La Ginetta G56 est une voiture de sport britannique développée pour la compétition, présentée en mars 2021 dans sa configuration GT4. Conçue pour remplacer la G55 GT4, elle associe un châssis tubulaire en acier, une carrosserie composite et un moteur V8 atmosphérique de 6,2 litres placé à l’avant. Avec une puissance annoncée d’environ 500 bhp, soit 507 ch, elle représente une nouvelle génération de coupés de course pour le constructeur installé dans le Yorkshire.
La G56 ne désigne toutefois pas une seule configuration mécanique. Autour de la GT4 originale, Ginetta a développé plusieurs déclinaisons destinées aux championnats monotypes, aux pilotes amateurs et à une utilisation routière. Les versions GTA, GT Pro, GT4 Evo et GTR possèdent des caractéristiques spécifiques, tout en conservant les principes fondamentaux de la plateforme G56.
Fiche technique de la Ginetta G56
| Caractéristique | Ginetta G56 GT4 originale (2021) |
|---|---|
| Constructeur | Ginetta Cars |
| Pays d’origine | Royaume-Uni |
| Première présentation | 2 mars 2021 |
| Catégorie | Coupé de compétition GT4 |
| Carrosserie | Coupé fermé, 2 portes |
| Structure | Châssis tubulaire en acier T45 |
| Matériaux de carrosserie | Composites, notamment GRP |
| Moteur | V8 atmosphérique à 90° |
| Cylindrée | 6,2 litres |
| Alimentation | Essence, injection électronique |
| Puissance annoncée | Environ 500 bhp, soit 507 ch |
| Implantation | Avant longitudinale |
| Roues motrices | Arrière |
| Boîte de vitesses | Xtrac séquentielle à 6 rapports |
| Commande de boîte | Palettes au volant |
| Lubrification moteur | Carter sec |
| Direction | Assistée |
| Roues | 18 x 10 pouces, configuration initiale |
| Réservoir | 130 litres, spécifications publiées en 2021 |
| Gestion moteur | MoTeC M150, configuration initiale |
| Instrumentation | Afficheur MoTeC C125 |
| Équipements de sécurité | Arceau-cage, protections latérales, harnais et réservoir de sécurité |
| Utilisation | Compétition GT4 et endurance |
Ces caractéristiques correspondent à la G56 GT4 présentée en 2021. Les autres déclinaisons utilisent des moteurs, transmissions, suspensions et équipements différents. En compétition GT4, la puissance réellement disponible peut également être modifiée par les mesures de Balance of Performance, destinées à équilibrer les performances des voitures engagées.
Origines et développement de la Ginetta G56
L’histoire de la G56 s’inscrit dans la longue tradition de Ginetta en compétition automobile. Le constructeur britannique s’est notamment spécialisé dans les voitures de course relativement accessibles, capables d’accompagner les pilotes depuis leurs premières expériences sur circuit jusqu’aux championnats GT internationaux.
Cette stratégie prend une nouvelle dimension avec la Ginetta G50, introduite en 2008. Ce coupé de compétition contribue à développer les championnats monotypes de la marque et prépare l’arrivée de modèles plus performants. La génération suivante poursuit cette orientation en s’adaptant aux exigences de la catégorie GT4.
Commercialisée à partir de 2011, la Ginetta G55 devient ainsi la principale représentante du constructeur dans cette catégorie. Son architecture à moteur avant et propulsion constitue une base éprouvée, mais l’évolution des réglementations, de l’aérodynamique et des technologies de compétition encourage Ginetta à développer une remplaçante.
Le 2 mars 2021, le constructeur dévoile officiellement la G56 GT4 Concept. Malgré cette appellation, la voiture dépasse déjà le stade de l’étude expérimentale. Elle a effectué des essais sur circuit et son engagement dans le British GT Championship est programmé pour la saison 2021.
Le développement privilégie plusieurs objectifs : améliorer l’efficacité aérodynamique, renforcer la sécurité, optimiser l’accessibilité mécanique et proposer une voiture adaptée aux contraintes de la compétition client. Ginetta conserve une architecture traditionnelle, avec un moteur atmosphérique de forte cylindrée, plutôt que d’adopter une motorisation turbocompressée de petite cylindrée.
La G56 GT4 effectue ses premiers engagements en British GT à Brands Hatch, le 23 mai 2021, avec Assetto Motorsport. Charlie Robertson, pilote associé de longue date aux programmes Ginetta, partage alors le volant avec Mark Sansom. Cette première saison sert également à accumuler des données et à poursuivre la mise au point en conditions réelles de course.
En septembre 2021, Ginetta confirme l’arrivée de la G56 dans son championnat GT4 SuperCup pour la saison 2022. La nouvelle génération commence ainsi à remplacer progressivement les modèles précédents, aussi bien dans les compétitions nationales que dans les programmes destinés aux équipes privées.
