La Ginetta G40 est une voiture de sport britannique dévoilée en janvier 2010, conçue principalement pour la compétition automobile. Développée par Ginetta Cars dans le Yorkshire, elle associe un châssis tubulaire en acier, une carrosserie légère en matériaux composites et un moteur Ford atmosphérique entraînant les roues arrière. Compacte et relativement accessible pour une véritable voiture de course, elle se distingue par sa polyvalence, puisqu’elle a été déclinée pour les championnats de jeunes pilotes, les compétitions monomarques et les épreuves d’endurance.
Avec son moteur de 1,8 litre, son poids contenu et son architecture traditionnelle à propulsion, la G40 privilégie l’équilibre du châssis et les sensations de pilotage plutôt que la puissance pure. Elle donne également naissance en 2011 à la G40R, une version homologuée pour la route qui conserve l’esprit du modèle de compétition tout en adoptant une mécanique et des équipements spécifiques.
Fiche technique de la Ginetta G40
| Caractéristique | Ginetta G40 de compétition |
|---|---|
| Constructeur | Ginetta Cars |
| Pays d’origine | Royaume-Uni |
| Présentation | Janvier 2010 |
| Carrosserie | Coupé sportif fermé, 2 portes |
| Places | 2 selon configuration |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Moteur | Ford Zetec, 4 cylindres en ligne atmosphérique |
| Cylindrée | Environ 1 800 cm³ |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 16 soupapes |
| Alimentation | Injection électronique |
| Puissance G40 Junior | Environ 100 bhp |
| Puissance G40 initiale | Environ 140 bhp, soit 142 ch |
| Puissance Challenge évoluée | Jusqu’à environ 165 bhp, selon configuration |
| Boîte de vitesses initiale | Manuelle Quaife à 5 rapports |
| Transmission évoluée | Boîte séquentielle Quaife à 6 rapports sur certaines versions |
| Différentiel | Autobloquant Quaife selon configuration |
| Châssis | Treillis tubulaire en acier |
| Carrosserie | Matériaux composites à base de fibre de verre |
| Suspension avant | Indépendante à doubles triangles |
| Suspension arrière | Indépendante à doubles triangles |
| Amortisseurs | Réglables, notamment Öhlins sur la spécification initiale |
| Direction | À crémaillère |
| Freins avant | Disques ventilés de 280 mm, étriers à 4 pistons sur les versions documentées |
| Freins arrière | Disques de 280 mm, étriers à 2 pistons sur les versions documentées |
| Pneumatiques | Pneus de compétition adaptés au championnat |
| Longueur | Environ 3 748 mm, dimension documentée notamment pour la G40R |
| Largeur | Environ 1 642 mm, dimension documentée notamment pour la G40R |
| Hauteur | Environ 1 045 mm, dimension documentée notamment pour la G40R |
| Empattement | Environ 2 250 mm |
| Poids annoncé au lancement | Environ 850 kg |
| Poids des versions ultérieures | Environ 790 à 800 kg selon configuration |
| 0 à 60 mph annoncé | Environ 6,5 secondes pour la version initiale |
| Vitesse maximale annoncée | Environ 225 km/h, variable selon les rapports de transmission |
| Réservoir | 45 litres sur les configurations documentées par Ginetta France |
Histoire de la Ginetta G40 : une sportive née pour la compétition
La Ginetta G40 apparaît dans une période de renouveau pour le constructeur britannique. Depuis le rachat de Ginetta par Lawrence Tomlinson en 2005, la marque cherche à renforcer sa présence dans les championnats automobiles tout en développant des voitures capables de former les pilotes. Le lancement de la Ginetta G50 en 2008 marque une étape importante de cette stratégie, avec une GT de compétition plus ambitieuse destinée à des catégories supérieures.
La G40 répond à un besoin différent. Ginetta souhaite moderniser son championnat Junior, alors disputé avec la Ginetta G20, une sportive légère dont la conception remonte aux années 1990. La nouvelle voiture doit offrir une meilleure protection des occupants, une carrosserie fermée et un comportement suffisamment progressif pour permettre à de jeunes pilotes de développer leurs compétences.
