et un réservoir adapté aux exigences du sport automobile.
Moteur V6 Ford et performances de la Ginetta G55
Le moteur de la Ginetta G55 initiale est un V6 Ford atmosphérique de 3,7 litres appartenant à la famille Cyclone. Cette mécanique remplace le V6 de 3,5 litres utilisé sur la G50. Elle conserve une architecture relativement simple pour une voiture de course moderne, avec six cylindres disposés en V, une distribution à double arbre à cames en tête et une injection électronique.
Lors de la présentation du modèle, Ginetta annonce une puissance de 370 bhp, équivalant à environ 375 chevaux métriques. Cette valeur représente une augmentation sensible par rapport à la G50. Certaines fiches techniques ultérieures indiquent toutefois 355 bhp ou environ 380 ch pour des configurations GT4. Ces écarts correspondent à des spécifications différentes, éventuellement adaptées aux règlements sportifs et aux équilibrages de performances.
La transmission utilise une boîte séquentielle à six rapports. Hewland est cité dans la communication de lancement, tandis que d’autres fiches mentionnent Quaife pour certaines configurations. La commande séquentielle permet des changements de rapport rapides, adaptés aux accélérations et freinages répétés. Un différentiel autobloquant assure la transmission de la puissance aux roues arrière.
Le poids constitue un autre facteur déterminant. Une fiche historique annonce 950 kg pour la G55 initiale, alors que des documents concernant des versions GT4 indiquent des masses comprises entre 1 055 et 1 085 kg. Ces différences tiennent notamment aux équipements, aux évolutions techniques et aux conditions réglementaires de pesée. Elles ne permettent pas de définir un poids unique applicable à toutes les G55.
La combinaison d’un V6 atmosphérique, d’une masse contenue et d’une propulsion procure à la G55 un rapport poids-puissance favorable. Sur une GT4 annoncée à 380 ch pour 1 085 kg, il atteint environ 350 ch par tonne. Les performances réelles dépendent néanmoins de la configuration aérodynamique, des rapports de transmission et des restrictions propres à chaque championnat.
Ginetta G55 Supercup, GT4 et GT3 : quelles différences ?
La Ginetta G55 ne correspond pas à une seule configuration figée. Son développement répond à plusieurs règlements sportifs, ce qui explique les différences de motorisation, d’aérodynamique et d’équipement observées au cours de sa carrière.
La G55 Supercup représente la version directement associée au lancement de 2011. Destinée à un championnat monotype, elle permet de confronter des voitures construites selon un règlement technique commun. Le pilotage, les réglages et la préparation mécanique jouent ainsi un rôle important dans les résultats. Cette formule s’inscrit dans la tradition des compétitions Ginetta organisées en accompagnement du BTCC.
La G55 GT4 adapte la plateforme aux championnats de Grand Tourisme. Elle conserve le V6 Ford de 3,7 litres, mais reçoit des équipements conformes aux exigences de la catégorie. Le manuel technique Ginetta décrit notamment des modifications concernant les phares, le splitter avant, l’aileron arrière et certains éléments de suspension par rapport à la Supercup.
Les voitures engagées en GT4 sont également soumises aux règlements d’équilibrage des performances. Selon les compétitions, leur puissance, leur masse minimale ou certains paramètres techniques peuvent être encadrés afin de maintenir une concurrence équilibrée avec les autres constructeurs. Une G55 GT4 engagée en 2020 ne possède donc pas nécessairement une fiche technique identique à celle d’un exemplaire de 2011.
La G55 GT3 constitue une évolution beaucoup plus importante. Cette version abandonne le V6 Ford au profit d’un V8 de 4,35 litres dérivé de la famille Nissan VK45. Sa puissance peut atteindre environ 650 bhp dans certaines spécifications annoncées. Elle reçoit une préparation aérodynamique plus poussée, des voies élargies, des roues plus grandes en largeur et des équipements spécifiques à la catégorie GT3.
La GT3 ne doit donc pas être considérée comme une simple G55 GT4 dotée d’une cartographie moteur plus puissante. Sa motorisation et ses modifications techniques lui donnent un positionnement différent, avec des coûts d’exploitation et des exigences de préparation supérieurs.
Les évolutions de la gamme Ginetta conduisent ensuite à l’arrivée de la Ginetta G56, qui reprend progressivement le rôle de la G55 dans les compétitions de la marque. Cette transition s’accompagne de nouvelles spécifications mécaniques et réglementaires, sans effacer la présence des G55 encore utilisées sur circuit.