Design, châssis et architecture de compétition
La Ginetta G56 adopte une silhouette de coupé GT particulièrement basse, caractérisée par un long capot, un habitacle reculé et des ailes fortement élargies. Sa carrosserie fermée possède deux portes et une partie arrière courte, dominée sur les versions de compétition par un imposant aileron.
La face avant se distingue par de larges ouvertures destinées à alimenter les systèmes de refroidissement. Les projecteurs sont intégrés dans des ailes sculptées, tandis que le bouclier et les éléments aérodynamiques inférieurs contribuent à gérer les flux d’air. Les proportions reflètent directement l’implantation longitudinale du moteur et la position relativement reculée du poste de conduite.
La structure repose sur un châssis tubulaire en acier T45, une solution appréciée en compétition pour sa rigidité, sa résistance et sa réparabilité. La carrosserie utilise des matériaux composites, notamment du plastique renforcé de fibres de verre sur la GT4 originale. Des panneaux de protection latérale en carbone et à structure alvéolaire en aluminium complètent les dispositifs de sécurité.
L’arceau-cage intégré, les harnais homologués, le réservoir de sécurité et les équipements spécifiques au pilotage sur circuit témoignent de la vocation première de la voiture. La G56 n’est pas une sportive routière simplement adaptée à la course : sa conception répond dès l’origine aux contraintes de l’exploitation en compétition.
Le moteur avant entraîne exclusivement les roues arrière. Sur la GT4, la transmission utilise une boîte séquentielle Xtrac à six rapports, commandée par palettes au volant. Cette disposition permet des changements de vitesse rapides tout en conservant les caractéristiques de conduite d’une propulsion à moteur atmosphérique.
La suspension et les freins sont dimensionnés pour résister aux contraintes des courses GT. La G56 bénéficie également de l’expérience acquise par Ginetta dans les prototypes d’endurance, notamment dans la conception de certains composants de suspension. La Ginetta G58 illustre cette autre branche du savoir-faire du constructeur, même si son architecture de prototype diffère profondément de celle de la G56.
À bord, l’environnement reste fonctionnel. Le pilote dispose d’un volant de compétition, d’un affichage numérique et de commandes concentrées sur les fonctions essentielles. Les systèmes d’acquisition de données MoTeC facilitent l’analyse des performances, tandis que les équipements de sécurité et les dispositifs de réglage répondent aux besoins des équipes de course.
Les différentes versions de la Ginetta G56
La G56 se distingue par la diversité de ses déclinaisons. Ginetta a utilisé cette plateforme pour répondre à plusieurs catégories de pilotes et de championnats, depuis les formules d’apprentissage jusqu’aux compétitions GT internationales.
Ginetta G56 GTA. Cette version constitue l’une des portes d’entrée dans l’univers des GT de compétition de la marque. Sa fiche constructeur présente un V6 Ford de 3,5 litres développant 270 bhp, soit environ 274 ch, pour un couple annoncé de 405 Nm. La transmission repose sur une boîte Quaife à six rapports. Les amortisseurs Quantum et les freins Alcon sont adaptés à une utilisation intensive sur circuit, avec des coûts d’exploitation plus contenus que ceux d’une GT4 de haut niveau.
La GTA est notamment associée à la Ginetta GT Academy. Elle s’inscrit dans le parcours de formation proposé par le constructeur, où des voitures comme la Ginetta G40 permettent déjà aux pilotes de découvrir les exigences de la compétition avant d’accéder à des machines plus puissantes.
Ginetta G56 GT Pro. Positionnée au-dessus de la GTA dans l’univers des championnats monotypes, cette déclinaison reçoit, selon les archives historiques du constructeur, un V6 Ford de 3,7 litres développant 310 bhp, soit environ 314 ch. Elle permet de franchir une étape supplémentaire en matière de performances sans adopter nécessairement toute la complexité technique d’une GT4 internationale.
Ginetta G56 GT4 Evo. Présentée en novembre 2023 pour la saison 2024, elle représente une évolution importante de la GT4 originale. Ginetta retravaille notamment le capot avant, le refroidissement et plusieurs éléments aérodynamiques. L’objectif est d’améliorer l’efficacité générale de la voiture et de mieux contrôler l’usure des pneumatiques durant les relais prolongés.
La GT4 Evo conserve le V8 de 6,2 litres et une puissance constructeur annoncée de 500 bhp. Elle bénéficie notamment d’amortisseurs Öhlins réglables, de freins Alcon avec disques de 370 mm à l’avant et de 350 mm à l’arrière, ainsi que de systèmes ABS et antipatinage Bosch. Sa fiche constructeur annonce une masse de 1 400 kg et une vitesse maximale de 165 mph, soit environ 266 km/h, selon la configuration.
Ginetta G56 GTR. Cette déclinaison transpose une partie de l’expérience de la G56 vers un véhicule destiné à la route. Elle reçoit un V8 atmosphérique de 6,2 litres annoncé à 450 bhp, soit environ 456 ch, et 600 Nm de couple. Sa présentation officielle mentionne une boîte manuelle Tremec à six rapports, des roues de 20 pouces à l’avant et de 21 pouces à l’arrière, ainsi que des pneumatiques Michelin Pilot Sport 4S.