Le projet est officiellement annoncé en septembre 2009. Les premières informations mettent en avant une structure renforcée, des zones d’absorption des chocs et une cellule de sécurité intégrée. En novembre, Ginetta présente les premiers éléments du châssis et confirme l’intérêt suscité par la voiture auprès des équipes. Une première série de 26 exemplaires est alors annoncée pour accompagner son lancement.
La G40 est dévoilée au public le 14 janvier 2010, lors du salon Autosport International de Birmingham. Sa commercialisation s’adresse d’abord aux concurrents des championnats Ginetta, avec une conception permettant d’adapter la même base mécanique à différents niveaux de compétition.
Cette philosophie s’inscrit dans une tradition ancienne de la marque, illustrée dès les années 1960 par la Ginetta G4. La légèreté, la simplicité mécanique et l’efficacité dynamique restent au centre du projet, mais la G40 bénéficie d’une conception nettement plus moderne en matière de sécurité et de rigidité structurelle.
Design et conception : un coupé compact à châssis tubulaire
La Ginetta G40 adopte une silhouette de petit coupé à deux portes, avec un long capot plongeant, un habitacle reculé et une partie arrière courte. Son architecture à moteur avant longitudinal explique ces proportions. La carrosserie privilégie des surfaces arrondies, des ailes prononcées et un profil très bas, caractéristiques des sportives britanniques conçues autour d’une structure légère.
La face avant se reconnaît à ses projecteurs intégrés sous des protections transparentes et à ses ouvertures de refroidissement disposées dans le bouclier. Le pare-brise fortement incliné prolonge la ligne du capot vers un toit arrondi. Les roues sont logées dans des passages de roues marqués, tandis que les rétroviseurs et les différents éléments de carrosserie restent relativement compacts.
Sous cette enveloppe se trouve un châssis de type treillis spatial réalisé en tubes d’acier. La carrosserie en fibre de verre contribue à limiter la masse et facilite les réparations après les incidents de course. Certaines configurations utilisent plusieurs panneaux démontables, permettant de remplacer des éléments endommagés sans intervenir sur l’ensemble de la coque.
La sécurité constitue une priorité du développement. Contrairement à une simple sportive routière transformée pour la piste, la G40 reçoit dès sa conception un arceau-cage intégré, des protections latérales et des structures destinées à absorber une partie de l’énergie lors d’un choc. Le constructeur avait notamment mis en avant la résistance de cette cellule lors de la présentation du modèle.
L’habitacle des versions de compétition est volontairement dépouillé. Il accueille des sièges baquets, des harnais, une instrumentation orientée vers le pilotage et les équipements de sécurité imposés par les règlements. La position de conduite basse et la proximité des commandes participent à l’ambiance d’une véritable voiture de course, très différente de celle d’un coupé de grande série.
Le train avant et le train arrière reposent sur des suspensions indépendantes à doubles triangles. Cette architecture permet de travailler précisément sur la géométrie et les réglages du châssis. Associée à la propulsion, elle favorise un comportement équilibré et laisse au pilote une influence directe sur la trajectoire grâce à la gestion des transferts de masse et de l’accélérateur.
Motorisation et comportement sur circuit
Le moteur de la Ginetta G40 de compétition est un quatre-cylindres Ford de 1,8 litre, une mécanique atmosphérique relativement simple et adaptée à un usage intensif. Cette motorisation permet de contenir les coûts d’entretien tout en proposant une réponse progressive à l’accélérateur. Elle convient particulièrement à une voiture destinée à l’apprentissage, où la précision du pilotage compte davantage que la recherche d’une puissance élevée.
La préparation varie selon les championnats. Certaines versions reçoivent des arbres à cames spécifiques, une admission adaptée et un volant moteur allégé. Ces modifications visent à améliorer la disponibilité du moteur et sa capacité à fonctionner durablement à régime élevé. Les puissances publiées pour la G40 ne correspondent donc pas à une seule configuration mécanique.