Carrière sportive et résultats en compétition
La carrière de la Ginetta G55 commence dans le championnat Ginetta GT Supercup en 2011. Cette série britannique constitue une vitrine importante pour le constructeur, grâce à son intégration aux meetings du British Touring Car Championship. Les courses permettent de mettre en avant la voiture auprès des équipes privées, des pilotes en progression et des spectateurs du sport automobile national.
La version GT4 élargit ensuite les possibilités d’engagement. Les G55 participent au British GT Championship, aux compétitions européennes de GT4 et à différentes épreuves d’endurance. Leur conception répond aux besoins des équipes privées, qui recherchent une voiture de course performante tout en conservant une architecture mécanique relativement conventionnelle.
En 2014, Century Motorsport remporte le classement des équipes GT4 du British GT Championship avec des Ginetta G55. Les équipages Rick Parfitt Jr et Tom Oliphant, ainsi qu’Aleksander Schjerpen et Morten Dons, terminent respectivement quatrième et cinquième du classement pilotes. Ce résultat illustre la compétitivité du modèle face à des voitures engagées par d’autres constructeurs.
Century Motorsport poursuit l’exploitation de la G55 lors des saisons suivantes. En 2016, l’équipe termine quatrième du classement GT4 britannique. En 2017, elle engage également des G55 GT3, notamment avec Nathan Freke, Harry Gottsacker, Parker Chase et Charlie Robertson, démontrant la diversité des configurations utilisées par une même structure.
La G55 apparaît aussi dans des compétitions d’endurance internationales. Des engagements sont documentés aux 24 Heures de Dubaï, notamment en 2015 et 2016, ainsi que dans plusieurs championnats européens. Sa présence en ADAC GT4 Germany en 2020 montre que le modèle conserve une activité sportive plusieurs années après son lancement.
La longévité de la G55 s’explique en partie par la continuité de son architecture et par l’expérience accumulée par les équipes. Les réglages de suspension, la gestion des pneumatiques et l’entretien de la transmission peuvent être affinés au fil des saisons. La possibilité d’adapter certaines configurations à différents règlements contribue également à prolonger son utilisation.
Prix, production et évolution de la gamme Ginetta
Lors de son annonce en novembre 2010, la Ginetta G55 est proposée au prix de 75 000 livres sterling. Ce tarif concerne la voiture de compétition présentée pour la saison 2011. Ginetta annonce parallèlement un programme de transformation des G50 existantes en G55 pour 25 000 livres, une solution particulièrement intéressante pour les équipes déjà équipées du modèle précédent.
Ces prix doivent être replacés dans leur contexte : ils concernent des véhicules destinés à la course, auxquels peuvent s’ajouter les frais d’engagement, les pneumatiques, les pièces d’usure, les révisions et l’assistance technique. Les configurations GT4 et GT3, avec leurs équipements et motorisations spécifiques, ne relèvent pas nécessairement des mêmes conditions commerciales.
Le nombre total de G55 construites n’est pas établi de manière suffisamment précise dans les informations publiques disponibles. Le décompte est compliqué par la coexistence de plusieurs versions, les évolutions réalisées sur des voitures existantes et les conversions de châssis G50. La G55 reste néanmoins une voiture spécialisée, produite pour les besoins de la compétition plutôt que pour un marché automobile de grande série.
Sur le marché de l’occasion, son intérêt dépend principalement de la configuration, de l’historique sportif, de l’état du châssis et de la disponibilité des pièces. Une ancienne Supercup, une GT4 adaptée à un règlement récent et une GT3 à moteur V8 répondent à des usages différents. L’historique d’entretien du moteur, de la boîte séquentielle et des organes de sécurité constitue un élément essentiel pour évaluer un exemplaire.
Le développement de la G55 s’inscrit enfin dans une diversification plus large des activités sportives de Ginetta. Alors que la Ginetta G56 GT2 illustre l’évolution de ses voitures de Grand Tourisme vers d’autres catégories, la Ginetta G58 représente une approche distincte, fondée sur un prototype d’endurance à carrosserie fermée. Ces programmes prolongent l’activité du constructeur dans les compétitions de circuit, avec des architectures adaptées à des règlements et à des usages sportifs différents.