La GTR se distingue des versions de compétition par ses équipements routiers et son positionnement. Elle ne doit pas être confondue avec la Ginetta Akula, autre sportive routière à moteur V8 développée par le constructeur britannique, mais issue d’un programme différent.
Ginetta G56 GTP8. Cette déclinaison de compétition monotype utilise également un V8 de 6,2 litres, mais avec une puissance annoncée de 390 bhp, soit environ 395 ch. Elle dispose d’une transmission Xtrac, d’un ABS Bosch Motorsport et d’un réservoir de 80 litres. Sa masse constructeur est annoncée à 1 256 kg.
La famille comprend également des configurations répondant à d’autres règlements sportifs. La Ginetta G56 GT2 doit être distinguée de la GT4 : l’appellation GT2 renvoie à une catégorie et à des caractéristiques de compétition spécifiques, et non à une simple finition de la G56 originale.
La Ginetta G56 en compétition
Le British GT Championship constitue le premier grand terrain d’expression de la G56 GT4. En 2021, Assetto Motorsport engage la nouvelle voiture avec Mark Sansom et Charlie Robertson. Leur participation à Brands Hatch marque les débuts du modèle dans une compétition où Ginetta possède déjà une expérience importante avec la G55.
La première saison sert autant à développer la voiture qu’à rechercher des résultats. La G56 participe notamment aux manches de Brands Hatch, Silverstone et Donington Park. Les conditions de course et les exigences du championnat permettent de vérifier la fiabilité de la transmission, l’efficacité du refroidissement et le comportement du châssis sur différents circuits.
En 2022, la G56 poursuit son développement en endurance. Lors des 12 Heures de Spa, une voiture engagée par CWS Engineering avec Colin White, Freddie Tomlinson et Mike Simpson termine notamment première de la catégorie GT4 selon les archives de l’épreuve, avec une 18e place au classement général.
La même année, Ginetta annonce une victoire de Freddie Tomlinson au Silverstone Classic, dans une course Masters GT4 Classic. Ce succès fait partie des premiers résultats marquants officiellement mis en avant par le constructeur pour la G56.
Le modèle apparaît ensuite dans différents championnats GT4 et compétitions américaines, notamment GT4 America et GT America. Son développement international s’appuie sur des équipes clientes qui recherchent une voiture à moteur atmosphérique, dotée d’une structure robuste et d’équipements adaptés aux interventions rapides dans les stands.
Les championnats monotypes occupent une place tout aussi importante dans l’exploitation de la G56. Les versions GTA et GT Pro permettent à Ginetta de proposer des compétitions où les pilotes disposent de voitures proches techniquement, ce qui limite les écarts liés au matériel et valorise davantage le pilotage.
En France, la G56 GTA apparaît également dans les engagements du Championnat de France FFSA GT. Pour la saison 2026, l’équipe CMR figure notamment parmi les structures utilisant cette déclinaison, confirmant l’intérêt de la plateforme au-delà des compétitions organisées directement par Ginetta.
Production, exploitation et marché de la G56
La Ginetta G56 est produite au Royaume-Uni dans le cadre des activités industrielles du constructeur. Contrairement à une voiture de grande série, elle s’adresse principalement à des équipes de compétition, des pilotes privés et des organisateurs de championnats. Sa diffusion dépend donc des programmes sportifs et des différentes versions commercialisées.
Le nombre total d’exemplaires fabriqués n’a pas fait l’objet d’un bilan public suffisamment précis pour établir une production cumulée fiable. Il faut également distinguer les G56 GT4 originales des GT4 Evo et des déclinaisons monotypes, dont les configurations techniques et les équipements peuvent évoluer au fil des saisons.
La maintenance constitue un aspect essentiel de l’exploitation. Les boîtes séquentielles, les moteurs de compétition, les systèmes de freinage et les éléments de suspension nécessitent un suivi régulier. Les fiches constructeur annoncent notamment des garanties moteur exprimées en heures de fonctionnement, une pratique caractéristique des voitures destinées au circuit.
Sur le marché de l’occasion, la valeur d’une G56 dépend de sa version, de son historique de course, de son nombre d’heures moteur et boîte, ainsi que de la présence de pièces de rechange. Les éventuelles évolutions de carrosserie, mises à jour électroniques et modifications réglementaires influencent également l’intérêt d’un exemplaire pour une équipe souhaitant l’engager dans un championnat précis.
La question de l’homologation est particulièrement importante. Une G56 GTA ou GT4 ne devient pas une voiture routière du seul fait qu’elle partage sa silhouette avec la GTR. À l’inverse, les caractéristiques de la GTR ne garantissent pas son admissibilité dans une catégorie de compétition donnée. Pour une utilisation sportive, la conformité au règlement technique du championnat et la validité des équipements de sécurité restent déterminantes.