La version Junior dispose d’une puissance volontairement limitée afin de favoriser l’égalité entre les concurrents. Les modèles Challenge et GT5 bénéficient d’une préparation plus poussée. Le passage à des transmissions séquentielles sur certaines évolutions répond également aux exigences d’une utilisation sportive plus intensive, avec des changements de rapport rapides et répétables.
Sur circuit, l’intérêt de la G40 repose sur la combinaison d’une masse réduite, d’un centre de gravité bas et d’une suspension entièrement indépendante. Les doubles triangles permettent d’optimiser le contact des pneumatiques avec la piste, tandis que le différentiel à glissement limité améliore la motricité en sortie de virage.
La puissance relativement modeste oblige le conducteur à conserver sa vitesse de passage en courbe. Les erreurs de freinage ou de trajectoire se répercutent directement sur le temps au tour, ce qui explique l’intérêt pédagogique de la voiture. Elle constitue ainsi une étape adaptée entre le karting et les catégories de compétition GT plus puissantes.
La G40 n’est cependant pas une voiture de course aux réglages figés. Les pneumatiques, les amortisseurs, la transmission et certains équipements évoluent selon les règlements sportifs. Les performances d’une Junior de 2010 ne peuvent donc pas être directement comparées à celles d’une Challenge préparée plusieurs saisons plus tard.
Ginetta G40 Junior, Challenge et G40R : les différentes versions
La G40 Junior constitue la déclinaison fondatrice du programme. Conçue pour le championnat Ginetta Junior, elle accueille de jeunes pilotes dans une véritable voiture de course fermée. Sa motorisation limitée et son châssis relativement accessible permettent de travailler les fondamentaux du pilotage sans disposer d’une puissance excessive. La proximité technique entre les voitures favorise également les confrontations où la maîtrise du conducteur joue un rôle essentiel.
La G40 Challenge, également associée au championnat GT5, s’adresse à des pilotes plus expérimentés. Elle conserve les grandes lignes du châssis et de la carrosserie, mais adopte une préparation moteur plus importante, des équipements adaptés et des pneumatiques de compétition spécifiques. Selon les périodes, les évolutions concernent aussi la boîte de vitesses et les possibilités de réglage.
Des configurations destinées à l’endurance sont également développées. Elles peuvent recevoir des équipements particuliers pour les courses longues, notamment en matière de sécurité, de ravitaillement ou de maintenance. L’intérêt de la plateforme réside dans sa capacité à évoluer sans imposer une conception entièrement nouvelle à chaque catégorie.
La Ginetta G40R, présentée en 2011, occupe une place différente. Cette version routière reprend la silhouette compacte du modèle de course, mais reçoit un moteur atmosphérique de 2,0 litres apparenté à la famille Mazda MZR/Ford Duratec. Elle utilise une boîte manuelle à six rapports et bénéficie d’aménagements nécessaires à la circulation sur route.
La G40R conserve le principe du châssis tubulaire et de la propulsion, tout en proposant un habitacle moins radical que celui des voitures engagées en championnat. Les performances publiées pour cette version font notamment état d’un 0 à 100 km/h proche de 5,8 secondes. Les puissances annoncées varient suivant les présentations et les configurations, certaines fiches évoquant environ 175 ch, tandis que d’autres mentionnent près de 200 bhp.
Il est donc essentiel de distinguer la G40R de la G40 de compétition lancée en 2010. Malgré une parenté esthétique et structurelle évidente, elles ne partagent pas exactement la même motorisation, la même transmission ni les mêmes équipements.
La Ginetta G40 en compétition : des débuts victorieux
La carrière sportive de la Ginetta G40 débute le 3 avril 2010 sur le circuit britannique de Thruxton, lors de la première manche du championnat Ginetta Junior. Le lancement est immédiatement réussi : Tom Ingram, pilote de l’équipe Hillspeed, remporte la première course disputée avec le nouveau modèle.
Cette victoire inaugure une saison particulièrement favorable. Tom Ingram décroche le titre de champion Ginetta Junior 2010, avec cinq victoires et treize podiums. Pour le constructeur, ce résultat confirme l’efficacité de la nouvelle voiture et sa capacité à servir de support à une compétition monomarque disputée.
La même année, la G40 démontre également son potentiel dans une discipline différente. En octobre 2010, une voiture engagée par Ginetta Cars et Team LNT participe aux 24 Heures Britcar de Silverstone. Pilotée notamment par Lawrence Tomlinson, Mike Simpson, Stewart Linn et Nigel Moore, elle remporte sa catégorie et termine à la douzième place du classement général.
Cette performance est significative pour une voiture initialement destinée à des courses relativement courtes. Elle met en évidence la robustesse de la structure, l’endurance de la mécanique et l’intérêt d’une conception permettant d’accéder à plusieurs disciplines sans abandonner les principes fondamentaux du modèle.
La G40 poursuit ensuite sa carrière dans les championnats Junior et GT5, ainsi que dans différentes épreuves nationales. Des exemplaires apparaissent également lors des éditions suivantes des 24 Heures Britcar, notamment avec Rollcentre Racing en 2011 et Piranha Motorsport en 2012.
Au sein de la gamme sportive de Ginetta, la G40 conserve un rôle de formation et de compétition d’accès. Elle se distingue ainsi de la Ginetta G55, développée pour des catégories GT plus puissantes et plus rapides. Les deux modèles répondent à des niveaux d’expérience et à des budgets différents, tout en appartenant à la même stratégie de développement du constructeur.
Au fil des années, Ginetta enrichit son catalogue avec de nouvelles voitures de compétition, notamment la Ginetta G56, destinée à des catégories plus exigeantes. Cette diversification ne fait pas de la G56 une remplaçante directe de la G40, dont la vocation initiale reste spécifique.
Production, prix et diffusion de la Ginetta G40
La Ginetta G40 est produite au Royaume-Uni, dans le cadre des activités industrielles du constructeur implanté dans le Yorkshire. Sa fabrication repose sur une logique de petite série, avec des voitures destinées principalement aux équipes, aux pilotes privés et aux organisateurs de compétitions monomarques.
Lors de son lancement, Ginetta annonce un tarif de 24 950 livres sterling. Ce montant concerne la voiture de compétition dans sa configuration initiale et ne doit pas être confondu avec le prix de la G40R routière ou celui des versions Challenge ultérieures. Les coûts réels d’engagement en championnat dépendent également des pneumatiques, des pièces de rechange, de l’entretien et de l’assistance technique.
La première série de 26 voitures annoncée en 2009 témoigne de l’intérêt initial pour le programme. Elle ne représente toutefois pas la production totale du modèle. La G40 est ensuite fabriquée et développée pendant plusieurs années, comme l’attestent les documentations commerciales et sportives du constructeur encore disponibles à la fin des années 2010.
La diffusion de la G40 reste étroitement liée à son utilisation en compétition. Contrairement à une sportive de grande série, elle est souvent exploitée par plusieurs pilotes successifs et peut changer de configuration au cours de sa carrière. Une voiture initialement engagée en Junior peut ainsi être adaptée à un autre championnat, avec des modifications mécaniques et réglementaires.
Pour les exemplaires d’occasion, l’historique sportif, l’état du châssis, la conformité aux règlements et les heures de fonctionnement des principaux organes mécaniques constituent des éléments essentiels. La présence d’un passeport technique, des justificatifs d’entretien et des éventuelles réparations structurelles permet notamment de mieux apprécier la situation d’une voiture destinée à reprendre la piste.
Les G40R routières répondent à une logique différente, avec une utilisation et des contraintes administratives propres aux véhicules homologués. Pour ces exemplaires, la conformité de l’immatriculation et les caractéristiques exactes de la version commercialisée sont particulièrement importantes, notamment lorsqu’une voiture a été importée d’un autre pays.
